Quand se levaient au ciel les grandes voûtes rapprochant les fleurs humides et rubescentes entre elles, dans la senteur des palmes et des fauvettes de mai, le soir, les lions relevaient leurs crinières et le soleil crevait doucement.

Il y avait aussi une belle blonde qui parlait du Tibet et du taoïsme comme on parle d’amour étrange ; ses lunettes de soleil étincelaient au fond de la vallée de la mort, et, dans la Jeep, je n’engageais pas la conversation de peur qu’elle vire à l’aigre à cause de la chaleur !

J’avais grandi dans la demeure familiale avec la toute-puissance du patriarche et elle était féministe !

En traversant un torrent, je demeurai vigilant, sur le qui-vive quant aux choix des mots que j’allais prononcer ; nous étions partis en vadrouille après avoir encaissé mon chèque d’un montant faramineux, c’est ce que nous faisions chaque fois à chaque rentrée d’argent. Au loin, le soleil s’éteignait comme une tringle qui tombe brusquement.

Au campement, j’admirai un scarabée sur son épaule ; nous venions de planter la tente sur un gazon verdoyant et le ciel, qui était cette après-midi d’un bleu spectaculaire, devenait soudain sombre. Une tornade s’annonçait et le vent emportait déjà les détritus du camping ; on ne le savait pas encore mais la tornade  allait vandaliser la vieille abbatiale d’art roman qui montrait ses tours carrées quand nous sortions de la tente.

Pour dîner ce soir, il y avait un vin de xérès qui nous accompagnait ; à la fin, un peu ivre avec cette belle blonde, je lui racontais que des mygales m’avaient parcouru l’échine dorsale quand je m’aventurais jadis sous des latitudes tropicales. Elle prît ses airs de marquise et je dûs changer de sujet.

Pourtant l’eldorado n’était pas loin pour nous deux ; nous possédions déjà un trois-mâts qui voguait au large de San Francisco et la fortune nous souriait mais nous étions encore loin d’imaginer qu’elle nous écarterait à jamais des coups de Trafalgar !

Angela, par le choix de ses livres, rêvait d’un monde en silicone noire, aux naïades aussi fantasmagoriques que guerrières ; un univers aux champs de tournesols immenses et infinis !

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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