C’était un drôle de zèbre ; il arpentait les quais du métro en récupérant la couleur rouge des tickets TCL pour en faire des confettis. Un drôle de zèbre avec des pupilles semblables aux puces copulant rapidement pour arriver à une pléthorique armée de mercenaires, avec une intelligence générée par le silex et avec une imagination se cramponnant aux prises vertigineuses, aux plongées verticales des disquettes cinématographiques.

Il y avait tout un monde à découvrir à l’intérieur de ces vieilles disquettes, par exemple il y avait la playlist de Nirvana qui doublait la capacité de stockage lorsqu’on débranchait les clés USB aux sillons trop labourés.

Il y avait aussi, dans les méandres et sous-dossiers de ces disquettes, des photos en noir et blanc qui dépensaient jusqu’au gaspillage une énergie considérable ; pour les ouvrir une centrale nucléaire n’aurait pas suffi.

Son cerveau chuintait des pensées porcines ; des pensées monstrueuses aux fils électriques dénudés, des pensées avec de la morve noire comme du pétrole.

Je recueillais les lignes droites, ne perdant pas le nord, et les raccourcis claviers des disquettes surréalistes avec du tabac à priser, devant mon bol de café venant des hauts plateaux de l’Éthiopie. Et toujours le matin, en sauvant les apparences, des lettres prométhéennes se cachaient dans le tiroir de la table de nuit alors qu’il était éclairé par la lueur irradiante de l’écran de l’ordinateur, réunissant les ombres des profondeurs de son appareil Kodak.

Transformant le contenu de ces disquettes à chaque rentrée d’argent sur son compte, le drôle de zèbre avait gagné des napoléons, de la monnaie sonnante et trébuchante.

Et l’aube, avec ses larmes d’Inuit qui glissaient le long des briques des maisons lourdes, hautes, kitsch et noires, lui apportait la fortune tant espérée ; ces larmes qui suivaient, en dominant l’horizon, le chemin de fer antique… ces larmes nées dans la poussière narcotique, et qui redeviendraient poussière narcotique.

Ces mêmes maisons, où étaient piégés les Nouvelles Combinaisons, les mots de passe, le bleu vif de ces larmes, avaient sapé leur amalgame de sables et d’exaltation sinistrement fiévreuse.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s