Elles donnaient, leurs fenêtres, sur une place, ou sur le toit du monde, ou bien encore sur une nouvelle ville sainte. Ils battaient, leurs cœurs, au rythme du blues des bas-fonds ; elle inventait des canulars, la geisha, à faire mourir de rire les princesses au perruque de poils bronze et rêche. Il s’éteignait à petits feux, le célèbre carburateur Zénith de leur jeep à qui ils vouaient tant de chevauchées.

Il en avait du chien, le langage de la geisha à la dérive, et, dans sa loge de star dévasté, il exécrait tous les humains l’islamiste Kaphrium qui avait écrit un manifeste et toutes les histoires d’effondrement de civilisations, comme un leitmotiv certes un peu macabre.

Et il ranimait le spectre des Années X, le magnétophone qu’il avait laissé à la geisha, avant de mourir. En l’allumant, la bande sonore énumérait une longue liste d’offensives islamistes quand le monde de la surface serait bientôt prêt à leur appartenir.

Elles en avaient sillonné des territoires celtes, leurs chevauchées fantastiques, quand la jeep les emmenait aux confins de la folie. Elle l’avait lu, le bouquin Vilnius Poker, la Geisha qui patientait à présent en attendant la fin du monde tant annoncée. Ils en pinçaient tous pour la geisha, les hommes rencontrés lors de leur périple quand la ville était encore endormie.

En promettant des scénarios pas très folichons pour leurs mondes celtes, le manifeste de Kaphrium suintait le souffre et elles en étaient imprégnés, les pensées mélancoliques de la geisha ; de mon côté, en traversant les mers tempétueuses pour rejoindre la geisha, je me démenais pour libérer Kaphrium de prison, et sciemment je récupérais le mouvement qui avait fait sa renommé, fasciné par mes proies occidentales.

Plus tard, sous la lune, les vautours s’occuperaient de leurs cadavres, se perdant dans la nuit.

Les forces spirituelles guidaient mes pas, je savais que je franchirais un jour l’espace reliant l’existence aux ténèbres, je n’avais plus besoin de mains ni de jambes ni de cœurs qui battent ; et soudain j’entendis le cormoran des limbes appeler mon nom…

Au cœur de ce remue-ménage, à l’heure où tout allait s’enflammer, les troupes de Kaphrium allaient s’immiscer entre les lignes ennemies ; le Djihâd allait commencer pour de vrai : c’était une authentique théologie du feu et des drames !

Elles éructaient des injures, les créatures de cette étrange station de métro et les esprits s’échauffaient au décompte de Noël qui devait sonner le glas de leur civilisation pitoyable ; les bonnes résolutions à venir allaient vite se dégonfler sur le zinc d’un vieux bistrot qui rejetait de l’urine sur les murs.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s