Une bonne ou une mauvaise fortune

Une bonne ou une mauvaise fortune sur un canapé, gris clair, avec cinq ou six coussins à la mode anglaise, le chic cosy des Windsor pour faire jaillir une seule et même idée ; une bonne ou une mauvaise fortune, à la page neuf et jusqu’au moindre recoin volcanique de ce cocon, en son for à moitié opérationnel, pour reconnaitre la fourche du diable ou tout simplement sa paroisse.

En son for intérieur aussi, la silencieuse complexité du mental qui se perd dans les trous noirs de la dépression. Un canapé où j’ai pris l’habitude de rouiller et un abonnement à une sombre paroisse afin de vivoter intellectuellement et extérieurement, et, toujours à la page neuf, le laser du lecteur CD qui se rebelle en sillonnant du côté de John Coltrane.

Le livre des morts sur la table de chevet, afin de le parer de vieux mouchoirs fraîchement mouillés, ou encore s’examiner d’un peu plus près. La parure de ces vieux mouchoirs quand on déplie un accordéon de cartes postales au lieu de vivre sa vie et quand la nuit demeure…

Cette nuit qui ronge le canapé délaissé seulement pour s’intéresser d’un peu plus près à la vodka posée là comme une conne sur le comptoir en ivoire ; là je fume du kif ou des cigarettes de chanvre à la fenêtre et regarde les pauvres gens partir au turbin.

Une bonne ou une mauvaise fortune qui me laisse un arrière-goût de feuilles d’herbe afin de meubler, en attendant mieux, l’obscurité de cet appartement.

Une obscurité qui me permet à peine de distinguer ce mur de marbre blanc sur lequel je m’efforce de recoller pour la énième fois cette page déchirée, censée représenter ma vie en ce moment. Cette page déchirée du livre des morts qui décrit les ensorcèlements et les excursions de jeunes filles innocentes.

Et, sans jamais le déplacer ce sac de frappe qui traîne par terre, se compromettre dans l’inactivité et l’ennui le plus dérisoire. L’ennui comme un leitmotiv un peu macabre qui attire tous les gothiques en mal de vivre.

En écrasant au sol des lustres napoléoniens, partir à l’aventure dans les rues dans l’espoir de trouver des pendus cadavéreux qui, en grelottant autour d’un feu de camp, agitent le spectre de petits insectes dans le cerveau.

Violenter encore sa vie et désirer son équivalent, sa profane tranquilité, tandis que mes yeux, alors, gouttent des larmes d’absinthe…

Enfin, en se risquant du côté d’une originale Joconde qui s’acharne sur les textes en attente sur la zone, revenir ensuite dans sa demeure et s’entortiller de pensées mystiques monochromes !

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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