Tout d’abord un bouquin en dix pages alors que le froid mord les lattes en envoyant de gros bouillons de lacunes.
À la première page, un film d’horreur très kitsch qui emprunte sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste.
À la page deux, pour désigner un référent, apparait l’expression kabyle, incandescente, livide à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, d’une évasion : après les jours de crêpe, la joie tombant en cataractes et reliant entre eux les penseurs par un label collectif.
À la page trois, en se référant au système adverse, une kyrielle d’injures alchimiques. Et, dans le labyrinthe de la page quatre, le kif qui se fume mélangé à du tabac et qui fait apparaitre les premières hésitations : une alternance de forme et de style qui sera relégué cependant au sein du navigateur chaque fois qu’ils hésitent.
À la page cinq, à plusieurs reprises, leurs juvéniles arborescences philosophiques qui détachent les feuillets du livre de Job et qui engendrent, à partir de ce système désuet, la fabrication du jean en procédant toujours par ordres d’idées.
À la page six, une eau de Javel fossilisée qui ondoie comme le karma des chamanes de Sibérie ; et leur tradition orale qui flotte, comme le vaisseau de commerce baptisé le Nostromo, en procurant des profits juteux.
À la page sept : une grande variété d’humanoïdes extraterrestres qui délivre ses joules ; ses joules qui ballonnent leur exosquelette et qui survivent aux outrages du temps. À la page huit, étrangement, les os de leur thorax qui ont éclatés et qui confondent leur jugement. Leur parenté avec notre espèce s’arrête là.
À la page neuf, la fulgurance de la pensée logique et judiciaire qui ébauche leur progression filmée par la caméra ; cette fulgurance qui se hisse hors de son huis-clos d’origine pour revenir à l’assaut et, bien malgré elle, elle s’incarne dans les jantes des roues motrices qui sont clouées latéralement.
À la page dix, l’étape du perfectionnement : le sabre du samouraï et le lasso du cow-boy pour imaginer la fin de ce testament aussitôt téléchargé sur tous les serveurs de l’Empire fraîchement établis.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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