En bois d’ébène, le label Sub Pop avec sa crinière fœtale palpite en s’éveillant comme un fer à repasser. En fermentant, des lambeaux de temporalité pourrissent sous cette verdure insolente ; courant le long de ses silhouettes de craie et de fusain dessillé, à la lisière de la forêt, je tinte, j’éclate, j’éclaire au milieu d’un nuage de neige Bleach qui envenime de son hectowatt nos forfaits ajustables.

Ses pieds : des hélices de Melvins délimitées par la pluie pour se saouler chez un ami ; ses jambes : les huit pistes de Bleach comme des triangles à cinq côtés déversant des fictions d’ombre à la périphérie pour s’éteindre ou pour baigner du bout des doigts les lignes gratuitement ouvertes de nos réseaux téléphoniques, son buste : une croix sans lumière regardant ostensiblement sa traîne hélicoïdale et sa tête et sa chevelure : les nerfs des desquamés nostalgiques qui changent sur un coup de tête de maison de disques.

Son sexe soyeux : le clair déluge qui sourd des murs, sa nudité : la chansonnette  férocement slave ou celtique.

Son sexe duveteux : le nord d’Harlem noir relié aux chaînes et aux planches des cathédrales ossifiées ; sa partie la plus sensible : un gémissement enduit de lissage, une quatrième de couverture perdue dans les immensités d’un cerveau ruisselant. 

Autour de son automobile de luxe, stellaire : les idoles profanes, yeux noirs et crin fusillé à l’aube, carré noir d’oreilles mexicaines et flamandes ; son domaine : l’azur des jeux de carte, bibliothèque aux cours boursiers quand la pluie acide allume alors les champs hallucinés ; sa vulve : petit veau qui vient de naître, ou petite lettre d’amour enveloppée dans le papier kraft des sourires béats.

Et sa tenue de danse : le meilleur des terreaux pour cultiver les pommes de terre à même l’écume,  l’attribut du sujet attardé, embrouillé et copié et recopié par cette geisha lubrique 

Au réveil, tenant dans la paume de sa main froide, sa petite culotte : une clairière dans l’ouate alors que le soleil vert, à travers les vallons sablonneux, distille son sperme tibétain. Sans distinction, je range ses talons aiguilles sur une étagère mais que faire des messages sur le répondeur ? 

 

Si semblable à la fleur et au courant d’air, l’Orient, qui n’est qu’un regard mystérieux, génère régulièrement des émeutes corrosive sur notre planète de glace. Et je vois le Grand Ouest fondre comme la neige, se dresser comme une forêt d’acier. 

Ou comme la forêt magnétique où, sous l’humus froid des chimères et des désillusions, la poupée de porcelaine est enfouie. 

L’Orient des mortes giroflées, qui n’est qu’un rêve d’albâtre,  bleuit comme le vin répandu sur la nappe. 

Et puisque l’amphore du Cap Nord se plaint sourdement d’un trop-plein, entrons dans la valse surannée des petites grand-mères malingres. Enfin il y a le Sud des enluminures et des parchemins peints de rougeâtres couleurs ; ce Sud qui tourne comme une roue perpétuelle, qui dort debout et compte aujourd’hui pour moi… 

Un air de piano, un éclat de soleil amniotique ! Et je me prosterne à vos pieds, vos racines de fantômes familiers ! 

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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