Autoportait de l’orang-outan en chaussette

Je t’écris à une époque où les orangs-outans disparaissaient en nous laissant un goût de cendres encyclopédiques, en nous laissant aussi un goût d’appel téléphonique débridé.

Je t’écris à une époque où, perchés mais sans aplomb, nous devions les asservir ; nous avions fort peu de valeur et les orangs-outans ne pouvaient qu’acquieser. Leurs cerveaux étaient des moteurs ou des pelotes de paille et nos enfants avaient fait courir sur le sol les mandalas de leur Olympe.

Autrefois aussi, cablés par un système de chauffage psychiatrique, nous sécrétions des déboisements organiques en devenant cassants, vieillissants, fantomatiques comme les choses. Oulan-Bator avait été croisé avec des boites de conserve amazoniennes et nous serpentions vers Oulan-Bator en passant sous les fortifications entortillées des Saules-Pleureurs…

Autrefois encore l’haletante inconnue du vide collectait le sang menstruel de nos héroïnes de mangas.

]——[ ou l’appel vers l’au-delà !

En me pressant contre de hautes fenêtres sales : soudain, la confusion, l’évanouissement pourtant tant souhaité ; pétillant comme du champagne, son cul pédalant dans la semoule, revient de loin, d’un monde en silicone noir, en ayant parcouru l’ensemble aussi bien qu’une sous-partie.

Sous-partie  frémissante de watt canonique où j’ai d’abord listé des fichiers corrompus, en fragments binaires, en morceaux, jadis obtenues dans la trop grande baignoire, et puis, au fil de ma progression, atterrissant au fond de ses bottes, j’ai découvert la simplicité underground et hardcore de ces appels vers l’au-delà : leurs motifs étant amovibles et découpés selon les pointillés d’un paysage imaginaire alors qu’ils tremblent les rails du train qui approche.

Tout est en feu et tout s’est figé en mottes de terre brûlante, éprouvante et d’humeur massacrante ; j’en appelle aux agitateurs d’un autre temps, aux cages à poule où le charbon brûle ; j’appelle à la grande bataille épique.

à la page 6

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à la page 6

J’ai fait trempette dans tes yeux en évitant soigneusement les tremolos trempés à l’eau de rose et mes yeux en brillant sous d’épais sourcils se disputent indéfiniment l’horizon, la grande fièvre de la bataille épique qui va suivre.

Jusqu’au menton, elle se déplume et je lui colle des billets de banque à la place de ces événements alors secondaires et bien trop affligés qui se désincarnent sous sa tunique de soie. Qui se désincarnent et saucissonnent la sauvage, la périlleuse et bien déterminée Beauté.

(dilemme)

J’ai tiré la chasse d’eau des poèmes de Ferré et de Beaucarne en sont sortis.

Le dilemme était réglé : un beau jour, j’ai tiré la chasse d’eau des divertissements télévisuels et des poèmes fugaces en sont sortis, leur bruissement caoutchouteux sous la langue, j’ai attaché dans ses cheveux d’insensibles papillons et d’autres vitreux cadeaux de bienvenue.

Pavillon Xérès

En avançant jusqu’au croisement des routes dévisagées, en humant la succion du vide qui s’empouprait petit à petit, je reniflais sous un soleil déclinant et humais un vin de Xérès lymphatique en décrochant les unes après les autres d’obscures, d’absurdes, de verticales, d’inefficaces larmes sur la nappe de la table – la table du château –

Un vin de Xérès qui fit descendre à grande échelle les éclairs de phosophore de mon coeur d’artichaut, ce vin étincelait comme un téléscope pointant vers Belgébeuse.

Ce furent des affections sincères qui me frigorifiaient, qui frigorifaient ma contagion bestiale de l’informe. Par strates comme cette espèce extraterrestre portée au moulin, leurs nuances moites schlinguaient comme des coeurs sur ma manche. Leurs ombres brûlantes sur ma poitrine ravivaient mon désir de m’accoupler avec n’importe quoi.

La teigneuse et vilaine queue du chieur Mickey

En face, dans le square, l’unique arbre avait enfanté un pendu au cours de la nuit. Il se balançait encore à son cordon ombilical. Trois enfants tournoyaient sous la nouvelle attraction.

Un paysage d’hermine floral pour attiser sa ténacité et, accroché aux harnais, son dernier jour de débauche qui avait explosé dans tous les recoins épiphaniques du quartier. On allait porter au commissariat ou au moulin son odeur chieuse d’antiquité médiéval en Saab en s’assurant un chemin de distances contrariées, communicatives et presque cauchemardesques.

L’unique arbre avait enfanté un pendu au cours de la nuit, l’unique arbre avait enfanté une idée innovante mais encore inconsciente ; idée qui épluchait encore davantage dans son redoutable cocon cahotant, inédit, miné par les poux les apparitions fantomatiques de ces trois enfants tournant et dansant déjà comme des derviches sur l’Aneurysm de Kurt Cobain.

On transférait ailleurs son odeur chieuse d’opacité saccadée pour faire perdre pieds sa perspicacité et la convertir en vilaine watt canonique, pour étreindre enfin l’ahuri lissage des programmes informatiques qui chuchotaient en douce.

Autour de moi

Autour de moi, des morfals et des chansons d’ivrogne
Adieu crapouille de cramouille ! Bonjour crapule de craquette !
Adieu les facétieux désastres, les cons ! Bonjour les prétentieux coqs ou les chapons !
Autour de moi, des cris et des gloussements artificieux
Adieu les tendancieux conseils ! Bonjour les insoucieux réveils !
Autour de moi, des fêtards funéraires, le cigare aux dents
Adieu le touche-pipi vulgaire ! Bonjour ma femme diamantifère aux regards ardents !
Autour de moi, des chefs d’oeuvre de têtes fêlées
Loin de moi, les chochottes des mêlées
Adieu, gnognote funèbre ! Aux chiottes la bite et les vertèbres !
Autour de moi, des rires sonores suspicieux
Adieu les idiotes sur les couchettes ! Bonjour la camelote des fourchettes !

Autour des pistes de la Playlist Cobain, qu’elle voit soudain scintiller sur l’épaisse moquette vert-jungle du salon, le soir tombe et se dénude avec sa logique tire-au-flanc, avec son appendice d’avilissantes complaintes, avec le tempo lent et ondulant du néant : bien trop court pour attraper sa chevelure alchimique ! Bien trop grave pour l’associer à chaque corps, à chaque intervenant, au vent froid, transsibérien des questions existentielles, mais aussi à la sibilante Bobine 26. Et ce qu’il reste sur les feuilles de papier : des grammes de pissenlit, cinquante grammes exactement, pour actionner, par strates, le feu de la Nef Basse jusqu’à ce DeepKiss de série B avorté.

Le sang gicle

Le sang gicle comme une pluie rouge qu’emporte le vent. Le sang gicle comme un canard barbotant dans la boue ; et, dans ma tête, en lançant des corn-flakes et des strass, le sang gicle comme un paiement cash. Le sang gicle comme l’hémisphère d’un cerveau endolori. 

En hissant les crocs du froid engourdissant, le sang gicle comme la pauvre poupée qui veut ou qui veut pas, et qui sera bientôt mise en morceaux. Le sang gicle et sécrète des enfants scolarisés qui pleurent ; après une leçon d’anglais le sang gicle au prétérit, comme l’Eglise qui profane son prolongement mathématique. Comme un stage cinématographique, le sang gicle avec mon coeur et avec ma bouche et me dit de n’emplir ma main qu’à moitié. Le long des krachs existentiels, le sang gicle par strates comme on se borne à ses petits désirs ; comme on laisse sur la table une bonbonnière fécondée par écoulement nasal.

Le sang, en pleurant, gicle et veut en faire autant dans la dimension stellaire du Bateau-Lavoir. Le sang gicle comme voué à ce petit garçon de dix ans qui s’amuse à faire des ricochets au bord d’une rivière pourpre. Et la rivière de sang s’amuse à émietter silencieusement le chapeau d’un champignon mortel.

Un larcin trop évident, ce sang qui gicle face à la houle, comme un sauveteur ou un vers à soie ou encore un billet de cinquante euros plié en quatre à la hâte ; ce sang qui gicle comme on plonge un beau matin dans un bol de café ; enfin le sang gicle comme survivent les paysannes et leurs silhouettes qui ne sont que des amalgames de sables, d’exaltations fiévreuses, de poivre, de sel, de parmesan ou d’origan.

La nuit succède à la nuit

La nuit succède à la nuit ; son imagination, formant un monde très cinématographique, correspondant à un numéro lui-aussi imaginaire, emmaillotée dans son réceptacle de métro moite, elle reflète la moyenne du cristal automatique kilométrique de tous les défauts, de toutes les failles et de tous les crashs des disques durs, internes comme externes. La nuit sécrète aussi des inventions -des inventions d’orpheline mystérieuse.

En éteignant pour de bon les machines aussi undergrounds que sophistiquées, dès l’entrée dans le souterrain du métro, la Nuit sécrète encore des tweets sarcastiques ; des tweets sarcastiques qui se lancent à corps-perdu sur les traces de ces tronches de cake perdues au fond de leurs liaisons et lésions lyonnaises. Lorsqu’un beau matin, épuisé par le sang qu’elle perd, le loyer pas cher qu’elle soumet, elle commence à pâlir au fond des cendriers mémorisés par quatre de son école occulte ; une  représentation mentale, placée à fond-perdu et en listes mnémotechniques dans les caves et les greniers de nos maisons où vit aussi le rat…

Tout comme le rat, la nuit se cantonne aux endroits moisis, obscurs, incommodes.

Et puis soudain le Jour ! Comme agrafé maintenant à ses concessions, à la capacité motrice de sa lumière photosynthétique coulant comme une chandelle oubliée, ce nouveau jour, dis-je, l’embrasse en se recouchant sous sa calotte polaire,  virtuelle et maléfique ou alors le jour la précipite au fond de son café soluble, à l’intérieur même de ses époques enregistrées en Time Capsule et de leurs domiciles célestes ! Le jour dit à la nuit d’un ton moqueur qu’elle ne fait que vivoter !

Ce soir, suivant sa théorie et sa méthodologie, je martyrise la nuit -son esprit issu d’un paganisme plutôt glouton et personnalisé, et aussitôt elle se rétracte à l’intérieur de  son espace circulaire, sous la forme d’une minuscule clé USB qui ouvre instantanément Twitter et tweete une série infinitésimale d’hashtags poétiques ; les utilisateurs étant incroyablement déboussolés face à ces kyrielles amovibles de configurations, toutes interchangeables entre elles !

Elle finit par monter aux arbres, la nuit, pour se nourrir d’écorces et de mousse ; elle aime se nourrir aussi d’idées djihadistes, la nuit, mais aussi de pluies cafardeuses.

La piste

En bois d’ébène, le label Sub Pop avec sa crinière fœtale palpite en s’éveillant comme un fer à repasser. En fermentant, des lambeaux de temporalité pourrissent sous cette verdure insolente ; courant le long de ses silhouettes de craie et de fusain dessillé, à la lisière de la forêt, je tinte, j’éclate, j’éclaire au milieu d’un nuage de neige Bleach qui envenime de son hectowatt nos forfaits ajustables.

Ses pieds : des hélices de Melvins délimitées par la pluie pour se saouler chez un ami ; ses jambes : les huit pistes de Bleach comme des triangles à cinq côtés déversant des fictions d’ombre à la périphérie pour s’éteindre ou pour baigner du bout des doigts les lignes gratuitement ouvertes de nos réseaux téléphoniques, son buste : une croix sans lumière regardant ostensiblement sa traîne hélicoïdale et sa tête et sa chevelure : les nerfs des desquamés nostalgiques qui changent sur un coup de tête de maison de disques.

Son sexe soyeux : le clair déluge qui sourd des murs, sa nudité : la chansonnette  férocement slave ou celtique.

Son sexe duveteux : le nord d’Harlem noir relié aux chaînes et aux planches des cathédrales ossifiées ; sa partie la plus sensible : un gémissement enduit de lissage, une quatrième de couverture perdue dans les immensités d’un cerveau ruisselant. 

Autour de son automobile de luxe, stellaire : les idoles profanes, yeux noirs et crin fusillé à l’aube, carré noir d’oreilles mexicaines et flamandes ; son domaine : l’azur des jeux de carte, bibliothèque aux cours boursiers quand la pluie acide allume alors les champs hallucinés ; sa vulve : petit veau qui vient de naître, ou petite lettre d’amour enveloppée dans le papier kraft des sourires béats.

Et sa tenue de danse : le meilleur des terreaux pour cultiver les pommes de terre à même l’écume,  l’attribut du sujet attardé, embrouillé et copié et recopié par cette geisha lubrique 

Au réveil, tenant dans la paume de sa main froide, sa petite culotte : une clairière dans l’ouate alors que le soleil vert, à travers les vallons sablonneux, distille son sperme tibétain. Sans distinction, je range ses talons aiguilles sur une étagère mais que faire des messages sur le répondeur ? 

 

Si semblable à la fleur et au courant d’air, l’Orient, qui n’est qu’un regard mystérieux, génère régulièrement des émeutes corrosive sur notre planète de glace. Et je vois le Grand Ouest fondre comme la neige, se dresser comme une forêt d’acier. 

Ou comme la forêt magnétique où, sous l’humus froid des chimères et des désillusions, la poupée de porcelaine est enfouie. 

L’Orient des mortes giroflées, qui n’est qu’un rêve d’albâtre,  bleuit comme le vin répandu sur la nappe. 

Et puisque l’amphore du Cap Nord se plaint sourdement d’un trop-plein, entrons dans la valse surannée des petites grand-mères malingres. Enfin il y a le Sud des enluminures et des parchemins peints de rougeâtres couleurs ; ce Sud qui tourne comme une roue perpétuelle, qui dort debout et compte aujourd’hui pour moi… 

Un air de piano, un éclat de soleil amniotique ! Et je me prosterne à vos pieds, vos racines de fantômes familiers ! 

En Orient

L’art du Zen, en bouffant de la Lysopaïne au goût classiquement mentholé, s’accrochait au plan  des kaléidoscopes limpides : en écourtant de courtes et confuses respirations dans l’ombre, tandis que les moteurs de la fusée de Babel vrombissaient.

Seules les silhouettes qui tournaient autour du Bouddha, sur une planète qu’elles ne connaissaient pas, se renouvelaient en pure perte : allaient-elles reprendre le cours d’une vie ordinaire ? 

Sur le carrelage froid de ma cuisine ou le sol natté de ma chambre, ou encore sur une vieille chaise chargée de glaises et de fanges séparatistes, elles tentaient de se libérer des anciennes complaintes ventre à terre comme un mal de chien, comme un capharnaüm de sapins et de paroles voilées.

Les larmes de ces silhouettes se servaient de mon esprit pour traverser l’air noir de ce cauchemar saumâtre, pour atteindre le ciel, une pluie perçant nos sphères australopithèques !

 

 

 

A Antoine Joseph Bertrand

Dans un cabinet poussiéreux ou dans un train allant d’un point blanc à un jazz blanc, tout autour de nous, l’étoile meurt au matin et Kurt Cobain appuie sur la gâchette.
Je te Malcolm X un Happy End, une fantaisie caressant le poil sauvage des forêts de sapin ; comme cette opacité saccadée qui devient mythologique.
Comme ta seule chance de salut glissant sur un symbolisme silencieux, il y a une révocation préfectorale assemblant pour nous sur les grands chemins les Indes Occidentales.
Là-bas l’espoir palpite encore, illumine le crépuscule et le récit des vioques francophiles.
Bercé par le prétérit intergalactique, je profite à mon tour de l’instant ; l’instant qui bleuit comme une leucémie, l’instant des fleurs excisées qui remue de la queue comme un chien crevé.
Longuement, très longuement je te montrerais l’île de Robinson comme un index pointé vers ton coeur généreux ; longuement, très longuement je te montrerais où se cache ta liberté et la fine lingerie de la mère Addams !

A Antoine Joseph Bertrand.

Sur les bancs des écoles occultes

Sur les bancs des écoles occultes. Le regard où porte la morsure de la pensée latérale. Le regard au dedans d’un oedème en mutation

Autour des oreilles, juste autour des oreilles

Regarde-moi, regarde-moi sans lâcheté

Regarde les tentacules de l’Alien se contracter autour de ma gorge et des muscles de mon visage. Instinctivement, primitivement, en modifiant mon ADN, le regard où porte l’essaim officiel.

Et l’empire britannique qui s’étire en molécules polysémiques.

Des espèces sonnantes et trébuchantes pour se vêtir d’ocre et d’ordres incultes. Des menottes pour usurper les codes sensuels et des têtes à réduire et à afficher en trophée.

Des portefeuilles et la danse de la boue pour vociférer des apparences lisses. Ou des apparences réjouissantes, incorruptibles.

Et, en basculant dans la violence, la Nuit des Longs Couteaux pour zébrer de croix gammées et de moisissures toutes les douleurs lactées. Pour incendier aussi le cul des fausses starlettes chaudes comme des rôtisseries

Premier printemps

Des fables et des mythes sur le gril
des questions existentielles de plus en plus douloureuses qui ruisselent
Des appareils scintillants qui collectionnent les interfaces permettant d’intercepter toutes les connaissances induites par prémonition.
Depuis leur observatoire la représentation et le goût tragique des fils électriques et organiques
En nous reliant, ils nous font glisser sur d’irréphénsible semence d’escargots tapissiers
En truquant nos appels téléphoniques débridés, ils goudronnent nos vaisseaux sanguins de résines grises, de panorama post-apocalyptique
Aux phénomènes sismiques qui avancent vers leur stade létal, ils font saigner la dernière passe d’une putain encore inégalée.
En balayant les reliefs du paysage au-dessus qui s’effondrent
En prenant le firmament aux teintes organiques en otage, ils programment leurs larmes de plancton pour une nouvelle soirée
En grelottant dans le vent silencieux
en émettant des pensées mystiques assez pernicieuses
ce qui détermine la direction fiévreuse à suivre : leur domicile céleste
à savoir en haut d’une branche de saule pleureur qui piaille sans limite.

En commerçant d’incalculables équinoxes, ils tentent de ranimer des fossiles matriciels de météore
Et d’immenses univers de vie inconnue

Un passeport pour les siècles morts

J’ai hissé

L’émiettement de la nef basse

Des racines s’étirent doucereusement

et doucereusement elles défilent devant moi

En galopant, en moissonnant, en se frayant un chemin

parmi les niveaux, les mystères nocturnes, les gens déjà sur orbite

Sautillant, offrant leur paysage olympien, offrant aussi leur synthèse

à la faible lumière ; se faufilant, ce sont des hommes, des ombres

Le temps s’est écoulé lors de cette virée ombrageuse

Obéissant, recyclant ses oeufs brouillés, le temps

a semé la fatigue des siècles morts et dehors

dehors l’univers chipote encore

Dehors l’univers ne vaut pas un rouble

Dehors c’est l’ailleurs où les gens savaient lire et écrire

Le plan tendancieux des ordinateurs a tout nettoyé

Le plan spontané de l’orfèvre qui aimerait écrire ce poème

Sur ton tendre sein, qui accuse diverses réactions

en hissant les composés de l’ouïe

On arrive à la fabrication des produits mathématiques

à l’administration des passeports

L’ornithorynque

Un fourmillement sous le fracas métallique : avec le goût infecte du vomi, du grunge, en fermentant des spécimens d’esprits malades dans un mélange de torpeur opaque et de spéculation hasardeuse, en enclenchant le processus esquissé le long des marches, j’avais inversé, investis et décliné toutes les possibilités harmoniques et architecturales du problème : quelque chose dans mon crâne qui ne s’arrêtait jamais.

Mes cheveux trempaient dans l’eau de javel, je me souviens que mes cheveux trempaient dans l’eau de javel lorsque j’avais produit cette pensée… en condensant leurs bourdonnements dans les remous de toutes ces idées abstraites, ces esprits présageaient de la fin des temps.
Plus tard, emmailloté dans un flash-back de bois, de braises, d’acier et de câbles et en greffant encore autre chose à cet ornithorynque, je sentais leur puissance me précipiter du côté de la Porte Primitive.

Le Cercle

L’insensible aiguille brûlante qui suturait, en façonnant à sa façon la non-violence de ce monde, la blessure couleur braise, l’insensible aiguille brûlante qui s’enfonçait dans les limbes nucléaires, l’insensible aiguille brûlante s’était insérée dans le script inopinément et une troupe de singes s’était introduit sur la piste.

J’avais les mains moites quand les cris des enfants firent trembler la nuit. Ainsi la nuit trembla quand les enfants virent les singes surexcités glisser et s’élever -donnant au Cercle les combustibles pour brûler efficacement- le long de la corde. Les cris des singes firent trembler la nuit quand ils virent, parfumés au lys, les enfants pénétrer le Cercle comme des flèches.

Dans mon bol de pudding

Le sang gicle comme une pluie rouge qu’emporte le vent. Et dans ma tête, lançant des corn-flakes et des strass, un hémisphère endolori trouve encore quelque chose à faire.

En humectant des tunnels labyrinthiques, noirs, cauchemardesques que cet hémisphère médiumnique, mystique, endiablé a probablement remis dans la cage aux singes, j’entraîne là-haut des alpages noirs de craie et de surprises synthétiques…

La lumière, en reproduisant sans cesse par petits paquets de rayons de nouvelles combinaisons, exécute un spectaculaire triple saut périlleux avant de s’immobiliser en bas : dans mon bol de pudding, là où sa jupe mandarine, en tombant, a dessiné des associations dans la neige froide et presque ossifiée par tant de guerres acharnées ; des zigzags sous le poids de leur pénombre se surprennent aussi à osciller du côté du vide ; c’est un abîme d’une blancheur brûlante, où le noeud du chignon de la soubrette s’hérisse de pincées d’herbe !