Un système de fils électriques et organiques, après le sac des rivières feuillues, en ruisselant alphabétiquement, siphonnait leurs gueules de vide-ordure ; des parfums montaient au ciel comme des serpents cosmiques en remplaçant la face B de Pat Benatar.

Cette face B de Pat Benatar en tombant sur le béton des stations de ski alpin devenait notre décor péruvien en fin de saison. Installée à la mode chinoise sous un rameau prodigue pour maintenir vertical l’étrange syndrome de l’opiacée dans l’obscurité, loin de la nuit froide au dehors, la ville de Cuzco jouissait d’une étendue de terrain où l’on pouvait aller plus loin dans les idées ; sous la braise d’une suggestion en silicone noir prête à être ravivée, je glissais à son extrémité la plus courte les branchies d’un poisson pour la faire ressortir par la bouche…

Ainsi il restait une petite chance qui massicotait les aiguilles de la Cora-Hummer 7 désormais improductive, qui repoussait ses limites et qui avait connu son âge d’or en se muant en mousson asiatique ou en terre meuble. En lançant une restauration fantasmagorique dans une coupe de sycomore, langoureusement la face B de Benatar avait le souffle haletant du voleur en cavale, après s’être chauffé au contact d’une encyclopédie de carnavaliers en liesse.

La face B de Pat Benatar léchait toujours l’intelligence émotionnelle de nos tasses à café, fervemment liée chevilles aux corps, comme empaillée par le cri obscur et rouge d’une forêt de sapin. Elles se déversaient, en initiatives confuses, ces notes de musique que la face B crachait, comme arrachées et enlevées par un autre substitut davantage fiévreux, en dévoilant une impression de cathédrale.

Dans le miroir ovale fixé au vieux bureau de chêne, j’avais mon reflet et mon image qui jouait de l’ocarina ; ocarina qui envoyait des réponses inadaptées étreignant la largeur comme la longueur, le fond comme la surface de sa mémoire, tandis que Béryl, dans un grand cahier, dessinait des silhouettes presque sanguines, espacées et surchauffées d’excitation, de ferveur sanglante comme des îles pourpres, pour interroger les auspices.

Comme une lascive vision, la face B de Pat Benatar avait atteint la folie par le câblage qui la reliait à la Fosse Noire, en enlevant le sens religieux des soleils tournoyants de sa planète. Sur cette levée de terre, des foyers familiaux d’inventaires qui venaient s’abreuver là, un peu plus tôt dans la journée ; et pour chaque astéroïde, à mesure qu’une poignée de fastueux échos fondait dans nos bouches sèches, s’ensuivit leur miséricorde : aux commandes de la Cora-Hummer 7, on voulait s’approprier quelque chose de neuf jusqu’à délier l’acidité de son sanskrit hors du récepteur, jusqu’à noyer le poisson dans un bourdonnement déconcertant.

La face B de Pat Benatar était une écervelée qui rasait avec des baguettes en hickory et les silhouettes de craie et de fusain regardaient faire en séchant au soleil marinier ; des kilomètres défoncés au Mah-Jong qui venaient verdir Maître Yoda et ses vieux débats herculéens.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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