Les méandres du Sahara Occidental affichés comme posters dans le bureau, j’écris et la pluie ne tombe pas comme si je voulais un jour de pluie diluvienne. J’arpente de haut en bas les icebergs et les banquises en fumant religieusement mes Craven A sans me soucier des lettres des anciens d’Algérie qui empiètent sur le bureau.

Je regarde des émissions style j’irai dormir chez vous en bâtissant d’un œil distrait des fortifications matricielles sur l’échiquier.

La famille est au complet dans ce bureau où je me suis isolé pour écrire en mettant échec et mat et en volant la vedette aux rois des vikings. Avec des années lumières pour le rejoindre dans sa thébaïde ténébreuse !

Je marche sur des pythons noirs, comme étonné de nourrir ces reptiles que je prends pour des serpents. Rêveusement, j’affiche toujours un sourire de cabale dans les bois et la piscine des pythons noirs déborde en se gavant d’hectowatt et de syndrome lumineux.

J’écris pour lazone.org avec l’idée de déverser des flots de pétales sur la tête des rois vikings pour leur baptême tropical. Pour paraître plus divin aussi.

Et de la divinité, il y en a dans ce bureau transformé en drakkars viking.

C’est la mécanique des cyborgs organiques qui m’a poussé là, à écrire pour Oscar Wilde et son odieux portrait. En déversant des wagons-citernes sur un incendie annoncé, j’anticipe la Théologie du Feu et la porte du crime à l’air libre donne sur la ville entière.

De mon côté je me suis réfugié dans un village rupestre avec des vaches qui s’injectent un méchant venin : l’ennui. À l’instar de Charles Baudelaire ; les yeux chargés de larmes ou de lames de couteaux et de sabres.

Pour ouvrir les enveloppes je sabre aussi le papier avec un coupe-papier ; un courrier qui exploite au maximum la faille et la faillite de la médecine aussi bien orientale que traditionnelle.

À l’entrée du mausolée – je veux dire ce bureau qui donne sur le jardin directement – des prophètes me surveillent d’un œil. Je suis ces conquistadors d’un genre nouveau dans leur drôle de périple.

Aujourd’hui il y a cette absence de tube de colle et de ciseaux pour faire un collage digne de Burroughs alors j’écris automatiquement. Les idées me venant d’un seul élan.

En haut des escaliers de la maison, il y a cette matrone qui vient me déranger sans cesse. Pour me demander de remplir la cuve à mazout par exemple.

Ce soir je prendrais des médicaments pour dormir en attendant la visitation de la Vierge qui ne passe pas, qui rêvasse dans son coin, qui a perdu son domicile céleste…

Enfin bref, qui n’est plus en échec à présent !

La maturation de mes idées se fait comme la maturation des larves d’une mouche. Des larves qui vocalisent toutes les voix du vent dans ce cocon que je me suis créé.

Comme autant de crachats sinistres, il y a mes pages d’écriture qui vont brûler pour le bûcher de la Théologie du Feu.

Si vous lisez actuellement des romans d’aventure, il se peut très bien qu’ils se changent en traités de médecine. Ces traités revenant tranquillement dans les tiroirs du bureau sans jamais me compromettre.

J’écris pour les hackers, les dissidents, les fins de zones, les débuts de banlieue rose et mauve, pour les écoliers qui en ont marre de l’école. Mais sans jamais les inciter à faire l’école buissonnière.

Mon public est jeune et laisse des commentaires que je ne comprends pas sous mes textes. Mon livre de chevet, c’est un bouquin tombé en désuétude : Les aventures de Lucky Pierre de Robert Coover. Si jamais vous tombez dessus, vous aurez du cut-up à fournir en jouant votre va-tout avec les différents chapitres coupés en morceaux dans vos tiroirs qui végètent : du soleil vert par poignée et du spleen par brouettés.

L’écriture du roi des vikings reste indépassable et je le prends pour un maître d’échec qui sait bâtir des fondations solides dans ses phrases.

Et les phrases ont besoin de démêlant aujourd’hui tant le jour est triste.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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