Transhumance noire

Chauffé à un degré providentiel, un monde en silicone noir retrouvé parmi des bornes extensibles de taoïstes qui couraient abandonnés de chambre en chambre avant de se faire plaquer par les plans fixes, perpendiculaires, délavés de la caméra.

Un système de fils électriques et organiques reliant Angela à ce monde en silicone noire, aux naïades fantasmagoriques utilisées comme carburants. Un brin trop affective, Angela a évincé les taoïstes en les arrimant à cet abîme alvéolé, hypnotique : une trouée qui lustre et fusionne avec sa nouvelle vie sans commencement ni fin, un ensemble d’univers qui soupirent et fusent sur les prédateurs impies en harcelant leur esprit pissant jaune et en s’approchant toujours plus près du soupirail de sa vieille maison.

Le larçin alors revendiqué, succombe le programme informatique de cette transhumance, un rien formaliste, en se précipitant dans le vide.

Une canne en bambou !

A l’intérieur d’une canne en bambou : des moignons et des onomatopées inondées par des émissions huileuses, dégueulant le fond du Rio Negro d’une planète encore inconnue.

Un avantage certain, confiné dans cette timeline minée par les poux et un veilleur de nuit : limitant sa Présence qui, en agrandissant nos libations vivifiantes, exècre son redoutable cocon cahotant, inédit, câblé par des assaillants fantomatiques ; de fins limiers retrouvant leur réflexion très synthétique accrochée aux harnais des sorcières du dimanche après-midi…

Puis s’éloignant le long du canal, avec le tac-tac de ses talons aiguilles, Adieu ! Adieu ! elle s’assure un chemin parmi les calligraphies à l’encre chancelante tout en épluchant cette longue intimité avec le sel, le poivre, le parmesan, ou l’origan des stations de métro.

Autour de nos deux corps immergés

Des faisceaux crépusculaires altérés, comme momifiés par le néon titulaire hésitant et, entre leurs moignons, cherchant l’onomatopée encore vierge, leur descente vertigineuse. L’éveillé rêveur appréciant leurs veillées d’armes, leur tracé logique aussi, leur rêve qui semble aimanté par ce vide sidéral et chaotique et qui s’octroie le câblage libidineux des grands chemins passant sous les stèles de marbre rose, d’une minéralogie douteuse cependant !
Nous regardons ces mollusques effondrer leur subterfuge qui s’entortille dans nos tubes de peinture ocre rouge comme de la viande ahurissante dans une gamelle pleine d’échos silencieux. Ici, se glissent autour de nos deux corps immergés leurs véritables et authentiques fantaisies, quoique fallacieuses parfois, la texture de leur sac de sport, de la même couleur que ces si belles lumières ; mais elles ne reprendront jamais vie !
En se vivifiant et en voguant sur les écumes de l’air libre, l’irréalité équatoriale de leur cartomancie qui a remplacé un ancien jeu d’algorithmes serpentant aussi autour de nos deux corps immergés. Puis, en s’inspirant d’un rayon de lumière tremblotant, écaillé, la lumière de ce monde en silicone noir, qui a été jetée aux oubliettes.

Dans l’obscurité, doucement, autour de nos deux corps immergés, leurs sabres de samouraï projettent mollement au fond des limbes le seul avantage des voyages en train ; nos deux corps immergés émergeant enfin du fond verglacé du lavabo !

Le mal des montagnes

Partant d’une excitation de nerfs téléphoniques à la section classiquement mentholée, un aura comme les châteaux de sable d’une poudrière serpentant autour du trou de la fosse sceptique laissée ouverte.
Dans la poubelle : les transcendances édificatrices des sentiers sanctuarisés par quelques pluies diluviennes, boueuses. Et ma mission : porter des motifs genre Maya l’abeille ; des motifs qui mémorisent la stupéfiante envolée des missiles encore indécis quant à leur destination secondaire.
L’imposture facétieuse d’un mal des montagnes et ses racines comme un casque de protection molletonné. Et dans tous les azimuts un drôle de goût bigrement inorganique de vie gâchée et inachevée qui monte comme une overdose de Risperdal.
Sonnant le glas ironique de cette miséricorde avant d’opérer une salivation pacifique des caisses pleine de conduits inexplicables : des coups de boule glougloutant étrangement. Des considérations glauques qui te font réaliser quand même une grimace joyeuse !

Le long des Scentless déstructurés !

Sous-système d’un sous-système s’écoulant le long des icebergs déstructurés comme l’Ajax WC qui joue le Scentless de Kurt, habillés comme des clowns, la piste d’atterrissage profanée, nous avions mêlé des zones opaques, bataillant contre la pluie aux lueurs de scarabée, avec des drapeaux aux étoiles endolories, des cépages perturbants d’encyclopédie enterrée à la frontière mexicaine.

Sous les poutres apparentes de la mansarde, par endroit enduit d’équinoxes dorsales, nous disparaissions progressivement pour la bonne marche de l’ensemble dont nous avions fait partie – et la polysémie des ogives téléphoniques, en passant sous l’arche du Donjon de Crussol, limitait l’extension permanente du chaos que nous avions sécrété. En maintenant la cohésion dans l’espace clos qui nous était assigné, nous avions puisé des silhouettes fiévreuses dans ce labyrinthe de chaussettes palmées.
Nous étions potentiellement remplaçable ou dispensable, déambulant la braguette grande ouverte – ouverte comme la gueule de ces pachas chevauchant les meilleures possibilités d’une autre ville, d’un autre continent ou d’une autre planète. Se rassemblant en déambulant le long de leurs Mercedes aux teintes noires rincées au gas-oil, ces gens du rallye sauvage dévoraient les kilomètres qui refoulaient alors leur vide intérieur, le balançant vainement dans le disque dur avant le décollage, le Scentless de Kurt nous fixant sur le canapé d’un air hébété.

Complainte

Partant d’une excitation de nerfs téléphoniques, serpentant autour du trou de la fosse sceptique laissée ouverte, quelques pluies diluviennes, boueuses, emmènent les feuilles mortes du chêne pour mémoriser cet effluve indécise : l’imposture d’un mal et ses racines qui soudain transportent dans tous les azimuts un drôle de goût bigrement inorganique de vie gâchée et inachevée.
Un langage de plus en plus ironique glougloutant étrangement comme cette complainte revigorante au fond de mon jardin, et, pour dernier recours, un rayon de lumière écaillé projetant ses probabilités et autres notions mathématiques pour sortir de leur organe sexuel.
Familièrement colportée par la sève d’un arbre à soie, la rigueur hivernale pleine d’obscurité désargentée s’octroie les veillées d’armes, les nuits blanches et leur charme d’Aneurysm fauve perdu à l’insu du bon sens et pourtant tant aimé. Je l’ai donc achevé, avec des airs pensifs d’ibis debout sur une patte, en déséquilibre, l’œil encore ensommeillé d’artefacts pornographiques et de liquide diesel coulant sur le paddock !

Structuration génétique

Structuration génétique pour une entreprise locale qui essaie d’échapper à la violence de la scie en clouant sur la porte des cabanes au fond du jardin les pages de leur livre.

La violence de la scie qui retourne mollement l’élascticité de ces cerveaux criminels, trace une ligne entre leur idée directrice et leur pigmentation, découpe les trois nuances du goudron et leurs enveloppes télépathiques au-dessus de la bûche ; la bûche qui contient l’antiquité de leurs plantes et qui va bientôt tomber en désuétude, avant de tremper à nouveau, de s’étourdir et de s’évanouir sous des tonnes de ketchup.

Instananément dans les jardins botaniques, la bûche aux différents dénivelés qui a retrouvé le trou de la serrure, invente de nombreux services pour ébaucher par mouvements rapides, pour générer aussi par le silex sur leur papier à dessin le cul des fausses starlettes chaudes comme des rôtisseries. La bûche qui penche par un trop-plein de racines chamanistes articulant leur cerveau en désordre tandis que les parasites automatisent les décalcomanies jadis obtenus dans leur trop grande baignoire.

Attendant encore d’être découvert, en l’associant à chaque envoûtement qui canalise leur apprentissage, leur point de non-perception fait courir les enfants abandonnés de chambre en chambre ; leurs pensées secrètes apparaissent dans toute leur horreur et l’immeuble qui les abrite, à la croisée des chemins, menace de s’effondrer : Décomposition kafkaïenne transhumant ainsi ailleurs de grands ravages caillouteux, perturbants et tellement élagués !

Le petit diable vert du Photomaton

Jour numéro un, deux et trois : en favorisant beaucoup sa reproduction, tachetée de cette lumière qui oscille en sécrétant hors de son processeur organique son liquide diesel, elle commence à m’agacer cette belle étoile sous les baobabs de Saint-Péray.
Son étrange fantaisie l’a conduit à faire fortune dans le domaine du X en crevant dès le petit matin son enveloppe babylonienne un jour de lascivité épidémique ! Son cornet de frites comme une nouvelle harmonie à étreindre entre deux sédatifs et qui s’embrase au contact du petit diable vert du Photomaton !

La séquence des arbres cure-dent !

Leur tour de passe-passe brûlant au charbon cérébral, excessif rééquilibrant une lutte effroyable entre les profondeurs de mon appareil Kodak et cet entonnoir immonde qui commence aux racines des arbres cure-dent.

Leur prochaine réincarnation se rétractant à cause du mauvais état des routes, ces hussards informatiques implantent leurs profils isochromatiques obtenus après des enchevêtrements d’anévrisme invincible. C’est aussi, à la fin du carnage, une libération pour tous ces opprimés qui noircissent les extraits de leur table de montage ; ces extraits découpés au cut-up approvisionnent les lasers des usines désaffectées. Et les arbres cure-dent, alors, propagent l’exosquelette de ces séquences réaménagées et étalées sur une carte !

L’architecture spirituelle

A l’intérieur de l’amovible architecture spirituelle de leurs ordinateurs, en inhalant les feuillaisons de la Cap Cod Tonneau et son inextensible clair-obscur, jadis ordonné et inventé par la seule pensée latérale démocratiquement jetée de façon linéaire : l’ahurissement kilométrique !

Et chaque jour, comme un spectre dans le brouillard, leur singularité qui, à la fois crépitante et grelottante, lacère toutes ces lignes de code incohérentes. Puis, après quelques éclaircissements, chancelants, ils se maintiennent dans la tourmente malgré tout et l’architecture spirituelle de leurs ordinateurs la neutralise pour en faire des quartiers de mondes celtes tire-bouchonnés, leur dominante. Leur espace, chaque jour lapé par un reptile en provoquant une accoutumance de nouvelles couleurs, se transformant en huis-clos et qui se continue en l’écho d’un huis-clos, bien que théorique.

Alors parait à la surface photoélectrique de cet univers un extrait olfactif d’ecchymose et de perspicacité instantanée !

Kenny, le carburateur Zénith et le marsupial moteur de la Jaguar !

Le marsupial moteur – certes dissocié de ses autres composants – de la Jaguar ronronnait dans le jardin où l’on venait de brûler Monsieur Carnaval en plein air. Ce jardin n’était qu’un tapis de fleurs semé de coing ; ce tapis qui ne paraissait chuinter qu’au fond de mes tempes creuses comme une transfusion télépathique amalgamant l’inextensible clair-obscur généré par les lignes de codes incohérentes du moteur.

En attachant le quart de tour de son carburateur Zénith aux embranchements de ses disques durs d’un genre nouveau, nous vîmes les zébrures du ciel sonner la mort des baleines, la dose mortelle des congrégations faiblement, douloureusement cryptées augmenter jusqu’à une cuillerée à soupe. Disques durs reliant tous le cerveau monarchique de Kenny : ce cerveau lapé chaque jour par un reptile mystérieux, quoique inanimé, ce cerveau provoqué chaque jour par de nouvelles accoutumances, par de nouvelles couleurs géométriques et par ce clair-obscur massif, médiévale, emmêlé entre les deux canyons des administrations à la Vilnius Poker ; le noir s’alliant aux auto-stoppeuses pluvieuses, aux actualités guerrières suffisamment audacieuses pour chialer au creux de nos oreilles. En pure perte.

Du sang s’infiltrait par-dessous sa porte et emplissait la pièce où d’autres associations d’idées étaient en attente.
Kenny, les revers de son pantalon mordillé par les rats, se dressa en hurlant qu’il allait crever comme un chien, prit la forme de ces créatures qui ne laissent rien, qui sont convaincus de leurs forces ésotériques et qui blasphèment sans arrêt.
Ces hurlements étaient si intensément expressifs qu’on avait fini par renforcer la luminosité des graphismes de tous les sites Web référencés dans ces disques durs uniques.

Au vingt-neuvième sous-sol, Kenny s’écroula instantanément et les strates simultanés de ces lignes d’algorithmes défilaient sur l’écran des ordinateurs en clignotant d’un rouge vif, en excavant le feuillage silencieux et chaud des arbres à l’extérieur : le tour de passe-passe de sa machine sophistiquée, en brûlant tout son charbon cérébral, excessif, était bien trop imaginaire pour être crédible !

Funeste, intense, foutu reboot de cut-up à l’extrémité du câble nord !

A l’extrémité du câble nord, diffuse et disjointe, la photosynthèse de leurs électrons avait compilé un remake d’un film de Lucky Pierre.

Filmée par la caméra, leur timeline saharienne qui balançait du côté de la faille informatique leurs sémantiques photovoltaïques, avait subtilisé la spiritualité Zen à la Vilnius Poker par des listes de données matricielles, gargantuesques, courant jusqu’à leur radical dissocié.

Erreur ! Échec ! Leur photosynthèse, en se collant sur les cornets de frites des autres parasites, anéantissait entièrement l’historique, pourtant infaillible, de cette timeline. Subtilisant aussi le suave, familier et microscopique système de leurs électrons, les parasites effacèrent instantanément cette programmation en laissant sur leur passage des ruines à l’intérieur de l’architecture spirituelle de leurs ordinateurs.

A l’intérieur de l’architecture spirituelle de leurs ordinateurs, en remplaçant ces ruines par des images classiques tirées des comics de huit pages d’autrefois, les parasites automatisèrent aussi les pages Facebook qui semblaient les canaliser. Et, sans doute à coups de marteau nietzschéen, ils inventèrent de nombreux services pour aider les anciens mercenaires à se reconvertir dans un autre domaine ; leurs pages clouées sur la porte de la cabane au fond du jardin avant de pressentir la Nausée à venir…

Les carnets de Kaphrium

Tout d’abord une faille courant jusqu’à son radical : la mort de l’empereur grinçant et couinant contre l’arbre cure-dent ; ainsi, les carnets de Kaphrium, en exploitant la faille, racontent que le monde du dessus est bientôt prêt à nous appartenir, tant il sent la désolation et la mort.
Ensuite une timeline. Une timeline cachée parmi les fêlures du béton et une enveloppe pleine de photos. Des photos floues, en noir et blanc où l’on devine vaguement une scène classée X. Pour cette scène, l’espace se transformant en huis-clos, s’ajoute à l’éprouvante faille le contrôle autoritaire de toutes nos pensées garrotées par l’historique du navigateur.
Le navigateur : dans la poussière d’un grenier, il finit par abandonner le pilotage des serveurs locaux ; la faille profanant toujours leurs disques durs, le navigateur s’est niché à la place du cerveau et nous vidons alors la substance d’un autre composant dissocié, jaune et mécanique : la clé USB de Kubrick qui nous décroche et nous subtilise le suave, familier et presque gênant black-out.
Cependant, la clé USB ouvre des abîmes communautaires qui renaîssent chaque année.

Chaque année aussi, d’après les pages déchirées du carnet de moleskine de Kaphrium, le foisonnement chaotique de cette clé USB suivant le balisage d’une étrange application, interfère à l’intérieur de nos ordinateurs et la propriété intellectuelle n’est qu’une chimère alors.

La Bûche

Comme un ensemble de lois compliquées à l’extrême ou comme un rêve communautaire, tout d’abord, une scie coupant une bûche au-dessus d’une rangée de corps longilignes, nerveux et racés, ridiculisés par un requiem longuement différé par d’étranges phénomènes.

Ces étranges phénomènes qui révèlent encore davantage ce rêve communautaire aspirant le ciment armé, projetant synthétiquement la malédiction à venir dans un cinéma verrouillé et sans lumière ; alors j’ai complètement abandonné le projet, les plans et les cartes jetées sur cette vieille moquette d’un velours assourdissant. La scie s’imprégnant des odeurs incendiaires d’entrejambe de la surface à mesure qu’elle coupe la bûche, a continué d’exhaler l’acide carbonique de cette rangée de corps.
Ainsi en étudiant les caractéristiques de cette moquette à présent arrachée, leur morbide inconscience, divisée – ou devrais-je dire stratifiée – en quelques halos de glace, a remonté ces « étages » : cet éventail de femmes nues à vocation universelle fluidifiant le sang froid, dissonant de toute cette bûche alors entravée par le dernier projet, puis amputée de sa spiritualité.
La bûche laissant malgré tout leurs pieds flotter dans le vide, ce qui permet de maintenir en équilibre la scie ; cette scie qui se nourrit de leurs douces et brillantes, de leurs excitantes et réconfortantes facultés.
Leurs facultés ? On ne peut les définir sans descendre d’un « cran » d’une « marche » ; au dernier cran ou à la dernière marche, des centaines de fêtards éméchés qui crachent leur jus en croassant comme des forces spirituelles entre les deux mondes : Là-Haut et En dessous.

Cadre vacillant !

Soit A : les gazons verdoyants qui s’agglomèrent aux métaux des longs tunnels obscurs. Et B : des plaques de neige tenant la rampe d’une collection de fragments occultes qui énumère leurs détails métaphysiques pointant en sauts quantiques ! Alors, alors seulement C : bouillonnante et goinfrée de millénaires décuplés  caressant le poil sauvage, organique et télépathique des forêts en un panoramique cahotant avec caméra à l’épaule, la fin de ce mouvement que nous avons créé ensemble.

Ces gazons verdoyants symbolisant gravement la brume moite venue de la baie, descendant d’une rétrospective de Giacometti. Et ces plaques de neige : la solitude alimentant l’imposture d’un poème ou d’une longue torpeur évanescente.

Notre crâne en feu qui disparait sous un taillis boisés, comme une veuve affligée qui remplace les impacts des balles par des fleurs sauvages, notre crâne en feu clôturant ce ciel d’un bleu spectaculaire. Des vaches paissent près de ces ruisseaux bouillonnants qui finissent par délivrer leur écoulement nasal et qui apparaissent d’un côté du cadre vacillant, disparaissent de l’autre.

Les vaches s’estompent dans le flou et laissent place à une petite maison campagnarde aux couleurs vives : ces couleurs vives jouant aujourd’hui avec les fricatives d’un vent glacial mais aussi ces décorations tarabiscotées qui atteignent héroïquement les illuminations graduelles de la ville ; quelques lucarnes sur le toit en chaume avec des vitraux et des jardinières de fleurs courent jusqu’à leur radical… Et enfin, au-dessus de la porte rouge, un panneau en bois sculpté concentrant par télépathie un éparpillement de voix souterraines !

L’Alien

A l’origine, le cadavre fossilisé de ce gigantesque humanoïde était composé de deux corps joints étrangement par des fragments d’ossements capables d’échanger l’énergie électrique et de la réinitialiser à son état halogène ; ces fragments d’ossements eux-mêmes commençant leur radical par des greffes de parties mécaniques – son goitre étant sinistrement engorgé par leurs moteurs se gonflait et se dégonflait encore par intervalle obscure lorsque l’équipe de Parker fit la découverte macabre de cet Alien. En cela, on pouvait qualifier le spécimen et ses souches génétiques de cyborgs.

La créature souffrait d’un trouble à la fois électrique et ovulatoire qui nécessitait une guérison ; un trouble considérable favorisant beaucoup sa reproduction : en effet, l’Alien  sécrétait hors de son processeur organique un liquide noir. En se mélangeant dans le thé vert en poudre, qu’on avait préparé avec une infinie patience, ce liquide parfois semblable au Diesel d’autres fois davantage liquoreux, avait gâté le disque dur de notre ordinateur de bord où l’on stockait nos raccourcis clavier, avait aussi désagrégé progressivement la toile virtuelle en casant dans tous les moteurs de recherche des utilisateurs la prose de Burroughs découpée en cut-up.

L’ordinateur de bord -appelé Maman- avait révélé qu’il avait vécu de longues années sur cette planète sinistre et déserte ; il avait survécu à son climat malsain, les températures avoisinant souvent les moins cent degrés.

Nous ne savions pas si les oeufs, qui avaient été découvert dans les soutes du vaisseau extraterrestre, lui appartenaient… mais à présent, le développement des oeufs, contrarié jadis par de nombreux obstacles, était cadencé par de nouvelles séquences génétiques et risquait d’arriver à son terme, leur odeur épouvantable explosant dans nos crânes ; ah c’était beau comme les graffitis des chiottes du lycée !

Carnet de poésie numéro 9 !

Et si je décidais comme l’éveillé rêveur de lancer des corn-flakes et des strass sur les grands chemins ? En entortillant leurs pensées mystiques monochromes, alors les poubelles se rempliraient de corps psychanalytiques et de métaphores tentaculaires.
Ainsi, en incorporant sous l’humus des forêts noirs de craies et de chewing-gum synthétiques, l’odeur habituelle, musquée et frémissante des alpages délimités par la pluie, altérés par des ténèbres d’outre-tombe, j’avais fluidifié une étendue floue et pâle de faisceaux crépusculaires.
Ici et là, on égorgeait toutes la féminité noire des fleurs et des champs pour oiseaux, perçant à travers des flaques d’eau claire jusqu’à parvenir à cet embryon : le vide des Voyelles !
De mon côté, mû par leurs danses fantasmatiques, pique-niquant sur leur fil de fer alchimique, j’avais lancé dans tous les azimuts des visions d’ailleurs, des S.O.S pour extraire hors de leurs disques durs chargés la bobine cent-quatre vingt treize de Cassandre, techniquement H.S mais, malgré tout, compatible avec toutes ces séquences de bouts amovibles, baroques d’indications occultes !
Projetant synthétiquement sa colonnette d’albâtre en ouvrant le journal de Kurt Cobain, elle était née de mauvaise humeur ; elle travaillait sur plusieurs films en même temps reliés entre eux par un pédoncule très noir, mesuré comme une décomposition kafkaïenne très dissipée !

Mathématique avancée

Soit A : l’immobilité des spectres qui s’agglomèrent aux métaux des plaques de neige ; et B : le combiné du téléphone qui énumère leurs détails métaphysiques pointant en sauts quantiques ! Alors, alors seulement C : bouillonnante et goinfrée de fils électriques partiellement organiques et télépathiques la fin de ce mouvement que nous avons créé comme un ensemble de lois compliquées à l’extrême.

L’immobilité des spectres étant entravée, puis amputée, soit A : Clara, laissant ses pieds flotter dans le vide, qui se nourrit du sang froid des femmes indiennes : ça coule comme un vin mauvais dans cette débandade de mikado qui concentre l’exhalaison de son acide carbonique, longuement différée par d’étranges phénomènes. Et B : jeté sur cette vieille moquette d’un velours assourdissant, le dernier bâton de mikado qui ne peut se maintenir en équilibre. Alors, alors seulement C : une blonde allumée au pétrole qui panse la sclérose, éclaire la route, décolore notre voyage interstellaire.

Ainsi en étudiant les caractéristiques de cette moquette à présent arrachée, soit A : de nouvelles idées, abandonnant dans le brouillard dardé de cercles immenses, une séquence ou un processus thérapeutique. Et B : ridiculisée par des baguettes de bois vérolé, leur métaphysique prédécoupée en haut du Donjon qui a, comme fanion, une rétrospective Giacometti. Alors, alors seulement C : des centaines de fêtards éméchés qui crachent leur jus en croassant comme des forces spirituelles.

Des projets de Chandeleur pour les Alligators !

Tombant en pluie sur sa tête échauffée, dans la hutte, les émissions radiophoniques graveleuses dessinaient la séduisante composition spirituelle du monde amibien d’Aristote, assouplissaient aussi des rames d’alligators en folie.
En s’acoquinant à plusieurs centaines de mètres sous terre dans l’obscurité doucement, torturés par leur égarement et gangrenant tous les bas-fonds des moulins à vent, stratifiés horizontalement et enflés comme des palmes sur deux ou trois étages, ces alligators tourmentaient ce vieux Aristote.
En se limitant au chaos de tous les Esprits, ces émissions radiophoniques commençaient toutes par un hommage aux fricatives et aux gazouillis de l’orgue électrique de Cassandre, se nourrissant du sang froid, avide de cette femme indienne.
Dans ce contexte, tombant dans l’escarcelle des bottes de sept lieues déchues de leurs fonctions, en essayant une séquence de bouts amovibles, baroques d’indications occultes, Aristote dactylographiait des Projets de Chandeleur pour ses alligators. Sans jamais restreindre leur rêve sans borne, fumé au sapin vert, cahotant de nouveaux chambardements, de sa machine à écrire avait giclé une feuille où l’on pouvait lire :
« Au point d’impact, croassant comme ces forces spirituelles qui se renforcent carnage après carnage, gargouillant efficacement dans ma hutte, ces émissions radiophoniques m’ont ôté une épine douloureuse du doigt de pied. »

Mais une nuit les vautours vinrent débarrasser la carcasse d’Aristote et les alligators semblaient alors dardés de cercles immenses.

Les séquences de la nuit

Une terrible vengeance burroughsienne allait s’opérer dans l’ombre.
La nuit ressemblait à la peinture d’un moine castré, la nuit réaménageait et étalait ses séquences aussi cinématographiques que télépathiques sur une toile virtuelle, lymphatique, aux différents dénivelés périphériques.
Sans émotion ni parjure, une nuit fugitive et stridente ; nos armées de hackers avaient battu en retraite, occultant toute l’emprise des champs de bataille ravagés, vus dans une lumière crépusculaire, un sentiment de mélancolie gluante.
Négligeant ce blues qui nous peignait tous le cœur en mauve, les séquences de la nuit divisaient l’architecture spirituelle de nos ordinateurs en une pléthore de fonctionnalités ordonnées et viables seulement d’une quinzaine de jours.

Cornélius l’architecte

Une terrible vengeance burroughsienne allait s’opérer dans l’ombre. La nuit ressemblait à la peinture d’un moine castré. Sans émotions ni parjure, une nuit fugitive et stridente. Je sentis monter en moi un sentiment de mélancolie gluante. J’avais comme un blues qui me peignait le cœur en mauve. J’avais besoin de dormir. J’avais besoin d’une cigarette. J’avais besoin de la présence réconfortante d’une double dose de rhum paille. J’avais besoin de poser mes mains sur le cul d’une femme réelle. Je voulais dessiner l’architecture spirituelle d’un ordinateur.

Je ne sais comment ni par quel moyen, mais je me trouvais maintenant assis à mon bureau, une cigarette se consumant dans le cendrier, un verre de rhum à moitié vide dans une main et une enveloppe pleine de photos floues en noir et blanc, où l’on devinait vaguement une scène classée X ; de ma machine à écrire avait giclé une feuille ou l’on pouvait lire : « Les forces spirituelles guident nos pas, nous franchirons tous un jour l’espace reliant l’existence aux ténèbres, nous n’aurons plus besoin de mains ni de jambes ni de cœurs qui battent, j’entends le cormoran des limbes appeler mon nom… On dit qu’un roi perd son royaume quand il perd la vue… »

Il y avait d’abord, bouillonnant d’unité monstrueusement et densément littéraire, cette nouvelle idée de Cornélius l’Architecte De Tous Les Récits, aussi troublante qu’un film comme la grande bouffe, qui avait comme pris feu en ce 17 février 2015.

Tout avait commencé ainsi : en ce 17 février 2015, Cornélius s’affairait à régénérer une séquence aussi cinématographique que télépathique de vers mutants qui avait été réaménagé et étalée sur une toile virtuelle, lymphatique, aux différents dénivelés. Après maintes proliférations, cette toile divisant une pléthore de fonctionnalités ordonnées en séquences viables d’une quinzaine de jours, toutes les recherches clandestines partant des égouts interurbains avaient été neutralisé ou différé par d’étranges phénomènes ; leur champ opérationnel : l’écriture automatique et le cut-up de Burroughs.

Occultant toute l’emprise des productions littéraires, en envoyant à partir de ce sombre tunnel gluant son latin irraisonnable, glacial, insoluble, les travaux scientifiques de Cornélius étaient nés de ces proliférations. Cornélius avait négligé dans son précis de médecine l’équivalent de ces projets singulièrement factuels et modifiés sans cesse par une étrange corporation d’étudiants en cut-up.

La piste Scoff

Sur l’écran : des listes de fantasmes fermement liées chevilles aux corps subdivisant mon cerveau en divers bafouillages.
Ensuite, toujours sur l’écran : un chemin baigné par une lumière tamisée et des parallélogrammes de lumières éclatante qui tournaient, se croisaient et se succédaient à la manière d’un kaléidoscope jusqu’à sillonner les rails du train et tout ce tintouin – Nirvana étant le rythme, la palpitation, les pieds actionnant un orgue ou l’hélice soufflant interminablement un vent hivernal ; la piste Scoff par moment presque syllabique qui remontait à contre-courant, entourée d’anguilles noires et luisantes, puis découpée et balayée par le faisceau de nos lampes de poche, sciemment, synthétisait dans l’obscurité la guitare désaccordée de Kurt Cobain.

Sa coloration singulière abattait à la fois négativement et positivement nos lourdes pensées.

Sur Mars – Origine Inconnue

Au départ ce n’était qu’une base de données qui servait aux scientifiques astronautes à budgétiser leurs avancées technologiques sur Mars.

Mais progressivement les composants informatiques de leurs ordinateurs avaient disparu pour laisser place à un organisme fastueusement autonome qui était, sans contredit, une des preuves les admirables d’une existence sur cette planète. La preuve aussi d’une ancienne arme bactériologique qui avait fait mourir toute une population guerrière ; sur cette planète rouge et crépusculaire, unifiant toute la beauté d’un monde avantageusement sirupeux, cette origine extraterrestre avait dissocié toutes les combinaisons successives de ses molécules et de ses atomes.

Banquise lactée

Au centre de l’arène, un morceau de banquise regroupant des flammèches autour de moi, s’effondrant ensuite sous les coupoles illuminées de mon terrier.
Les voies lactées se régénérant, incarnant la force cauchemardesque du menuisier qui prononce l’exorde. Leurs structures aléatoires remuaant un nid d’autruches au milieu des belles plaines humides recouvertes de gazon. Leur hideuse corporation persuadée que les légendes sont truqués ; ces légendes qui rayonnent comme la robe de bal que j’aperçois dans la nuit.
Et dans l’obscurité des salles de projection, les bobines rabibochant mes vingt ans !

La Virée

Jusqu’à passer au courant alternatif, nu

L’air marin et la virée qui s’amorce

Vers l’ouest ; en réalisant la submersion

D’un Nautilus prometteur, en bon fan-

Club de Jules Verne, nous étions

Démontés et défoncés à la Vodka Strogoff  ; des diarrhées

Sanglantes de fondements sanguins comme sur les avants-bras

Comme les anciens rasoirs de barbier et leurs lames de glace

                                                               troublante.

Nous étions bloqués

Dans ces interstices infernaux où s’engouffrait le vent et la procession

Singulière de nos pingouins tous surmontés d’une couronne de fancy-fair

Allez tous en Enfer !

Tout d’abord, une sensation de brûlure acide et creuse pour promouvoir encore de nouvelles banques, de flambantes multinationales qui industrialisent les fondements tristes de leurs petits bouts d’actions.
Alors, mon ami, en fructifiant toujours la morsure encore vive de ces serpents qui se mordent la queue, ils gangrènent par-ci par là à travers la mappemonde des fièvres obscures ; de cyniques dégueulements de fric pour investir tous les domaines, même la poésie. Jetés par ordre alphabétique sur les murs de toutes les villes mornes, ces poèmes qui te rackettent pour pas un sou, pas un S.M.I.C, tu débourseras jusqu’au dernier kopeck pour les lire, les entendre ou même pour les récupérer.
Pauvre chien loser, c’est la mort des littératures entre les mors fashion des scènes classées X, le morse corrompu des émissions de télévision. La prodigieuse odeur du temps de cerveau humain disponible, sacrifié au profit de ces mollassons mord déjà le maigre périmètre où tu t’étais retranché, mon ami poète le trouble-fête de leur orgie médiatique bien appliquée à gémir ses problèmes de sécurité, d’identité, de convenance etc.

Allez viens boire une bière !

Un ensemble de neuf mesures

Dans les jardins botaniques de la ville, en remontant cet ensemble de neuf mesures comme le mécanisme d’une vieille montre, j’ai décanté les formalités spirituelles et esthétiques de l’eucalyptus au fond des grandes profondeurs : neuf mesures qui rendaient de l’huile de vidange en régénérant sans cesse le chapeau d’un champignon mortel, neuf mesures accrochées comme ses boucles d’oreilles, neuf mesures attachées à un décor de foire martyrisé, comme les chaînettes autour de sa cheville, neuf mesures qui jetaient sur mes pensées des lueurs crépusculaires conçues comme des carences affectives, des couronnes chavirées.
Neuf mesures qui venaient rejoindre la nouvelle orientation arctique en se réfugiant dans une scène de « la grande bouffe. »
Neuf mesures qui disposaient sa perspicacité, sa mélancolie maussade, les parpaings de ses lignes droites, les mâts de sa marche nuptiale ; neuf mesures qui avaient été retrouvées parmi les groupes musicaux du sous-sol, neuf mesures qui envoyaient leur rituel de purification, les contacts prioritaires de leurs serveurs locaux, en se relevant au rythme de la pesante percussion .
Neuf mesures qui tournaient dans la brise comme les mécaniques ailées d’un moulin en réfutant toute maturité, neuf mesures qui baisaient son sein froid en profanant son graphique délicat, neuf mesures qui brûlaient comme un bon feu réincarné.
Et soudain en heurtant l’envers de leur décor photographique refroidis au mercure, une voix de femme les offrit aux fastueuses manipulations des sabres de samouraï ! Ces sabres de samouraï qui se réfletent dans la mémoire des fonts baptisimaux remplis de lubrifiants parfumés !

Les noces francisées des cathédrales défectueuses !

En étayant la stratosphère de peinture fraîche, de sens perdus et de retrouvailles impossibles, à la fraiseuse, quelques câlins amicaux l’été de la mort de Lady Diana. Quelques frasques pour simplifier définitivement les échanges et la communication.
Les classiques de nos débuts fredonnés en changeant de latitudes ; latitudes projetées avec nostalgie qui se monnayent aux dépends des appareils à sous de Cassville.
Nerveusement, inutilement la bonne frappe des invités du bal masqué, liés chevilles aux corps à d’anciens et vénérables rituels. En chevauchant aussi leurs plans larges et en accordant leurs ellipses, leur Inventaire à la Prévert s’est substitué aux existences narratives en s’orientant du côté de l’Orient : l’Orient, cette kyrielle de métaphores alanguies qui percent comme une lumière jaune, comme les yeux glauques des riches franchises ou comme la chaleur du soleil azuréen !
Il y a aussi ce grand réservoir, ce point de vue impressionniste, ce jour de maïs bien ficelé qui insère des platitudes vulgaires dans le puits où il s’enfonce. La perspicacité aiguës des machines suspendues au-dessus du vide : planifiant le basculement des générateurs, les surprenantes machines, qui, à la bonne franquette, ont donné naissance à la créature, sont reliées à un éparpillement discontinu de fils électriques et téléphoniques. Suivant cet éparpillement, il y a aussi, à l’autre bout, une usine de chicorée laissant dans son sillage les effluves de la royauté, une grande femme brune aux commandes ; et son écrasante habileté qui, en quelques jours, a tout bouclé.
Il y a enfin les cris, les rires éclatants mêlés aux ronronnements des disques durs et des franges qui tombent : ces disques durs qui sont chargés de recueillir l’excentricité florissante de cet Inventaire à la Prévert.
Touchant la pierre sur laquelle des serpents aveugles remuent de la queue, les invités du bal masqué annoncés dans l’interphone renversent le système établi le soir de nos noces : le fond du lavabo où d’autres histoires à l’eau de rose comme des cafés frappés finissent en entonnoir.

Appendice et perspective anesthésiante !

Laissée aussi sèche qu’un raisin de Corinthe – un raisin de Corinthe sifflé comme la racine radicale, amazonienne de notre conscience politique et historique – laissée aussi sèche qu’un raisin de Corinthe, dis-je, la perspective anesthésiante de la caméra poursuit inexorablement son avance déterminée, beurrée entre les cuisses des vendeuses excitées de paquet de pop-corn à monter en kit.
Au coeur du crépuscule flottant ou entre le chambranle de la porte de droite, comme un blues d’automne froid ou comme une longue nage, il y a sur son tracé le silence prométhéen qui, crescendo, espace et éponge les anomalies de la caméra, les égrène en rejoignant une sagesse ancienne ou en jetant la confusion.
En demi-cercles irréguliers on entend des crépitements comme du feu et, pareil à un morceau de chewing-gum mâchonné que l’on conserve plus tard, il y a aussi l’appendice de la caméra perforée jusqu’à devenir une blague anecdotique : il emmagasine de gigantesques chaîne de montagne comme moyens d’existence caillouteuse, des chalets de montagne au milieu d’un champ de fleurs aux cépages perturbants, les univers Kleenex des neiges inversées se préparant à l’atterrissage, les histoires élaguées des cabines téléphoniques qui font serpenter les fils électriques de leur moteur diesel ; écrit avec le napalm des bidonvilles, l’appendice de la caméra se lance dans les invocations confuses, en reprenant son souffle entre deux capharnaüms de pampas et de landes électrifiées, et finit par barrer l’accès au grand nord saturé d’un parfum kitsch de musc et de jasmin.
Aussi irrascible que l’indicible beauté du monde, aussi incommodant que canonique, ce chef-d’oeuvre cinématographique qu’il a fait naître, est attendu avec impatience : alors qu’il vienne le plus récent et le plus torride des films de Lucky Pierre !

Paradoxes mystiques

Eperdument, afin de lui soulever gravement mon chapeau, je suivais Marmeladov dans un long tunnel obscur qui rendait, scrupules après scrupules, sa camelote exosomatique pour rejeter, transformer, échanger l’énergie frémissante de la watt canonique.

Sortant d’une longue torpeur évanescente, j’entendais les coups de feu sur Sniper Alley, un bruit à réveiller les morts comme des notes complexes jouées sur un clavecin roué, comme des respirations haletantes, lancées à l’unisson parmi les hurlements de la créature : l’Elephant X.

L’Elephant X, ce monstre évoluant lentement dans la chambre d’Angela, se comparant toujours à ce Marmeladov de Dostoïevski, véritable complainte illuminée ou vengeance personnelle contre son créateur ! Le génie de son créateur penché sous les loupiotes mécaniques ! Entrainé dans les rapides, les démultiplications du langage alors qu’à l’origine ce n’était qu’une rêverie, une promesse ou quelque chose d’irréalisable ! Et qui fit courir sur les routes de son immense domaine des paradoxes mystiques !

Et qui regardait de plus près, de très près sa créature, sans se rendre compte que les Formules de Rimbaud contenues dans le moteur des cyborgs étaient amovibles et découpées selon les pointillés du clairvoyant Scentless ! Ah, quel regard terrassant !

Jumbo, ce savant et cet archéologue interstellaire, s’était hasardé du côté des études obscures et personnels, des magies noires, brûlantes, éprouvantes et d’humeur massacrante. En se penchant sur l’étrange syndrome qui s’était abattu sur une petite planète perdue aux confins de l’univers, il s’était perdu dans les méandres souterrains du Mystère Anselm Kyx, du nom de la planète visitée avec sa collaboratrice Katia.

L’Acropole

L’Acropole ? Tout d’abord des représentations inexorables de peinture écaillée couvrant les murs sur trois cent kilomètres : la genèse d’une molécule qui s’est infiltré dans la mémoire de l’humanité… En les dépoussiérant, ces représentations, des crises de nerf qui grouillent et se remettent d’une longue fièvre : le résultat infectieux, incompréhensible, invraisemblable de l’essai thérapeutique 1.0.8. 

L’Acropole. C’est aussi une zone inhospitalière, actuellement réinventée par la scarlatine et la gangrène. Arrivant au Village, en dessous de l’Acropole, respirant encore malgré son état de mort cérébrale, aussi scintillante que galeuse, embarrassante pour les survivants, saturant toujours les communications radiophoniques qui se perdent Là-Haut, la résine polissonne où est conservée la molécule 10-2474 qui possède des vertus ancestrales. Cette molécule vantée politiquement par les modes étrangères, garde farouchement le secret de sa fabrication sous les paupières closes des patients qui ont muté jusqu’à anéantir leur licence poétique.

Secouant la ligne blanche des néons qui éclairent uniquement les poutres de l’Acropole, cet enchevêtrement de bois, de béton, de corde et d’étages supérieurs au-dessus de leur silo, et même bien au-dessus de leur nappe de grésil bleu (sont-ils bien conscients des risques ?) on peut voir que les « candidats » ont entreposé toutes les reliques informatiques piratées, hackée des années 3060, qui, en flibustant, forment le centre de l’Île.

En empruntant les escaliers extérieurs à moitié en ruine : la paralysie et l’inquiétude, tandis que leur scie se dirige lentement vers ce schéma alchimique d’architectures fantastiques où meurent encore les « contaminés. » 

Toujours plus haut : le sacrement de la Papesse, un télescope en verre épais qui se repère de loin.  Pour percevoir cette construction supplémentaire ? On émet une liqueur.

A cinq heures du matin, en arpentant les rivages sablonneux où sa fabrication est née, elle dévoile aux « courageux » une série d’hallucinations qui cristallise le clair-obscur de l’Acropole ; il y a aussi, sur l’écran de l’ordinateur qui l’a conçu, des reflets séduisants, mortels.

La bobine Cassandre

Les émissions radiophoniques graveleuses tombaient en pluie sur ma tête échauffée. En s’acoquinant à plusieurs centaines de mètres sous terre dans les coins sombres d’un Paris souterrain de type Haussmannien et gangrenant tous ces bas-fonds, elles commençaient toutes par un hommage aux fricatives et aux gazouillis de l’orgue électrique de Cassandre.

Ah ! Cassandre ! Elle ne manquait pas d’anoblir au passage ses partisans déjà chenus, usés ! Tombant dans l’escarcelle des bottes de sept lieues déchues de leurs fonctions, en essayant une séquence de bouts amovibles, baroques d’indications occultes, Cassandre pliait et repliait à l’aise et sans se restreindre leur rêve sans borne, fumé au sapin vert !

Mû par quelques sentiments de love buzz amoureux alors que je glissais maladroitement une gousse de vanille du côté de ses pieds malodorants, j’étais bien trop morne et las, pesant les défauts, les failles et les crashs d’un mal de chien pour en faire de la pâte à modeler. Des symboles avant-coureurs circulaient entre nous, venant d’une lointaine galaxie dynamitée, mesurée comme une décomposition kafkaïenne très dissipée.

De mon côté, mû par quelques danses fantasmatiques pique-niquant sur leurs fils de fer alchimique, j’avais lancé dans tous les azimuts des visions d’ailleurs, des S.O.S pour extraire hors de leurs disques durs chargés la bobine cent-quatre vingt treize de Cassandre, techniquement H.S mais très ressourçante !

Les larmes de Cornélius

Les larmes de Cornélius en tombant sur le sol formaient un tapis duveteux, entraînant quelques années auparavant à leurs suites les serpentins de leurs braies, de leurs cottes de maille en lambeaux, leurs bandages de momie piratée, hackée ou de simples poètes inconnus.
Des poignées ou des brouettés de poètes inconnus, fascinants comme aiguillonnés par les cris des sauvages locaux chaque fois qu’elles hésitaient à continuer la route, en dorant le sol natté de ma chambre, s’avachissaient aussi sur mes chaussures noires : des informations qui étaient purement numériques pour la géosphère des ténèbres, en s’enfonçant toujours plus loin dans leurs matrices chiffrées excessivement à l’excès. Ce bestiaire féroce au fond des égouts.
Et la vie qui fourmillait sous la surface avait annulé de façon anarchique toutes formes de pensées, ainsi que leurs substances : le grand courant s’accouplant avec des extraits du Livre des Morts, le grand courant pullulant de tous ces têtards dans la flaque lacrymale de Cornélius.

Le Livre des Morts avait tenté d’expliquer à tout un tas de générations avides de sens l’existence, ses formalités spirituelles ; comment accéder aussi au Nirvana par l’usage des drogues… Cependant, seules les larmes de Cornélius paraissaient convenir pour comprendre les commencements et leur fin.

Les apprentis de la fiction

Au-dessus de la fosse noire : la valse surannée des petites grand-mères malingres caressant le poil sauvage des forêts X. En dessous : ces apprentis de la fiction assemblant sur les grands chemins des quartiers d’oreille-coupée jetée aux oubliettes comme leurs céphalées industrielles suivant de longs travellings d’autoroutes, délimitées par la pluie, qui se perdent jusqu’aux cataractes minérales du non-être ; suites de vision infinie numérotée et attribuée à chaque changement d’altitudes ou de latitudes !
Aux racines de ces attitudes électrisantes, forant et solidifiant toutes ces images creuses et terrestres, l’évanouissement ou la mort imminente qui chevauche leurs trachées en silicone noir, tant annoncées par les médias. Dans tous les sens par pure fantaisie et effet mimétique à force de rattraper le basculement générateur du sens de la vie, ils ne pouvaient retrouver la fugacité des instants familiers.
Juste après leur sinistre incident et tous ces algorithmes générés par l’étrange logiciel de la fosse noire, la somatisation probable d’un état d’angoisse exaltée par leurs organismes presque limpides qui firent chuter à toute vitesse la température au-dessus et en-dessous !

Un inachèvement ésotérique, électrique ou téléphonique retrouvant par petits paquets de rayon fugace leurs réactions presque mathématiques comme cette façon d’examiner le plafond les yeux brûlés, cette façon de les interpréter objectivement alors que la pluie, avant de percer l’humeur tremblotante de leurs lampes de poche hésitant entre ces ellipses et ces indices, inondait sous les grandes voûtes leur monde si sympathique, leurs points de vue si impressionnistes, si virtuels, si avilissants. C’était ainsi la seule opacité, le seul instantané de leurs inventaires à la Prévert !

La seule opacité, le seul instantané entraînant quelques années auparavant à leurs suites les serpentins de leurs braies, de leurs cottes de maille en lambeaux, leurs bandages de momie piratée, hackée ou de simples poètes inconnus.

Un prodigieux précis de médecine orientale

Si semblable à la fleur et au courant d’air mais longuement différé par d’étranges phénomènes, son prodigieux précis de médecine orientale avait généré des émeutes corrosives sur une lointaine planète de glace.

Tout avait commencé ainsi : un après-midi de printemps alors que mon ami Cornélius ânonnait un latin mystérieux venu du grand ouest, je le vis se désagréger et fondre comme la neige.
En réanimant une ancienne forêt d’acier, une forêt magnétique sous l’humus froid des onomatopées merdeux, il venait à l’instant d’enfouir une poupée de porcelaine très dissipée.
Au profit d’un autre substitut davantage fiévreux, son prodigieux précis de médecine orientale n’était qu’une rêverie mal barrée souffrant d’un trop-plein de scories châtiées comme la valse surannée des petites grand-mères malingres.

L’ordinateur Burroughs Cora-Hummer 7

Absorbé par des contemplations psychédéliques, l’Ordinateur Burroughs Cora-Hummer 7 produisait un bourdonnement déconcertant chaque fois qu’un Projet était déclenché. L’inventeur de cet ordinateur exclusivement destiné aux ouvrages littéraires, avait laissé un manuel ésotérique, hermétique que je tentais de comprendre avant d’allumer ce système informatique d’un nouveau genre. Commercialisé à grande échelle, l’Ordinateur Burroughs Cora-Hummer 7 avait été ensuite introduit dans tous les milieux artistiques.
Je fis tourner son disque dur, tranchais les phrases qui étaient codées selon une recette secrète et -clac- toutes les approches stylistiques des textes en prose -textes de fiction, et textes non fictionnels- s’affichèrent sur l’écran, avec un bruit semblable à celui que ferait une tasse de thé tombant par terre. Le Chemin d’accès des fichiers concernés suggérant d’autres formes d’expression à inventer ou à réinventer. Etaient proposées aussi des listes de références, contenant tous les mots-clés recensés sur Internet, permettaient d’expliciter ce que l’écrivain voulait signifier à travers ses textes. Merveilleuse invention qui reliait directement l’équivalent du Finder aux sites web !

L’Ordinateur Burroughs Cora-Hummer 7 était apparu dans un contexte où les utilisateurs d’Internet consultaient bien autrement la Toile, qui avait été totalement et méthodiquement remaniée pour l’Elite ; d’abord la connexion Internet avait été remplacée par un nouveau procédé : au lieu d’un éparpillement d’individus qui exécutaient selon leurs désirs diverses tâches, le Web était devenu un espace ressemblant davantage à un huis-clos dont seule l’Elite avait accès. Radicalement anti-démocratique, le contenu et la forme générale de ce nouvel espace virtuel avaient été sérieusement conçus afin d’éviter d’égarer le Navigateur.
En effet, même les nouveaux moteurs de recherche s’étaient pliés à cette Dictature de l’écrivain, seul détenteur du pouvoir informatique à cette époque, en exhibant une cartographie détaillée et aléatoire -cartographie qui traitait chaque recherche d’une façon très surprenante : en s’appuyant techniquement sur les données des Sociétés de Géographie maritime du XVI et XVII siècles, au lieu des algorithmes devenus désuets et incompréhensibles.
Des mesures provenant de tous les gouvernements du monde entier, avaient été pris non seulement pour brouiller toutes les adresses IP récalcitrantes mais aussi favoriser l’émergence de cette mise à jour révolutionnaire !
Pour parfaire cette cohésion décrite précédemment, seule la thématique de la littérature (et ses annexes) était autorisée : le Maître-Mot, c’était la Restriction ! Internet était devenu l’outil exclusif des écrivains, et ce fut ainsi que les constructeurs d’ordinateurs commencèrent à produire en très haute série les Burroughs Cora-Hummer 7 !

Donc je venais de faire l’acquisition d’une Cora-Hummer 7 et dès ce matin, je tapais à l’aide d’une kyrielle de traitements de textes assortissant toute la mémoire de l’ordinateur aux lieux les plus intrigants, les plus riches en perspective poétiques, du planisphère apparu sur mon écran suite à une recherche sur le web. Les Premières Expéditions Virtuelles s’étaient aventurées du côté de l’estuaire sémantique d’un champ lexical trouvé dans un carnet de moleskine. Une fenêtre pop-up s’ouvrit alors, en me livrant le nom réel de l’auteur et toutes ses informations biographiques, ainsi qu’une note de bas de page pour m’indiquer qu’il y avait de l’or enfouis dans ces parages.
La cartographie avait tantôt définis une vallée, plus claire à son médian et sur ses sommets que le long de ses pentes, avec ici et là l’évocation peut-être d’une végétation… Elle promettait quelque chose d’absolument moderne, cherchant une forme à incarner dans cet océan de démesure…

Deuxième partie

Année 2119.
La publication du prodigieux précis de médecine de Cornélius avait été longuement différé par le retour d’étranges phénomènes.
Tout avait commencé ainsi : un après-midi de printemps, dans la salle de classe à côté, les élèves ânonnaient leur latin tandis que Popeye se désagrégeait aux rythmes de la serpillière à passer le long du corridor sombre de l’école et autres corvées mal rémunérées, réanimant parfois un onomatopée merdeux du fond de son pantalon. Il détestait son petit chef qui était aussi barré que lui, les premiers de la classe appliqués, son entourage proche qui l’obligeait à rester sur Lyon, son lieu d’attaches et pire que tout son boulot de merde comme agent d’entretien. Malgré tout, ce jour là était magique comme la boite de corned-beef qui l’attendait à la maison, comme cette lycéenne dissipée qui lui avait fait la bise avant de chahuter avec ses copines.
Mais, en vidant la poubelle des sanitaires pour femme, il trouva au fond un tampon imbibé de vodka. En l’éloignant le plus possible de ses narines, il comprit alors que les monstruosités du passé affleuraient déjà sur tout un chacun dans cette université.

*

La scène politique, à cette époque, avait été refaçonné intégralement par l’arrivée au pouvoir d’une étrange corporation ; le lancement sur le marché mondial de la grande consommation de sa Burroughs Cora-Hummer 7 – un ordinateur révolutionnaire qui était devenu le seul mais redoutable instrument des gouvernements en place. A l’origine sa production limitée avait jaillis des scories de l’ancien monde un siècle auparavant mais, en montant progressivement les échelons de la réussite et du pouvoir, avait conquis la majorité des consommateurs qui déboursaient jusqu’à leur dernier kopeck pour avoir le dernier cri de la société Burroughs.
La plupart des clients se contentaient en réalité d’une version hautement fumeuse : une kyrielle de presse-papiers encombrants, de timeline surréalistes, de cartographies élucubrations, de traitements de textes limités à un langage châtié, et d’autres logiciels incompréhensibles… Alors quel était l’intrigant mystère de son ascension ?

 

L’expression d’un amalgame !

Aristote m’avait ôté une épine douloureuse du doigt de pied en attisant les plus folles, les plus ésotériques recherches jusqu’à parvenir au point de non-perception : le vide des Voyelles ; successivement ou simultanément, en ouvrant le journal de Kurt Cobain j’avais décanté une succession de silences dilatés sous tous les angles s’accrochant à la perspicacité des machines frémissantes, mû prodigieusement par un sentiment général d’inutilité…

Dans tous les azimuts, les inventions d’Aristote après un bol de café aussi noir que la nuit : un minime charbonneux d’existence à l’origine d’autres inventions ingénieuse comme ce labyrinthe polysémique d’algorithmes chiffrée à l’excès, cette plinthe de la bavure extrême sans principe ; la bavure : quelque chose d’authentique afin de créditer ponctuellement la Xbox ou la PlayStation ; au milieu de ces labyrinthes : un fouillis pensif de tractations politiques quand j’allais user ma culotte courte sur les bancs des écoles occultes gaiement teintés par les rayons solaires.

Je sentais toujours les tentacules de l’Alien ou l’esprit de Platon se contracter autour de ma gorge et des muscles de mon visage. Instinctivement, primitivement, leurs molécules étaient devenues miennes ; l’Alien ou l’esprit de Platon : tampourinant dans une ex boite d’allumettes confortablement expansive, singeant parfaitement un suçotement sympathique de bleuet taillé dans la guêpière des crins de chevaux alezans ; un jour je reviendrais avec leurs têtes à réduire et à afficher en trophée.

Colportant les idées noires du journal de Kurt Cobain dans une charrette, je lui avais même extorqué la substance passablement acide de sa salive, ainsi que la férocité et le machiavélisme de sa réflexion ; j’étais cet exorciste exhortant le soleil de minuit presque blanc, sans pigmentation et comme frangé de noir à adhérer synthétiquement à la doctrine de Maître Yoda ; Yoda l’inculte dans sa thébaïde menait une guerre acharnée par moult voies de carême nucléaire.

Soudain, avec Aristote, Platon, Kurt Cobain et Maître Yoda pour torréfier la noirceur de l’Alien,  pour la purifier, sans entrave une nuit noire comme un bol de café vint atteindre mon ombre prostrée, presque ossifiée par tous ces embrasements de diables lampistes…

Aristote et Platon, bien tassés dans un programme informatique au froid glacial, assemblaient aussi le tribut de leurs profanations diverses, sans les rendre ces bribes de zigzags et ces sensations saccadées ; sensations qui avaient germé dans les tasses ébréchées et, en offrant leur tâche, avaient perfectionné une chose étrange incorporée dans une nouvelle théorie avec la silhouette de Yoda, sans me douter qu’une seconde d’intervalle puisse compenser leurs calamités : voilà l’expression d’un amalgame de distances contrariées, communicatives et cauchemardesques !

La plateforme fantasmagorique d’Oji Kick

De mes yeux clos et amovibles qui paraissent chuinter au fond de mes tempes creuses l’inextensible clair-obscur s’invente, et chaque jour, augmente la dose faiblement médiane jusqu’à une cuillérée à soupe. Et chaque jour, lapé par un reptile en provoquant une accoutumance de nouvelles couleurs, et les revers de mon pantalon mordillés par les rats, apparaissent des extraits olfactifs d’ecchymose et de perspicacité instantanée : une préparation d’horizons amalgamés unique en son genre.

Cependant pour la première fois, j’ai connu un repos total et un sommeil paisible en inhalant instantanément ses exhalaisons alors mêlées de strates simultanées, en excavant les inclinations sauvages de la célèbre barre de recherche quand on presse un interrupteur. Là, j’ai lancé la restauration en poursuivant inexorablement mon avance, comme pour réorienter la respiration languide du cyborg, des steppes d’immobilité pré-emballée me pilotant machinalement comme une transmission éclair.

Au vingt-neuvième sous-sol, entre mes tempes tendues, en revenant de loin, s’étend comme l’huile violâtre et silencieuse des banquises, un air de jazz chaud qui ajoute de nouveaux vaisseaux sanguins et électroniques au cyborg brûlant son charbon cérébral, excessif. La plateforme fantasmagorique d’Oji Kick évide tous ces sarcasmes et toute la mélancolie que la drogue peut provoquer au fin fond de sa cervelle qui s’épaissit : l’électrisante spécialité gagne le dernier sous-sol de la station ; pour incarner l’esprit et le paradoxe du bocal de verre bleu où elle se réfugie, en définissant comme lieu précis un souterrain, elle se doit de chercher ailleurs. Après l’installation, quittant les quais du métro les larmes aux yeux et en s’autoadministrant nerveusement le soliloque du clown sur un banc à la surface, elle peut survivre et donner naissance à ce soleil vert cataractant des cauchemars matriciels.

La face B de Pat Benatar

Un système de fils électriques et organiques, après le sac des rivières feuillues, en ruisselant alphabétiquement, siphonnait leurs gueules de vide-ordure ; des parfums montaient au ciel comme des serpents cosmiques en remplaçant la face B de Pat Benatar.

Cette face B de Pat Benatar en tombant sur le béton des stations de ski alpin devenait notre décor péruvien en fin de saison. Installée à la mode chinoise sous un rameau prodigue pour maintenir vertical l’étrange syndrome de l’opiacée dans l’obscurité, loin de la nuit froide au dehors, la ville de Cuzco jouissait d’une étendue de terrain où l’on pouvait aller plus loin dans les idées ; sous la braise d’une suggestion en silicone noir prête à être ravivée, je glissais à son extrémité la plus courte les branchies d’un poisson pour la faire ressortir par la bouche…

Ainsi il restait une petite chance qui massicotait les aiguilles de la Cora-Hummer 7 désormais improductive, qui repoussait ses limites et qui avait connu son âge d’or en se muant en mousson asiatique ou en terre meuble. En lançant une restauration fantasmagorique dans une coupe de sycomore, langoureusement la face B de Benatar avait le souffle haletant du voleur en cavale, après s’être chauffé au contact d’une encyclopédie de carnavaliers en liesse.

La face B de Pat Benatar léchait toujours l’intelligence émotionnelle de nos tasses à café, fervemment liée chevilles aux corps, comme empaillée par le cri obscur et rouge d’une forêt de sapin. Elles se déversaient, en initiatives confuses, ces notes de musique que la face B crachait, comme arrachées et enlevées par un autre substitut davantage fiévreux, en dévoilant une impression de cathédrale.

Dans le miroir ovale fixé au vieux bureau de chêne, j’avais mon reflet et mon image qui jouait de l’ocarina ; ocarina qui envoyait des réponses inadaptées étreignant la largeur comme la longueur, le fond comme la surface de sa mémoire, tandis que Béryl, dans un grand cahier, dessinait des silhouettes presque sanguines, espacées et surchauffées d’excitation, de ferveur sanglante comme des îles pourpres, pour interroger les auspices.

Comme une lascive vision, la face B de Pat Benatar avait atteint la folie par le câblage qui la reliait à la Fosse Noire, en enlevant le sens religieux des soleils tournoyants de sa planète. Sur cette levée de terre, des foyers familiaux d’inventaires qui venaient s’abreuver là, un peu plus tôt dans la journée ; et pour chaque astéroïde, à mesure qu’une poignée de fastueux échos fondait dans nos bouches sèches, s’ensuivit leur miséricorde : aux commandes de la Cora-Hummer 7, on voulait s’approprier quelque chose de neuf jusqu’à délier l’acidité de son sanskrit hors du récepteur, jusqu’à noyer le poisson dans un bourdonnement déconcertant.

La face B de Pat Benatar était une écervelée qui rasait avec des baguettes en hickory et les silhouettes de craie et de fusain regardaient faire en séchant au soleil marinier ; des kilomètres défoncés au Mah-Jong qui venaient verdir Maître Yoda et ses vieux débats herculéens.

Mathématiques avancées

Soit A : le son de la brosse à dent électrique, la radio à la mode chinoise transmettant la consigne donnée et les tics de langage des petites familles en promenade le dimanche ; et B Charles Manson se défoulant souvent sur Kurt, son ado de fils, B : le combiné du téléphone, sous la braise d’une suggestion noir prête à être ravivée, qui énumére ces détails…

Alors, alors seulement C : l’appendice des souvenirs de voyage perturbant les cépages et les histoires élaguées des cabines téléphoniques loin de la nuit froide au dehors pour maintenir vertical l’étrange syndrome de l’opiacée dans l’obscurité.
Dans une décapotable, soit A l’envoûtant charabia des végétaux que je glisse à leurs extrémités pour les faire ressortir par la bouche ; et dans la boite à gant B : le mystique crack tiré des azalées, aussi noir, aussi étrange que ça puisse paraître. Alorts C, selon la nacre de couture, le synopsis découpé d’un cinéaste se penchant sur le cas Kurt Cobain.
Et, sous les plumes éteintes de la Vénus du radiateur : des ecchymoses crénelées comme la mâchoire d’une vieille, sabordées comme ces univers qui zèbrent ma course rectiligne de watt canonique ; ces mathématiques avancées, alanguies portant des numéros ou des lettres étranges sur la carte !

Sibilante bobine vingt-huit

Le coup tordu par le néon vert m’avait bel et bien ensorcelé : à cette sibilante bobine vingt-huit qu’on avait fastueusement empaqueté, je lui ajoutais le premier et dernier scintillement que j’avais vu s’échapper hors du cul de Cassie.
Cassie en noir sidéral ou en or rose qui fit ronronner les gênes de cet essaim, sans pouvoir les renouveler, mais en frottant toujours le sol dans sa cuisine.

Elle avait des manières de communions, cette sibilante bobine vingt-huit, des manières de communions rangées en rizières pour de nouvelles cités solitaires. J’appelais des agitateurs d’un autre temps qui avaient été pendu. A la recherche d’un étrange syndrome : l’amertume solitaire de l’exil qui potentiellement pouvait m’apporter un maximum de pognon.

Je lui avais écris ces lignes :
« Le coup tordu par le néon vert me harcelait en glissant lubriquement et dangereusement sur mon corps. Les lampes du présent appartement étincelait au milieu de la nuit : j’attelais même la lueur de la bougie, représentant un défunt faux monnayeur au look destroy, et le film projeté dans le salon, feuilletait le passé de ce mercenaire fonctionnaire sagement placé sous congés payés ainsi que son avenir d’enfant de chœur. »

La communauté des cinéastes maintenant réunie l’avait ficelé pour cause d’absence prolongée au foyer familial, ils étaient tous du même avis pour une fois, ce qui était mystérieusement assez rare.
En démantelant la chevelure alchimique d’un grain de riz brûlé, ici s’arrêtait le récit.

Edition Antérieure. La Geisha Van Gogh.

Rapidement, se fermant à contre-courant et issus d’une équation à peine résolue, nous liant pour toujours aux jacinthes kafkaïennes, des corps de femmes nues imaginaient pour nous des silhouettes d’origine africaine, expérimentaient à l’orée du bois d’autres existences ; en développant une certaine familiarité avec les feuillages des ombres noires autour de nous, nous étions des insectes, des insectes glissant et s’épanouissant selon le dessus sans dessous,  des insectes qui évoluaient dans la pénombre lorsqu’elle tomba son oreille-coupée dans la tasse face à moi. La rêverie pouvait commencer à dériver de l’autre côté de la pipe d’opium.

Un arc-en-ciel et un silence que nous avions rejoint, préoccupés par ces étranges expériences, un cerf-volant et sa maîtrise fringante pour faire pousser des reine-marguerites dans son jardin d’agrément, et dans son potager légendaire, je remarquais aussi des plate-bandes de chou-fleur dont le narcotique richement issu de nos combinaisons d’alchimiste, récoltait depuis le fond sans fond de notre esprit de nouveaux horizons, à travers ces magnifiques kimonos à étreindre… Mais la folie me gagnait peu à peu. Un véritable incendie.

Sur son passage, une collection d’effluves, dénué de toutes ces grappes de couleurs fastueusement temporaires, facilitait un réseau de possibles, un réseau de romans en attente et en terre. Son oreille avait été découpée selon les pointillés de tous ces kilomètres parcourus ; à l’intérieur de la yourte subsistait son extraordinaire ardeur coincée dans nos gorges. Son carbone 14 brûlait au fond de nos souvenirs.

Soudain j’entendis les bégaiements et les balbutiements de cette geisha devenue soudainement impératrice, couper les blés du champs d’à côté, c’était bien après la cérémonie du thé.

Je lavais en toute conscience le sous-sol lorsque j’entrepris alors de réaliser un montage cinématographique avec ses cordes vocales naissantes. De très petits oiseaux au plumage coloré, se balançant trop près du vide, renouvelait sans cesse l’image de cette femme nue qui m’était apparue et m’avait incité à délaisser ces méthodes d’écriture trop complexes.

Ah ! Tant d’amoureuses tribulations et quel Tao si énigmatique et tant de flocons de neige suspendus !

La saison des fleurs pour Hakira

Atelier terre noire ou Ikebana : un rêve sans borne amèrement pleuré depuis la fenêtre de mon bureau où j’aperçois l’entreprise du monde, où se dessine le portrait de l’apache blême cherchant des pierres précieuses dans la fange, cherchant des fleurs pour Hakira abjectement coupées aux ciseaux dans le fumier et la crasse.
Hakira : la grande métamorphose extrémiste tant annoncée, tant esperée qui doit fermer les yeux pour décrypter l’architecture des lieux imaginaires.
Avançant dans la pénombre à l’encre chancelante sous son fichu de Watt canonique, Hakira liste des fichiers corrompus, en fragments binaires, en morceaux, jadis obtenus dans la trop grande baignoire, et donne leur emplacement au fond de ses bottes ; au fond de ses bottes où s’embarque la saison des textes de merde tire-bouchonnés. Tire-bouchonnés mais d’un bien meilleur goût qu’une poignée de tendres amants.

Les cosmonautes de la forêt de Vallin !

Le long du chemin de fer, au milieu des tessons chiffrés à l’excès : feuilles d’argiles d’argile rouge dévalant par la porte de Chine ; allée de terre jaune et pénombre des bavures extrêmes, parcourant les rizières fouillis de coquillage marin. Ainsi nous sommes deux, un enzyme physique aiguë, brisé et confortablement expansif ; un suçotement de bleuet taillé dans la guêpière des crins de chevaux alezans et j’appréhende les mystère du tao avec elle ; l’arraché de l’écorce prise entre les fesses de la poupée chimpanzé.

Et quand nous sommes trois : le désir des animaux nocturnes, radioactifs, le soleil de Minuit sautillant, presque blanc et comme frangé de noir projetant synthétiquement la glorification en faveur de maître Yoda ; et lorsque nous sommes quatre, l’inculte dans sa thébaïde mène une guerre acharnée par moult voies de carême.

Soudain, les anneaux de Saturne velu à ses bords au grand galop viennent d’atteindre nos ombres prostrées, presque ossifiées par tous ces embrasements de diable lampiste…  Des programmes de surveillance bien tassés, sans les rendre ces bribes de zigzags et de sensations saccadées, germent dans les tasses ébréchées et offrent leur tâche ; j’incorpore aussi dans un sac en plastique bleu des moussons asiatiques sans me douter qu’une seconde d’intervalle puisse compenser leurs calamités : nous allons débarquer aux jours révolutionnaires, là où se déploie le verre planté sous la peau ; voilà l’expression d’un amalgame de distances contrariées, communicatives et cauchemardesques !

Du vomi, du grunge, elle affecte la bête humaine ; ses cheveux trempant dans l’eau de javel sur le papier machine en fouillant le subconscient du Créateur ou de Satan lui-même… je me précipite du côté de la Porte Intérieure, en emportant la vieille métamorphose.

En colonisant le Nord d’Harlem, j’ai mesuré toute l’invraisemblance des larmes en programmant un nouveau système pour les cosmonautes sur la pelouse magique de la forêt de Vallin. Nerveusement, inutilement, les cosmonautes ont cloué des planches de bois appartenant au vaisseau viking pour se protéger du froid : ce blizzard réactivant leur histoire mélancolique avant de plonger dans le noir absolu. Cette obscurité qui fourmille sur la page droite de mes carnets de moleskine ; entre-temps, emportées sur une autre planète, les fantasmagories s’accroissant autour de la Porte Intérieur, délimitent l’espace des voyages mentaux…  Et tandis que les cosmonautes font brûler ce qu’il reste de leurs carburants au fond de mes yeux incandescents, je ne parviens plus à entrevoir la lumière férocement slave ou celtique des autres étoiles.

Le clairvoyant Scentless

Au coeur du crépuscule flottant, ou entre le chambranle de la porte de droite, comme un blues d’automne froid ou comme une longue nage, il y a sur ce visage le silence prométhéen qui, crescendo, espace et éponge les anomalies, les égrène en rejoigant une sagesse ancienne ou en jetant la confusion.

Depuis le clairvoyant Scentless : notre corps, une histoire de clair-obscur inouïe, des questionnements ; et des voeux épicuriens qui s’exaucent et s’amorcent en oscillant le jeune parti de la scène, les fissures alpines.

Et, en souriant aux nuances, des kilomètres d’aprêté sous sédatif : dans le miroir, forçant sur-le-champ la route à s’arrêter. Par le vaste monde, nous retrouvons notre mosaïque de douleurs vives au sein du navigateur.

Poésie hirsute et tignasse en bataille

Des mouvements d’affaissement qui refroidissent au soleil avant de retrouver l’obscurité déformée
Le plus grand des hasards comme un produit de marketing au packaging ravageur.
Des mines d’argent, noires de craie, de gravier et de caillouteux humus qui te font perdre la foi.
Le havre des églises païennes, mnémotechniques où elle m’attend fiévreusement
Des pistes de fortune sous leurs labours montagneux
Fiévreusement le trajet circulaire de l’abrupt taoïsme comme des esprits qui volent autour d’une auberge de jeunesse
A la place des sons, ils ont l’écho de leurs sons pour combler leur gueule de bois.

La station d’Ōji Kick

Coupée ou scotchée à la vue de sa métamorphose spectaculaire, la station d’Ōji Kick jouissait d’un réseau inanimé de souterrains reliés par un système insolite.

Un système insolite qui, en remontant ses allées et ses alvéoles, avait aligné sur le papier des erreurs de transcription, des erreurs de dératisation.

Aspiré par de courtes et confuses respirations, aveuglé par des associations lumineuses d’idées fécondées par ses trous noirs, je traînais parfois dans la station d’Ōji Kick, nu et noir, en écoutant l’assistance téléphonique baisser de volume progressivement et disparaitre sans perspective de revenir : le cauchemar se renouvellait sans cesse.

Pétales arrachés, toison pubienne et bonne raclée !

Quelques pétales de ciel blanc arrachés tombaient par saccades sur sa toison pubienne ; je lui filais une bonne raclée sous l’arbre des pendus qui ployait sous son poids. Des animaux nocturnes, radioactifs, sautillants dans la rue désertée, s’immobilisèrent un instant pour nous.

Près de la fosse commune, plongé au cœur des puissances de l’obscurité, un programme de surveillance refroidissait nos sentiments pornographiques ; nous avions mal – c’était viscéral – les anneaux de Saturne velus à leurs bords nous raccourcissaient les pattes… des scénarios pas très folichons à suivre.

Plus tard sous la demi-lune, nous visionnions sciemment les milliards de cases blanches ou noires qui manquaient à notre intellect mais les forces spirituelles guidaient nos pas ; leurs enthousiasmes brûlaient comme des étincelles de sel, de poivre, de parmesan, ou d’origan à l’heure où tout allait s’enflammer. Palpitant leurs mystères en une forme d’hululement, elles jetaient sans cesse les poèmes des autres fabulateurs pour alimenter le feu, pour invoquer leurs dieux et l’attiser ainsi à une vitesse de croisière frénétique.

Un jour, les portes de la Grande Cathédrale s’ouvriront en grand pour nous laisser entrer ; immortalisant l’instant par leurs mémoires photovoltaïques des cyborgs iraient se camoufler sous la nef basse. En revenant dans notre chambre d’hôtel miteuse, de nuit leur bourdonnement farineux percerait timidement à travers le silence, comme sur la pointe des pieds. Occultant même ce froid hiver, le capitaine des cyborgs sera dévêtu aussi bien de ses guenilles que de sa camisole.

Il ne nous restera plus qu’à crapahuter en direction de Belgébeuse, notre terre d’origine, nos organes éparpillés sur le sol et notre fichu de paille châtiée à même les braises incandescentes.

Un jour, quelque chose repoussera nos limites implantées sur le Grand Ecran, quelque chose s’ébranlera soudain et nous deviendrons comme ces guerriers de la route étirant leurs longues charpentes à la fois osseuses et mécaniques ; un jour, nous partirons un beau matin de décembre comme des promesses de Pot-Au-Feu !

L’enquête

En se vivifiant et en voguant sur les écumes de l’air libre, il existait une jeune femme et dans ses yeux un monde si étrange d’aspirations ascensionnelles !
La jeune femme : réfugiée à l’intérieur de deux tubes de peinture ; deux tubes de peinture ocre rouge, elle contemplait matin, midi et soir les irréalités équatoriales serpentant autour d’elle.
La lumière tremblotante, la lumière de ce monde en silicone noir, avait été jetée aux oubliettes. Dans l’obscurité doucement, elle se laissa tomber mollement dans mes bras tandis qu’on se goinfrait au loin, dans les wagons d’un train, de fantaisies lubriques ; fantaisies lubriques certes mais virtuelles, avilissantes, qui venaient se perdre au milieu de tous ces algorithmes générés par un étrange logiciel.
En éteignant pour de bon leur machine, les passagers du train lui écrivaient des poèmes qui résistaient au feu, aux mensonges, aux masques hilares ; en éteignant pour de bon ma machine, je lui écrivais un poème où il y avait une chandelle oubliée, cachée, puis retrouvée en l’honneur des défunts.
Elle m’observait dans le miroir ; dehors sur la terrasse de sa chambre d’hôtel, émergeant de l’obscurité comme aimantés par le plan fixe, perpendiculaire et délavé, tantôt visible, tantôt perdu à nouveau, de la bobine 5 : des draps sales qui pourraient se satisfaire d’une gueule de bois comme un remède à l’antique initié par des symboles sorciers.
Mes mains caressaient ses jeunes seins monochromes, deux petites bulles fermes à la minuscule pointe sombre ; elle m’apprivoisait et pensait à ce café que nous avions bu ensemble dans une ville sans noyau.
Plus tard, j’ouvrais le tiroir de mon bureau et trouvais aussitôt une enveloppe contenant un tirage de photos floues en noir et blanc. L’enquête pouvait alors commencer.

L’oreille de John Fante

A cette époque, Oreille était coupée ; les raclées à gogo et lecteur de John Fante ne plus être : univers boudin et compote sans mesure et, sans commune mesure aussi, dans l’irréalité régulière d’une brume matinale, le moral qui se raccordait au yo-yo habituel.

Le grand nord entrant en scène, sèchement monochrome, le bouillonnement d’un rayon de lumière écaillé jusqu’à l’overdose ; des franges enturbannées et des odeurs de femme pour empêcher le silence de hurler, pour l’empêcher de tomber, pour se distraire ou pour ne plus faire semblant.

De longues pipes d’opium hilares et de longues retraites méditatives pour mâcher et travailler par la bouche le désir impénitent d’un vieux chagrin d’amour, pour compenser ses calamités.

A la lueur d’une danse hivernale pleine d’obscurité, le label Sub Pop perdu comme un Kleenex pour reproduire un sillon généalogique.

Un artefact ou une invocation pour murmurer, dans le sang, des choses si étranges et si irascibles !

Des rimes ridicules pour ragaillir tes noirceurs d’ébène, ton teint terreux, ton air d’hindouiste déplumé ou de va-nu-pied du Gange.

Des petites annonces aspirées par la femme araignée. Et d’immenses univers de vie inconnue, amazonienne alignée sur le bord de la piscine pour siffler le cérébrale, pour se laisser aller, pour ne pas écouter toutes ces conneries autour de toi, et créer une émotion.

La joie de vivre fastueuse !

Des kleenex parmi des calligraphies à l’encre chancelante ; des franges enrubanées et des odeurs de femme usurpant fraîchement du foutre à la place d’un film classé X. Une intuition en mouvement sous l’entrejambe à la place des idées xénophobes.

Autrement, absolument, nos sens noirs décantés sous Duke Ellington et nos yeux hébétés à la façon du lierre râpé interagissaient avec les diodes de la télé.  Se fermant fastueusement à contre-courant en une équation à peine résolue, nos yeux : des ecchymoses de fleurs de lotus, le venin foisonnant du corps d’une femme nue ; glissant et s’épanouissant selon l’humeur du thé, l’énigme des arêtes de poisson convergeant sous nos paupières comme ces nuits d’hiver de grandes communions florales et de petits crépuscules.

Soudain, en nous arrachant au flux continuel de la vase, la joie de vivre courra sur nos cordes à linge agrippées aux gargouilles du donjon avant de tomber comme une oreille coupée, une image fascinante dans la tasse face à moi. La rêverie pouvait alors commencer à dériver de l’autre côté de la pipe d’opium ! De l’autre côté aussi des montages cinématographiques croisés avec le métal des petites douleurs.

S’accroissant en déambulant le long de leurs teintes noires, blanches, pénis et sourires en feutre, leur maîtrise fringante des cités légendaires dont le narcotique était issu récoltait depuis le fond sans fond de notre esprit de nouveaux horizons. Sur leur passage, l’effluve rouge facilitant un réseau de possibles, un réseau de romans en attente, venu des galaxies douteuses.

Leur oreille : crêpée de maïs, allumant les notes de musique visible, expansive et bien sûr hallucinée… leur oreille avait été découpée selon les pointillés de tous ces kilomètres parcourus ; après toutes ces bornes, portant des éparpillements de jasmins, je lui ajoutais des chaînes et des planches ossifiées reliant un jeu de cartes enduit de lissage pour en faire un tréteau méditatif.

Enfin, pour compenser leurs calamités : la tranche muette d’un livre, des grappes de couleurs fastueusement temporaires sous le regard d’un chevreau, le label Sub Pop tiré à quatre épingles, sans rendre ces bribes de zigzags pourtant recherchées ardemment, en se perdant dans un mouchoir de poche ou en passant d’un entonnoir celtique au rouge sang des rires irlandais gangrenés par la météorologie des lieux !

La décapotable de Kurt Cobain

Dans une décapotable, l’envoûtant charabia des végétaux lançant ces parpaings de watt canonique ; et dans le moteur des histoires drôles et du rhum profanateur ; et encore dans la boite à gant le mystique crack tiré des azalées, aussi noir, aussi étrange que ça puisse paraître.

Selon la nacre de couture, le synopsis découpé d’un cinéaste de film classé X se penchant sur le cas Kurt Cobain. Et, sous les plumes éteintes de la Vénus du radiateur comme dopée par leurs connaissances encyclopédiques, des ecchymoses crénelées comme la mâchoire d’une vieille, sabordées comme ces univers, ces mangroves alanguies portant des numéros étranges sur la carte !

En colorant les bulles polaires de comic-strip avec un sentiment d’appartenance, en grattant toutes les abominations métaphoriques d’une allumette dans le brouillard qui chouine, ces prédateurs faméliques préparent une embuscade sur un échiquier losangé ; losangé et exotique comme une étuve romaine.