Quelques pétales de ciel blanc arrachés tombaient par saccades sur sa toison pubienne ; je lui filais une bonne raclée sous l’arbre des pendus qui ployait sous son poids. Des animaux nocturnes, radioactifs, sautillants dans la rue désertée, s’immobilisèrent un instant pour nous.

Près de la fosse commune, plongé au cœur des puissances de l’obscurité, un programme de surveillance refroidissait nos sentiments pornographiques ; nous avions mal – c’était viscéral – les anneaux de Saturne velus à leurs bords nous raccourcissaient les pattes… des scénarios pas très folichons à suivre.

Plus tard sous la demi-lune, nous visionnions sciemment les milliards de cases blanches ou noires qui manquaient à notre intellect mais les forces spirituelles guidaient nos pas ; leurs enthousiasmes brûlaient comme des étincelles de sel, de poivre, de parmesan, ou d’origan à l’heure où tout allait s’enflammer. Palpitant leurs mystères en une forme d’hululement, elles jetaient sans cesse les poèmes des autres fabulateurs pour alimenter le feu, pour invoquer leurs dieux et l’attiser ainsi à une vitesse de croisière frénétique.

Un jour, les portes de la Grande Cathédrale s’ouvriront en grand pour nous laisser entrer ; immortalisant l’instant par leurs mémoires photovoltaïques des cyborgs iraient se camoufler sous la nef basse. En revenant dans notre chambre d’hôtel miteuse, de nuit leur bourdonnement farineux percerait timidement à travers le silence, comme sur la pointe des pieds. Occultant même ce froid hiver, le capitaine des cyborgs sera dévêtu aussi bien de ses guenilles que de sa camisole.

Il ne nous restera plus qu’à crapahuter en direction de Belgébeuse, notre terre d’origine, nos organes éparpillés sur le sol et notre fichu de paille châtiée à même les braises incandescentes.

Un jour, quelque chose repoussera nos limites implantées sur le Grand Ecran, quelque chose s’ébranlera soudain et nous deviendrons comme ces guerriers de la route étirant leurs longues charpentes à la fois osseuses et mécaniques ; un jour, nous partirons un beau matin de décembre comme des promesses de Pot-Au-Feu !

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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