La spirale des chevaliers teutoniques

L’ampoule était morte en laissant l’obscurité s’installer et les poubelles se décomposer toutes seules ; ta tête avait la migraine.

En sursaut, je me réveillais après bien des loopings oniriques, ligoté avec les autres parasites sur une scène burlesque.

En passant par un éparpillement d’idée qui était suspendu aux lustres napoléoniens, la guerre arrivait, c’était certain, même les rails de coke à snifer nous donnait le bâton pour se faire battre.

Sur le mur de mon bureau, je recollais un poster arraché pour la énième fois, émergeant à demi d’une trop longue nuit, nauséeux et gémissant. Je me compromettais déjà avec la vie qui ramassait quelques câbles ou quelques fibres optiques.

Ils chatouillaient les narines des chevaliers teutoniques ces effluves de guerre sainte, en aspergeant de sperme satanique l’avénement des hommes-rats. Courageusement, l’un de ces chevaliers, dans une spirale artistiquement dessinée à la craie, avait fait éclore le wifi d’un réseau incompris : un réseau de fausses monnaies et de confiseries orientales pour cirer les salves des flèches du diable.

En taillant la route, tout en plantant des asticots dans le jardin faisandé, aux fleurs glauques, douces comme du coton, je troublais la quiétude du lieu.

Un autre chevalier sonnait la retraite de l’artillerie lourde, indienne, apocalyptique en zébrant l’échiquier d’hormones de croissance !

En capturant une marmaille d’enfants modifiés génétiquement, les chevaliers avaient établi le lieu de leur pique-nique selon les règles du jeu d’un acteur : un roman-photo ludique qui se soumettait au loi de la gravité unique !

Il y avait aussi un trop grand soleil qui rendait niais ; pour lui faire faux bon, des plans machiavéliques s’élevaient dans le ciel en enregistrant la grande scission, l’autorité du tonnerre et la foule qui partageait la béatitude du bouddha. Le stade technologique du parapluie, avec la non-violence au programme, battait le pavé pour faire détaler en grappes haletantes les chevaliers teutoniques, pour écumer les paysages splendides et leurs terriers, et se tenir chaud à l’abri de leur cathédrale. Le climat, annonçant un raisonnement qui boitait, prenait pour argent comptant les sottises des chevaliers teutoniques, au même titre que le fou, sur leur l’échiquier. Il y avait aussi le prix énervant de toute présence, le vide qui se ressourçait parmi nous pour monter d’autres projets.

Froid comme le marbre !

En vérifiant les appels manqués de la veille, je m’entortillais encore davantage dans ces entraves. Étrangement ça m’était égal, j’allais disparaître, j’étais presque mort. Les rails du train comme ultime sépulcre ; l’ennui comme un petit oiseau qui virevoltait au dessus du marbre de ma prochaine tombe !

Et froid comme le marbre ; ainsi je caractériserais le rêve de mon client où j’étais plongé volontairement. En avançant en crabe dans ce rêve, je m’identifiais encore davantage à la musique de Beethoven et à sa neuvième symphonie. Pour un périple onirique, j’embarquais en m’endormant de tout mon soûl.

En s’ébrouant comme un cheval qui aurait l’enfer comme pied de biche, mon client avait joliment tracé la voie permettant d’accéder à son cerveau inoccupé jusqu’à présent.

Je marchais sur une route de diamants pétrifiés, en filant à l’anglaise, lorsque je capturais tous ces souvenirs, toutes ces émotions, tous ces sentiments et ressentiments dans la poussière des cités bâties en haut d’un rocher comme Sainte Hélène.

Persévérant, nous étions tous les deux des kamikazes qui festoyaient sur les ruines du passé. Fascinés tous les deux par les miroirs réfléchissants, nous savions que nous étions tout aussi bien irréels que décomposés, tout aussi bien déterminés que las, tout aussi bien pionniers que conservateurs.

Un pétard à la bouche, je lui devais une fière chandelle quand j’entrais comme un intrus dans sa vie. Satan nous observait quand nos monologues n’en finissaient plus, quand nos instruments de musique ne concordaient plus.
Notre universalité, c’était le domaine du rêve et j’étais branché par fils électriques, à la fois télépathiques et télégraphiques, aux lobes de son cerveau.

Une dernière pièce de rechange pour finir ce texte, une confidence : je ne l’ai jamais vraiment apprécié, ni aimé encore moins détesté ; nous étions devenu indifférents à force de mieux nous connaître…

Les voyages presque homériques des chimpanzés

L’unique monocle du chimpanzé qui anesthésie les trous noirs, le portrait à la Dorian Gray, sur le chevalet, qui ranime une âme compatissante, et la fascination pour les flammes qui se relèvent avec leur damné.

Une toile qui noircit un plan d’ensemble, un saisissant cyclone qui rafraîchit les matricides, la beauté qui moissonne des divinités tueuses d’extraterrestres, du crack et des amphétamines qui ossifient les bienfaiteurs.

Un rhinocéros blanc qui gît à mes pieds ; un angle qui rêve de surprendre les sources d’eau chaude, un revolver et une arme blanche pour scalper à l’Iroquois la sève des arbres et la pauvre bête qui ravage les champs de l’altitude rouge et fumeuse. Rêveusement, le chimpanzé qui programme une progression à la Vilnius Poker, des histoires qui s’égarent en tirant leur révérence.

Des filles à la Rubens qui, malheureusement, pouponnent uniquement leurs diadèmes, des rêves sales qui lancent une restauration en étouffant de ridicules rivières de sang et des sornettes déprimantes qui s’infusent avec le thé ; leur sillage étudié selon les pages d’un livre et des fourrures d’hermine qui enveloppent les filles passives.

En ajoutant un caractère triste qui chagrine la geisha, les nacelles de la montgolfière qui devancent des voyages imaginaires, inachevés, presque homériques…

Enfin, sur les toits vanillés de l’observatoire, les fleurs de Sainte Hélène, en robe défraîchie, associées aux présages tropicaux, qui viennent mourir entre nos mains !

Monocle et chimpanzé

L’unique monocle du chimpanzé pour une structuration génétique qui veille à pallier le problème de l’entreprise locale. Avec son portrait à la Dorian Gray qui essaie d’échapper à la violence de la scie, je recouvrais la toile en clouant sur la porte des cabanes au fond du jardin les pages de son livre.

La violence de la scie, jaillissant sous la mousse des forêts, avait fait naître de somptueux poèmes surréalistes. Retournant mollement l’élascticité de ces cerveaux criminels, un moutonnement celtique s’épanouissait sur la moquette.

En traçant une ligne entre leur idée directrice et leur pigmentation, un cliché finalisait une conspiration ; la vitesse des trains, qui découpait les trois nuances du goudron et leur pigmentation, ébranlait le mental des enveloppes télépathiques au-dessus de la bûche ; une véritable langueur botanique qui contenait l’antiquité de leurs plantes !

Expressive, simple et courte comme une relique de vieux chiffon

Expressive, simple et courte comme une écorce de kouglof, comme l’extrémité nord du souterrain, la famille est au complet, les méandres du Sahara Occidental collant aux battements de cœur de Catherine, dans ce bureau qui me sert de P.C et où je me suis isolé ; il y a des barreaux noirs qui laissent passer un éparpillement de lumière aliénée comme un jour de nef basse et une champignonnière de rires décantés comme posters dans le bureau.

En mettant échec et mat, en volant la vedette aux rois des vikings, des années lumières, parcourant les tuyaux de canalisation, baignent dans un bain organique de secours pour guérir ! Pour guérir aussi, nous regardons le fleuve noir atteindre l’éveil, l’écriture frénétique et la pluie qui ne tombe pas ; nous marchons sur des pythons noirs, de petits cris accompagnant la nuit des hérons de cristal et des acacias bizutés au fer repeint, étonnés de nourrir ces reptiles que je prends pour des serpents.

Sur des feuilles de papier, un jour de pluie diluvienne, rêveusement, des histoires drôles et des cocottes intensément odoriférantes, qui arpentent de haut en bas les icebergs et les banquises, agacent le moteur primitif de leurs sourires de cabale dans les bois ; nos liasses de billets atterrissant dans leurs poches, une piscine de pythons noirs déborde, tandis que nous fumons religieusement une Craven A, est aussi expressive, simple et courte qu’une fiction mal ficelée, partant à la recherche de notre P.C.

Un avilissement du corps et de l’esprit : l’idée de déverser des flots de pétales sur la tête des rois vikings pour leur baptême tropicale est aussi expressive, simple et courte qu’une programmation dans notre cerveau.

Aussi expressives, simples et courtes que les divinités de Catherine, dans un moment de dévergondage, des femmes en robe noire investissent alors les drakkars vikings.

Aussi expressive, simple et courte qu’une relique de vieux chiffons, sa nudité manichéenne contient des fantasmagories abandonnées. 

Les pensées des fictions mal ficelées

À l’extrémité nord du souterrain, les méandres du Sahara Occidental et notre P.C ; des barreaux noirs qui laissent passer un éparpillement de lumière aliénée comme un jour de nef basse et une champignonnière de rires décantés comme posters dans le bureau.

Parcourant les tuyaux de canalisation, nous regardons le fleuve noir atteindre l’éveil, l’écriture frénétique et la pluie qui ne tombe pas. Sur des feuilles de papier, un jour de pluie diluvienne, des histoires drôles qui arpentent de haut en bas les icebergs et les banquises ; nos liasses de billets, en fumant religieusement nos Craven A, qui partent à la recherche de notre P.C.

Des remèdes à l’antique, selon un corpus énigmatique et toutes les perceptions d’une créole en larmes qui empiètent sur le bureau ; parmi les chercheurs, des émissions, comme j’irai dormir chez vous, qui démêlent ces larmes d’acryliques en bâtissant des fortifications matricielles sur l’échiquier.

Ces larmes d’étoiles inconnues, d’isolement lascif et d’ensembles provisoires amplifient une logique propre, aussi diffuse que obscure, aussi factice que les feuilles mortes ; des derviches tourneurs hilares, improvisant sur la toile des dessins animés, ont l’effet d’une décharge électrique : une suite infinie, luisante de parasites, d’échos électriques et de primitifs synopsis.

Sur un tronçon d’autoroute, les rails qui sont laissés là, à l’abandon, et la structure haletante, gloutonne, presque ébauchée des mailles poétiques, des humeurs coutumières, devient rouge de chagrin. Un cartoon qui s’émiette comme un frémissant poste de télévision, comme un ténébreux amas de films déroulés, savonne leurs battements de cœur.

Avec des ciseaux, leurs époques de transition découpées sur le grand écran et cette énigme du déclin, ce bois dépourvu d’âme, cette voix qui faiblit et leurs secrets et leurs colères noires sur le pont mélancolique des fauves expirent, couronnés d’anémones.

Des fictions mal ficelées d’écroulements et d’espacements

Nues et fières, elles patrouillent

Avant de virer comme Coltrane.

Des coursives et une nudité manichéenne

Dans ces enveloppes vides, des fantasmagories

S’immisçant dans le jerricane.

La nudité parfumée entre ses cuisses enfantines

Un glissement, un arbre

Et des vies qui ont l’air d’un pansement à peu près propre.

Une lucidité si douloureuse, sous le cône

D’un chimpanzé avec un unique monocle

A fixé au mur un jour de mardi gras.

Les foutaises des rois vikings !

À force de méconnaître les méandres du Sahara Occidental, il y avait des vikings qui poussaient des rugissements dans leur drakkars ensablés, qui roulaient des patins dans les romans d’aventure devenus des traités de médecine par la suite.

Dans leur mazurka les vikings importaient des fleurs de cabales bien rodées pour voyager vigoureusement. Sous leur cheveux beaucoup trop blond, les vikings méditaient dans les bois maudits comme autant de crachats aussi inconnus que sinistres.

Pour passer dans leur pavillon à Neuilly, les vikings devaient connaître la science de la maturation : les larves d’une mouche comme dernière extase avant de regagner leur domicile céleste.

Et leur vilaine matrone qui donnait des médicaments aux flots de pétales versés sur la tête de leur roi.

Il se passait pas grand chose dans sa cours, on pouvait sentir des odeurs de pétrole comme des verbes matinaux qui pondaient des vers en pénétrant de leur sève rouge mon cœur.

Arrêtés par les keufs, les vikings avaient trop bu de la bière ; ces hommes torchés à tout bout de champ, vêtus de rouge comme le petit chaperon rouge. Pour festoyer dans les geôles, ils inventèrent un méchant venin qui arpentait de haut en bas la banquise et les icebergs.

Ils étaient bâtis comme des moineaux quand la visitation de la Vierge vint perfuser leur cerveau, illuminer le large éclat de leur dot médicale. Rêveusement ils prenaient des violons d’ébène pour leur danse, le mois de mai à l’usine, en redingotes qui filaient en lambeaux. Il y avait de la violence dans leurs mots qu’ils sortaient comme la fumée de leur pipe avec le parfum d’Amsterdamer.

Sous les verrous ils étaient pendus à une corde à linge, peu pressés de nourrir les boules de gomme et les petits mystères.

Sous un temps maussade, inimaginable pour les vikings, ils allumaient des mèches prêtes à exploser pour accéder au feu de Wall Street. Ils emportaient toujours avec eux un rouleau médicinal qui baignait dans les voyelles d’Arthur Rimbaud.

Enfin ils écoutaient toutes les voix du vent vocalisant leur mazout à vendre, leur cœur d’occase, leur marmot à éduquer ou leur yin et leur yang au fond de leurs bottes.

L’hélium des ébats fantasmagoriques

Il n’y eut plus dans la pièce que l’hectowatt du flamenco, le bruit de sa respiration et les pulsations de la basse. Avec une assurance diabolique, chaque fois qu’il la sentait sur le point de venir, il calmait le jeu ; un personnage du jeu se cognait, s’immisçait sous les ongles de notre ami Orphée avec rien à gagner, rien à perdre.

La laissant reprendre son souffle, l’hélium de ses ébats les plus échevelées n’avait jamais perdu le contrôle d’elle-même, s’empêtrait sur les toits de notre observatoire sans parvenir à sortir de la glaise, puis elle repartait avec de la boue qui s’accrochait à ses chaussures ; sans parvenir à sortir des épineux dilemmes aussi, ils jouirent ensemble avec des feulements rauques, en tombant dans le gouffre.

C’était à elle de jouer maintenant, et, l’hélium se rendant enfin, elle cessait et, immobile, attendait qu’il reprenne son souffle.

Remuant à peine au début, jusqu’à ce que les muscles de ses cuisses tremblent de fatigue, le graal : il faut dire que leurs fortifications sur l’échiquier cachaient un tunnel où les désinvoltes fleurs de Sainte Hélène transmettaient des codes secrets via un générateur de mots de passe taillé pour saper toutes fondations.

Il faisait froid par terre et le soleil de l’après-midi inondait la pièce.

Shining Project. Seconde partie

Seconde partie.
En bas, le quai du métro dans la pénombre est aussi vide que les rues au-dessus. Tout le monde est rentré à la maison. Tout le monde sauf lui.

Ses mains sont tachées d’encre : pendant trois mois consécutifs, il a écrit toutes les nuits. Cette nuit se déroule comme toutes les autres, à la différence que sa tête est secouée de visions, de fragments de phrases hargneuses, de mauvaises pensées… Le tout oscillant du côté d’une autre proie à trouver. Personne n’a découvert pour l’instant son meurtre à l’heure où le récit se déroule.

Ce matin, il avait l’impression que la sonnerie du réveil se servait de sa matière grise pour carillonner entre ses tympans. Et en fin de matinée, lorsqu’il arriva en ville, les rues n’étaient que des tunnels labyrinthiques, cauchemardesques.


Ici, la délimitation ordinaire du centre-ville avec sa périphérie ne voulait plus rien dire. Et toujours ces « rues » qui paraissaient maculées de sang ; des flots de sang empoisonnant jusqu’à la plus petite ruelle. Quelques heures auparavant, avant de se rendre en ville, il avait retrouvé cette femme enfiévrée d’excitation sous sa voilette, avait démarré la voiture, avec elle assise sur le siège passager. Une rivière de diamants tombant en pluie sur sa poitrine, cette femme avait une fragrance magnifique ; elle était tellement bien entretenue malgré les escarres sur sa peau !

Contrairement à son épouse défunte, son héroïne mythique connaissait toutes les choses de la vie.
Toutefois, il découvrit trop tard qu’elle logeait toute une ménagerie vicieuse à la place du cœur : elle s’était dissipée comme une évanescence, le laissant seul face à ses responsabilités.

Troisième partie.
Hôpital psychiatrique sous haute surveillance. Secteur criminel.

Il dort. Le Cercle redevient amorphe, et le rire de cette jeune femme disparue, du verre coupant. On lui raconte ici qu’il ne fait que salir la mémoire de ses aïeux. On raconte aussi qu’il y a là-bas, dans la grande maison à présent vide, un labyrinthe de pièces et de couloirs peints en couleurs vives ; mais les couloirs -sa première victime le sait trop bien- ne sont que des impasses qui dégagent une impression terrifiante d’effroi et de non-sens.

Récemment son psychiatre référent lui a laissé miroiter qu’il pourrait sortir prochainement et il se demande si ce n’est pas un piège.
Dans sa chambre, quand il ne dort pas, sa main s’active frénétiquement en jetant, chaque fois qu’il arrive à supporter le cocktail de neuroleptiques et d’anti-psychotiques, une prose expérimentale sur le papier. Toujours accompagné par un lugubre chant funéraire qu’il est le seul à entendre. Une lamentation murmurée de façon presque audible alors que les odeurs fétides de la salle de bain lui reviennent en mémoire.


Généreusement embrasé de l’intérieur par une lueur rougeoyante, il sait que son cauchemar prend naissance dans la réalité même.


A suivre.

Shining Project. Première partie

Shining Project. Première partie.

Jamais. Combien de fois me suis-je dis jamais. C’est dans la nuit que j’ai appris qu’il n’y a aucune consolation, non. Jamais, jamais. Il y a des choses qu’on ne peut apprendre que la nuit. Il faut que tout soit obscur pour oser les penser.
Plongé au coeur d’une obscurité sidérée, dès que la lumière décline, j’ai commencé ce récit en sapant toutes mes nuits d’hiver à écrire, j’ai délaissé ma ballerine qui m’attendait seule dans le lit, et les mots ont commencé à dessiner une séduisante composition…

Mais c’était une composition macabre.
Je me souviens qu’il y avait un film intitulé Shining qui se téléchargeait sur mon ordinateur et lorsqu’il fut téléchargé, à la nuit tombée, je le visionnais en boucle, face à mon bureau, tout en continuant d’écrire sur mon autre ordinateur portable.

Ici, vivait dans cette maison où j’ai écrit longuement en prenant à peine des pauses pour boire le café ou fumer une cigarette, ma femme et son petit Yorkshire-Terrier, et tout s’est délabré par la suite.

En doux rêveur, je travaillais au début à me faire poète ; mais, de désillusions en désillusions, j’avais abandonné la poésie pour une succession de nouvelles. Mais ma méthode était un peu particulière : d’abord je jetais sur le papier des phrases incohérentes ou des listes de mots qui ne voulaient rien dire. Des nuits entières étaient consacrées à ce labeur, je me souviens que j’en avais parlé à mon psychiatre, et celui-ci m’avait persuadé, pendant quelques temps du moins, d’arrêter tout. Autrement j’allais, selon lui, mal tourner.

Je me souviens aussi qu’il y avait dans mon bureau un paquet de chewing-gums, des cigarettes américaines amenées de la Guerre du Pacifique où j’avais servi comme soldat sur un cuirassé. Cette épisode de ma vie m’avait traumatisé, même si je n’en parlais à personne.
Autre décor : je gardais précieusement dans une armoire fermée à clé un totem primitif, assez mystérieux puisque personne n’en voulait, et nous discutions ensemble pendant ces nuits blanches, aux heures où j’étais trop crevé pour écrire.

Côtoyant le totem, il y avait aussi une vieille épée trouvée dans une brocante, et, à cette période de ma vie où j’étais surmené par le travail, je m’amusais à escrimer dans le vide et à déchiqueter les rideaux de mon bureau. La lame semblait comme neuve et suffisamment tranchante pour tuer quelqu’un.

Je mangeais un morceau de kouglof, toujours penché sur l’écran de l’ordinateur, lorsque ma femme vint m’interrompre une nuit ; elle me demandait de la rejoindre dans le lit, j’avais alors sacrément gueulé : je lui fis promettre de ne plus jamais me déranger la nuit, et le pacte ne fut jamais violé pendant tous ces mois où je sombrais peu à peu dans la folie.

Je connaissais à présent toutes les répliques de Shining, et dans la nuit où l’on entendait seulement le torrent à côté de la maison, je les récitais fiévreusement, à voix basse.

23h37. Deux mois plus tard.

Du sang.
Il faut que le sang coule : des rivières de sang doivent couler en silence le long de cette pente où cette putain de maison isolée est adossée.

Avec ma bouteille de bourbon, je déambule seul dans les couloirs. Mais avant de passer aux choses sérieuses, il me faut arracher les fils du téléphone et couper le courant. C’est mon ami le Totem qui me l’a dit.

23h45
Dans la salle de bain, ça sent les égouts. Une femme qui n’est pas la mienne flotte à la surface de la baignoire. Sa peau est craquelée de gerçures et d’ecchymoses profondes, on n’entend plus le téléviseur dans le salon abandonné depuis que j’ai coupé le courant. Ma femme dort toujours, je peux donc prendre du bon temps avec cette femme qui me suit, et qui vient de me montrer, reposant sur un support en bois laqué, un livre ouvert à la bonne page : une oraison funèbre. L’oraison funèbre de ma compagne.
C’est moi qui l’ai écrit, alors qu’il ne restait qu’un fond de bourbon dans la bouteille.
Mais est-ce vraiment moi qui l’ai écrit ? Comme ce point d’interrogation est douloureux !
D’ailleurs le symbole « ? » court partout sur les pages lorsque je lis ce que je viens d’écrire :
« Que représente t-elle pour toi ? L’as-tu déjà aimé au moins ? Un malheur est si vite arrivé, pas vrai ? »
Et, alors que dehors un vent glacial joue des fricatives affligeantes, je continue d’explorer ce langage qui m’effraie autant qu’il me fascine :
« Cette maison a été construite depuis des lustres, mais pourtant à l’emplacement où tu t’es établis avec ta famille, il y a ce cimetière indien… n’as-tu pas déjà remarqué que ta femme est dotée tout comme toi de ces perceptions extrasensorielles d’événements présents, passés et futurs, le Shining… ça te dit quelque chose ?

Une sueur froide dégringole le long de mon dos… soudain, alors que je suis à la fin du texte, je repousse vivement le support en bois qui tombe en se fracassant… terriblement il y a écrit avec du sang :
« Tue-la ! Qu’est-ce que tu attend ? »

A suivre !

Le parcours transcontinental des vagabonds solaires !

Un lit à baldaquin et des valises qui transportent un chatouillement insupportable, se gargarisant de plans machiavéliques pour inviter tout le monde à partager la béatitude du Bouddha. Sur le pavé, odieusement coagulé, le sang et les sourires condescendants qui prennent pour argent comptant la place du fou dans cette ville. Dans cette ville aussi, des vies, avec leur son glauque, qui s’emploient en cours d’informatique quand les valeurs absolues viennent butter contre le décor en carton pâte

Leurs sornettes, annonçant l’Assomption, qui gâtent les douleurs violentes du lys sans faute et des cartoons où l’on voit un tigre ostensiblement couvert de parures fastueuses.

Pleines de ressources, une lumière dorée qui désintègre les ténèbres en découvrant la toison d’or et des assemblées de chimpanzés à monocle qui descendent en luge, en cassant les lois de la gravité ; dans la couveuse, des œufs ultérieurement fécondés et, dans la trachée : du cristal qui s’obstine à devenir du quartz et, dans le train, de plantureuses garçonnes qui traînent au tribunal leurs descendants généalogiques et les représentants d’une France soumise.

Dans les débris de l’université de Kiev, un tripot qui électrise les joueurs et des nuits debouts en suspens qui effectuent un trajet interminable et leur poussière d’étoile qui court d’un continent à l’autre. De truculentes coccinelles, dans la feuillée, qui contaminent les tuberculeux, une couronne solaire et un parcours transcontinental qui finit entre les pinces du homard.

Il y a aussi les mains des vaincus qui menacent les performances de leurs nouveaux moteurs. Leurs nouveaux moteurs ? Des sifflements et des fricatives contrariés par l’insomnie, reconfigurés à l’infini, consumés par le stress, confrontés à l’ignorance, qui échangent et collectent les feuilles du baccalauréat et tutti quanti. Des babouins qui tutoient l’horizon et des tympans qui glissent jusqu’à l’appareil génital de la femme et de l’homme.

Un ultimatum, genoux à terre, qui désoriente les vagabonds et une clarinette pour jouer l’air du valet.

Les albatros du fils d’Harry Potter

Le fils d’Harry Potter aimait rouiller et jouer avec le temps en cédant de plus en plus de place à la camaraderie amoureuse.

Dans le froid glacial, sibérien de sa chambre, il claquait des dents en collectionnant des albatros empaillés ; les albatros, reprenant vie, se pendaient à son haut-de-forme en dépouillant la cheminée de ses parpaings et chevrons. Parfois, dans les grandes profondeurs de ses encyclopédies, des bijoux en or rayonnaient et les asticots, parfumant sa viande faisandée, ressemblaient alors à une terrible confusion douloureuse et lascive. Et pour se perfectionner au jetée de parpaings, le fils caché d’Harry Potter suivait les cours d’un dieu aztèque en lui léchant les mains. Le dieu aztèque le récompensait en sondant, à chaque rentrée d’argent, les ténèbres de sa flûte des morts.

Les albatros s’éloignaient ainsi, en recouvrant sa langue chaude et humide d’un vin de xérès et semaient des feuilles de baccalauréat dans le solarium de ce dieu cyclopéen. Dans un petit générateur de mots aléatoires, on retrouvait les fientes des albatros et, sur le qui-vive, des macchabées vêlaient en organisant une bringue, comme quelque chose à la fois ancien et nouveau.

Alors, alors seulement, les données de l’ordinateur apparaissaient en pensant à sa place et corrigeaient les secousses d’une caméra d’amateurs. Les albatros du fils d’Harry Potter étaient enfin recueillis dans des vases de mandarin ; s’ajoutait enfin à son cerveau unique une insoluble force obscure !

En pleine nature

En sanskrit, l’histoire d’un club de gens riches découpait le regard et la morsure d’un bleu océanique. En sanskrit, elle devait se raconter, les suites d’enfants affamés qui se chamaillaient amoureusement ; des enfants qui se trituraient la cervelle pour faire du commerce avec l’ennemi, qui désirait le corps nu de l’étrangère, en vendant les légendes primitives d’un peuple évangélique.

Dans le ventre du lac, des gargouilles mutilées ravageaient les cimes exploitant la peur. Ici, la pluie tombait même sur les gens riches, comme une idée falsifiée, et soignait les cœurs en tabassant leurs pensées.

Il y avait encore le souvenir des choses lointaines, enflammées tandis que les enfants affamés traînaient à leur suite le souffle noir des horizons abyssaux, en se réconfortant mutuellement. Dans les trains qui les emmenaient dans ces pays aussi permissifs que ces équipages à bord des sous-marins de classe II, ils modernisaient des histoires de fantômes en implorant de Dieu l’étoile morte des écritures cunéiformes.

Le regard, qui découpait la morsure du bleu océanique, poursuivait ces suites d’enfants affamés alors que le corps nu de l’étrangère retournait à la terre et à la poussière.

Dans le ventre du lac, les cimes, malades après avoir ingéré des plantes vénéneuses, remplaçaient les gargouilles mutilées et leur van qui ne roulait plus depuis des lustres. Exploitant la peur, les esprits de la forêt se solidifiaient au contact des idées falsifiées.

Le souvenir des choses lointaines résultait d’une longue torpeur, après les attentats de Paris, le treize novembre 2017.

Au milieu des forêts, en mentant aux chants sacrés de la nature, le capot du van qui avait abrité un moteur diesel étouffait par fantaisie le souffle noir des horizons abyssaux. En écrivant des histoires de fantômes, je combattais la solitude, l’irréalité des marécages d’à côté qui avalaient la matrice encodée du crayon à papier, sa mine brillant dans le crépuscule.

Le pouvoir de l’imagination

Pour des noces d’orfèvres, des encyclopédies grouillantes de gnomes, le pouvoir de l’imagination qui corrige le froid silo de stockage pour un fief paumé, et les moulins à paroles des encyclopédies qui ensemencent des parures pornographiques. Le pouvoir de l’imagination comme une nuit qui ravive cette pansée singulière ; le pouvoir de l’imagination qui se détache communément du château pour des prétextes précieusement électrostatiques et la chaleur de ces dieux troussés jusqu’aux gamètes.

Le pouvoir de l’imagination construisant et détruisant la pansée à tour de rôle, et des forains, toujours propres comme des sous neufs, qui ravitaillent l’unité énergétique des papillons miteux. Le pouvoir de l’imagination qui encourage ces dieux à sublimer de génération en génération leur inspiration ; le pouvoir de l’imagination qui ressemble aux chats siamois, aux fictions bâclées.

Le pouvoir de l’imagination et ses représentations ombreuses qui malmènent les applications sur l’iPhone : des boîtes mail rêvant de se cramponner à l’hameçon, troublant les pratiques les plus occultes. Le pouvoir de l’imagination comme les lignes d’un zèbre qui voyage sans recommandation ; le pouvoir de l’imagination pour tracer le chemin de Stevenson qui zigzague entre les montages du court-métrage et la couleur somptueuse de la Mecque !

Le pouvoir de l’imagination comme un rêve communautaire qui réjouit le cerveau et, pour en venir à bout, l’heure érudite des rois couronnés jacassant entre eux. Le pouvoir de l’imagination comme seul crépuscule, comme le moteur de l’expansion et, pour désigner un référent, le laborieux millénaire du chemin de Stevenson qui gangrène les jaillissements classés selon leurs impuretés alchimiques.

Un étrange ordinateur !

En s’égarant dans des considérations poétiques, du côté orientale, en définissant comme lieu précis un souterrain ou une enveloppe pleine de photos, la toile virtuelle avait été cartographiée puis vandalisée de fond en comble avant de connaître le retour d’étranges phénomènes !

La toile avait fait jaillir des lignes de code apparentes qui, semblables aux mouvements rapides, générés par le silex, s’autoadministrait les discussions des internautes planqués dans les chat-rooms.

Leur version polaire ? Un planisphère assortissant toutes les séquences et la mémoire d’un ordinateur ultra-sophistiqué !

Pour brouiller toutes les adresses IP récalcitrantes mais aussi favoriser l’émergence de cette mise à jour révolutionnaire, la mutation des internautes en larves de reptile noir était indispensable.

Comme le libre arbitre des SMS qui avaient été façonné selon un crack assez occulte, les composants sémantiques de leur discussion furent alors totalement et méthodiquement remanié pour l’Élite. Une élite qui avait dessiné méthodiquement l’architecture d’une boîte mail pour focaliser les gens à se vouer aux pratiques les plus obscures !

Deuxième partie : le Projet !

Absorbé par des contemplations psychédéliques, l’Ordinateur Burroughs Cora-Hummer 7 produisait un bourdonnement déconcertant chaque fois qu’un projet était déclenché.

On s’était inspiré des lignes d’un zèbre pour construire nos lignes de code, pour bâtir la matrice qui allait noyer les moteurs diesel par ces contemplations psychédéliques aussi surprenantes que fascinantes. Nous savions, par anticipation, que tous ces moteurs diesel avaient besoin d’un nouveau et fulgurant carburant : un vers mutant avec un ADN mûrement modifié !

Troisième partie : l’éclaireur !

Pour s’éveiller de bonne humeur, l’éclaireur prenait son café des neiges de l’hiver. Il éprouvait divers sentiments face à sa solitude devant l’écran de l’ordinateur quand la poix molle de la pluie continuait de tambouriner contre sa fenêtre en espérant un jour entrer dans la famille des internautes mutants.

Il avait ce regard qui ne redoute rien lorsque l’ordinateur démarrait une session. L’éclaireur avait cette foi inébranlable en la capacité de sa machine. Même la force du vent, il l’estimait à force de calculs en pianotant sur son clavier et la Toile comme chaque matin quémandait toujours comme sacrifices humains des impatients, notables ou non.

Ailleurs, dans une autre dimension, virtuelle elle-aussi, il existait une piste de décollage, un aéroport désaffecté, inconnu sur toutes les cartes. Cette piste de décollage permettait à l’éclaireur d’attiser en imagination les passions des internautes mutants.

Cette piste ? De vraies planches pelées, alignées à l’infini – on ne savait de quel bois elles provenaient ces planches qu’un génie de l’informatique avait déniché en leur évitant d’être réduites en hochet pour bébés. Sur ces planches couraient abjectement un système de fils électriques et téléphoniques afin de communiquer avec notre dimension gouvernée par des clowns épicuriens.

Des clowns qui fabriquaient avec leurs vélos d’appartement des électro-watts téméraires, engagés dans la bataille contre le vers mutant.

L’éclaireur, après sa mort, avait légué une cassette vidéo expliquant comment falsifier informatiquement toutes sortes de cartes d’identité et toutes sortes de cartes bancaires. Après sa mort, les clowns ne pariaient plus que sur une seule monnaie sonnante et trébuchante : des napoléons qui agitaient encore la planète et les consciences surchauffées.

Demande à la poussière

Entre deux chapitres, je pensais à ces pièces de monnaie napoléonienne qu’on avait dépensé pour prendre le train et retrouver notre chez-nous. C’était une drôle de monnaie à notre époque : comment était-elle arrivée dans nos poches ? Et pourquoi était-elle acceptée dans ce pays aussi absurde qu’imaginaire ? Mais qui avait pu me refiler enfin pareils deniers ?

Le gnome de cette caverne noire et menaçante que j’avais brûlé vif la nuit de la Saint-Jean ? Ce type qui brossait tranquillement son cheval dans son ranch en pensant secrètement être John Fante lui-même, quand nous étions revenu de bringue ? Ou cette paire de fous qui s’était évadée de l’aile méridionale et capitonnée d’un asile d’aliénés et qui nous avait poursuivis sur la route en side-car ?

Reprenons depuis le début.

Tout avait en fait commencé ainsi : sur l’écran de l’ordinateur, s’était arrêtée l’image surnaturelle d’une femme agenouillée. Je venais juste de me réveiller ; dix minutes auparavant, je rêvais d’une mémoire qui ne m’appartenait pas, oscillant entre des ramifications de communauté alien et des nébuleuses sectaires d’illuminés ; du sang s’infiltrait par-dessous la porte de la chambre et emplissait la pièce où d’autres associations d’idées étaient en attente. Pour en saisir le sens, j’orientais, lorsqu’elle tournait la tête, le faisceau de la lampe sur son corps nu.

Je lui lisais Demande à la poussière, moi-aussi entièrement nu… on avait commencé ce jeu qui en fait n’en était pas un. On avait fait la bringue jusqu’à une heure du matin et le récit singulier de John Fante semblait harcelé de composants chimiques, de gnomes sauvages. Sa lecture était censée nous transformer en plomb.

Quand elle me demandait de répéter un paragraphe, ou juste un mot, j’imaginais pour elle des éléments perturbateurs manquants, des scènes de Kama-Sutra dans le lit de John Fante. Ses yeux alors s’apaisaient.

J’observais minutieusement ses seins et sa peau ; elle jetait des coups d’œil suspicieux à cette bulle en forme de nuage qui s’était formé au-dessus de ma tête. Je lisais doucement, comme pour faire s’éterniser les heures, bercé par des idées gentiment sentimentales.

Les mercenaires bouddhistes

Perpendiculairement dépendant de leur réincarnation : une ribambelle de moines bouddhistes méprisés en faveur des opprimés ; de nouvelles possibilités apparaissant suite à ce jeu incessant entre les voyelles un tantinet poétiques.

De douces créations de l’esprit aux faïences bleues qui ont la formule en tête et qui s’opposent aux iguanes en battant en retraite. Et tous les mercenaires qui sillonnent les lignes de tirs et qui font virer leurs rêves en cauchemars à la hussarde. En série, ils produisent de l’huile essentielle loin des villes grises avec le fruit des arbres cure-dents.

Dans le puits, depuis l’autre bord du gouffre sans fond, des faïences très picaresques qui, en réparant, en restaurant la machine laissée sur le champ de bataille, prévoient un apocalypse numérique avec des phrases découpées au cut-up ; elles récoltent les bijoux, les diadèmes de l’empire quand, soudain, une sonde spatiale américaine entre corps et âme dans l’atmosphère.

L’idée d’en découdre pour un mal endurant, vomissant tendrement les anneaux d’or de Saturne, évite le pire et de reconnaissables bouddhistes finissent tête-bêche dans le caniveau pour coupler une préparation aromatique.

Enfin, il y a une hutte de naufragés et une famille à l’intérieur dans le vacarme du combat, le rugissement de l’incendie ; la famille étrange se lève à l’aube pour se laver les dents, pour puiser l’eau du puits en jetant une pierre au fond. Il existe, lorsqu’un train se rapproche, tout un monde vierge là-dessous !

L’université de Kiev

J’escaladais en rêve la façade de l’université de Kiev. Là-haut, dans une pièce secrète, dispersant les affiches du Sahara Occidental et du Tsar Ivan Le Terrible sur le lit à baldaquin, dans l’obscurité, je coupais l’électricité d’un réseau d’alimentation en affamant les réconfortantes speakerines.

Dans la brume aussi, dehors, des cavalcades de chiens fous, errants bondissaient dans tous les azimuts.

Une pluie blanche comme crème décomposait les vitraux et les allées latérales de la petite chapelle en face. Des ondes radiophoniques, qui semaient la pagaille, se débarrassaient de leur diamant et de leur saphir contenant leur ruissellement.

Successivement, pour tiédir leurs embryons, des appareils scintillants, qui convenaient aux derniers survivants, tournaient sur eux-mêmes : une force centrifugeuse et énergique envahissait alors l’ultime espace des tracés logiques. En projetant leur virulence dans les flammes de la seule cheminée allumée, les tracés logiques pleuvaient en poudre en enflammant les puits de pétrole.

À un moment explosif, au point d’impact, je nouais une amitié sincère avec leur précipice, en restant indemne cependant.

Des balles de golf s’efforçaient de casser les croisées striées de vitraux à la va-vite. Sans aucune hésitation, j’emportais un ouvrage de l’université de Kiev ; ainsi, la vase qui s’étendait en bas et que l’on monnayait en fonction des différents syndromes recherchés, était réévaluée avec justesse et effacée instantanément.

En déséquilibrant toutes les arborescences des ruines autour de moi, je revenais sur le sol ferme en plantant mes bâtons de ski alpin. En lançant leur crachotement dans l’air froid, glacial, sibérien, une volée de bois vert veillait à badigeonner mes bâtons de ski de watt canonique !

Des systèmes graphiques japonais comme scénario solaire

Des villes tentaculaires, des promesses mirobolantes et des parloirs médiévaux qui fécondent leur espace ; et même, dans le centre alternatif d’un cercle, des villages, des reines sans diadème et un micmac douloureux de verges et de mâts qui s’adaptent uniquement aux usages des élites.

Leur micmac ? Un Mississipi vivifiant, une fourrure en vison qui se réfère aux scénarios solaires au fond des mines, des petits-fours peu recommandables, des petiots primitifs et des romstecks studieusement duveteux qui épuisent tous les vacillements.

Face à la froide lumière des champs opiniâtrement clôturés, des nymphes qui préparent leur potion magique avec des plantes réfrigérées. Des tignasses mortellement coupées aux octaves des électrons volts qui causent des additions salées. Des pluies solvables qui courent jusqu’aux précipices sophistiqués et des perches pour la rééducation d’un cœur brisé, cassé, exploité par tous les systèmes solaires.

Des gladiateurs traumatisants pour les applaudissements et les systèmes graphiques et des fleurs sans salaire qui bouillonnent dans les limbes de l’oubli.

Des scriptes comme un étalage de crédit à payer pour sceller le pacte entre les proies et les victimes. Des tropiques au fond des douves et la colère pour tous ces gens qui aiment les vaudevilles ridicules des réducteurs de têtes. Enfin, en traversant les ruines et ces fictions d’anticipation, une boutique peu visible !

Un Nouveau Monde !

Payez pour toutes vos erreurs rédhibitoires. Piochez dans les livres et dans votre dictionnaire de poche votre mal de vivre. Aujourd’hui, un nouveau monde est possible : universalité des pénitences !

À tous ceux qui militent pour la spécialisation et la formation d’une élite, des promesses en or, des voyages qui se nourrissent de l’intellect et qui rafraîchissent le domaine de la littérature. À tous ceux qui militent pour l’unification, des journées bien remplies, un nouveau monde conceptualisé, des millions destinés à la recherche pour sauvegarder la nature, pour protéger l’environnement.

Pour coder sur la toile, une armée de mercenaires prêts à en découdre, qui occupe la scène entière, qui engage un combat singulier : les villes et les boutiques sont envahies de gens lettrés qui écrivent et lisent des nouvelles littéraires, des poèmes et des romans…

Une nuit stridente et fugitive qui égare les brebis perdues et qui se dévoue à la nouvelle conceptualisation du monde. Ici, la danse macabre des nymphettes qui dorment comme l’eau tourmentée. Là, des falaises qui s’affaissent sous le poids d’une élite particulièrement féroce et douloureuse…

Pour écrire et lire votre odyssée, le médecin délivre de magnifiques nouvelles littéraires, des romans qui désorientent et des poésies qui s’empressent de refaire le monde. C’est un final qui promet d’être beau, qui fait régner les pirates de la poésie, qui quantifie les efforts à fournir quand le nouveau monde se lèvera…

Des créations de l’esprit qui se figent et qui se rapprochent de nos nouvelles passions. Des journées bien remplies qui manifestent de l’audace et une ardeur singulière aux combats. Alors, alors seulement, comme Kerouac, sur la route, comme Rimbaud dans ses Illuminations, imaginez un monde qui rejoint vos intentions !

La guêpière des moteurs alezans !

En examinant sans scrupules et sans perdre patience ces assemblages d’humanoïdes chiffrés à l’excès, tourmentés par un désir morbide, ces bavures extrêmes, l’arbre divergent, sous ce fouillis d’enfants juxtaposés, appuyait sa dialectique sur une bouteille brisée confortablement expansive.

En secouant un suçotement de bleuet taillé dans la guêpière des moteurs alezans, le désir, le soleil de minuit, noyé dans le pétrole et comme frangé de noir, projetait synthétiquement des scènes picaresques en faveur de Maître Yoda.

Et, sous sa loupiote et dans sa thébaïde, le pointilleux inculte menait une guerre acharnée par moult voies de Carême. Le long du chemin de fer, au milieu des tessons radicalement hypothétiques, des feuilles d’argile rouge dévalaient la pente par la seule porte de la mosquée ; des allées de terre jaune pacifiquement ténébreuses parcouraient les rizières perpendiculairement adossées aux enzymes physiques, aiguës et pieuses !

Après mon bol de corn-flakes

En entraînant avec moi mon jargon littéraire dans les cavernes humides, en m’encordant avec les fines rayures blanches de leur capharnaüm, le règlement de la bibliothèque m’avait frappé de bannissement ; et tout le long de l’encaissement de la vallée je fus aggloméré à ce capharnaüm.

Ce capharnaüm qui, en bâtissant des nids de malandrins à chaque discussion téléphonique, dévalua le prix du combiné de mon téléphone et énuméra ensuite ses détails en prenant le versant le plus méridional de cette vallée.

Des détails s’attachant à se repaître des édifices vivants de la montagne en face !

Elle n’en finissait pas de s’élever cette montagne aux tentures téléphoniques qui tombaient de leur plafond mathématique !

C’était la fin de notre aventure, la fin de tout mouvement, comme un ensemble de lois compliqués à l’extrême. Notre aventure entre mercenaires apaisés qui, en s’aventurant du côté de l’immobilité lumineuse, revenaient de la guerre ; un mouvement assumé ou un retour dans le passé : l’immobilité étant entravée, puis amputée, alors qu’elle descend la brume moite venue de la baie, alors qu’il brille dans le ciel noir, le soleil vert.

Réfléchissant la marée haute et ce scénario qui concentre l’exhalaison de son acide carbonique à l’intérieur d’un amas éparpillé de Mikado, les caractéristiques de notre existence sur la moquette arrachée, à la fois solaire et sucrée, jusqu’alors éclairée au pétrole, comme quelque chose d’exotique !

La brume descendait aussi, avec une force glaciale, sur la ville médiévale et son ivresse livresque, consécutive comme des atomes de watt canoniques, riait dans le brouillard.

Des atomes qu’on fit frire en les irradiant d’excitations sexuelles, d’isométriques distorsions.

Guerriers, chamans, démonistes…

Des lois gravitationnelles uniques pour les guerriers et les chamans, des ventes de Tamagotchi à la sauvette pour les démonistes, les chasseurs, les voleurs et des univers qui grappillent le temps perdu ; de vacillant diadème et des colliers d’hackers, d’assassins, de guetteurs, d’agitateurs, de dissociés, de néo-réalistes et de provocateurs d’une autre trempe !

Sur les tréteaux, des acteurs, aux yeux en amande, qui font des sprints, un quatrième Reich exultant et des tresses qui se distinguent du lot ; un treuil qui exécutent des tours de cut-up idéologique et que l’on déboulonne et la becquée qui ne connaît aucune trêve. Des annonciations parmi les trentenaires et des antennes, sur la route, qui contrôlent le territoire, sans jamais se compromettre !

Un journal à tenir chaque jour via Day One app, de nobles combattants à la peau verte, originaires des dimensions infernales, qui font un tricot et de la mimolette comme noirceur avant l’aube ; une rigueur extrême et des mots incertains et concis, des poignées d’événements imaginaires ou réel et des nœuds et un trident pour ces terribles machines de guerre. Voué à la magie, à l’honneur et à la noblesse, le monopole des truands qui fascinent, et cette prose alimentée au cut-up-de-William-S ; le truchement infiniment renouvelé qui dodeline et des trucages et des documentaires sur la troisième guerre mondiale !

Le destin comme turbulence, comme un continent vierge à explorer dans toute sa diversité avant le crépuscule, avant de boire sa vodka poussière. En suivant les antiques exégèses folks, Turner qui peint le soleil levant dans la brume et un destrier, né dans la poussière, qui court en crevant les tympans : des souvenirs qui tentent de me transmettre, par ce visage de femme laiteux et sanguin, la Nouvelle Combinaison, le mot de passe d’un disque dur sinistrement verrouillé !

Un poulpe ferroviaire qui doit m’emmener jusqu’à une gare montoise, du cubisme et un twist comme des galipettes avant l’heure du coucher, un ultimatum et, sur les rails qui brûlent et qui s’enflamment, de jeunes pousses de réminiscences ; une galère et Ulysse et la duchesse qui perd son diadème !

Des réminiscences, comme cette pluie fine sur mon front, qui veulent me réconcilier avec quelque chose d’encore trop flou, un duel au moyen âge et un type débraillé…

De l’urine et une écriture automatique entre mes tempes pendant une cristallisation et, dans la neige, sous la pluie, les rafales de vent, de la morphine dans l’œil cristallin ! L’URSS qui gonfle les intervalles obscures comme une contagion et une contamination dans l’utérus qui décide de se noyer sous une marée anisée.

Un cocon parmi des étoiles dorées, dans le sang des séductrices et un vagin accroché au décompte d’un chronomètre, une biture dans un océan de bons sentiments, une cuite de plus et un état moyenâgeux de névrosé néoclassique ; le relief jurassien qui vagabonde à la recherche des nervures, qui enterre tout espoir et tous désirs, un vallonnement au milieu de ce décor cérébral sans moral, sans scrupule, et des skinheads comme vainqueurs de la guerre du golfe !

Des séquences d’actions impersonnelles sur la cinquième avenue à New-York, une cour médiéval qui exulte, des saltimbanques attentifs qui proposent des joutes littéraires, et ces vers qui courent le long de la feuille de papier, proposant entre les lignes des rêves tarifés.

Des inscriptions runiques : des pierres vaguement glissantes, des réflexions moisis jusqu’à la corde qui convoquent l’état-major, un blue-jean délavé et la vaisselle des points G comme une extension des éléments chimiques.

Après une longue introspection, un paysage vallonné que les éléphants parcourent, un élève dans le vague et une vieille folle qui nettoie ses lunettes avec une brosse à dent, une descente en ski alpin, en espérant trouver la révélation et enfin des usines qui fabriquent une sorte de cartilage d’un genre nouveau !

Des étranglements de craie et de fusain

Chaque jour, dans un grand cahier, le sac des narcotiques sanguins et des établissements espacés et surchauffés d’excitation, de ferveur sanglante comme des possédés silencieux ; des instincts et des alsaciennes pour interroger les auspices meurtriers : le sac des ondoiements écervelés en hickory tombant encore davantage au fond des tasses de thé aromatisé au carbone.

Et, sans concurrence, des étranglements de craie et de fusain séchant au soleil demeuré ; des kilomètres défoncés à la colle et à la muselière qui viendront verdir Maître Yoda et sa clique de baba cool herculéen.

Et dans leurs moteurs : du rhum encéphalographique, éprouvé dans sa dialectique décomposition qui alarme la télévision ; des supplications décomposées et leurs formalités spirituelles, leurs lignes de code générées automatiquement lors d’une descente en ski alpin.

En l’ajoutant à l’amalgame de leurs conceptions assistées par ordinateur, l’enthousiasme de cette descente en ski longuement étudiée et le calvaire des lépreux qui, de façon cartésienne, se servent de la documentation de l’homme à l’oreille coupée.

Cet homme à l’oreille coupée, hagard, nous jette encore des sentiments dénaturés dans le combiné cramoisi de son téléphone. Et d’infidèles sentiments dénaturés pour réaliser un travail d’orfèvre embryonnaire, avant de faire valdinguer le jaune de l’oeuf au-dessus des montagnes afghanes, et après s’être débarrassé de son blanc polaire, associé à l’engrenage de ces machines.

En catimini, en entraînant sur leur passage une débandade de flonflons corrompus, les machines et leurs narcotiques s’essoufflent et font dégouliner du cognac du haut des branches de l’arbre cure-dent !

Chapardant du grand vent, il y a aussi l’éthique de cette nouvelle catapulte romaine qui, comme une appendicite de tapisserie, engendre la panique parmi les machines, absorbant leur sabre de samouraï et même leurs lacunes et cellules grises…

Au fusain, apparaît bientôt les photos et leurs monceaux de bambou dégradé et flou.

Nos regards se perdent dans un quintal de vallées encaissées et libidineuses.

Au milieu des champs de coquelicots, eux-aussi brossés selon le sens des lieux cardinaux, comme arrachés lors de notre périple, nous ne gardons que les tripes : des mots simples qui mènent aux canopée universelles et à leur dépouille !

Gardées jalousement comme la chasteté des mers souterraines, d’interminables et forcenées équipées de nudistes.

Elles clignent de l’oeil à notre passage et, comme fascinée par leur déhanchement, leur stature languissante, divine mais exténuée reste dans le réfrigérateur.

Enfin, insensible au roman, toujours en chantier, toujours à taper sur la machine, les nouveaux testaments et leurs psaumes qui surveillent les impitoyables cauchemars !

Des ventes de Tamagotchi à la sauvette

Des lois gravitationnelles uniques et des ventes de Tamagotchi à la sauvette et des univers qui grappillent le temps perdu ; de vacillant diadème et des colliers d’une autre trempe !

Sur les tréteaux, des acteurs exultants aux yeux en amande, et des tresses qui se distinguent du lot ; un treuil qui exécutent des tours de cut-up idéologique et que l’on déboulonne et la becquée qui ne connaît aucune trève. Des annonciations parmi les trentenaires et des antennes, sur la route, qui contrôlent le territoire !

Un journal à tenir chaque jour via Day One app, un tricot et de la mimolette comme noirceur avant l’aube ; une rigueur extrême et des mots incertains et concis, des poignées d’événements imaginaires ou réel et des noeuds et un trident ! Le monopole des truands qui fascinent, et cette prose alimentée au cut-up de William-S ; le truchement infiniment renouvelé qui dodeline et des trucages et des documentaires !

Le destin comme turbulence, comme un continent vierge à explorer dans toute sa diversité avant le crépuscule. En suivant les antiques exégèses folks, Turner qui peint le soleil levant dans la brume et un destrier qui court en crevant les tympans : des souvenirs qui tentent de me transmettre, par ce visage de femme laiteux et sanguin, la Nouvelle Combinaison, le mot de passe d’un disque dur sinistrement verrouillé !

Du cubisme et un twist comme des galipettes avant l’heure du coucher, un ultimatum et de jeunes pousses de réminiscences ; une galère et Ulysse et la duchesse qui perd son diadème !

Des réminiscences qui veulent me réconcilier avec quelque chose d’encore trop flou, un duel au moyen âge et un type débraillé…

De l’urine et une écriture automatique entre mes tempes pendant une cristallisation et de la morphine dans l’œil cristallin ! L’URSS qui gonfle les intervalles obscures comme une contagion et une contamination dans l’utérus…

Un cocon parmi des étoiles dorées et un chemin noir, accroché au décompte d’un chronomètre, comme un cocktail néoclassique ; le relief jurassien qui vagabonde à la recherche des nervures, un vallonnement au milieu de ce décor cérébral et des skinheads comme vainqueurs de la guerre du golfe !

Des séquences d’actions impersonnelles sur la cinquième avenue à New-York et ces vers qui courent le long de la feuille de papier, proposant entre les lignes des rêves tarifés.

Des inscriptions runiques : des pierres vaguement glissantes et la vaisselle comme une extension des éléments chimiques.

Un paysage vallonné que les éléphants parcourent et un élève dans le vague !

Une descente en ski alpin et enfin des usines qui fabriquent une sorte de cartilage d’un genre nouveau !

L’altitude rouge et fumeuse de la déesse de Cythère !

Tout d’abord, une altitude rouge et fumeuse qui vieillit dans les yeux de la Geisha : entrainée à la dérive, cette altitude rouge et fumeuse qui se tord dans le décolleté de la geisha, n’est qu’un désir d’erreur et de dérision ; filmée par la caméra, elle ficelle, près de la hanche et dans le trou, des histoires que je laisse traîner.

Et puis, il y a des graphiques, comme seules fricatives avant l’aurore, qui étalent une progression à la Vilnius Poker. Une progression à la Vilnius Poker qui, invalide, automatise les pages du livre.

Géométriques et passives, les juxtapositions d’altitude rouge et fumeuse ralentissent ou étouffent de ridicules rivières de sang ; après de rudes épreuves en silence, leur lenteur se débat au milieu des chaînes de givre. L’altitude rouge et fumeuse allonge des questionnements édulcorés, des massacres arithmétiques qui embaument les lèvres de la Déesse de Cythère. Pour dissoudre la couleur somptueuse de l’invraisemblable,sa jupe mandarine cache les œufs de l’altitude rouge et fumeuse et leur romanesque excès.

Au-delà de nos cités mystérieuses, alors, à l’heure érudite des rois couronnés, des os pacifiques de craie magique se décomposent et l’histoire de leurs délires demeure perceptive, comme les idoles ne l’ont jamais été. Avec les rituels runiques d’une altitude dotée d’artefacts éreintés, épuisés, leurs fables se dénudent en forçant un peu le trait des charpentes osseuses !

Déclinaisons latines

Des albatros qui font choir des arbres faisandés des dizaines de coups de main, un dégel douloureux qui prend la chandelle, un herbier, un hérisson et des pendus disséminés dans le parc aux couleurs chairs qui font évoluer des préservatifs éventrés.
Pour inventer du savon, une collecte illuminée, configurée par quelques distributeurs de friandises ; et pour sortir du terrier, un labyrinthe qui se débarrasse de ses énigmes et un code d’accès, au développement aussi bien photographique que cinématographique, qui égare les micro-organismes.

Pour rejoindre la plage il y a, ici et là, de misérables pensées qui, à haute altitude, retournent à leur garde obstinée. Devant la porte du parc, il y a un feston sacrifié pour maintenir l’oxygène à son état pacifique et un engrenage pour purger le département jouets. Il y a encore des excursions de jeunes filles innocentes qui se greffent à la requête des pendus cadavéreux et leurs fantômes grelottent autour d’un feu de camp.

Il y a, coincés dans les portes de l’ascenseur, des crimes de petits insectes continuant comme un leitmotiv macabre ce jeu un peu débile, attribué aux sottises des pendus.

Quelques spécimens grossiers, taillés à la main, remplissent des statistiques et un œuf en gestation sécrète la température des coquelicots tandis que des modèles primitifs troublent la quiétude de l’éden. Des nerfs tortueux laissent le feu mourir et Supertramp le vagabond fait valdinguer le pont qui se termine par une fronde.

Comme le scintillement étoilé sur le plafond d’un vieux cinéma désert, l’hélix de son oreille se risque au fond des puits de pétrole, en crachotant des gouttelettes galbées ; il y a aussi un manifeste qui se repose sur l’intensité haletante de son regard et qui sape les fondements du taoïsme et des présages tropicaux.

Enfin, il y a une application qui transmet le passé effacé des matrices pour nommer et pour régénérer le ballon d’eau chaude, la spartéine et les déclinaisons latines.

De drôles d’épreuves !

De drôles d’épreuves énervantes comme des morpions qui se consolent en désobéissant aux jeteurs de gommes à mâcher. De drôles d’épreuves comme des morpions qui grouillent en protégeant les intérêts de la reine lubrique. De drôles d’épreuves comme vingt-quatre notes flûtées qui reconnaissent les maxillaires de leur créateur.

De drôles d’épreuves comme les métriques en diamants bleus qui résistent à la narration des sorciers vaudous. De drôles d’épreuves comme des névroses qui sabordent l’ossification des panoramiques cahotants, comme du silicium qui soutient les longs tête-à-tête, comme une tige qui se termine par quelques jardinières en fleurs. De drôles d’épreuves comme une caméra qui vidange la vase en zébrant les récoltes de documents.

De drôle d’épreuves comme des ruisseaux bouillonnants qui renvoient à la page cinq du carnet de moleskine en récitant leurs critiques venimeuses. De drôles d’épreuves comme des zéniths, dans le flou, qui commencent toujours par de dynamiques cendriers souvenirs en diminuant l’ardeur des iguanes. De drôles d’épreuves comme les trompettes, les tambours qui collaborent avec les vallées encaissées.

Las Vegas Parano

Le béton marbré s’étalait en long sous le soleil en laissant tomber sournoisement une nuit verte sur Las Vegas. Un peu de terre rissolée éclatait en croûtes sur le bas-côté, ce bas-côté qui avait fait circuler le parfum des pierres à l’intérieur de la valve du cyborg jadis.
Les palmiers faisaient une belle allée figée autour de la route et
un brouillard dense avalait les néons jaunes et bleus de la ville basse et des halos épatés dans l’atmosphère, aveuglants et menaçants, plongeaient ensemble dans le gouffre.

Des petites rafales de brise fraîche vinrent caresser les joues de Liliane lorsqu’une trouée révéla l’océan sur sa gauche ; on pouvait entendre la cavalcade d’une harde de chiens errants dans le lointain flou.
Un beau balcon longeait la côte qu’elle remontait à toute allure, quittant les sentiers battus et, plus loin, une oreille contre le goudron de la rue s’épuisait à entendre une mélodie étouffée perdue dans les égouts. Le coucher du soleil vint imbiber d’or et de feu le paysage. Les verres de ses lunettes aviator virèrent à un orange surréaliste. La Toyota 4×4 brilla, la chevelure de Liliane brilla, le monde entier brilla pendant quelques secondes au milieu des boites de lait et des chaussures et des conserves qui formaient la totalité des détritus au grand jour ; des cartons en dissolution qui rechignaient à disparaître.

Et la mélodie étouffée, qui serpentait et devenait progressivement plus audible et plus claire à chaque kilomètre en suivant le courant, provenait maintenant des catacombes de Las Vegas.

Le Nord d’Harlem

Tout d’abord, au-delà de l’asphalte peu rationnel et en bois d’ébène, il y a ces yeux clos et amovibles qui paraissent chuinter au fond de mes tempes creuses ; des yeux qui appartiennent à la reine noire et son inextensible clair-obscur. Un inextensible clair-obscur qui tombe en ruine et des fantômes oubliés selon l’usage traditionnel.

Il y a aussi les lambeaux de sa temporalité qui augmentent la dose de méthadone jusqu’à une cuillerée à soupe et il y a des pieds et des plaies et le sang lapé par un reptile en provoquant une accoutumance de nouvelles couleurs.

Il y a encore la gaine-culotte de son Honneur tendues entre ses cuisses et les revers de son pantalon mordillés par les rats, tandis qu’apparaissent des extraits olfactifs d’ecchymose et de perspicacité instantanée : une préparation d’horizons amalgamés, unique en son genre, irriguant le velours des rideaux qui se referment. La société de consommation sombre alors que j’inhale instantanément le souffle de ses hélices délimitées par la pluie.

Des ombres et des mystères s’abrutissent, mêlés de strates similaires ; des ombres et des mystères qui, en pêchant les morceaux de gomme de la célèbre barre de recherche, lancent la restauration des huit pistes de Bleach. En poursuivant inexorablement leur avance, comme pour réorienter la respiration languide du cyborg, des hommes nouveaux sont promis à un brillant avenir.

Il y a aussi des steppes d’immobilité pré-emballée et une fusée se pilotant machinalement comme une transmission éclair. Il y a un ghetto ouvrier qui se construit autour d’une usine textile. Au vingt-neuvième sous-sol, la connexion s’opère, les solitaires débarquent et il y a, s’écoulant à travers champs, l’huile violâtre et silencieuse des banquises : un iceberg de craie sans lumière et j’ajoute sur son piton de nouveaux vaisseaux sanguins et électroniques. Une bouteille de vodka trône sur mon bureau tandis que d’autres cyborgs, brûlant leur charbon cérébral, excessif dans la vase d’un étang rouge, boivent du Kiravi.

La plateforme fantasmagorique d’Oji Kick évide tous les sarcasmes du Nord d’Harlem et toute la mélancolie que la drogue peut provoquer au fin fond de la cervelle qui s’épaissit : l’électrisante station de métro, située au dernier sous-sol de la catacombe, incarne l’esprit des cathédrales ossifiées et le paradoxe du bocal de verre bleu où elle se réfugie, en définissant comme lieu précis un souterrain avec un enthousiasme fiévreux.

Des clapotements furieux sourdent après l’installation ; et, uniquement après l’installation, quittant les quais du métro, les larmes aux yeux et en s’autoadministrant nerveusement le soliloque du clown sur un banc à la surface, les créatures de la station peuvent survivre et donner naissance à ce soleil vert combinant monarchiquement des cauchemars matriciels.