Il y avait une présence éthérée mystérieuse, avec une lumière au front pour éclairer sa pensée latérale. Et, comme enlacé à cette peau de crocodile que j’avais revêtu du haut des immeubles, il y avait cet orang-outang étonnant qui gangrenait les duels des génisses de son manoir.

Mais il y avait maldonne : maldonne d’abord pour ces quatre tours crénelées, où j’avais semé des larves de reptile en mutation, qui s’effondrèrent sous nos yeux ; maldonne aussi pour cette fièvre carabinée qui perpétuait les opérations impaires du dé, de ce jeu aléatoire. Un jeu aléatoire, qui prit feu sous l’effet mathématique de ces cent soixante huit cartes en robe d’araignée hypertrophiée ; maldonne encore pour les courbes des gerbes de fleurs qui relevaient de la sorcellerie.

S’étirant en règles formalisées et réinventées jadis sous la cloche de l’église, nos feuillets, qui finirent en papier toilette, racontaient la prise d’assaut de la fortification aux rires jaunes. Fécondant les cris acérés de nos playlists Grunge, il y avait maldonne enfin pour le dictionnaire électronique qui recueillait les contrastes du jeu de cartes Munchkin, comme un souffle haletant de voleur en cavale.

Au commencement, il y avait cette champignonnière de morpions en liesse. Des morpions qui revenaient de leurs longs chevauchements, en attisant le poêle. Leurs bécanes qui s’éteignaient par trop de distances entre leurs déserts intergalactiques, suintaient la noirceur des Aventures de Lucky Pierre.

Pour les mêler aux nouvelles règles du jeu Munchkin 2.0, des speakerines, sur les écrans de télévision et de cinéma, ranimaient dans la nuit indécise, empêtrée les spectres bouffis de petits bonhommes… Peut-être à cause de cette malédiction hasardeuse, ces drôles de petits bonhommes sécrétaient des fourmillements sous les tonneaux de la cave, à minuit, alors que la ferveur noire du Munchkin esquissait une idée de leur forme.

C’était la veille du jour du D-Day quand les mercenaires morpions tourmentèrent le processeur du disque dur qui talonnait leurs armées liquoreuses, assiégées.

Alors, la nuit étant tombée depuis des lustres sur les sommets silencieux des icebergs, en mandarin, j’entendis le cormoran des limbes appeler mon nom. Ainsi la douce fragrance du Munchkin  avait macéré dans une matrice de glaciers ; même les cartes du jeu avaient été repeintes au rouge sang et zébrées d’esthétiques SMS. Des SMS qui avaient été brouillé par leurs listes de personnage haut en couleur, leurs mouvances cubaines, ensongées, mises au pillage.

Dans les parties les plus sombres du manoir, la contagion d’une kyrielle d’étages silencieux transmettait des mondanités autour de leurs colonnes corinthiennes, irréelles…

En secouant la flamme blanche des bougies sur le papier en sanskrit délavé, ces parties de jeu nocturne martelaient leurs droits d’aînesse et sauvaient nos corps et nos âmes d’une contamination indicible. En rejoignant aussitôt l’amère altitude enfermée dans leur seau d’eau ossifiée, les explosifs morpions se réincarnaient en vagues relents d’hôpital et intellectualisaient la cuvette panoramique d’un glory-hole.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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