Descendant à travers bois, au milieu d’un nuage de neige, le bruit du train passé envenimait de son hectowatt lubrique le lambeau clair du ciel arrivé malgré tout à bon port chez nous !

En fermentant, son hectowatt avait bâtis un empire de fumée où les seins des femmes lançaient sur nous leur traîne hélicoïdale. L’une d’elles s’était même immiscé par dessous l’encadrement de la porte, cette porte donnant sur des étages phénoménaux ; et le train comme désorienté revenait enfiler la fourrure d’hermine qui appartenait à cette femme ; et la neige en longeant la route ressemblait à une équation à une seule inconnue…

Comme elle, en partant de notre havre, on enfourchait nos bécanes et comme elle on allait se saouler chez des amis au cognac ou au mazout ; ce mazout qui avait fait tourner les hélices de nos étranges machines de jadis. Machines dont l’engrenage s’allégeait au fur et à mesure de notre progression, sous le halo des lampes incohérentes.

Il y avait aussi, sur notre chemin, des faubourgs où la femme marchait sur tant de pieds avant de regagner le coffre de notre voiture : le monde allait bientôt riposter, ouvrir sa gueule de vide-ordures et jeter ses doux parfums d’hématomes.

Alors, en s’enveloppant énergiquement d’un heaume, nous partions à la guerre et de guerre lasse le bruit du train revenait empoisonner le silence où l’on entendait parfois des sanglots : ici, les indigènes devaient fêter noël et dans son coin noël crevait doucement, sans empressement.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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