À la page neuf, le laser qui éclaire les mécanismes perturbateurs de ce grand serpent et ses labours qui attisent les forces, en espérant calmer un peu le jeu ; ses labours qui font grossir un travail de sape kafkaïen en échangeant les données métaphysiques et virtuelles d’une jeune nation démocratique avec d’autres données issues de la guerre du Kippour.

Dans le carnet de moleskine toujours à la page neuf, pour graver dans leurs sillons une élégance d’ensemble impéraliste, les jaillissements d’une carte comme le joker ; un joker qui classe selon leurs impuretés alchimiques toutes les lames de la première page.

À la page cinq, s’endormant sur ses lauriers, un film de Stanley Kubrick qui vérifie les appels manqués en ballottant dans la cheminée ; et dans le carnet de moleskine à la page trois, la description d’une kermesse tandis qu’une flaque d’absinthe infiltre le plancher en arrachant les lacets de la route. Toujours à la page trois, Cassandre qui lit le parchemin sanguin de Jack Kerouac en le découpant sans supprimer ses messages.

Dans le carnet de moleskine à la page quatre, en allumant une grosse flambée d’amanites qui fait moisir ce jeu éducatif, en lapant la jarretière de cette femme nue : le mur qui ressemble à la peine.

À la page trois, le mur qui mord les lattes en envoyant de gros bouillons de lacunes. Et à la première page, un film d’horreur très kitsch qui emprunte  sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste.

Et à la page huit, pour désigner un référent, apparait l’expression kabyle, incandescente, livide à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, d’une évasion : après les jours de crêpe, la joie tombant en cataractes et reliant entre eux les penseurs par un label collectif. 

À la page sept, en se référant au système adverse, une kyrielle d’injures alchimiques. Et, dans le labyrinthe de la page sept, le kif qui se fume mélangé à du tabac et qui fait apparaitre les premières hésitations : une alternance de forme et de style qui sera relégué cependant au sein du navigateur chaque fois qu’ils hésitent.

Dans le carnet de moleskine à la page sept, à plusieurs reprises, leurs juvéniles arborescences philosophiques qui détachent les feuillets du livre de Job et qui engendrent, à partir de ce système désuet, la fabrication du jean en procédant toujours par ordres d’idées.

À la page six, une eau de Javel fossilisée qui ondoie comme le karma des chamanes de Sibérie ; et leur tradition orale qui flotte, comme le vaisseau de commerce baptisé le Nostromo, en procurant des profits juteux.

À la page dix : une grande variété d’humanoïdes extraterrestres qui délivre ses joules ; ses joules qui ballonnent leur exosquelette et qui survivent aux outrages du temps. À la page dix, étrangement, les os de leur thorax qui ont éclaté et qui confondent leur jugement. Leur parenté avec notre espèce s’arrête là.

Dans le carnet de moleskine à la page neuf, la fulgurance de la pensée logique et judiciaire qui ébauche leur progression filmée par la caméra ; cette fulgurance qui se hisse hors de son huis-clos d’origine pour revenir à l’assaut et, bien malgré elle, elle s’incarne dans les jantes des roues motrices qui sont clouées latéralement. 

À la page dix, l’étape du perfectionnement : le sabre de samouraï et le lasso du cow-boy pour imaginer la fin de ce testament aussitôt téléchargé sur tous les serveurs de l’Empire fraîchement établis. 

 

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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