Le petit diable vert du Photomaton

Jour numéro un, deux et trois : en favorisant beaucoup sa reproduction, tachetée de cette lumière qui oscille en sécrétant hors de son processeur organique son liquide diesel, elle commence à m’agacer cette belle étoile sous les baobabs de Saint-Péray.
Son étrange fantaisie l’a conduit à faire fortune dans le domaine du X en crevant dès le petit matin son enveloppe babylonienne un jour de lascivité épidémique ! Son cornet de frites comme une nouvelle harmonie à étreindre entre deux sédatifs et qui s’embrase au contact du petit diable vert du Photomaton !

La séquence des arbres cure-dent !

Leur tour de passe-passe brûlant au charbon cérébral, excessif rééquilibrant une lutte effroyable entre les profondeurs de mon appareil Kodak et cet entonnoir immonde qui commence aux racines des arbres cure-dent.

Leur prochaine réincarnation se rétractant à cause du mauvais état des routes, ces hussards informatiques implantent leurs profils isochromatiques obtenus après des enchevêtrements d’anévrisme invincible. C’est aussi, à la fin du carnage, une libération pour tous ces opprimés qui noircissent les extraits de leur table de montage ; ces extraits découpés au cut-up approvisionnent les lasers des usines désaffectées. Et les arbres cure-dent, alors, propagent l’exosquelette de ces séquences réaménagées et étalées sur une carte !

L’architecture spirituelle

A l’intérieur de l’amovible architecture spirituelle de leurs ordinateurs, en inhalant les feuillaisons de la Cap Cod Tonneau et son inextensible clair-obscur, jadis ordonné et inventé par la seule pensée latérale démocratiquement jetée de façon linéaire : l’ahurissement kilométrique !

Et chaque jour, comme un spectre dans le brouillard, leur singularité qui, à la fois crépitante et grelottante, lacère toutes ces lignes de code incohérentes. Puis, après quelques éclaircissements, chancelants, ils se maintiennent dans la tourmente malgré tout et l’architecture spirituelle de leurs ordinateurs la neutralise pour en faire des quartiers de mondes celtes tire-bouchonnés, leur dominante. Leur espace, chaque jour lapé par un reptile en provoquant une accoutumance de nouvelles couleurs, se transformant en huis-clos et qui se continue en l’écho d’un huis-clos, bien que théorique.

Alors parait à la surface photoélectrique de cet univers un extrait olfactif d’ecchymose et de perspicacité instantanée !

Kenny, le carburateur Zénith et le marsupial moteur de la Jaguar !

Le marsupial moteur – certes dissocié de ses autres composants – de la Jaguar ronronnait dans le jardin où l’on venait de brûler Monsieur Carnaval en plein air. Ce jardin n’était qu’un tapis de fleurs semé de coing ; ce tapis qui ne paraissait chuinter qu’au fond de mes tempes creuses comme une transfusion télépathique amalgamant l’inextensible clair-obscur généré par les lignes de codes incohérentes du moteur.

En attachant le quart de tour de son carburateur Zénith aux embranchements de ses disques durs d’un genre nouveau, nous vîmes les zébrures du ciel sonner la mort des baleines, la dose mortelle des congrégations faiblement, douloureusement cryptées augmenter jusqu’à une cuillerée à soupe. Disques durs reliant tous le cerveau monarchique de Kenny : ce cerveau lapé chaque jour par un reptile mystérieux, quoique inanimé, ce cerveau provoqué chaque jour par de nouvelles accoutumances, par de nouvelles couleurs géométriques et par ce clair-obscur massif, médiévale, emmêlé entre les deux canyons des administrations à la Vilnius Poker ; le noir s’alliant aux auto-stoppeuses pluvieuses, aux actualités guerrières suffisamment audacieuses pour chialer au creux de nos oreilles. En pure perte.

Du sang s’infiltrait par-dessous sa porte et emplissait la pièce où d’autres associations d’idées étaient en attente.
Kenny, les revers de son pantalon mordillé par les rats, se dressa en hurlant qu’il allait crever comme un chien, prit la forme de ces créatures qui ne laissent rien, qui sont convaincus de leurs forces ésotériques et qui blasphèment sans arrêt.
Ces hurlements étaient si intensément expressifs qu’on avait fini par renforcer la luminosité des graphismes de tous les sites Web référencés dans ces disques durs uniques.

Au vingt-neuvième sous-sol, Kenny s’écroula instantanément et les strates simultanés de ces lignes d’algorithmes défilaient sur l’écran des ordinateurs en clignotant d’un rouge vif, en excavant le feuillage silencieux et chaud des arbres à l’extérieur : le tour de passe-passe de sa machine sophistiquée, en brûlant tout son charbon cérébral, excessif, était bien trop imaginaire pour être crédible !

Funeste, intense, foutu reboot de cut-up à l’extrémité du câble nord !

A l’extrémité du câble nord, diffuse et disjointe, la photosynthèse de leurs électrons avait compilé un remake d’un film de Lucky Pierre.

Filmée par la caméra, leur timeline saharienne qui balançait du côté de la faille informatique leurs sémantiques photovoltaïques, avait subtilisé la spiritualité Zen à la Vilnius Poker par des listes de données matricielles, gargantuesques, courant jusqu’à leur radical dissocié.

Erreur ! Échec ! Leur photosynthèse, en se collant sur les cornets de frites des autres parasites, anéantissait entièrement l’historique, pourtant infaillible, de cette timeline. Subtilisant aussi le suave, familier et microscopique système de leurs électrons, les parasites effacèrent instantanément cette programmation en laissant sur leur passage des ruines à l’intérieur de l’architecture spirituelle de leurs ordinateurs.

A l’intérieur de l’architecture spirituelle de leurs ordinateurs, en remplaçant ces ruines par des images classiques tirées des comics de huit pages d’autrefois, les parasites automatisèrent aussi les pages Facebook qui semblaient les canaliser. Et, sans doute à coups de marteau nietzschéen, ils inventèrent de nombreux services pour aider les anciens mercenaires à se reconvertir dans un autre domaine ; leurs pages clouées sur la porte de la cabane au fond du jardin avant de pressentir la Nausée à venir…

Les carnets de Kaphrium

Tout d’abord une faille courant jusqu’à son radical : la mort de l’empereur grinçant et couinant contre l’arbre cure-dent ; ainsi, les carnets de Kaphrium, en exploitant la faille, racontent que le monde du dessus est bientôt prêt à nous appartenir, tant il sent la désolation et la mort.
Ensuite une timeline. Une timeline cachée parmi les fêlures du béton et une enveloppe pleine de photos. Des photos floues, en noir et blanc où l’on devine vaguement une scène classée X. Pour cette scène, l’espace se transformant en huis-clos, s’ajoute à l’éprouvante faille le contrôle autoritaire de toutes nos pensées garrotées par l’historique du navigateur.
Le navigateur : dans la poussière d’un grenier, il finit par abandonner le pilotage des serveurs locaux ; la faille profanant toujours leurs disques durs, le navigateur s’est niché à la place du cerveau et nous vidons alors la substance d’un autre composant dissocié, jaune et mécanique : la clé USB de Kubrick qui nous décroche et nous subtilise le suave, familier et presque gênant black-out.
Cependant, la clé USB ouvre des abîmes communautaires qui renaîssent chaque année.

Chaque année aussi, d’après les pages déchirées du carnet de moleskine de Kaphrium, le foisonnement chaotique de cette clé USB suivant le balisage d’une étrange application, interfère à l’intérieur de nos ordinateurs et la propriété intellectuelle n’est qu’une chimère alors.

La Bûche

Comme un ensemble de lois compliquées à l’extrême ou comme un rêve communautaire, tout d’abord, une scie coupant une bûche au-dessus d’une rangée de corps longilignes, nerveux et racés, ridiculisés par un requiem longuement différé par d’étranges phénomènes.

Ces étranges phénomènes qui révèlent encore davantage ce rêve communautaire aspirant le ciment armé, projetant synthétiquement la malédiction à venir dans un cinéma verrouillé et sans lumière ; alors j’ai complètement abandonné le projet, les plans et les cartes jetées sur cette vieille moquette d’un velours assourdissant. La scie s’imprégnant des odeurs incendiaires d’entrejambe de la surface à mesure qu’elle coupe la bûche, a continué d’exhaler l’acide carbonique de cette rangée de corps.
Ainsi en étudiant les caractéristiques de cette moquette à présent arrachée, leur morbide inconscience, divisée – ou devrais-je dire stratifiée – en quelques halos de glace, a remonté ces « étages » : cet éventail de femmes nues à vocation universelle fluidifiant le sang froid, dissonant de toute cette bûche alors entravée par le dernier projet, puis amputée de sa spiritualité.
La bûche laissant malgré tout leurs pieds flotter dans le vide, ce qui permet de maintenir en équilibre la scie ; cette scie qui se nourrit de leurs douces et brillantes, de leurs excitantes et réconfortantes facultés.
Leurs facultés ? On ne peut les définir sans descendre d’un « cran » d’une « marche » ; au dernier cran ou à la dernière marche, des centaines de fêtards éméchés qui crachent leur jus en croassant comme des forces spirituelles entre les deux mondes : Là-Haut et En dessous.

Cadre vacillant !

Soit A : les gazons verdoyants qui s’agglomèrent aux métaux des longs tunnels obscurs. Et B : des plaques de neige tenant la rampe d’une collection de fragments occultes qui énumère leurs détails métaphysiques pointant en sauts quantiques ! Alors, alors seulement C : bouillonnante et goinfrée de millénaires décuplés  caressant le poil sauvage, organique et télépathique des forêts en un panoramique cahotant avec caméra à l’épaule, la fin de ce mouvement que nous avons créé ensemble.

Ces gazons verdoyants symbolisant gravement la brume moite venue de la baie, descendant d’une rétrospective de Giacometti. Et ces plaques de neige : la solitude alimentant l’imposture d’un poème ou d’une longue torpeur évanescente.

Notre crâne en feu qui disparait sous un taillis boisés, comme une veuve affligée qui remplace les impacts des balles par des fleurs sauvages, notre crâne en feu clôturant ce ciel d’un bleu spectaculaire. Des vaches paissent près de ces ruisseaux bouillonnants qui finissent par délivrer leur écoulement nasal et qui apparaissent d’un côté du cadre vacillant, disparaissent de l’autre.

Les vaches s’estompent dans le flou et laissent place à une petite maison campagnarde aux couleurs vives : ces couleurs vives jouant aujourd’hui avec les fricatives d’un vent glacial mais aussi ces décorations tarabiscotées qui atteignent héroïquement les illuminations graduelles de la ville ; quelques lucarnes sur le toit en chaume avec des vitraux et des jardinières de fleurs courent jusqu’à leur radical… Et enfin, au-dessus de la porte rouge, un panneau en bois sculpté concentrant par télépathie un éparpillement de voix souterraines !

L’Alien

A l’origine, le cadavre fossilisé de ce gigantesque humanoïde était composé de deux corps joints étrangement par des fragments d’ossements capables d’échanger l’énergie électrique et de la réinitialiser à son état halogène ; ces fragments d’ossements eux-mêmes commençant leur radical par des greffes de parties mécaniques – son goitre étant sinistrement engorgé par leurs moteurs se gonflait et se dégonflait encore par intervalle obscure lorsque l’équipe de Parker fit la découverte macabre de cet Alien. En cela, on pouvait qualifier le spécimen et ses souches génétiques de cyborgs.

La créature souffrait d’un trouble à la fois électrique et ovulatoire qui nécessitait une guérison ; un trouble considérable favorisant beaucoup sa reproduction : en effet, l’Alien  sécrétait hors de son processeur organique un liquide noir. En se mélangeant dans le thé vert en poudre, qu’on avait préparé avec une infinie patience, ce liquide parfois semblable au Diesel d’autres fois davantage liquoreux, avait gâté le disque dur de notre ordinateur de bord où l’on stockait nos raccourcis clavier, avait aussi désagrégé progressivement la toile virtuelle en casant dans tous les moteurs de recherche des utilisateurs la prose de Burroughs découpée en cut-up.

L’ordinateur de bord -appelé Maman- avait révélé qu’il avait vécu de longues années sur cette planète sinistre et déserte ; il avait survécu à son climat malsain, les températures avoisinant souvent les moins cent degrés.

Nous ne savions pas si les oeufs, qui avaient été découvert dans les soutes du vaisseau extraterrestre, lui appartenaient… mais à présent, le développement des oeufs, contrarié jadis par de nombreux obstacles, était cadencé par de nouvelles séquences génétiques et risquait d’arriver à son terme, leur odeur épouvantable explosant dans nos crânes ; ah c’était beau comme les graffitis des chiottes du lycée !

Carnet de poésie numéro 9 !

Et si je décidais comme l’éveillé rêveur de lancer des corn-flakes et des strass sur les grands chemins ? En entortillant leurs pensées mystiques monochromes, alors les poubelles se rempliraient de corps psychanalytiques et de métaphores tentaculaires.
Ainsi, en incorporant sous l’humus des forêts noirs de craies et de chewing-gum synthétiques, l’odeur habituelle, musquée et frémissante des alpages délimités par la pluie, altérés par des ténèbres d’outre-tombe, j’avais fluidifié une étendue floue et pâle de faisceaux crépusculaires.
Ici et là, on égorgeait toutes la féminité noire des fleurs et des champs pour oiseaux, perçant à travers des flaques d’eau claire jusqu’à parvenir à cet embryon : le vide des Voyelles !
De mon côté, mû par leurs danses fantasmatiques, pique-niquant sur leur fil de fer alchimique, j’avais lancé dans tous les azimuts des visions d’ailleurs, des S.O.S pour extraire hors de leurs disques durs chargés la bobine cent-quatre vingt treize de Cassandre, techniquement H.S mais, malgré tout, compatible avec toutes ces séquences de bouts amovibles, baroques d’indications occultes !
Projetant synthétiquement sa colonnette d’albâtre en ouvrant le journal de Kurt Cobain, elle était née de mauvaise humeur ; elle travaillait sur plusieurs films en même temps reliés entre eux par un pédoncule très noir, mesuré comme une décomposition kafkaïenne très dissipée !