Des barreaux noirs qui laissent innocemment passer un éparpillement de lumières aliénés et le mauvais œil ; les pieds ensanglantés, une femme en robe noire, d’un teint laiteux, qui descend au fond de la fosse noire. Au-delà de l’asphalte peu rationnel, des défunts qui réapparaissent et un endroit, semblable à l’enfer, qui tombe en ruine ; une douleur supplémentaire, cultivée, des champignons qui enivrent et des fantômes dans le froid polaire.

Sur le marbre de la tombe, des années lumières, des blanches ou des noires, des visions et des charognards sur les toits de chaume. Des hommes sur des jets skis qui s’agitent, des courroies de fixation scotchées aux périphériques comme des clés USB et des disques durs surchauffés.

Des pieds et des plaies ; du sang et des nymphettes qui s’exposent au soleil, sans même l’esprit d’une Reconquista littéraire et le goudron qui s’effondre. Une jeune fille, en plein délire, qui tombe amoureuse d’un orfèvre, un rat mort qui traque un esprit morbide, la noirceur d’une chanson réaliste. Des plaintes désespérées, rauques. Des mécréants qui éjaculent le long du couloir de l’hôtel, un orang-outan qui descend l’escalier en bois.

Un oiseau pris au piège et un esprit qui tire sur sa longue pipe d’opium. Au Kinérama, la foule qui boit du Kiravi ; un plain-chant, le rideau rouge du cinéma et un restaurant français au Japon.

Il y a aussi, à trente kilomètres, un gouffre qui exhale de la pourriture. Une boutique de souvenirs qui ouvre prochainement. Là-bas on raconte l’histoire d’un homme qui s’efforce de rejoindre les coureurs cyclistes.

Un regard très négatif qui éclate en exhalaisons dès le matin. La société de consommation qui sombre.

Des ombres et des mystères qui s’abrutissent. Un ghetto ouvrier qui se construit autour d’une usine textile. Il n’y a ni homme ni femme, et pourtant la connexion s’opère, les solitaires débarquent.

Un cycle menstruel qui s’écoule comme un ruisseau, à travers champs ; des roses noires les soirs de requiem… Des hommes nouveaux qui sont promis à un brillant avenir. La pluie inonde les misères de la terre tandis que s’enivrent les masques. Et toujours le mauvais œil.

L’éclat de l’iris qui voudrait reproduire un sillon généalogique dans la boue. Une bombe qui explose, le cœur qui s’emballe et une voie de chemin de fer : une voie qui mène aux masques ; ils se baignent dans l’écume d’une vague verdâtre et promettent une solitude contrainte et forcenée.

Le valet qui descend au quatrième sous-sol et un bled paumé, où brouillards et névroses stagnent l’hiver toute la journée… Là-bas, j’écris des lettres qui se veulent rassurantes. Les masques jouissent d’une impunité spartiate.

Le hussard informatique descend et le soleil vert s’embrase à la première étincelle. Abreuvant les masques qui apparaissent aux sommets des montagnes, une famille émerge d’un rêve très sombre, un visage se dessine dans le noir de la nuit. Et la gorgée de vodka descend comme une larme.

Des murs futuristes m’entourent tel un carcan de ténèbres, les matrices dessinent d’une main de génie des créatures célestes, terrestres ; les adversaires de la liberté libre ricanent. Dehors les carreaux jaunissent, à l’intérieur les draps sont sales. Une journée à t’écrire avec dans les veines un alcool onirique.

Et toujours ce masque oscillant entre l’univers trop distinct et les courbes de l’amour éternel. Mon carnet note : amour, pas d’amour point d’interrogation ; fin de la discussion…

Départ : les chantiers navals de Saint-Nazaire, arrivée : l’Amour, le grand Amour qui vogue au large d’une île espagnole. Une prestation bas de gamme ; et encore, à l’arrivée : des cathédrales, la chaleur froide du soleil, cette mer d’azur, ce ciel si bleu et l’amoureuse qui allume des bougies… Plus tard, un club de gym et des poubelles qui passent d’un bord de mer à l’autre.

Les marées atteignent un village perdu, mais il n’y a plus de commerce, le désert commence à envelopper ces ruines ; au loin vers l’horizon rouge, on aperçoit une fournaise, l’infini d’une nuit blanche au fond d’un cendrier.

Les mégots brûlent des visions d’enfants, une vieille machine à écrire fait ressortir, d’un testament, un détail.

L’amoureuse apparaît dans un silence digne, une mécanique la tire le long des routes ; des nymphes hystériques la suivent, drôle de cortège. Après toutes ces heures d’ennui, le fond des soupirs semble la seule impasse.

Enterré vivant, dans une ville qui a si peu d’allure, il vend ses textes, et de ces histoires, nous ne gardons aucune trace, aucun souvenir. De toute façon, il a des goûts sexuels bien trop étranges pour ne pas détecter la panne de sa machine à écrire.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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