Rien de plus beau que les cerveaux en amazone !

Une humeur massacrante qui tangue et de petites manœuvres secrètes qui ont pour but de tromper l’ennemi dans la parade des fumeurs de joint !

Des choses sondés comme des kalachnikovs en force qui gerbent des monstruosités et un parcours qui quitte les sentiers battus en me ramenant tout en sifflant de noirs chansons de face nègre.

Une mêlée et une halte, parmi les paroles déchiquetées du chant, leur cours préparatoire qui a de la peine à se référer au système adverse comme un grésillement dans le récepteur en sanskrit : humide comme les vagues porteurs de cascades qui se fracassent sur les ailes d’un ange de l’enfer, loin des puanteurs des volcans et de leur douceur de rayons effrayés !

Un pédoncule qui surchauffe de brûlure fécondée, une fraise que je touche avec des pincettes, sur la pointe des pieds ; et une empreinte sur la nappe brodée et un stage pédagogique pour chahuter dans les cabarets où n’importe qui peut arriver un peu plus tard.

Quelqu’un sur la tombe de toute ma famille, un butin, les pleurs d’une sibilante et de la tôle froissée et un billard pour assembler les humanoïdes : ce sont mes femmes, mes déesses qui peuvent vous permettre de passer dans l’autre monde !

Une personne qui n’est plus vivant, un animal vemineux sans cadavre, un visage zébré et un monstre comme une sangsue qui sillonne les lignes de tirs en entendant la boule noire descendre des chiens maigres et galeux : la conscience de ce monde seul qui invente des numéros de téléphone amoureux.

Un dimanche de Pâques, dans une cabane, une croix de cendres et un boa qui se risque du côté des tatous et des petites culottes ; et des tatouages pour parasiter le succès et le mélange des tons, pour lamper les étincelles creuses et fausses.

Des scorpions, une teinte dans le ciel qui contourne les nuages, des cascades d’ombres fantastiques, gesticulantes comme perpétuelles zébrures à chaque tour de hanches !

Une correction pour encaisser les coups sans réagir, des wagons tout près des morts et des théiers comme des organes franchement auréolés de tangage robotique, dansant comme la faible lueur de la lune taoïste !

Un énervement parmi l’équipage et des fêtards qui ont la galle dans la nuit appelée la nuit des ténors scandinaves ; pour fumer dans les harems, des grillages, des grillades et une pomme granny-smith qui sert à fracasser tous les miroirs : miroirs qu’on intellecualise dans son journal, déshabillé dans la foire où l’on offre du sable blanc.

Pour gribouiller un montant compensatoire monétaire, des torticolis et des tortues hissées avec les vifs ; un manifeste et du pétrole et des précipitations pour débaucher les marchands de dauphins qui brisent l’âme verdi des terres à même la colère et les beaux cris d’éclairs !

Des fracas hypothétiques, le maniement du sabre qui précipite le jeune page dans les ténèbres patriotes.

Des magnats du pétrole pour muscler les prêts à intérêt, un pays qui plafonne son PIB et une préparation psychique volant en éclats, en débâcle sainte ; des présentations et des théories pour se vautrer dans le feu ardent et, pour réconforter les crevettes, des plaines fertiles à San Francisco dans la crasse laide de Virginie !

Un arc-en-ciel, de l’énergie et un diamant craché avec les illuminations pour festoyer en prenant de haut le système immunitaire et d’impeccables longueurs de piscine : admirable jeu des arbres solitaires !

Un observatoire et des lendemains qui chantent pour flairer une bonne affaire d’ossements et de têtes comme des crânes de cristal !

Pour fixer sur la croix le roi des juifs déchu, un origami avec d’autres similitudes, au bout du petit matin meurt un sapin, l’orient qui fructifie son capital, moi aussi comme un sanglier dans un enterrement de chats musqués et quelques requins dangereux pour l’homme qui s’enfouissent dans les abysses conjurant les mort.

Un équilibre, une psyché saturée et une épuration pour édifier la destinée, je porte un sac sur une route, une couronne de présent en continu ; une construction et un cinéma pour la détourner de la jouissance et la limiter à un symbole amical comme une véritable action en train de se dérouler !

Pour vendre de la pacotille, épelant des points de suture et du lait stérélisé, ma négritude plonge dans un pastiche jamais exploré ; et du plomb qui génère des espèces chimiques pour plonger dans le gouffre et gravir les montagnes russes : abandon qui morde véritablement tous les souffles des rires des marquises !

Un labyrinthe, une maladie et un regard qui se perd dans une mare pleine de nénuphars ancestraux ; et sa majesté comme un lion dans une cage, des orfèvres et des papillons qui contractent une maladie sensuelle voyageant dans le parfait cercle des lampes à pétrole à l’aube.

Comme un iguane ou comme un faucon pélerin, un vautour autour des squelettes de chiens bâtards, un fauteuil et une dot pour en découdre avec les consignes qui étourdissent le feu sacré des courants de la journée !

Une ferveur qui a du chien avec le bout de tes seins, une conquête et un groupe qui a un mal de chien à embrayer sur la suite, baigneur de lombric effrayé par le phare noir des états seconds.

Des châteaux qui se mirent dans l’eau des sources, un embrayage et un ordinateur pour osciller entre la fermeté et le laxisme : mes passions avec la gueule de bois dans le pays natal !

Des colonies d’insectes catastrophiques, une société permissive et sa préhistoire dans le pétrin, culbutée comme dans un viol ; pour réclamer des questions épineuses, douces ou concises, une capitulation, une fête parmi les gravats de la guerre, un teint et une touche au rugby pour mon ami bavard.

Enfin, dans les nuages, sur la scène où tout ça changerait à force, un totem et une violation malade depuis la fosse noire, aveugle mais familière !

La moonlight de la cité douloureuse !

La Moonlight de la cité douloureuse

La nuit verte est tombée sournoisement sur Mandeville en même temps qu’un brouillard dense, les néons jaunes et bleus de la ville basse forment des halos épâtés dans l’atmosphère, aveuglants et menaçants, et rien ne bouge là-dehors, sinon la cavalcade d’une harde de chiens errants dans le lointain flou, ouvrant sur leur pâleur : des millards de portes.

Si l’on colle une oreille contre le goudron de la rue, on peut entendre une mélodie étouffée, comme le dit le poète aux rayons des étoiles.

Elle se déplace en même temps que l’eau bleue des égouts, parmi les boites de lait et les chaussures et les conserves et les cartons en dissolution, elle serpente et devient progressivement plus audible et plus claire à chaque kilomètres en suivant le courant, la blanche Ophélia flottant là dedans ; et au bout d’un long voyage sur l’eau javellisante, l’on arrive à sa source blafarde.

Ici, l’égout fait un coude et il y a un large renfoncement où se trouve du matériel d’entretien dans des casiers en fer que le Passé sombre pourrait bénir.

Ici, des bougies ont été disposées en cercle autour d’un monceau de déchets et de détritus grand d’au moins un mètre ; quel rêve, ô pauvre folie !

Contre ce trône en décomposition repose un homme à tête de corbeau, en costume de ville usé et trempé il est littéralement assis dans les ordures, posant le pied contre une enceinte d’amplificateur de guitare-basse d’où s’échappe la fameuse mélodie étranglant sa parole.

Il déguste un whisky bas de gamme à même le goulot dans la pénombre étrange de l’endroit, marmonnant quelques paroles inaudibles de temps à autre et ignorant royalement les deux alligators adultes postés à ses côtés, calmes et immobiles comme de fidèles chiens de garde d’une cité puante de Moonlight douloureux.

Ici, les ombres portées sont fascinantes, couchées en leurs longs voiles.

Le van énigmatique

Il y avait, sur notre chemin, des faubourgs où les femmes arboraient une écriture cunéiforme sur les murs de la ville avant de regagner le coffre de notre voiture : le monde allait bientôt riposter, ouvrir sa gueule de vide-ordures qui s’exclamait sans rancune imputable et jeter ses doux parfums d’hématomes, l’estomac vide.

Alors, en s’armant énergiquement d’un heaume de guerre, nous partions à la guerre couvrant toutes les connexions Internet ; et de guerre lasse l’amovible architecture spirituelle de leurs ordinateurs revenait empoisonner le silence où l’on entendait parfois des sanglots : ici, les indigènes devaient fêter Noël qui les mettaient à l’agonie et dans son coin Noël crevait doucement, sans empressement mais sans interruption, comme une jungle de lianes, de guirlandes clignotantes et d’oiseaux exotiques.

Pour réorganiser un continent tout entier, ensorcelé par les épopées, dans les ténèbres de la nuit, il y avait un van qui ne roulait plus depuis des lustres et dont j’étais le moteur par la pensée, par un effet de synesthésie et son inextensible clair-obscur, jadis ordonné et inventé par la seule pensée latérale, qui raflait tout sur son passage en pénétrant sur leur territoire.

Pour relancer démocratiquement les lignes téléphoniques putréfiées des négociateurs, jetées de façon linéaire, le van en question avait fait de son âme un grand espace que je lapais comme un reptile, comme le sang-froid des plantes tropicales.

Dans le van aussi, il y avait une poupée étrange qui me regardait fixement. Elle était assise sur la commode depuis des jours, et elle me regardait avec ses yeux de verre.

Ses boucles blondes dégueulaient de son crâne de cire avec insolence et défi.

Qu’est-ce qui m’avait pris de garder cette poupée ?

C’était comme une accusation transie, elle seule savait, elle était ma conscience frémissante et ma croix.

En démarrant le van péniblement sur les sentiers de la plaine pâle, la première chose que je remarquais fut un arbre unique qui trônait sur un monticule, taillant l’horizon blême à quelques lieues de là. Je me lançais pour un périple unique, inquiet, avec, dans le rétroviseur, le défilé rocailleux et accidenté d’où je venais. Les heures passées à le franchir s’effaçaient déjà de ma mémoire. C’était comme si le passage se refermait derrière moi, il n’y avait pas de retour en arrière possible. Mais déjà ma fatigue s’évanouissait et mes pieds meurtris cicatrisaient. Le cœur léger, j’avançais, en écoutant le moteur toussoter, sur la plaine striée de lumière blanche et je ne regardais plus dans le rétroviseur poussiéreux.

Dans un silence absolu et par manque d’essence, je coupais le moteur, je descendis et j’entrepris de traverser une mer de hautes herbes couchées par la brise.

Des sentiments de Love Buzz amoureux

Des sentiments de Love Buzz amoureux

Mûs par quelques sentiments de love buzz amoureux, traînant à leurs suites les serpentins de leurs braies et cottes de mailles en lambeaux, des poignées de soleil vert rasant fugitivement les murs.

Leurs symboles avant-coureurs circulant en nous et clôturant chaque plan saisi et orchestré d’une lointaine galaxie dynamité.

Ainsi leurs graphismes maléfiques, se combinant monarchiquement, discutaient entre eux au sujet de leur retour, quand, tristement, de mon côté, plongeant dans la faible lumière de leurs danses fantasmatiques, j’avais lancé dans tous les azimuts et les visions d’ailleurs des S.O.S pour sortir de ce nid de créatures solitaires mais dévergondées.

Aux lueurs plaisantes malgré tout.

Nul besoin de technologie à la pointe lorsqu’on secoue le milk-shake des soleils verts à volonté.

Aussi profondes qu’elle puissent paraître, ces années X, où tout avait commencé dans un désert de cow-girls, où tout était enfouie sous l’hachis parmentier des grandes surfaces, estampillaient à mauvais escient dans les wagons et compartiments neuronaux grillés, leur souvenir difforme, fragmenté. Et qui ne donnaient qu’à notre Fabrique Croix-Roussienne, sous l’autorité d’un seul homme, Razko Kaphrium, qu’un effet boeuf.

Sur le visage du patron courait abjectement une fente distendue corrigeant en un millième de seconde, quand on l’observait, la sanglante mais bien-aimée pâture prémonitoire !

Je crois que c’est le jour d’une pâture, où Razko a failli y passer, que j’ai enfin compris que les belles histoires qu’il racontait depuis notre plus tendre enfance correspondaient effectivement à une réalité incontestable.

Ne vous trompez pas, je n’ai jamais mis en doute la teneur de ses propos mais les émissions radiophoniques démentaient ses récits, en commençant toujours par un hommage aux fricatives de l’orgue électrique de Cassandre.

Razko Kaphrium, en glissant du côté des crocodiles de la fosse noire Croix-Roussienne, avait essayé une séquence de bouts amovibles de clé USB des courants d’air bouddhistes.

En tombant dedans moi aussi, je récoltais à l’aide d’une pince à épiler, entre les dents des crocodiles musclant leurs faunes fumées au sapin vert, des fumeurs noirs de la fosse des Mariannes ; j’étais morne et las, pesant les défauts, les failles et les crash d’un mal de chien tandis qu’en dépliant leurs queues, les bestioles firent voler en éclats les apparences de leur espèce : des apparences qui étaient sortis de leur caveau plein pour rejoindre une prairie pentue.

Enfin ces apparences d’espèce dangereuse firent, dans la fraîche sciure de la vaine parade tubéreuse des foules en chagrin, le poirier à l’orée d’un bois, offrant du sable blanc ; la foule des gueux, également mesurée comme une décomposition kafkaïenne, en pique-niquant sur l’empreinte alchimique des disques durs chargés, hissés vers les morts d’ailleurs, attendait toujours notre bobine 193 qui était techniquement H-S !

Le train des Esquimaux !

Descendant à travers bois, au milieu d’un nuage de neige, j’imaginais le bruit du train passé, les Esquimaux à l’intérieur de ses wagons et leurs faces de pleines lunes envenimées de leur hectowatt lubrique !

En fermentant, leur hectowatt évaporait les seins de leurs femmes à travers les traînes orageuses, hélicoïdales du système ferroviaire. L’une d’elles avait même trouvé le contenu phénoménal d’une invocation ; et le train comme désorienté par cette découverte avait alors été câblé selon les battements de cœur de cette femme. Et la neige en longeant la route ressemblait à sa fourrure d’hermine négligée ou à son visage sillonné de fines rides grimaçantes.

Comme elle, en partant de notre havre pour échapper aux enfants pâles, maigres, vêtus de loques, qui chantaient à tue-tête, on allait se saouler chez des amis au cognac ou au mazout ; ce mazout qui avait fait tourner les hélices de nos étranges machines de jadis.

Machines dont l’engrenage s’allégeait au fur et à mesure de notre progression, sous le halo des lampes incohérentes. Sous le halo des lampes incohérentes, on fumait des joints, lentement, en se demandant si les enfants pâles avaient claqué. Il faudrait que l’oxygène alimentant leur hémoglobine souffle notre fumée, frappée à la vodka.

En entendant leurs voix, leurs voix fluettes de petite filles, nos étranges machines couinaient comme des souris quand, creusant encore et encore, encore et toujours davantage, sans trêve, sans rêves, au bord de l’évanouissement, la douleur suraiguë des esquimaux séparés de leur femme vibrait dans les tréfonds de mon être brisé. Au point de me faire oublier le sang qui coulait indéfiniment de mes mains meurtries, au point de porter mon esprit jusqu’à cette frontière où les cyniques entités se perdent dans l’obscurité des gouffres de l’oubli. Ma psyché se mit à tourner comme une toupie.

Mes globes oculaires se retournèrent dans leur orbite me présentant la vision de mes propres ténèbres… quelque chose prit forme dans ce noir… un couloir s’étendant à l’infini, parsemé des portes du train des esquimaux.

D’un pas tremblant j’avançais dans ce corridor, les multiples portes défilaient de chaque côté de ma trajectoire inconsciente…

Ma main se posa sur la poignée de l’une d’elle, pourquoi celle ci plus qu’une autre, me demanderez vous… Probablement les impénétrables caprices du hasard . La porte s’ouvrit sur une brume légère, j’y pénétrais tandis qu’au bout une lumière grandissait, jusqu’à me recouvrir… Où étais-je ?

Grelottant comme une gentille madone, déjà elle me gonflait cette jeune fille accoudée au comptoir de la voiture bar du train. Je gobais deux vodka caramel en la regardant traîner son cul du côté des esquimaux en minaudant, se bâfrer à côté de tous ces ploucs, en faisant mime de rire à leurs blagues de putes en manque de sexe, confondue dans les pets, dans les rots, sachant seul dans son coin que des crimes allaient être commis, continuant sa journée de merde à bouffer du cercle polaire et le soleil de minuit reparti à l’horizon, dans le cambouis de leur machine sophistiqué, rêvant d’un bureau chauffé par leur diesel encéphalographique.

Comme un hyène, elle attendait dix-sept heures trente pour arriver à destination, foutre le camp dans sa caisse de merde, à crédit, qui pue, mais qui sent salement l’effort et la prise de tête des synapses analysé par l’encéphalogramme.

Écoutant de la zik de merde sur NRJ ou RTL, peu importe, pareil à ces esquimaux maudissant la mort cérébrale de ces petits branleurs islandais qui avait placé les électrodes de l’encéphalogramme sous leur string en dentelle.

Rentrant dans son taudis de quarante mètres carrés, elle avait chialé devant la télé, en silence et sans trace de mouchoirs, en regardant une émission sur les risques mortels des cancers du côlon, s’apercevant qu’elle aussi avait un cancer du sein en le palpant tout en fumant une clope.

Les bienfaits de leurs faces de pleine lune lui donnaient une voix rauque et douce ; la divinité de leurs faces de pleine lune buvait de la mauvaise orge ; et sur cette infinie route noire et terreuse qu’elle avait tracée en train avec les esquimaux, on les retrouvait, ces hommes abattus, grelottants, assis à nouveau dans les wagons du train fou et perdu, le corps tyrannisé de froid au point qu’on s’étonnait que leur cœur puisse encore y battre et pourtant il battait, petit tambour courageux défiant le désarroi, la faim et la mort elle même.

Un périple inachevé ?

À Berlin et jusqu’au moindre recoin épiphanique que j’apprivoise silencieusement : la magnifique complexité des quartiers de la finance transmettant et amplifiant des séquences d’images sur ordinateur.

À Bruxelles, un raconteur qui entremêle les histoires et qui éclaire alors les mécanismes perturbateurs de mon cerveau encore endormi. Puis un ciel de jade qui devient noir et qui attise les forces, en espérant quand même calmer un peu le jeu ; un ciel de jade et des cours d’éducation sexuelle qui font grossir un travail de sape kafkaïen.

Contournant les données métaphysiques et virtuelles d’une jeune mais déjà légendaire nation démocratique, de vieux films en accéléré, issus de la guerre du Kippour, qui font jaillir le souvenir d’un bouquet de roses !

À Bristol, pour agglomérer dans la ville une élégance d’ensemble impérialiste, des hémisphères synthétisés comme une mélodie qui s’éternise ; une mélodie qui s’affranchit des impuretés alchimiques. Des tas de glace et de neige qui entravent toutes les lames muettes de la première page.

À Londres, un film de Stanley Kubrick qui précède un appel manqué et des murmures précipitant la jolie description d’une kermesse. Mais je préfère m’intéresser au parchemin caché de Jack Kerouac en le découpant sans me préoccuper du message et de cette horloge accrochée au plafond.

À Edimbourg, un jeu éducatif qui s’efforce d’explorer la fange. Et une jeune femme nue qui s’empresse de chercher sa jarretière dans son panier de fortune.

À New-York, un étrange restaurant : lorsque je rentre dans le restaurant la tension est au max. Comme une bouteille à la mer, un petit souffle comme une plume cellulaire, quelques minutes auparavant, alors que les fadasses voitures filent dans la nuit, en bord de mer, entre le Bronx et la cinquième avenue de New-York, je laisse éclater ma colère au téléphone : impulsive, soudaine et brève comme un dictateur d’un Paris bu jusqu’à la lie. De ces colères qui ne se dominent pas, une colère brute et barbare de taureau dans l’arène : un authentique culte barbare qui ferme vite le bouchon de la bouteille.

À Singapour, pour m’aérer enfin les poumons, je traîne du côté des esquimaux qui côtoient et craignaient les dealers de Goran Pritska parce qu’ils ne lui connaissent aucune limite. Ils ont déjà ratatiné plusieurs cancres sur des mouvements d’humeur dans leur apprentissage du sabre laser. Ils baisent leurs serveuses dans la remise du club et dérouillent les videurs. Goran Pritska est un impulsif qui aime se la donner et qui, dans le bouillant de l’action, ne sait plus se retenir. Je n’ignore rien de ce tempérament. Il conduit la voiture de tête quand les haillons en argent, froids comme le côté droit de l’iceberg et sa base de données, pleurent des larmes de pluie diluvienne. L’aiguille du cadran de vitesse dérape vers la droite si les haillons d’argent, qui ont tant de peine, vont dans le temps divisé, inconnu, pareil à un drame d’espoir sanglant.

À Hong-Kong, dans la solitude de ma chambre d’hôtel, j’écris un texte qui est une incitation à la haine dans une vallée ouverte. C’est pourtant un texte dont le contenu n’est pas choquant mais je n’ose aborder cette fille rencontrée un soir à l’aéroport avec ce poème méchant, fou, qui porte la promesse malgré tout la cascade d’un nouveau monde où l’on attend la pluie et son eau désaltérante. Voyez, devant vous, c’est un texte ancien ne comportant aucun des mots suicide, mort violente, viol ou esclavage, qui s’affichent sur mon ordinateur dans la vive clarté de l’hiver.

À Pékin, dans son enfer polaire, des coups de béliers infatigables et lourds, entrepris par des hommes traitant leur mère de pute, promettant mille souffrances du côté de Sodome qui aime les tendres cœurs.

À Tokyo, en fait posé sur ses genoux, mon front de lecteur obstiné cogite le chant des rivières, sans pour autant chercher ouvertement à la dénigrer.

À Doubaï, dans les rues et leurs sens cachés qui prêchent la destruction, les parfums de la négligence ne font pas frissonner les narines des passants croisés. Abattu sur leur beauté, l’ombre et les limbes de ses mots, suspend entre les lignes d’un roman en souffrance, le début de sa vengeance personnelle.

À Sydney, enfin, terrassée par la tuberculose, l’auteur de ce texte, souvent sur la montagne, tristement s’assied au sommet de ces mondes blanchis, religieux comme la cloche qui sonne ; ni charme, ni bonheur, d’un œil indifférent je n’attend rien des jours, ne demandant rien à l’immense univers que tout âme désire en son for intérieur comme une incitation à la haine, à la violence et à la destruction, emportée par l’orageux aquilon.

Un authentique culte barbare

En variant les espaces, les séquences d’images arrêtées et la pensée qui n’est point distraite du navigateur, l’émiettement des essaims se réincarnant en mélodie pour vaporiser le café noir, des grandes odes du silence malmenant les lieux, les visages, les événements passés, dans l’obscurité.

Et, comme sépulture, l’éclairage crémeux de la fange pour un dessin d’enfant sinistre, appréhendant l’avenir, qui entre les données de ses livres dans un macabre et bien-aimé ordinateur.

En s’efforçant de stabiliser les rêvetements fertiles d’un bonheur nympholeptique pour palper un degré d’acuité, le surpeuplement qui n’a cessé de croître et d’exceller, qui corrige en un millème de seconde la respiration, avant d’hiverner, coupé de toute temporalité.

Sa théologie étend le sens et la mesure des anguilles noires et luisantes, vidées de leur hallucinogène quand les derniers survivants, transportant le carré d’herbe des agitateurs nébuleux et pleurnicheurs, se retrouvent face aux plis du terrain, aux chemins en lacets ; le ciel noir comme du charbon aiguisant l’anxiété des absents.

Enfin la force des gargouilles rassemblant les pigeons pour se couper potentiellement des niveaux référencés d’une grande bibliothèque : un authentique culte barbare !

L’heure creuse d’un authentique culte barbare où chaque chose semble s’être suspendue en plein vol.

Une aube terne, pénible monte peu à peu de l’est, mais les réverbères restent allumés. Leur lumière orangée fout la gerbe aux agitateurs.

Tout s’est arrêté, comme chaque nuit entre quatre et six heures. La ville retient son souffle avant de recracher dans les rues des dizaines de piétons aux yeux embrumés de sommeil.

Quelques voitures passent sur l’avenue, un peu plus loin, leurs phares balaient le bitume glacé.

La force des gargouilles épuisée, les agitateurs ont patrouillé toute la nuit.

À dix heures l’un d’eux rentre chez lui, se fait une petite bouffe et se couche. Pas du luxe.

En attendant, il faut que les pigeons des gargouilles subissent cette matinée misérable, nauséabonde, ces relents de déclin immobile. Les anguilles noires et luisantes se posent un moment au café de la rue Verneuil, mais leur maigre activité les déprime considérablement.

Lorsqu’ils entrent dans le restaurant d’en face, la tension est au max : c’est la force des gargouilles qui revient, leurs colères qui ne se dominent pas, une colère brute et barbare de taureau dans l’arêne.

Un authentique culte barbare.

Des listes énigmatiques d’orfèvres !

Dans le voisinage, l’existence d’animaux polaires cascadant les convois nocturnes pour s’aventurer par effet de mimétisme avec les vagabonds et un cocktail détonnant pour des noces d’orfèvres !

Une humeur massacrante qui tangue et de petites manœuvres secrètes qui ont pour but de tromper l’ennemi ; une peau tannée par le soleil et le Zen. De la morve et un moulin à parole pour napper la table d’opération de parures pornographiques !

Un cours préparatoire qui a de la peine à se référer au système adverse ; un pédoncule qui surchauffe et un stage pédagogique.

Des prétextes précieusement électrostatiques et une émulation qui fait froid dans le dos !

Les pleurs d’une sibilante et de la tôle froissée ; un animal venimeux et un visage zébré d’éclairs. Sous le joug des forains, les Illuminations d’Arthur Rimbaud.

Une correction pour encaisser les coups sans réagir et de curieuses cigarettes de couleur havane qui phagocyte l’esprit ! Un énervement parmi l’équipage et des fêtards qui ont la gale.

Une pomme granny-smith qu’on intellectualise dans son journal et des merles moqueurs pour parfaire un chef-d’œuvre ; un manifeste, du pétrole et des précipitations.

Le maniement du sabre qui précipite le jeune page dans les ténèbres patriotes. Pour se cramponner à l’hameçon, le poisson-chat qui trouve le montage d’un court-métrage un peu trop long ; un pays qui plafonne son PIB et une préparation psychiatrique !

Pour réconforter les crevettes, une partition qui pétrifie les applications sur l’iPhone et d’impeccables longueurs de piscine pour juxtaposer le bouddha et le cerveau comme une écriture cunéiforme !

Un sapin réfléchissant les miroirs de bordel pour Noël et une psyché saturée ; pour vendre de la pacotille, un diamant qui brille comme un happy end dans un film !

Des SMS qui amalgament leur gammes d’orfèvres et des mots secrets pour brouiller leur liste de personnages et pour abaisser la cuvette après l’opération grossière ; l’odeur

âcre du bûcher et des fictions mal ficelées qui donnent la nausée. À la lueur des cimes, restant sur le qui-vive, des cendres et leur mouvance cubaine sur les paupières brûlées au bourdon par tant de verres alcoolisés dans lesquels les orfèvres se sont noyés ; s’écoulant dans le caniveau, le sang d’une fille gothique et ses révélations de grand-mère aux cheveux blanchâtres, le pillage des mercenaires qui traînent leur victime dans les carcans de bois dépourvu d’âme, avec des gestes lents, comme indolents, et occultes comme la contagion d’une kyrielle d’étages silencieux.

La face B de Pat Benatar

Transitant par un système de fils à la fois électriques et organiques, en pièce de charpente après le sac des rivières feuillues, en ruisselant alphabétiquement, l’aube dessinait des cygnes en s’amourachant de l’intérieur de ses oreilles ; aux hasards de ses yeux, je les avais définitivement perdu de vue ces serpentins de strings élastiques qui grimpaient sur l’échelle sans l’aide de leurs mains.

Retirant l’échelle en brouillant leurs représentations, jusqu’à délier le Sanskrit de leur récepteur, je détachais aussi leurs ceintures de sécurité pour ceindre les parfums du vide qui se battaient dans les profondeurs et qui finissaient toujours par monter au ciel comme des serpents cosmiques ; ces parfums du vide, en remplaçant la face B de Pat Benatar par ces serpentins de strings élastiques, s’agglutinaient le long de ma perche.

D’une tortuosité comique et éthérée, cette perche, oscillant lentement leurs ombres, en tombant sur le béton des stations de ski alpin, s’ébrouait parfois, comme un vieux cheval de kermesse, dans un décor vénitien en cette fin de saison. La perche était l’idole des masses qui dénudait les fils électriques insomniaques, le mouvement des lacets sur la route empiétant sur la métrique en diamants bleus comme sur le territoire de l’ennui mortel.

M’abandonnant ici, en pleurs, le fond du puits de pétrole qui fainéantait au lever du soleil et la page quatre du carnet réapprovisionnée en gouttelettes galbées. Se levant vers le ciel, leur blancheur réfléchissait les audacieux parfums du vide brûlant comme en enfer.

Après le dégel du feu satanique, revenaient les douces et les brillantes, les excitantes et les réconfortantes femmes du bordel.

Un dessin tragique de ponts suspendus se solidarisait avec leur calme et leur prunelle.

Leur sérénité troublée par les portraits à la Dorian Gray et leur base de données.

Quelque chose, dans leur bouteille, était versée : peut-être la nouveauté chimique de leurs groupes de jazz.

Des trous de gruyère rebouchés avec les feuilles des arbres qui s’observaient depuis les stations alpines. Le feu noir qui s’épanouissait au-dessus, jumelé avec une grossesse anglo-saxonne, en changeant la donne de l’ancien monde.

Dans leur doux nid juteux, se dégonflant au rythme des beuglements des bovins, la dépression comme la rage pour humilier leur victime.

Les clés USB de leurs contacts s’éteignaient automatiquement quand, séance tenante, les armées des mercenaires battaient en retraite.

Des systèmes graphiques japonais aimés pour leur genre de performance à démagnétiser cette face B de Pat Benatar. Sur le mur vidéo géant, le tableau de leurs matrices qui baignait dans le noir sidéral, architecturait irrémédiablement des listes de personnages haut en couleur !

Les élucubrations de la Fosse Noire

Faut-il toujours choisir entre mourir et mentir ? Pourquoi tous ces reproches lorsque nous nous arrachons un grand pan d’extase ?

Après d’innombrables extases à travers le monde, on court expressément rejoindre l’étreinte : de la merde mangée à bouche pleine, avec du sperme et du sang tout en poussant des gémissements de porc.

La jupe relevée de la fille du Père Noël écarte les lèvres d’une main et enfonce l’autre et d’un coup ressort avec le corps de l’enfant.

Des geysers de sang sucré giclent… Partout du jus de papillote jaillit, partout des pelures de mandarines s’étalent par terre, avant de boire au robinet.

Un corps endormi brûle dans une maison squattée.

Joyeux Noël ! Bonne année !

Un couteau entre les côtes, la folie de s’entasser patiemment dans un taudis.

Remâchant, ruminant, vomissant les images de l’Essaim en d’affreuses évocations, le squelette se déterre tout en se détachant des étreintes de la fille du père Noël.

La cloche qui sonne, saccagée de l’intérieur, prévoit un suicide à trois : trois geôliers qui contemplent un décor de western en attendant la mort ; ils ont lu dans les manuels pour handicapés qu’on peut rester suspendu à une corde la tête en bas une journée entière sans mourir… mais que se passerait-il si on dépassait cette journée ? Ça vaut le coup de voir.

La fosse noire : un trou suicidaire où le papa noël dépouillé de ses télégrammes éplorés et de toute cette pourriture commerciale qui brise enfin sa bulle de verre et offre un chocolat Mon Chéri à sa bien aimée qui ne daignait même pas le regarder avant…

Avec uniquement une corde autour du cou, le signal des enfants aux veines pleines de vin est faible et diminue ; un acheteur se présente, aussitôt on les pend, l’acheteur applaudit, crie bravo, paye par nombre de têtes puis s’en va, heureux pour toute la journée.

Ressuscités sur les trottoirs à quelques lieu de là, ces enfants repartent jouer dans la neige, le cœur tellement friable qu’on pourrait le chiffonner rien qu’en touchant leurs peaux.

Des petites filles aux flancs gluants se tordent le cou vers la table merveilleuse tout en chantant à tue-tête. Elles attendent le retour de Bonaparte et du botaniste qui, de mauvais gré, accepte de s’éloigner de ses cornues.

Elles s’appliquent à traverser l’obscurité de mes veines avec l’atroce réalité travestie jusqu’aux racines du non-être.

Le soir tombant dilate les yeux du chat occulte dans l’esprit imaginaire de la victime. Dans la clarté pâle et sanglante de la torche, la victime le reconnaît, ce chat satanique, cette fois viable et pour tout dire biblique.

Après mon bol de corn-flakes

En entraînant avec moi mon jargon littéraire dans les cavernes humides, en m’encordant avec les fines rayures blanches de leur capharnaüm, le règlement de la bibliothèque m’avait frappé de bannissement ; et tout le long de l’encaissement de la vallée je fus aggloméré à ce capharnaüm.

Ce capharnaüm qui, en bâtissant des nids de malandrins à chaque discussion téléphonique, dévalua le prix du combiné de mon téléphone et énuméra ensuite ses détails en prenant le versant le plus méridional de cette vallée.

Des détails s’attachant à se repaître des édifices vivants de la montagne d’en face !
Elle n’en finissait pas de s’élever cette montagne aux tentures téléphoniques qui tombaient de leur plafond mathématique !

C’était la fin de notre aventure, la fin de tout mouvement, comme un ensemble de lois compliqués à l’extrême. Notre aventure entre mercenaires apaisés qui, en s’aventurant du côté de l’immobilité lumineuse, revenaient de la guerre ; un mouvement assumé ou un retour dans le passé : l’immobilité étant entravée, puis amputée, alors qu’elle descend la brume moite venue de la baie, alors qu’il brille dans le ciel noir, le soleil vert.

Réfléchissant la marée haute et ce scénario qui concentre l’exhalaison de son acide carbonique à l’intérieur d’un amas éparpillé de Mikado, les caractéristiques de notre existence sur la moquette arrachée, à la fois solaire et sucrée, jusqu’alors éclairée au pétrole, comme quelque chose d’exotique !

Solutions alternatives : souvenirs de la fosse noire

Pour ne plus maudire ma famille, il faudrait que j’avale ces médicaments magiques avec beaucoup d’alcool ; mais je n’ai plus trop le choix pour l’instant ; je sais que mon cheminement est logique puisqu’il mène à la mort ou à la lumière.

Je ne suis qu’un pion sur l’échiquier porno-viscérale, je dois quitter ma bien-aimée si je veux devenir un cheval fougueux sillonnant la France à la recherche d’une nuit vagabonde, alternative ou mystérieuse.

Il faudrait aussi se tailler les veines pour noyer les préoccupations de ces derniers temps et puis ce sentiment de solitude, d’abandon qui me tient à sa merci ne me quitte plus.

Les principes et idées de ma famille me paraissent ennuyants, stériles et vides de sens ; alors je me dis que je vais me tailler une fois que j’aurais touché l’héritage, que l’argent est mon seul salut, mais je ne veux pas finir comme un chien dans la rue, irradié par ce soleil noir de la mélancolie.

Le futur ne sera pas consacré au travail, exploité par des salauds, esclaves de leurs systèmes bordéliques qui célèbrent le règne des tyrans. Alors la fuite : la sagesse ancienne, le remède à l’antique, un rôle pour moi comme un grand seigneur qui recherche les grèves et les marché de Tamagotchi.

Aux peuples qui sondent le chant de la naissance du nouveau prophète, il y aura le crucifix à l’envers pour Satan qui a une mine de chien battu en ce moment.

Lacérés, trois enfants ont été tués lors d’une attaque survenue dans une crèche de l’est de la Chine. Les superstitions des parents en peine éludent ce type d’agression sanglante. Le café tiède du matin en fécondant les terriennes innocentes, si facile à séduire, a le goût du squale à la salive saumâtre.

Mais ne maudissons pas la vie ni les paroles d’un type qui se retrouve seul dans la fosse noire. Par delà les montagnes et les vallées encaissées, l’écriture de mon nouvel exil viendra vadrouiller du côté du vertige intense quand on se penche sur l’abysse de la fosse noire.

L’immensité sibérienne où je me trouve court sur ces domaines pour oublier la vengeance qui bouillonne en moi et pour désapprouver la pauvre et folle ombre du bûcher qui s’attarde du côté de la meurtrière fosse noire.

Le souvenir de l’ombre du bûcher regagne alors l’esprit du poète qui afflige la racoleuse de démon tout en confondant ses ruines avec l’architecture spirituelle d’un ordinateur sophistiqué d’un pervers inassouvi.

Au saut du lit, je lis le désir dans ses yeux

et je la regarde suspendre des queues de crocodiles qui sont les complices de ses crimes.

Souvenirs de la fosse noire. Troisième chapitre

Tout d’abord, en parlementant avec elle dans le noir absolu de la fosse noire, sans discernement, la décantation d’une énième poche de kangourou. En ruisselant alphabétiquement au fond de la fosse noire dans un grand crevettier, des diligences peaufinaient leurs migratoires mouvements.

Certes les jours s’en allaient dans le matin froid, mais les poèmes que lisais fervemment me versaient des souvenirs gais, me laissaient un parfum d’enfance égrainée le long de la route. Un peu plus tard, la ville ressemblait à une grande baignoire chauffée par le soleil, je pensais à cette jeune fille qui devait être à cette heure dans son taudis, fascinée par mes écrits, elle me demandait pourquoi je ne voulais pas devenir écrivain.

En général, je ne répondais rien et pour tout vous dire sur le sujet, je regardais hilare mes textes comme si il s’agissait de vaisseaux fantômes ne transportant rien d’autre que des mots bigrement futiles et impermanents.

La veille, j’écrivais malgré tout un poème qui avait le parfum de l’été, un autre qui ronflait du froid, fourneau glacé oblitérant les douleurs du mendiant ou encore un autre qui parlait de ses paysans dépossédés de leurs terres.

J’avais l’impression que depuis mille ans, je lisais, je marchais, je dormais, parfois je dormais même éveillé et plantais, à l’insu de tous, des névroses virtuelles.

Le long du boulevard que je traversais, s’étirait infiniment et je contemplais les vitrines des magasins, les casinos  où l’on devait perdre beaucoup d’argent, les cafés branchés et les salles de billard flambant neuves mais comme je n’avais pas de sous je n’entrais pas et maudissais parfois cette vie de misère.

Mais la pauvreté avait aussi ses avantages, ainsi je traçais ma route comme on fait la conquête de l’espace avec une vitesse de croisière qui me convenait et tout l’attirail sidéral : carnets et stylo.

Il y avait des jours où l’ennui me prenait et plantait ses clous de lumière sur mes jeunes années.
Je me retrouvais alors dans un lupanar le front fiévreux avec une gueule de bois et une cravate de pendus autour du cou.
La fosse noire ne s’appelait pas Jacob mais et quand mes yeux s’arrêtaient de voir, l’officier de la fosse noire en casaque rouge jetait une poignée de cailloux en l’air.
Il disait aux soldats mercenaires que la mort avait un but éducatif.
Et d’un mouvement leste, il gonflait sa poitrine, s’allumait une cigarette.
Avec l’enthousiasme glacial de ses jeunes années, un soldat osa l’interrompre dans sa rêverie. Ils étaient tous épuisées par des sensations de déjà-vu en cette fin de saison vénitienne.

Souvenirs de la fosse noire. Chapitre deux !

Tout d’abord, en parlementant avec elle dans le noir absolu de la fosse noire, en ruisselant alphabétiquement au fond de la fosse noire, en entraînant avec moi mon jargon littéraire dans les cavernes humides, en m’encordant avec les fines rayures blanches de leur capharnaüm, le règlement de la bibliothèque m’avait frappé de bannissement ; et tout le long de l’encaissement de la vallée je fus aggloméré à ce capharnaüm.

Ce capharnaüm qui, en bâtissant des nids de malandrins à chaque discussion téléphonique, dévalua le prix du combiné de mon téléphone et énuméra ensuite ses détails en prenant le versant le plus méridional de cette vallée.

Des détails s’attachant à se repaître des édifices vivants de la montagne d’en face !

Elle n’en finissait pas de s’élever cette montagne aux tentures téléphoniques qui tombaient de leur plafond mathématique !

C’était la fin de notre aventure, la fin de son mouvement comme un ensemble de lois compliqués à l’extrême en s’aventurant du côté de l’immobilité lumineuse ; un mouvement assumé ou un retour dans le passé : l’immobilité étant entravée, puis amputée alors qu’elle descendait la brume moite venue de la baie.

Réfléchissant la marée haute et ce scénario qui concentrait l’exhalaison de son acide carbonique à l’intérieur d’un amas éparpillé de Mikado : les caractéristiques de notre existence sur la moquette arrachée, à la fois solaire et sucrée, jusqu’alors éclairée au pétrole, comme quelque chose d’exotique !

Malgré tout, l’amas éparpillé de Mikado descendait une rivière de diamants, avec une force glaciale, son ivresse livresque, consécutive comme des atomes de watt canoniques. Atomes qu’on fit frire en les irradiant d’excitations sexuelles, d’isométriques distorsions.

Pour s’égarer dans des considérations poétiques quelque part où il pleuvait sur leurs cahiers roulés, ces distorsions modelaient l’argile des fausses monnaies napoléoniennes, sans jamais changer les serpentins de leurs strings élastiques.

Parfois les atomes énigmatiques grimpaient sur l’échelle, sans l’aide de leurs puissances photovoltaïques, pour rejoindre Cécilia et s’installer dans son souterrain décoré de phrases artistiquement dessinées à la craie.

En retirant l’échelle, en brouillant leurs représentations jusqu’à délier le Sanskrit de leur récepteur, je détachais aussi leurs ceintures de sécurité pour ceindre les parfums du vide qui se battaient dans les profondeurs et qui finissaient toujours par monter au ciel comme des serpents cosmiques ; ces parfums du vide, en remplaçant la face B de Pat Benatar par ces serpentins de strings élastiques, s’agglutinaient le long de ma perche.

D’une tortuosité comique et éthérée, cette perche, oscillant lentement leurs ombres, en tombant sur le béton des stations de ski alpin, s’ébrouait parfois, comme un vieux cheval de kermesse, dans un décor vénitien en cette fin de saison !

La Vengeance de Katia !

Gravitant autour d’une énigme irrésolue, ce cinéma porno au coin d’une grande avenue, venait d’ouvrir ses portes. (En inauguration, un film mystérieusement sans titre était projeté.)
Dès qu’il avait appris la nouvelle, Jumbo s’était jeté dans le premier bus pour prendre une place (environ l’équivalent de 90 à 95 centimes d’euros) sans se douter que ce film allait ranimer le souvenir de la planète OS X où il avait abandonné Katia à son triste sort.

Assis aux premières places, à peine les publicités passées, Jumbo vit quelque chose fendre l’écran : ce fut, trois fois, un intertitre, décoré de notes de musique éparpillées et peintes à la main :

La Vengeance de Katia !

La Vengeance de Katia !

La Vengeance de Katia !

Suivi par un lent balayage panoramique, puis la caméra s’immobilisa un instant pour examiner une tâche humide sur le canapé jaune, la scène campagnarde idyllique et ensoleillée visible depuis une fenêtre, un tas de photos de vacances sur la table à abattants, la petite culotte très légère abandonnée dessous.

Une bouteille de champagne ouverte et deux flûtes à moitié pleines étaient posées sur la crédence peinte, comme pour un portrait de famille. De l’autre côté du couloir, dans la chambre d’Angela, sous un plafond à miroirs, un grand lit circulaire avec un chevet en forme de coeur et des draps en satin cramoisi et or, délicatement froissés et tachés.

Il y avait également des murs, et pourtant la caméra, alors même qu’elle explorait l’ensemble tendrement, comme en le caressant, parvint à ne pas se filmer. Derrière le lit se trouvait une porte entrouverte, la caméra se glissa par l’ouverture et pénétra dans une salle de bains au carrelage et aux miroirs étincelants.

Et ici, ici seulement, on pût voir la caméra et le caméraman, se refléter dans cette profusion de miroirs. La caméra s’arrêta un moment sur un espacement vide d’un meuble de la salle de bain. Et une indication sonore retentit :

« La boite de Tampax a disparu, Jumbo l’aurait-il volé à la Gardienne du Temple ? »

Une kyrielle de flash-back apparut alors : c’était un défilement rapide d’images où l’on voyait Jumbo prendre la boite et la mettre discrètement dans son sac.

Et puis, tout de suite après, un violon tantôt mélodieux tantôt strident au fur et à mesure que la caméra avançait jusqu’à la baignoire. Le caméraman plein d’entrain, lança : « O déesse Katia, es-tu là ? »

Et, sur l’écran, les spectateurs purent admirer une jolie nymphette, comme échappée d’un conte de fée, sortir de la baignoire verte en forme de yoni environnée de savons, de shampoings, d’éponges et de jouets érotiques de bain. Une fois debout, elle eut une petite exclamation de stupeur, éclata de rire, leva les bras comme pour répondre à une ovation imaginaire. Son visage avait perdu toute trace de timidité, libre, ouvert, comme son récent partenaire, caméraman et acteur du film ne l’avait jamais vu, à toutes les promesses qu’offrait sa beauté.

HPG avait délaissé sa caméra, tandis qu’un autre caméraman, en reprenant le relais, s’activait à filmer maintenant la fellation hors norme et pourtant classique que Katia avait perfectionné avec le temps.

Et Jumbo, qui était littéralement scotché sur son siège, à des années lumières de cette planète où il avait laissé Katia, bavait sur sa chemise.

Mais sa vengeance avait-elle atteint son point de paroxysme ?

Il en doutait, et déjà en tremblant de tous ses nerfs, il sortit prestement de la salle de cinéma… Il pressentait, une expression grave de déterré sur son visage, que Katia, la déesse courroucée de la planète OS X, lui réservait encore bien d’autres surprises.

La Présence

D’abord, un chuchotement perçu comme un mystère, au coeur de la forêt magnétique, alors qu’une femme s’endort sur un toit, c’est la nuit qui creuse ses nerfs dans la pénombre ; un oeil clos, l’autre ouvert, le grammatical téléphone à côté et l’idée primaire de la jouissance et de l’extase.

Son idéal ? Un capharnaüm glacial pour cultiver de pommes de terre à même l’écume, les attributs du sujet se touchant presque, reproduisant l’air qui remue un moutonnement oriental, au-dessus du Tibet. En se reflétant, le moutonnement noircit ses larmes et son corps enduit de lissage.

A moins de trente kilomètres de là, sur le chemin paisible de la solitude quand les altérations noire de la pluie emplissent l’inouïe horizon, en défiant la voie lactée, elle s’octroie du temps libre.
Au commencement est née alors la dormeuse, la cheminée et le monde de la force comme le jaillissement d’un rêve qui s’achève en copeaux en embrouillant tous les programmes informatiques. Son rêve ? Du zinc oxydé, une palette de négations sous la huée imaginaire des hackers, un paysage de tôle ajouté par cut-up !

Le cut-up : un amalgame de distances contrariées, communicatives et presque cauchemardesques, brûlant à la lueur d’un DeepKiss de série B !
Mais les lumières, comme déjà ossifiées par tant de rêveries, commencent à dériver sans rendre ces bribes de zigzags pourtant recherchées ardemment ; des bribes de zigzags qui plongent leur célèbre contre-jour dans le monde des mathématiques.

La musique qu’elle fredonne pendant son rêve ? Une mélodie suçotée comme un bleuet, une partition taillée dans l’extase synchrone, à la place du géranium conventionnel.

Et le contenu de son futur bol de café lorsqu’elle se réveillera ? Des sensations saccadées, l’expression euphorique d’un désastre futur et ses formalités spirituelles, le balancement des girouettes et leur recueillement.

Souvenirs de la fosse noire !

Tout d’abord, en parlementant avec elle dans le noir absolu de la fosse noire, le sac d’une énième poche de kangourou comme une légende à percer. En ruisselant alphabétiquement au fond de la fosse noire, des diligences fossilisées peaufinaient leurs migratoires mouvements.

Pour s’égarer dans des considérations poétiques quelque part où il pleuvait sur leurs cahiers roulés, ils modelaient l’argile des fausses monnaies napoléoniennes, sans jamais changer les serpentins de leurs strings élastiques.

Parfois ils grimpaient sur l’échelle sans l’aide de leurs mains pour rejoindre Cécilia et s’installer dans son souterrain décoré de phrases artistiquement dessinées à la craie.

En retirant l’échelle, en brouillant leurs représentations jusqu’à délier le Sanskrit de leur récepteur, je détachais aussi leurs ceintures de sécurité pour ceindre les parfums du vide qui se battaient dans les profondeurs et qui finissaient toujours par monter au ciel comme des serpents cosmiques ; ces parfums du vide, en remplaçant la face B de Pat Benatar par ces serpentins de strings élastiques, s’agglutinaient le long de ma perche.

D’une tortuosité comique et éthérée, cette perche, oscillant lentement leurs ombres, en tombant sur le béton des stations de ski alpin, s’ébrouait parfois, comme un vieux cheval de kermesse, dans un décor vénitien en cette fin de saison !

La bible païenne de Kurt Cobain

Dans l’obscurité, doucement, comme un zèbre quittant les quais du métro et récupérant la couleur noire semblable aux mouvements rapides, générés par le silex, d’un monde d’un noir embaumeur, c’était d’abord une playlist Cobain qui suintait ce matin sombrement dans les sillons labourés !

Parce qu’un murmure se transformant en son, en l’écho d’un son d’une Bible païenne et qu’elle m’inspire des visions comme cette jeune paysanne qui m’a fait entrevoir l’éclair de sa nudité dolente ; parce qu’une douce complainte naissante, dans la ville spectrale, s’empare de son corps allongée, cette beauté incarnée comme l’écho d’un vent oriental, attardé, ambivalent ou alternatif, tandis qu’un plain-chant s’élève, je le sais, à travers les chambres venteuses de la nuit, se cachant dans les pissotières de l’autoroute A7.

Étant donné le prodigieux dénouement et l’effondrement de ce monde qui suivit : à la page d’accueil de l’Apple Music, en voulant lui faire part de mon intention de briser la glace entre nous, j’écrivais des algorithmes nuancés de sibilantes sur mon carnet d’écrivain ; les sessions d’enregistrement d’In Utero bringuebalaient sur fond d’œillet terne une débandade massacrante, j’étais intervenu dans cette bagarre entre les zones communes et les deux singles extraits de l’album, pleurant la cité solitaire ; et ainsi furent scannés, falsifiés et remplacés les ténèbres cinématographiques de mon ami Donald Duck par une faible lumière, avant qu’il s’embourbe… et cette jeune paysanne, éclairée par une chandelle, une chandelle maculée par l’iode des apaches, coulant dans le vent froid, une chandelle oubliée, cachée puis retrouvée, affamée, cette jeune paysanne s’égarait dans la nuit avec sa douteuse lueur.

Alors la colère. La colère de leur musique de charbons enterrée comme une force biologique, un peu pathologique qui luttait dans la risée, en dépit de la lumière, jouant des fricatives comme un vent affligé et persistant. La colère et cette terrible douleur qui flottait dans le café de ce matin, avec le sirop d’érable, occupé à livrer son monde, avec cette puanteur cruelle dans la nuit bruissante. Ensuite la bêtise. La bêtise comme cut-up acidifiant ouvrant d’horribles cratères, se réjouissant du bonheur de cette bohème cherchant une forme dans la pâle étendue, glissant au fond de ses anneaux rouges jusqu’à recueillir la suggestion d’une forme, un baume pour l’œil avide, et enfin, en s’amoncelant d’oursins désagrégés, au bout de leur maléfique finesse d’esprit : des galipettes de grandes seigneuries sillonnant les routes pour s’enfuir dans une coulée de lave et de braise délivrée !

Enfin, soulevant l’immensité des réduits à défoncer, dans ma playlist, la languissante et burlesque piste Sappy qui s’ajustait à la voie ferrée dégoulinant l’épiphanique diesel fragrant d’un moteur mourant, à l’arrêt, de toutes ses mémoires !

Le texte de la Saint Con !

Tout d’abord un texte sur la Saint Con en dix pages alors que le froid mord les lattes en envoyant de gros bouillons de lacunes. À la première page, un film d’horreur très kitsch qui emprunte sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste.

À la page deux, pour désigner un référent, apparait l’expression kabyle, incandescente, livide à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, d’une évasion : après les jours de crêpe, la joie tombant en cataractes et reliant entre eux les penseurs par un label collectif.

À la page trois, en se référant au système adverse, une kyrielle d’injures alchimiques. Et, dans le labyrinthe de la page quatre, le kif qui se fume mélangé à du tabac et qui fait apparaitre les premières hésitations : une alternance de forme et de style qui sera relégué cependant au sein du navigateur chaque fois qu’il hésite.

À la page cinq, à plusieurs reprises, leurs juvéniles arborescences philosophiques qui détachent les feuillets du livre de Job et qui engendrent, à partir de ce système désuet, la fabrication du jean en procédant toujours par ordres d’idées.

À la page six, une eau de javel fossilisée qui ondoie comme le karma des chamanes de Sibérie ; et leur tradition orale qui flotte, comme le vaisseau de commerce baptisé le Nostromo, en procurant des profits juteux dans les contrées grouillantes de gnomes.

À la page sept : une grande variété d’humanoïdes extraterrestres qui délivrent leurs joules ; leurs joules qui ballonnent leur exosquelette et qui survivent aux outrages du temps. À la page huit, étrangement, les os de leur thorax qui ont éclatés et qui confondent leur jugement. Leur parenté avec notre espèce s’arrête là.

À la page neuf, la fulgurance de la pensée logique et judiciaire qui ébauche sa progression filmée par la caméra ; cette fulgurance qui se hisse hors de son huis-clos d’origine pour revenir à l’assaut et, bien malgré elle, elle s’incarne dans les jantes des roues motrices qui sont clouées latéralement.

À la page dix, l’étape du perfectionnement : l’apprentissage du sabre des samouraïs et du lasso d’un cow-boy et enfin la flambée tant attendue pour imaginer la fin de ce testament aussitôt téléchargé sur tous les serveurs de l’Empire fraîchement établis. À la page dix toujours, sur le chevalet féerique, de la poudre et du rouge aux lèvres et de la gomme aux cils pendant cette nuit orageuse.

À la page dix, la fin de la Saint Con : petite ridule ou embruns aux paupières alors que le style guimauve flambe d’un feu sacré !

En s’étouffant déjà, la page dix est une époque où le feu du charbon brûle dans une locomotive imaginaire. En wagons, immobiles, des duels à l’épée pour sabrer les opposants de la Saint Con et l’amour vache.

À la page dix : un diadème déposé sur le crâne du connard qui va brûler calciné cette année. Toujours à la page dix un chapelet de conneries pour les autres textes : des macchabées flambés qui innovent sur leur artillerie de mots incendiaires.

À la page dix, encore, la tumultueuse croisière s’arrête ici et ici -oui ici- je ne pourrais plus jamais faire rimer néocapitalisme avec communisme.

Dans l’ombre, les autres textes de la Saint Con qui n’ont pas respecté ce canevas lèchent les flammes d’une bougie au crépuscule.

À la page dix, les défunts destructeurs pour objecter les théories sur le rouge et le noir des tortures : des morts noyés dans la tasse de thé des géants.

Pour l’extinction de la flambée, la pluie enfin et des cabales ahurissantes tuées par la folie des grandeurs. En listant les avantages féroces et les inconvénients périphrastiques des autres textes de la Saint Con, en revenant sans cesse au moment présent comme on nous dit de le faire, la démence d’un pur-sang, dans les dernières lignes, qui hennit impudemment.

Et enfin, pour la dernière page idéale d’un texte sur la Saint Con, imprudemment le masque dont tu nous as gratifié ô ardeur !

Les patrons de la Saint Con déferlent déjà sur leurs drakkars.

Pour conclure, des échappées belles nous attendent pour cette Saint Con 2018, à condition de respecter les règles canoniques éditées dans ce manuel.

Le carnet de février 1922

Dans la poche d’un kangourou, étaient cachées de sales bestioles qui continuaient à transférer des informations contradictoires, qui se vantaient de parler avec leur cœur.

Depuis les moindres recoins épiphaniques de son cocon, l’animal s’était habitué à transmettre et amplifier des séquences d’images sur mon ordinateur, obtenant le silence, puis des rires !

Encore ce matin, dans ma décapotable verte, garée le long du trottoir, je m’employais à chasser tout ce micmac virtuel qui éclairait les mécanismes perturbateurs de mon cerveau endormi et qui avait fait la une des journaux des kiosques. C’était mon credo.

Pour tenir tête aux nuages de neige, il y avait à l’aube un ciel de jade chancelant qui délivrait la douce fragrance des cours d’éducation sexuelle disparaissant aussitôt telle une vision décrépite ; les réponses de leur réalisme furent peu à peu convaincantes.

Un authentique travail de sape kafkaïen mais ce n’était pas entièrement le fond de leurs pensées aux participants de ces cours occultes.

Pour rejoindre son monde onirique, je m’accordais une courte sieste et déjà je m’enfonçais dans les profondeurs cimmériennes de ce rêve qui démarrait comme un vieux film en accéléré, militant dans le réalisme absolu.

Et une fois de plus, venu surtout pour Elsa, je m’égarais dans l’univers de cette sale bestiole que je soupçonnais d’appartenir au mouvement terroriste. Dès le seuil de ce monde onirique, l’élégance d’ensemble impéraliste de la ville qu’on apercevait de loin, avait été conçu selon quelques modèles subtropicaux ou équatoriaux. Cependant, cette ville s’endormant sur ses lauriers, le labyrinthe des rues à traverser, les vendeurs de Tamagotchi à la sauvette passant pour des orateurs secs, la boue et les ordures urbaines modéraient notre enthousiasme du départ, notre arrivée fracassante parmi les rêveurs déjà sur place.

S’ajoutaient les devantures des magasins fracassées, les miroirs de chambre à coucher brisés et les rames de métro en flammes.

Sans parler de cette sorte d’activité perturbatrice et permanente de théâtre de rue, issue de la guerre du Kippour que j’avais décrit à l’époque sur un carnet de notes informatique portable. Ces notes, on les rapporterait aux absents.

Un foisonnement de détails dans ce carnet se détournant parfois du sujet quand j’évoquais les percées informatiques spectaculaires de la sale bestiole et d’autres données métaphysiques à la Stanley Kubrick : c’était son grand défaut.

Et le rêve finissait toujours violemment : au réveil, un cercle d’inquisiteurs d’humeur massacrante s’assemblait autour de moi ; s’organisaient alors sur l’écran de mon ordinateur des films érotiques, collés bout à bout un peu au hasard et aussi sophistiqués que des peintures aux doigts. De nuit comme en plein jour.

La majorité de ces films qui vérifiaient les appels manqués, en ballottant dans la cheminée, avait fait naître, à la page trois, la description d’une kermesse tandis qu’une flaque d’absinthe infiltrait le plancher en arrachant les lacets de la route.

À la page trois toujours, Cassandre et Elsa, qui lisaient le parchemin sanguin de Jack Kerouac, en le découpant sans supprimer ses messages, en mesuraient la cruauté religieuse.

Dans le carnet de moleskine de Jack Kerouac, à la page quatre, en allumant une grosse flambée d’amanites, ce février 1922 avait fait moisir ce jeu éducatif, en lapant la jarretière de cette femme nue ; ce mois qui ressemblait à la peine.

Dans le carnet, encore à la page trois et toujours à la date de ce février 1922, le froid, qui mordait les lattes, en envoyant de gros bouillons de lacunes, était plus doux que les premiers frimas de cette année actuelle. Et dans le carnet de cette époque, à la première page, un film d’horreur très kitsch, qui empruntait sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste, présentait cependant bien, donnait de ses idées une idée digne.

Et dans le carnet à la page huit, pour désigner un référent, apparaissait l’expression kabyle, incandescente, livide à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, d’une évasion : après les jours de crêpe, la joie tombant en cataractes et reliant entre eux les penseurs par un label collectif. L’évadé gravissait le calvaire vécu dans cette côte par l’instituteur Augustin Crozet une nuit de février 1922.

Et, à la page sept, en se référant au système adverse, des vagabonds, avec une kyrielle d’injures alchimiques, allaient de maison en maison. Et, dans le labyrinthe de la page sept, le kif, qui se fumait mélangé à du tabac et qui avait fait apparaitre les premières hésitations, se méfiait des nerfs du fumeur : une alternance de forme et de style qui était relégué cependant au sein du navigateur chaque fois qu’il hésitait à craquer une nouvelle allumette.

Dans le carnet des fumeurs de chanvre, à la page sept, à plusieurs reprises, leurs juvéniles arborescences philosophiques, qui détachaient les feuillets du livre de Job et qui engendraient, à partir de ce système désuet, la fabrication du jean en procédant toujours par ordres d’idées, mettaient du cœur à peindre une eau de javel fossilisée. Une eau de javel ondoyant comme le karma des chamanes de Sibérie ; et sa tradition orale, qui flottait comme le vaisseau de commerce baptisé le Nostromo, procurait des profits juteux dans les contrées grouillantes de gnomes.

Dans le carnet interstellaire, à la page dix : il y avait une grande variété d’humanoïdes extraterrestres qui délivraient leurs joules comme une histoire de paletot commençant à faire long entre gens qui s’aimaient tant ; leurs joules qui ballonnaient leur exosquelette et qui survivaient aux outrages du temps.

Toujours à la page dix du carnet de couleur gris sidéral, étrangement, les os de leur thorax qui avaient éclatés, confondaient leur jugement et leur section territoriale. Leur parenté avec notre espèce s’arrêtait là.

Dans le carnet de la fédération réorganisée, à la page neuf, la fulgurance de leur pensée logique et judiciaire qui ébauchait sa progression filmée par la caméra, ne voulait surtout pas de scène filmée en super-huit ; cette fulgurance qui se hissait hors de son huis-clos d’origine pour revenir à l’assaut et, bien malgré elle, elle s’incarnait dans les jantes des roues motrices qui étaient clouées latéralement. Ce qui était bien plus agréable à regarder que leurs vieux jours à la décharge.

Dans le carnet du groupe d’écriture, enfin à la page dix, l’étape du perfectionnement : l’apprentissage du sabre des samouraïs et des lassos du cow-boy dans les saloons qui abondaient alors à Treignac, imaginait la fin de ce testament, aussitôt téléchargé sur tous les serveurs de l’Empire fraîchement établis.

Le bonbon de la putain !

Des siècles de lucidité divine s’étaient installés parmi les ruines. Les anguilles et les serpents noirs de ses cheveux s’élevaient luxueusement et ajoutaient à ses murmures imaginaires les germes du vrai mal. Leur monde celte déclinait déjà dans les fonds marins : de tristes tropiques pour s’indigner du monde actuel !

Une sensation de brûlure acide mais comique se dessinait dans les flammes de leurs grimaces et la mort paraissait accueillir favorablement cette sensation en se compromettant jusqu’à très tard avec les claquements de doigts hypnotiques de la putain. C’était comme un tantra pour se délivrer des textes de la Zone.

Dans l’abîme contemplatif qui allait imploser, je fis apparaître le cosmonaute, sa noirceur et ses noeuds coulants qui innovaient tellement sur les autres.

Tout en jouant, donnant vie aux idées suicidaires qui alimentaient nos cerveaux, à l’état larvaire, chaque plan orchestré dans nos rêves suscitait dans le monde réel des réactions violentes, sanguinaires souvent. Les derniers survivants, inconsciemment parfois, se dévouaient à hisser des profondeurs la chaîne d’une ancre qui n’était autre qu’une seule et même pensée répétitive, fascinante.

De toute façon, ils se détestaient mutuellement ; ils détestaient leurs regards furtifs et désespérés quand ils ne pouvaient rien faire d’autre. Entre eux ils ne se disaient jamais de paroles authentiques.

Pour ma part et pour saborder tous efforts d’épanouissement personnel, seul le bonbon de la putain essuyait mes larmes fraîches.

Les noces sentimentales du carnet de moleskine

À la page deux du carnet de moleskine, afin de parvenir au point de non-perception et pour meubler le vide immense, se dessinait dans les flammes d’un feu une sensation de brûlure acide et creuse mais comique.

En se compromettant jusqu’à très tard avec un clair de lune taoïste, en étayant la stratosphère de peinture fraîche, des clowns épicuriens, comme des divinités, propres comme des sous neufs mais sans un brin de jugeote, embrasaient ce clair de lune taoïste.

Et pour tenir la distance, à la page trois du carnet de moleskine, le soleil se couchant entre les lignes, ce clair de lune, aussi taoïste que médiéval, dès qu’il touchait le sol, enchaînait, entre les pages d’une bible pour églises fantastiques, des fins de siècle somptueuses… leur territoire délimité par la nuit.

Pour achever le niveau Z, toujours au sous-sol, pour simplifier définitivement les échanges et la communication, les classiques de nos débuts fredonnés changeaient la latitude de ces percées informatiques sublimées de génération en génération qu’ils étendaient en secouant leur crinière incendiaire.

Pour anticiper la mort des combattants, il y avait aussi, dans le carnet, une fable permutant avec une autre fiction et, sur les épaules des femmes fumantes comme des gouttes d’eau, larmoyantes comme des veillées noires, il y avait un revers corrigeant les secousses d’une caméra d’amateurs et la bonne frappe des invités du bal masqué.

À la page cinq, les pauvres baraques explosaient sous le choc, anticipant d’autres échecs, en loupant de peu l’accident, d’anciennes détresses sans un seul battement de cœur.

Nous étions deux pendus pantelants dans un univers sale qui cherchait toujours de nouvelles connaissances ; dans un lieu désert, notre sincérité, trop prompte pour être froide, réfléchissant les romanesques cathédrales voûtées, laiteuses et sanguines.

Par solidarité on voyait nos brelans d’as trouver leurs failles secouées par les cimes stimulantes ; leurs failles mnémotechniques qui ne pouvaient échapper aux changements de trajectoire des chevaliers mérovingiens.

Pour échouer au fond de la voie lactée, en prenant les mots de passe sur place, je tâtonnais dans le noir pour mettre le feu au baril d’essence ; je conviais le feu à tout reprendre pour entrer dans les grandes familles des fictions bâclées sur le papier.

Je m’en allais chercher la bonne humeur des geôliers qui aimaient se focaliser sur les pratiques obscurantistes des cours d’assises !

Pour aller d’un point A à un point Z, pour moudre la piété d’un pubis, à la page huit, dans le sanctuaire où l’on s’était réuni pour prier, nos pensées répétitives commençaient à affoler la panse des consommateurs et, par leur incontrôlable utopie à réaliser une nouvelle littéraire, elles avançaient l’heure du sommeil par une étroite ouverture vandalisée !

L’intervention du rêve infaillible, sans obstacle, avec, dans le voisinage, des animaux nocturnes pour venir à bout d’une communauté Alien.

Pour désamorcer cette situation, avec une pincette pour tourner la page neuf, il y avait dans ce monde onirique, parmi les slogans scandés par les manifestants dans la rue, une femme agenouillée : une énième tentative perdue mais une situation stratégique pour le mystère de la vie ! Les protestations de la rue disposaient en cellule souche leurs créations folkloriques en enrôlant tous les lecteurs de la page dix !

Enfin, pour connaître l’intrigue de cette histoire malgré la chute du plâtre de notre plafond et un marasme qu’on ne pouvait mettre à bout sans pacifier la zone, le rituel était parfaitement organisé autour des frères Karamazov mais avec tant de déchirement de tambour qu’on finissait par s’évanouir dans le black-out d’une soupe noire à la Gainsbourg !

Le cosmonaute de la forêt de Vallin

Suivi par sa lente et inexorable progression, comme la métrique en diamants bleus qui résiste à la narration des sorcières vaudous, je m’aventurais jusqu’au noyau de la ville. Il n’y avait ici que des profanateurs ou pire des prédateurs qui tourmentaient l’ossification des tiges de fleurs désinvoltes.

Ils ambitionnaient eux aussi de siphonner cette noirceur, je les entendais jacasser entre eux mais jamais je me mêlais à leur cabale.

Il y avait aussi, pendant les grandes périodes de sécheresse, des crocodiles indomptés et enragés qui prendraient un jour ou l’autre la relève de ces anciens, en visitant les catacombes.

Un week-end, en utilisant des barbituriques, alors dans un conduit d’égout engorgé, le spectre du cosmonaute s’était à nouveau incarné. Sans explication rationnelle.

C’était un cosmonaute qui revenait de longues nuits sibériennes irrationnelles.

Il avait longtemps observé la voie céleste qui ruinait les esprits sans raison. À nous deux, on avait communément tracé nos vies de même couleur, de même éclat.

Il était vingt heures quand je m’éveillais ; la noirceur avait libéré pêle-mêle l’abîme stellaire du cosmonaute : en prenant à cette heure mon café, son arôme avait le goût du commencement et de la fin, d’une pendaison à venir. Lorsque j’ouvrais mon calepin, je m’attendrissais sur ces détails séduisants.

Le cosmonaute dont l’origine m’était inconnue et qui se perdait dans ses pensées, terminait chaque week-end en émergeant comme moi d’un sommeil nébuleux.

S’était immobilisé le rêve des noirceurs tentatrices et plus rien n’avait d’importance.

Une bonne ou une mauvaise fortune

Une bonne ou une mauvaise fortune sur un canapé, gris clair, avec cinq ou six coussins à la mode anglaise, le chic cosy des Windsor pour faire jaillir une seule et même idée ; une bonne ou une mauvaise fortune, à la page neuf et jusqu’au moindre recoin volcanique de ce cocon, en son for à moitié opérationnel, pour reconnaitre la fourche du diable ou tout simplement sa paroisse.

En son for intérieur aussi, la silencieuse complexité du mental qui se perd dans les trous noirs de la dépression. Un canapé où j’ai pris l’habitude de rouiller et un abonnement à une sombre paroisse afin de vivoter intellectuellement et extérieurement, et, toujours à la page neuf, le laser du lecteur CD qui se rebelle en sillonnant du côté de John Coltrane.

Le livre des morts sur la table de chevet, afin de le parer de vieux mouchoirs fraîchement mouillés, ou encore s’examiner d’un peu plus près. La parure de ces vieux mouchoirs quand on déplie un accordéon de cartes postales au lieu de vivre sa vie et quand la nuit demeure…

Cette nuit qui ronge le canapé délaissé seulement pour s’intéresser d’un peu plus près à la vodka posée là comme une conne sur le comptoir en ivoire ; là je fume du kif ou des cigarettes de chanvre à la fenêtre et regarde les pauvres gens partir au turbin.

Une bonne ou une mauvaise fortune qui me laisse un arrière-goût de feuilles d’herbe afin de meubler, en attendant mieux, l’obscurité de cet appartement.

Une obscurité qui me permet à peine de distinguer ce mur de marbre blanc sur lequel je m’efforce de recoller pour la énième fois cette page déchirée, censée représenter ma vie en ce moment. Cette page déchirée du livre des morts qui décrit les ensorcèlements et les excursions de jeunes filles innocentes.

Et, sans jamais le déplacer ce sac de frappe qui traîne par terre, se compromettre dans l’inactivité et l’ennui le plus dérisoire. L’ennui comme un leitmotiv un peu macabre qui attire tous les gothiques en mal de vivre.

En écrasant au sol des lustres napoléoniens, partir à l’aventure dans les rues dans l’espoir de trouver des pendus cadavéreux qui, en grelottant autour d’un feu de camp, agitent le spectre de petits insectes dans le cerveau.

Violenter encore sa vie et désirer son équivalent, sa profane tranquilité, tandis que mes yeux, alors, gouttent des larmes d’absinthe…

Enfin, en se risquant du côté d’une originale Joconde qui s’acharne sur les textes en attente sur la zone, revenir ensuite dans sa demeure et s’entortiller de pensées mystiques monochromes !