En posant le pied pour la première fois sur ce littoral côtier, la première chose que je remarquai fut le cadavre d’un cosmonaute atterri là par hasard.
Couché sur le sol, il apportait à la beauté spartiate des pierres quelque chose comme un message impalpable avant ma propre mort. Il était presque entièrement déshabillé, seulement couvert de guirlandes de Noël qui clignotait encore.

Je le regardais à peine, me dévouant à présent à alimenter un feu d’écorces pour me réchauffer. Nous étions, lui et moi, dans cette contrée qu’on appelait la Pansée pour recevoir les étrennes d’un roi de pacotille. Mais nous nous étions perdu, après des kilomètres de rêve morbide.

Le spectacle de ce cosmonaute étendu était pour moi lascif : j’avais pris l’habitude, ces derniers temps, d’ajouter à la tristesse fondamentale de ces choses une drôle de marotte. Après avoir connu une épisodique dépression, je ne voulais plus m’apitoyer maintenant sur ces drames quotidiens ou imaginaires.
Pour ce tocard tombé du ciel, je n’avais pas la moindre compassion ; aussi ça ne me dérangeait pas de fumer ma pipe d’opium devant sa dépouille. Cependant, et je ne le savais pas encore, son spectre allait me hanter, me maudire et se cramponner à son évanescence temporaire afin de s’acharner sur moi.

Je ne savais pas aussi qu’il allait déclencher dans ce rêve surchauffé d’excitation, de ferveur et d’effervescence la discorde parmi les programmateurs oniriques…

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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