En bésicles de peste sur la voie publique, sur le boulevard des fumeurs de chanvre !

Ils étaient sous la terre, un défi à réaliser chaque jour, avec Belgébeuse, une étoile en virée pour du tapage nocturne et bien urbain. Razko Kaphrium était à l’origine de l’opération. Ils étaient bien au chaud, un peu comme dans un œuf, comme émerveillés par les chutes et fracas métalliques qu’ils entendaient depuis les profondeurs. Au-dessus, les immeubles en béton qui avaient abrité le Projet Kaphrium, menaçaient de s’effondrer ; au-dessus aussi il y avait comme cette rêverie qu’il rêvait secrètement de rosser à mort pour penser aux si belles, si moches choses… mais l’œuf enflait, les deux frères avaient trouvé enfin ce qu’ils cherchaient. Ce jour là, le défi avait été particulièrement difficile à élaborer. Maubeuge, le grand frère, avait jeté sur le papier les premières conditions : d’abord, il fallait retrouver cette étrange famille qui vivait En Haut ou En Dessous, on ne savait pas trop, ça paraissait déjà compliqué… Ils ne sortaient jamais très souvent de leur terrier. D’autant plus qu’ils étaient myopes. Pourtant le Projet Kaphrium allait visuellement progresser en intensité, frapper aux endroits stratégiques quand la ville serait endormie.

D’abord, tôt devant son café, comme en goguette, disait-il le grand frère, des abominations métaphoriques ou réelles puisées d’un halo de mystères, d’un rond stylisé de sorcières alchimiques qui priaient, envoûaient les petites gamines en planche à pain, sous leurs fenêtres, à l’angle de la rue Caspienne et du boulevard Borges.

Elles donnaient, leurs fenêtres, sur une place, ou sur le toit du monde, ou bien encore sur une nouvelle ville sainte à l’altitude rouge et fumeuse dans les yeux de la Geisha : ils entendaient s’éteindre à petits feux le célèbre carburateur Zénith à qui ils vouaient tant de chevauchées, entrainés à la dérive, avec un langage du dehors, un désir d’erreur et de dérision filmée par la caméra tandis que Kaphrium dérivait sur des histoires qu’il laissait traîner comme seules fricatives avant l’aurore. Tant de chevauchées fantastiques à travers une progression à la Vilnius Poker qui, à la lumière des rides, automatisait les pages du livre. Endroits stratégiques quand la ville serait endormie.

D’abord, tôt devant son café, comme en goguette, disait-il le grand frère, des abominations métaphoriques ou réelles puisées d’un halo de mystères, d’un rond stylisé de sorcières alchimiques qui priaient, envoûaient les petites gamines en planche à pain, sous leurs fenêtres, à l’angle de la rue Caspienne et du boulevard Borges.

En bésicles de peste sur la voie publique tandis que le néant, comme sidéré par leur souffre semblant échappé de Vilnius jusqu’à son radical, montait toujours vers le saint des saints zonard, leurs cendres de jadis, leurs nombreuses fêlures, et toutes leurs incisions au verre tranchant. De géométriques et passives ridicules rivières de sang ralentissant l’orée et l’irascible déréliction aimaient bien foutre la merde avant de partir pour de bon : tant d’éclats de voix pour rien ! et tant de bastons entre chiens bâtards et consanguins pour des enfantillages d’enfants qu’on devrait pendre aux embranchements capillaires !

Après de rudes épreuves en silence, il avair renoncé à son antique sagesse, à l’austère maîtrise de soi-même. Comme Kaphrium, comme le morpion de notre Munchkin, il avait attrapé le virus qui se trouvait -sensualité toute tressée- à l’emplacement même de ses tresses imaginaires : une cascade où il s’écrasait alors sans pistes de fortune… Et pour la Fortune : des clous !

Sa matière fécale, à cette Fortune qui nous résistait, avait le goût spirituel, mais simple et funeste de sa veine tailladée ce matin bleu nuit, cette matinée en bleu de travail nauséeux !

En s’approchant d’un peu plus près, on pouvait voir qu’elle peignait ses pieds, ces racines alchimiques et il baignait alors dans les labours montagneux de ses couches de peintures flamandes et de leurs trous béants : des éclats de vie comme son corps volcanique et tandis que ses univers ruissellaient le long de ses dessins bientôt effacés comme les ellipses de glaises barbotant à la place des deuils, il écrasait leur piste de fortune de leurs galoches encore boueuses ; ensuite comme un appel vers l’au-delà ce fut le tour des cartes du Munchkin de nous frapper de bannissement : une malédiction et des chaînes de givre, des tableaux de famille que la foule refusait de regarder, des questionnements édulcorés à l’arithmétique qui embaumaient les lèvres de la Déesse de Cythère.

Alors pour dissoudre leur lueur expérimentale au fond de la caverne, au fond de la bobine 4 toujours inachevée, pour dissoudre aussi la couleur somptueuse de leur invraisemblable inachèvement, étaient présentes les forces occultes qui tempêtaient dans leurs crânes par une rivière de fils téléphoniques ; leurs incisions au verre tranchant aimaient bien foutre la merde avant de partir pour de bon : tant d’éclats de voix pour rien ! et tant de bastons entre chiens bâtards et consanguins pour des enfantillages d’enfants qu’on devrait pendre aux embranchements capillaires, aux géométriques et passives ridicules rivières de sang ralentissant l’orée et l’irascible déréliction.

Les larmes incendiées des planctons comme des goûts de papaye !

Décrivant l’enfiévrement d’un vieux film porno réalisé par la Mariée et pour s’enfuir par les trous d’une planche dégringolant des terres sacrées d’Afrique, elle avait un goût de papaye cette Connie qui se déhanchait dans ma tasse de café noir ce matin.

Décrivant aussi l’enfiévrement des plaques d’égout, des boîtes de film qui traînaient en délivrant une vieille alchimie, sa robe en coton aux couleurs gaies autorisées dans les brèches et les gouffres moyenâgeux d’un insecticide. Une technologie augmentant l’attention des trous dans la planche.

Une technologie appuyée par mon étrange ordinateur : en transférant techniquement les données des Sociétés de Géographie maritime du XVI et XVII siècles au lieu des algorithmes devenus désuets et incompréhensibles, son disque dur généré automatiquement, façonné à la spatule, au fusain, délimitait les effets des euphorisants de cette grande prêtresse sur la toile.

Son disque dur ? Se dégonflant entre ses cuisses enfantines, un terrier de rongeurs cahotant le latin de mes blocs-notes qui avaient dénudé les feuillets saouls des salles occultes du Mah-Jong en grande partie assez mal filmées ; ces feuillets grossièrement montés s’étirant en règles formalisées éternisaient la gloutonnerie de Gargantua en l’alimentant sans cesse de scènes fragmentaires incomplètes.

Des scènes fragmentaires, surchauffées d’excitation, de ferveur sanglante, mâchant la noirceur de ses aventuriers amoureux qui escaladaient, pour interroger les auspices, l’interface innovant de mon écran d’ordinateur ; entre les faisceaux de leurs labours assemblant la pureté et l’éclat du diamant synthétique, sa crinoline rigide retentait sa chance en jouant au poker avec mes larmes des planctons incendiées au cours de leur tentative d’extraction !

Des miroirs de bordel aux visages impressionnistes

Des visages impressionnistes flottant dans ma conscience, hissant leur poudre noire sous une douche de champagne, instrumentalisaient, à partir des meurtières d’un espace réservé au sport, ce tourbillon qu’ils n’arrivaient plus à suivre depuis longtemps : des douleurs poignantes qui dessinaient un A ou un E mais le plus souvent je pouvais deviner le reste.

Le reste ? Peaufinant dans la tonique de leur totem la note précédente pour l’élever en haut de ce capharnaüm corrompu, insalubre ou pour en faire du sirop, un ton et demi plus bas. Alors, s’autoadministrant la couleur noire des inséminations semblables aux mouvements rapides, générés par le silex, j’avais transmis leur consigne insomniaque qui arpentait les deux premières paires de notes doubles d’un blizzard pétillant comme ce champagne à la recherche de leurs corps aussi insolents que déclinants.

Les visages firent soudain paraître le beurre des épinards de Popeye comme le tapis d’un Dieu acifiant, éléphantin qui allait tant nous manquer !
Une mélodie, lapant leurs airs pensifs d’ibis debout sur une patte, avait jailli de quelque part entre leurs cuisses et alors ? Alors je vis un sapin de Noël forger, sur ce tapis illuminé, tellement illuminé qu’il vint éclairer leur domicile, un interstice d’autoroute qu’elles improvisèrent une fois la nuit tombée, les larmes de ces jeunes filles en train de pleurer.

En les suivant, ces larmes insolubles et les mèches folles de leurs cheveux blonds, ce sapin de Noël flétrissait, il était câblé et joint à une clé USB bizarre, à son malentendu romanesque ; leurs lacunes et cellules grises fortifièrent les galipettes du sapin qui perdit alors ses guirlandes et ses boules !

On l’avait pris pour une image étoilée qui courait, parcourait les deux tons pleins descendants de leur insertion parmi nous, rougissait à mesure que ces visages retournaient d’où ils venaient !

Oh quelle silencieuse faune céleste !
Pour faire frémir sous leurs chemises de nuit cette image, voletaient mes poils pubiens dorés, brûlés dans tous les cerveaux doux et tièdes des crânes insolites, comme furieux d’être tournés à leur désavantage, et par la suite, avaient amalgamé ainsi toutes les bases de données corrompues, singulières, photovoltaïques de nos compteurs à zéro dans cette salle de bain aux miroirs de bordel étincelants !

Le panorama cahotant des hommes-scarabées !

Les hommes-scarabées étaient parvenus à attacher leurs six câbles à mes menottes moyenâgeuses, en me balançant dans leurs gazons verdoyants : un panorama cahotant avec caméra à l’épaule. Comme décor : des taillis boisés exultant des insecticides sibériens, des fleurs sauvages falsifiant les câbles suspendus à quelques pieds du sol, et le ciel d’un bleu spectaculaire qui se battait avec les hommes-scarabées en se laissant aussi fouetter comme moi.

En effet, à portée de fouet qui claquait dans mon dos, un monde en silicone noire, aux naïades fantasmagoriques utilisées comme carburants, délivrait des brins trop affectifs de sarcasmes, de défis sous sa lumière tamisée.

Apparaissant aussi du côté de son cadre vacillant, disparaissant de l’autre, une menace d’extinction pour les hommes-scarabées qui barbotaient dans le flou d’un système de fils électriques et organiques.

Pissant jaune et blanc, les hommes-scarabées se démenaient pour inonder les immensités galactiques de ce système. Peine perdue ! Leurs ombres déjà prostrées, presque ossifiées par ce spectacle de diable lampiste, retournaient sous le sol en offrant leur tâche : une force occulte qui, en emportant la seule clé de ce poème si énigmatique, noircissait les points les plus sensibles de mon anatomie en tirant sur les cordes d’un quart de tour automobile !

Les Armées Napoléoniennes et la disgrâce de leurs incalculables équinoxes !

Pour désamorcer la situation et en se rafraîchissant cent fois d’une obscurité sidérée aux entrailles épiphaniques, nous dépassions les armées napoléoniennes qui avaient battu en retraite et qui commençaient à se poser des questions existentielles de plus en plus douloureuses. Nous collectionnions les interfaces permettant d’intercepter tous les morts du champ de bataille induite par prémonition, en dérobant leur irréphénsible et ravagée semence d’escargots tapissiers, leur lumière crépusculaire aussi.

Avait jaillis d’un appel téléphonique débridé claquant au fond d’un terrier à cent pieds de profondeur sous la terre noire, la cruelle reine des Amazones, qui avait fait perdre la vie d’une kyrielle de soldats, qui n’acceptait pas leurs turbulences.

La Reine des Amazones, en rétablissant ensuite la lamentation mélancolique d’un train qui approchait, mêlait dans leurs vaisseaux sanguins des résines grises de panorama post-apocalyptique à sa conscience sismique pour nous emmener hors d’ici. Nous avions préparé son grand retour en perçant les oreilles de ces morts jusqu’à faire saigner la dernière passe d’une putain encore inégalée.

Les reliefs du paysage au-dessus de nous s’effondrèrent par la suite en les ligotant à la voie de chemin de fer : c’était une nouvelle parodie implacable de ses propres mélos sexy que les reliefs du paysage enjambèrent à chaque projet décalé de nos machines mercenaires…

Nos machines mercenaires de jeunes filles en détresse, qui avaient fait disparaître les principales images de cette destruction et de ce carnage récent, bercées par une chaleur humide, se tordaient et sinuaient de la même manière que ces reliefs haletants, hackés et alignés sur les bords de leur lignes de code consensuelles.

En représentant l’intérieur d’un Soap Opera dans le souterrain de la reine des Amazones, il y avait aussi, sur la tapisserie couverte de Pat Benatar et de Kurt Cobain, cette représentation des sommets ensanglantés de nos montagnes qui avaient poussé les poutres et les bûches de Noël dehors ; leurs larmes de plancton grelottant dans le vent silencieux, émettant des pensées mystiques assez pernicieuses, ce qui déterminait la direction fiévreuse à suivre : son domicile céleste, à savoir en haut de la branche d’un saule pleureur qui piaillait sans limite.

Cette nidification aux origines hérissées d’épines, harnachées à notre punch du matin et aux tremblements de terre qui avaient projeté nos animaux domestiques dans les flammes, tourbillonnait parmi ces fléaux noirs laissés à la postérité.

Postérité qui allait rejeter de l’urine, du sang menstruel et sa matière fécale dans le vacarme d’un authentique combat quand nos étranges machines, en commerçant les incalculables équinoxes volés aux défunts de la dernière guerre, se lancerait dans la pente d’un sombre tunnel gluant pour ranimer leurs fossiles matriciels de météores volcaniques !

Africanisme

Rapidement, se fermant à contre-courant et issue d’une équation à peine résolue, nous liant pour toujours aux jacinthes kafkaïennes, elle nous avait bien requinqué la digitalisation de ces corps de femmes nues, imaginées pour nous comme des silhouettes d’origine africaine. Ces jeunes filles expérimentaient à l’orée du bois d’autres existences entre leurs cuisses enfantines réunissant les feuillages des ombres noires autour de nous.

Autour de nous aussi, des insectes, qui tout en pétrissant nos testicules, brûlaient nos oreilles-coupées et nos pipes d’opium ! Pour coudre nos paupières, ils mélangeaient, en éventrant la gueule d’un crocodile, une centaine de friandises polaires, des brins de soleil, un monde d’orties et nous tous dedans ; nous tous dedans comme dans une cité légendaire menacée d’extinction et pourtant hors de portée des rats ou comme coincés entre les deux gencives altérées de ce crocodile calcifié !

Un crocodile des tropiques qui, en montant à la cime d’un arbre cure-dents déclenchant du haut de ces branches des avalanches, embrasait sa perspicacité soucieuse comme si il se recueillait après le départ de notre fusée, brûlant à nos dépends son jeune âge opalescent !

L’un de nous, ce troll de Scentless, sous l’éclairage crémeux du schiste argileux de son dentifrice, décodait pour nous les vagues matricielles provenant et s’échappant hors de notre mental, vulgarisait pour nous le langage ubuesque d’étranges musiques chuchotées : un véritable enseignement !

Mais quelque chose clochait dans notre fusée : une nouvelle divinité, en exploitant selon nos diverses techniques africanistes son ovoïde organisme chaud comme le punch, cascadait les plates-formes de notre domicile céleste ; une lueur sacrée entourant ses hélices sur son crâne en manque d’outil étymologique !

Et de surcroît, en scarifiant nos paupières chloroformées désormais, en débouchant aussi nos bouteilles de vodka chromées avec un tire-bouchon, la divinité de cette nuit nous avait transféré par un branchement électrique, grégorien, aussi obsédant que sobre, dans la gueule de ce crocodile changeant les glouglous de nos alcools par le chant d’un ténor scandinave crucifié jadis comme le Christ !

Le Petit Popaul de Cassandre !

Quand elle revint, déstructurée, entourée de caméras, de perches, de projecteurs et d’ombres chinoises enveloppées par la lumière qui se reflétait sur son écran…

Quand elle revint, dis-je, de ce pays où seul le Bouddha avait échoué, c’était pourtant le même monde, ce monde qui se concentrait uniquement sur l’arôme déplaisant, épicé de son chewing-gum surprenant… Ah Cassandre !

Cassandre ressemblait aux bruissements des étoiles qui suspendaient son petit Popaul dans le vide des cookies au gingembre.

Dans son grenier, Cassandre jouait aussi les sonates de Beethoven qui franchissait à cette heure un terrain vague désolé ; et Beethoven, en tâtonnant dans le noir, inspiré par le secret de sa petite culotte trempée, huilait alors les rouages d’une machine qui ressemblait à un aspirateur cassé.

Tout ça afin de lancer un nouveau djihad de l’autre côté des portes des hôpitaux psychiatriques référencés. Pourquoi dans cette machine démesurée n’y avait-il que des étendues d’articles synthétisés et pas le moindre sens mnémotechnique ?

La Cape Cod Tonneau de Béryl !

Il y avait, sur notre chemin, des faubourgs où les femmes marchaient sur tant de pieds avant de regagner le coffre de notre voiture : le monde allait bientôt riposter, ouvrir sa gueule de vide-ordures qui s’exclamait sans rancune imputable et jeter ses doux parfums d’hématomes, l’estomac vide.

Alors, en s’armant énergiquement d’un heaume de guerre, nous partions à la guerre couvrant toutes les connexions Internet ; et de guerre lasse l’amovible architecture spirituelle de leurs ordinateurs revenait empoisonner le silence où l’on entendait parfois des sanglots : ici, les indigènes devaient fêter Noël qui les mettaient à l’agonie et dans son coin Noël crevait doucement, sans empressement mais sans interruption, comme une jungle de lianes, de guirlandes clignotantes et d’oiseaux exotiques.

Pour réorganiser un continent tout entier, ensorcelé par les épopées, dans les ténèbres de la nuit, de la Cape Cod Tonneau de Béryl, son inextensible clair-obscur, jadis ordonné et inventé par la seule pensée latérale je raflais tout sur mon passage en pénétrant sur leur territoire.

Pour relancer démocratiquement les lignes téléphoniques putréfiées des négociateurs, jetées de façon linéaire, la Cape Cod Tonneau de Béryl avait fait de son âme un grand espace que je lapais comme un reptile, comme le sang-froid des plantes tropicales.

Des sentiments de Love Buzz amoureux

Mûs par quelques sentiments de love buzz amoureux, traînant à leurs suites les serpentins de leurs braies et cottes de mailles en lambeaux, des poignées de soleil vert rasant fugitivement les murs.

Leurs symboles avant-coureurs circulant en nous et clôturant chaque plan saisi et orchestré d’une lointaine galaxie dynamité. Ainsi leurs graphismes maléfiques, se combinant monarchiquement, discutaient entre eux au sujet de leur retour, quand, tristement, de mon côté, plongeant dans la faible lumière de leurs danses fantasmatiques, j’avais lancé dans tous les azimuts et les visions d’ailleurs des S.O.S pour sortir de ce nid de créatures solitaires mais dévergondées.

Aux lueurs plaisantes malgré tout.

Nul besoin de technologie à la pointe lorsqu’on secoue le milk-shake des soleils verts à volonté.

Aussi profondes qu’elle puissent paraître, ces années X, où tout avait commencé dans un désert de cow-girls, où tout était enfouie sous l’hachis parmentier des grandes surfaces, estampillaient à mauvais escient dans les wagons et compartiments neuronaux grillés, leur souvenir difforme, fragmenté. Et qui ne donnaient qu’à notre Fabrique Croix-Roussienne, sous l’autorité d’un seul homme : Razko Kaphrium, qu’un effet boeuf.

Sur le visage du patron courait abjectement une fente distendue corrigeant en un millième de seconde, quand on l’observait, la sanglante mais bien-aimée pâture prémonitoire !

Le train des Esquimaux !

Descendant à travers bois, au milieu d’un nuage de neige, j’imaginais le bruit du train passé, les Esquimaux à l’intérieur de ses wagons et leurs faces de pleines lunes envenimées de leur hectowatt lubrique !

En fermentant, leur hectowatt évaporait les seins de leurs femmes à travers les traînes orageuses, hélicoïdales du système ferroviaire. L’une d’elles avait même trouvé le contenu phénoménal d’une invocation ; et le train comme désorienté par cette découverte avait alors été câblé selon les battements de cœur de cette femme. Et la neige en longeant la route ressemblait à sa fourrure d’hermine négligée ou à son visage sillonné de fines rides grimaçantes.

Comme elle, en partant de notre havre pour échapper aux enfants pâles, maigres, vêtus de loques, qui chantaient à tue-tête, on allait se saouler chez des amis au cognac ou au mazout ; ce mazout qui avait fait tourner les hélices de nos étranges machines de jadis. Machines dont l’engrenage s’allégeait au fur et à mesure de notre progression, sous le halo des lampes incohérentes.

Le Nord d’Harlem

Tout d’abord, en bois d’ébène, des yeux clos et amovibles qui paraissent chuinter au fond de mes tempes creuses l’inextensible clair-obscur.

Et chaque jour, oublié selon l’usage traditionnel, les lambeaux de leur temporalité augmentent la dose faiblement médiane jusqu’à une cuillérée à soupe. Et chaque jour, lapé par un reptile en provoquant une accoutumance de nouvelles couleurs, la gaine-culotte de son Honneur tendues entre ses cuisses et les revers de mon pantalon mordillés par les rats, apparaissent des extraits olfactifs d’ecchymose et de perspicacité instantanée : une préparation d’horizons amalgamés, unique en son genre, irriguant le velours des rideaux qui se referment.

Cependant pour la première fois, j’ai connu un repos total et un sommeil paisible en inhalant instantanément ses hélices délimitées par la pluie alors mêlées de strates simultanées, en péchant aussi les morceaux de gomme de la célèbre barre de recherche. Là, j’ai lancé la restauration des huit pistes de Bleach en poursuivant inexorablement mon avance, comme pour réorienter la respiration languide du cyborg, des steppes d’immobilité pré-emballée me pilotant machinalement comme une transmission éclair.

Au vingt-neuvième sous-sol, entre mes tempes sciées par le rythme visuel d’un film, en revenant de loin, s’étend comme l’huile violâtre et silencieuse des banquises, une croix sans lumière qui ajoute de nouveaux vaisseaux sanguins et électroniques au cyborg brûlant son charbon cérébral, excessif.

La plateforme fantasmagorique d’Oji Kick évide tous les sarcasmes du Nord d’Harlem et toute la mélancolie que la drogue peut provoquer au fin fond de sa cervelle qui s’épaissit : l’électrisante spécialité gagne le dernier sous-sol de la station ; pour incarner l’esprit des cathédrales ossifiées et le paradoxe du bocal de verre bleu où elle se réfugie, en définissant comme lieu précis un souterrain, elle se doit de chercher ailleurs. Après l’installation, quittant les quais du métro, les larmes aux yeux et en s’autoadministrant nerveusement le soliloque du clown sur un banc à la surface, elle peut survivre et donner naissance à ce soleil vert combinant monarchiquement des cauchemars matriciels.

La Cora-Hummer 7

Tout d’abord, filmés par la caméra, d’immenses univers de vie inconnue ruisselant vers la chaise où le professeur Angell est branché à des appareils scintillants ; appareils scintillants qui se détachent nettement de la lumière blafarde des néons ; un je-m’en-foutisme sauvage traîne par ici.

Un système de fils électriques et organiques reliant Angell aux naïades fantasmagoriques du bouquin ; leur travail néolithique, comme une opacité saccadée qui lance ses parpaings de watt canonique, ses fantasmes et son métal sans issue, ainsi que le mental de ses lames, pour faire naître des visages blèmes. Échappant à toute description, ses lames qui refroidissent le soleil vert par son abîme alvéolé, hypnotique : système qui lustre et fusionne cette nouvelle vie sans commencement ni fin ; pour échafauder un plan d’action personnel, un univers qui usurpe les prédateurs impies en harcelant leur esprit pissant jaune et en s’approchant toujours plus près du soupirail de la vieille maison.

Le larçin alors revendiqué, succombe le programme informatique de la Cora-Hummer 7 en se précipitant dans le vide.

Chauffé à un degré providentiel, en effet une dynastie de primates qui aiment concilier les alphabets phonétiques avec ses communications radiophoniques, s’est plaqué contre l’appendice de la Cora-Hummer 7 mais s’interrompt brutalement à l’entrée des greniers en incarnant alors les monnaies napoléoniennes cachées dans les malles jusqu’à maintenant dépréciées ; dépréciation se réaccoutumant aux cahots des banquises. Ses idées hautement et heureusement convertibles pour comprendre leur vie et la profane et naturelle progression de sa caméra télégraphique !

Le Cosmonaute !

En posant le pied pour la première fois sur ce littoral côtier, la première chose que je remarquai fut le cadavre d’un cosmonaute atterri là par hasard.
Couché sur le sol, il apportait à la beauté spartiate des pierres quelque chose comme un message impalpable avant ma propre mort. Il était presque entièrement déshabillé, seulement couvert de guirlandes de Noël qui clignotait encore.

Je le regardais à peine, me dévouant à présent à alimenter un feu d’écorces pour me réchauffer. Nous étions, lui et moi, dans cette contrée qu’on appelait la Pansée pour recevoir les étrennes d’un roi de pacotille. Mais nous nous étions perdu, après des kilomètres de rêve morbide.

Le spectacle de ce cosmonaute étendu était pour moi lascif : j’avais pris l’habitude, ces derniers temps, d’ajouter à la tristesse fondamentale de ces choses une drôle de marotte. Après avoir connu une épisodique dépression, je ne voulais plus m’apitoyer maintenant sur ces drames quotidiens ou imaginaires.
Pour ce tocard tombé du ciel, je n’avais pas la moindre compassion ; aussi ça ne me dérangeait pas de fumer ma pipe d’opium devant sa dépouille. Cependant, et je ne le savais pas encore, son spectre allait me hanter, me maudire et se cramponner à son évanescence temporaire afin de s’acharner sur moi.

Je ne savais pas aussi qu’il allait déclencher dans ce rêve surchauffé d’excitation, de ferveur et d’effervescence la discorde parmi les programmateurs oniriques…

La Noirceur

J’adhérais, sur une échelle démesurée, à cette noirceur assortissant tous mes rêves.
Qu’est-ce qu’elle pouvait bien m’apporter cette noirceur ? Un traumatisant mode de vie peut-être. Un mode de vie qui, ostensiblement, m’emportait vers le fond.
En dormant toute la journée pour cause d’incompatibilité d’humeur avec les autres, la noirceur me tendait la perche et je me retrouvais ainsi dans ses rêves qui pesaient comme de grosses larves en gestation.
Elle ne proposait aucun retournement de situation mais je pouvais quand même résoudre quelques problèmes en poursuivant ma route ensommeillée pour me confronter à cette noirceur.
Son territoire ? On pouvait le comparer à une cité végétative, dépravée ou possédée.

Suivi par sa lente et inexorable progression, je m’aventurais jusqu’au noyau de la ville. Il n’y avait ici que des profanateurs ou pire des prédateurs. Ils ambitionnaient eux aussi de siphonner cette noirceur, je les entendais jacasser entre eux mais jamais je me mêlais à leur cabale.
Il y avait aussi, pendant les grandes périodes de sécheresse, des crocodiles indomptés et enragés qui prendraient un jour ou l’autre la relève de ces anciens.

Un week-end, en utilisant des barbituriques, alors dans un conduit d’égout engorgé, le spectre du cosmonaute s’était à nouveau incarné. Sans explication rationnelle.
C’était un cosmonaute qui revenait de longues nuits sibériennes irrationnelles.
Il avait longtemps observé la voie céleste qui ruinait les esprits sans raison. À nous deux, on avait communément tracé nos vies de même couleur, de même éclat.

Il était vingt heures quand je m’éveillais ; la noirceur avait libéré pêle-mêle l’abîme stellaire du cosmonaute : en prenant à cette heure mon café, son arôme avait le goût du commencement et de la fin, d’une pendaison à venir. Lorsque j’ouvrais mon calepin, je m’attendrissais sur ces détails séduisants.
Le cosmonaute dont l’origine m’était inconnue et qui se perdait dans ses pensées, terminait chaque week-end en émergeant comme moi d’un sommeil nébuleux.

S’était immobilisé le rêve des noirceurs tentatrices et plus rien n’avait d’importance.

 

Black-out

Afin de parvenir au point de non-perception et pour meubler le vide immense, se dessinait dans les flammes d’un feu une sensation de brûlure acide et creuse mais comique. En se compromettant jusqu’à très tard avec un clair de lune taoïste, des clowns épicuriens, comme des divinités, propres comme des sous neufs mais sans un brin de jugeote, embrasaient ce clair de lune taoïste.
Et pour tenir la distance, ce clair de lune, aussi taoïste que médiéval, dès qu’il touchait le sol, enchaînait, entre les pages d’une bible pour églises fantastiques, des fins de siècle somptueuses… leur territoire délimité par la nuit.
Pour achever le niveau Z, toujours au sous-sol, je rêvais d’illuminer ces percées informatiques sublimées de génération en génération qu’il étendait en secouant sa crinière incendiaire.

Pour anticiper la mort des combattants, il y avait aussi, sur les épaules des femmes fumantes comme des gouttes d’eau, larmoyantes comme des veillées noires, un revers corrigeant les secousses d’une caméra d’amateurs.
Les pauvres baraques explosaient sous le choc, anticipant d’autres échecs, d’anciennes détresses sans un seul battement de cœur.

Nous étions deux pendus pantelants dans un univers sale qui cherchait toujours de nouvelles connaissances ; dans un lieu désert, notre sincérité, trop prompte pour être froide, réfléchissant les romanesques cathédrales voûtées, laiteuses et sanguines.
Par solidarité on voyait nos brelans d’as trouver leurs failles secouées par les cimes stimulantes ; leurs failles mnémotechniques qui ne pouvaient échapper aux changements de trajectoire des chevaliers mérovingiens.

Pour échouer au fond de la voie lactée, en prenant les mots de passe sur place, je tâtonnais dans le noir ; je conviais le feu à tout reprendre pour entrer dans les grandes familles des fictions bâclées sur le papier.

Je m’en allais chercher la bonne humeur des geôliers qui aimaient se focaliser sur les pratiques obscurantistes des cours d’assises !

Pour aller d’un point A à un point Z, dans le sanctuaire où l’on s’était réuni pour prier, nos pensées répétitives commençaient à affoler la panse des consommateurs et, par leur incontrôlable utopie à réaliser, elles avançaient l’heure du sommeil par une étroite ouverture vandalisée ! L’intervention du rêve infaillible, sans obstacle, avec, dans le voisinage, des animaux nocturnes pour venir à bout d’une communauté Alien.
Pour désamorcer cette situation, il y avait dans ce monde onirique, parmi les slogans scandés par les manifestants dans la rue, une femme agenouillée : une énième tentative perdue mais une situation stratégique pour le mystère de la vie ! Les protestations de la rue disposaient en cellule souche leurs créations folkloriques !

Enfin, pour connaître l’intrigue de cette histoire malgré la chute du plâtre de notre plafond et un marasme qu’on ne pouvait mettre à bout sans pacifier la zone, le rituel était parfaitement organisé autour des frères Karamazov mais avec tant de déchirement de tambour qu’on finissait par s’évanouir dans le black-out d’une soupe noire à la Gainsbourg !

Star Wars

Les pensées répétitives commençaient à s’affoler dans le sanctuaire où l’on s’était réuni pour prier. Et, par leur incontrôlable utopie à réaliser, elles avançaient l’heure du sommeil en variant toutefois l’espace de notre mental qui n’était point encore distrait par l’arrivée de Yoda et Vador.
L’intervention du rêve infaillible, sans obstacle, avec, dans le voisinage, déjà des animaux nocturnes.
Il y avait dans ce monde onirique, parmi les slogans scandés par les manifestants dans la rue, le coup de téléphone de Cora pour une énième tentative perdu, pourtant porteur d’un message stratégique.

La rue ? Le tumulte des protestations pour interrompre le calme, la plénitude de ce rêve commun jusqu’à ce que ces hommes arrêtent leur jacassement gênant.
Un tumulte qui entraînait même la chute du plâtre de notre plafond et engendrait l’émiettement de la voûte au-dessus de nous.
Comme chaque matin leurs essaims obscurantistes se consacraient à gueuler aux mégaphone leur mécontentement ; un marasme qu’on ne pouvait mettre à bout sans pacifier la zone.

Puis, de guerre lasse, ils laissèrent place aux odes du silence, à l’obscurité aussi qui était enfin le seul moment métaphysique pour persécuter nos victimes.
Des corps roués, des sacrifices peu expressifs mais avec tant de déchirement de tambour qu’on entendait depuis la vallée et jusqu’au refuge alpestre de Cora des hurlements terrifiants.

Cora, qui n’était autre qu’une courtisane, se déshabillait de ses dessous affriolants en libérant un souffle à l’eucalyptus dans sa cavité humide et verdâtre. D’autres plantes grimpantes se matérialisaient aussi suite à ses pratiques occultes ; au loin la sinuosité des vagues de la mer venait broyer les vaisseaux de commerce et se joindre aux forces éternelles de sa jeunesse à vendre.
Il y avait, parmi ses clients, des soldats qui venaient de la sentinelle des anciennes seigneuries mais aussi des classes scolaires qui, le jour, apprenaient les termes techniques de la philosophie. Et la nuit leur formalité spirituelle avec Cora.

Et, comme sépulture, leur finitude resterait dans la fange ou dans les représentations d’un dessin sinistre d’enfant.

Le bonbon de la putain !

Elle gisait, nue et dénudée à la fois (doublement, triplement dévêtue) couverte de mèches de cheveux sombres, entourée d’anguilles noires et luisantes qui rendaient le bonbon de la putain mélancolique.
Le bonbon de la putain ? Un fortifiant vertige tentateur et une invitation muette qui hésitaient entre l’obscurité et la lumière de ce rêve infaillible.

Des siècles de lucidité divine s’étaient installés parmi les ruines. Les anguilles et les serpents noirs de ses cheveux s’élevaient luxueusement et ajoutaient à ses murmures imaginaires les germes du vrai mal. Leur monde celte déclinait déjà dans les fonds marins.
Une sensation de brûlure acide mais comique se dessinait dans les flammes de leurs grimaces et la mort paraissait accueillir favorablement cette sensation en se compromettant jusqu’à très tard avec les claquements de doigts hypnotiques de la putain.
Dans l’abîme contemplatif qui allait imploser, je fis apparaître le cosmonaute, sa noirceur et ses noeuds coulants qui innovaient tellement sur les autres.
Tout en jouant, donnant vie aux idées suicidaires qui alimentaient nos cerveaux, à l’état larvaire, chaque plan orchestré dans nos rêves suscitait dans le monde réel des réactions violentes, sanguinaires souvent. Les derniers survivants, inconsciemment parfois, se dévouaient à hisser des profondeurs la chaîne d’une ancre qui n’était autre qu’une seule et même pensée répétitive, fascinante.
De toute façon, ils se détestaient mutuellement ; ils détestaient leurs regards furtifs et désespérés quand ils ne pouvaient rien faire d’autre. Entre eux ils ne se disaient jamais de paroles authentiques.

Pour ma part et pour saborder tous efforts d’épanouissement personnel, seul le bonbon de la putain essuyait mes larmes fraîches.

 

Un bouquin en dix pages

Tout d’abord un bouquin en dix pages alors que le froid mord les lattes en envoyant de gros bouillons de lacunes.
À la première page, un film d’horreur très kitsch qui emprunte sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste.
À la page deux, pour désigner un référent, apparait l’expression kabyle, incandescente, livide à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, d’une évasion : après les jours de crêpe, la joie tombant en cataractes et reliant entre eux les penseurs par un label collectif.
À la page trois, en se référant au système adverse, une kyrielle d’injures alchimiques. Et, dans le labyrinthe de la page quatre, le kif qui se fume mélangé à du tabac et qui fait apparaitre les premières hésitations : une alternance de forme et de style qui sera relégué cependant au sein du navigateur chaque fois qu’ils hésitent.
À la page cinq, à plusieurs reprises, leurs juvéniles arborescences philosophiques qui détachent les feuillets du livre de Job et qui engendrent, à partir de ce système désuet, la fabrication du jean en procédant toujours par ordres d’idées.
À la page six, une eau de Javel fossilisée qui ondoie comme le karma des chamanes de Sibérie ; et leur tradition orale qui flotte, comme le vaisseau de commerce baptisé le Nostromo, en procurant des profits juteux.
À la page sept : une grande variété d’humanoïdes extraterrestres qui délivre ses joules ; ses joules qui ballonnent leur exosquelette et qui survivent aux outrages du temps. À la page huit, étrangement, les os de leur thorax qui ont éclatés et qui confondent leur jugement. Leur parenté avec notre espèce s’arrête là.
À la page neuf, la fulgurance de la pensée logique et judiciaire qui ébauche leur progression filmée par la caméra ; cette fulgurance qui se hisse hors de son huis-clos d’origine pour revenir à l’assaut et, bien malgré elle, elle s’incarne dans les jantes des roues motrices qui sont clouées latéralement.
À la page dix, l’étape du perfectionnement : le sabre du samouraï et le lasso du cow-boy pour imaginer la fin de ce testament aussitôt téléchargé sur tous les serveurs de l’Empire fraîchement établis.

Dans la poche d’un kangourou

Dans la poche d’un kangourou, était cachée une sale bestiole qui continuait à transférer des informations contradictoires.

Depuis les moindres recoins épiphaniques de son cocon, il s’était habitué à transmettre et amplifier des séquences d’images sur mon ordinateur !

Encore ce matin, dans ma décapotable verte, garée au bord du trottoir, je m’employais à chasser tout ce micmac virtuel qui éclairait les mécanismes perturbateurs de mon cerveau endormi et qui avait fait la une des journaux des kiosques.

Pour tenir tête aux nuages de neige, il y avait à l’aube un ciel de jade chancelant qui délivrait la douce fragrance des cours d’éducation sexuelle disparaissant aussitôt telle une vision décrépite.

Un authentique travail de sape kafkaïen.

Pour rejoindre son monde onirique, je m’accordais une courte sieste et déjà je m’enfonçais dans les profondeurs cimmériennes de ce rêve qui démarrait comme un vieux film en accéléré.

Et une fois de plus je m’égarais dans l’univers de cette sale bestiole que je soupçonnais d’appartenir au mouvement terroriste. Dès le seuil, l’élégance d’ensemble impéraliste de la ville qu’on apercevait de loin, avait été conçu selon quelques modèles subtropicaux ou équatoriaux. Cependant, cette ville s’endormant sur ses lauriers, le labyrinthe des rues à traverser, la boue et les ordures urbaines modéraient notre enthousiasme du départ, notre arrivée fracassante parmi les rêveurs déjà sur place.

S’ajoutaient les devantures des magasins fracassées, les miroirs de chambre à coucher brisés et les rames de métro en flammes.

Sans parler de cette sorte d’activité perturbatrice et permanente de théâtre de rue, issue de la guerre du Kippour que j’avais décrit à l’époque sur un carnet de notes informatique portable.

Un foisonnement de détails dans ce carnet se détournant parfois du sujet quand j’évoquais les percées informatiques spectaculaires de la sale bestiole et d’autres données métaphysiques à la Stanley Kubrick.

Et le rêve finissait toujours violemment : au réveil, un cercle d’inquisiteurs d’humeur massacrante s’assemblait autour de moi ; s’organisaient alors sur l’écran de mon ordinateur des films érotiques, collés bout à bout un peu au hasard et aussi sophistiqués que des peintures aux doigts.

 Dans leur bouquin qui commençait par la description d’une kermesse, ils enseignaient la magie noire. Dans les dernières pages ils reformulaient les phrases du parchemin de Jack Kerouac qu’ils avaient découpé sans réfléchir sur les tragiques raisons de sa chute.

À la page quatre, succédait à un jeu éducatif, le souvenir récent d’une femme nue succombant sur un lit de légumes pourris et de vieux journaux…

Un authentique culte barbare !

En variant les espaces, les séquences d’images arrêtées et la pensée qui n’est point distraite du navigateur, l’émiettement des essaims se réincarnant en mélodie pour vaporiser le café noir, des grandes odes du silence malmenant les lieux, les visages, les événements passés, dans l’obscurité.
Et, comme sépulture, l’éclairage crémeux de la fange pour un dessin d’enfant sinistre, appréhendant l’avenir, qui entre les données de ses livres dans un macabre et bien-aimé ordinateur.

En s’efforçant de stabiliser les revêtements fertiles d’un bonheur nympholeptique pour palper un degré d’acuité, le surpeuplement qui n’a cessé de croître et d’exceller, qui corrige en un millème de seconde la respiration, avant d’hiverner, coupé de toute temporalité. Sa théologie étend le sens et la mesure des anguilles noires et luisantes, vidées de leur hallucinogène quand les derniers survivants, transportant le carré d’herbe des agitateurs nébuleux et pleurnicheurs, se retrouvent face aux plis du terrain, aux chemins en lacets ; le ciel noir comme du charbon aiguisant l’anxiété des absents.
Enfin la force des gargouilles rassemblant les pigeons pour se couper potentiellement des niveaux référencés d’une grande bibliothèque : un authentique culte barbare !

Le Livre des Morts du 9-3

Au nom du Livre des Morts, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux Livre des Morts !

Des sanctuaires pour prier en piochant dans les cauchemars collectifs du Livre des Morts. Une utopie à réaliser en goûtant la puanteur doucereuse d’un tas de générations avides de sens. Dans le voisinage, l’existence d’animaux cascadant les convois nocturnes.

Une situation stratégique soumettant une idée, ses formalités spirituelles aussi ; des protestations pour interrompre l’usage des drogues…

Un marasme qu’on ne peut mettre à bout sans dissuader la folle envie de vivre du très saint copiste du Livre des Morts du 9-3

Et une mappemonde pour se vouer au culte du démon…

Souvenirs de la fosse noire !

Tout d’abord, en parlementant avec elle dans le noir absolu de la fosse noire, le sac d’une énième poche de kangourou. En ruisselant alphabétiquement au fond de la fosse noire, des diligences peaufinaient leurs migratoires mouvements.

Pour s’égarer dans des considérations poétiques quelque part où il pleuvait sur leurs cahiers roulés, ils modelaient l’argile des fausses monnaies napoléoniennes, sans jamais changer les serpentins de leurs strings élastiques.

Parfois ils grimpaient sur l’échelle sans l’aide de leurs mains pour rejoindre Cécilia et s’installer dans son souterrain décoré de phrases artistiquement dessinées à la craie.

En retirant l’échelle pour brouiller leurs représentations hallucinogènes, jusqu’à différer le programme en sanskrit de leur récepteur radio à syntoniseur mobile, je m’étais approprié les travellings de leurs films d’horreur. Pour remplacer aussi les plaintes spasmodiques de la face B de Pat Benatar par des échos apocalyptiques, je rassemblais les serpentins de leurs strings élastiques qui s’agglutinaient le long d’une perche lancée depuis l’ouverture de la fosse noire.

D’une tortuosité comique et éthérée, cette perche, oscillant lentement les ombres de Cécilia et le béton de leurs stations de ski alpin, remontait toute seule à travers un décor de roues vénitiennes, épuisées par des sensations de déjà-vu en cette fin de saison !

In Utero !

Comme un zèbre quittant les quais du métro et récupérant la couleur noire semblable aux mouvements rapides, générés par le silex, d’un monde d’un noir embaumeur c’était d’abord une playlist Cobain qui suintait ce matin sombrement dans les sillons labourés !

Etant donné le prodigieux dénouement et l’effondrement de ce monde qui suivit : à la page d’acceuil de l’Apple Music les sessions d’enregistrement d’In Utero bringuebalaient sur fond d’oeillet terne une débandade massacrante, j’étais intervenu dans cette bagarre entre les zones communes et ces deux singles extraits de l’album ; et ainsi furent scannés et remplacés les ténèbres cinématographiques de mon ami Donald Duck par une faible lumière, avant qu’il s’embourbe…

Alors la colère. La colère de leur musique de charbons entérrés comme une force biologique, un peu pathologique qui luttait dans la risée. La colère et cette terrible douleur qui flottait dans le café de ce matin, avec le sirop d’érable, occupé à livrer son monde. Ensuite la bêtise. La bêtise comme cut-up acidifiant ouvrant d’horribles cratères, glissant au fond de leurs anneaux rouges jusqu’à ne plus se retenir et enfin, en s’amoncelant d’oursins désagrégés, au bout de leur maléfique finesse d’esprit : des galipettes de grandes seigneuries pour s’enfuir dans une coulée de lave et de braise délivrée !

Enfin, soulevant l’immensité des réduits à défoncer, dans ma playlist, la languissante piste Sappy qui s’ajustait à la voie ferrée dégoulinant l’épiphanique diesel fragrant d’un moteur mourant, à l’arrêt, de toutes ses mémoires, où l’on pouvait encore roder !