Dans la poche d’un kangourou, étaient cachées de sales bestioles qui continuaient à transférer des informations contradictoires, qui se vantaient de parler avec leur cœur.

Depuis les moindres recoins épiphaniques de son cocon, l’animal s’était habitué à transmettre et amplifier des séquences d’images sur mon ordinateur, obtenant le silence, puis des rires !

Encore ce matin, dans ma décapotable verte, garée le long du trottoir, je m’employais à chasser tout ce micmac virtuel qui éclairait les mécanismes perturbateurs de mon cerveau endormi et qui avait fait la une des journaux des kiosques. C’était mon credo.

Pour tenir tête aux nuages de neige, il y avait à l’aube un ciel de jade chancelant qui délivrait la douce fragrance des cours d’éducation sexuelle disparaissant aussitôt telle une vision décrépite ; les réponses de leur réalisme furent peu à peu convaincantes.

Un authentique travail de sape kafkaïen mais ce n’était pas entièrement le fond de leurs pensées aux participants de ces cours occultes.

Pour rejoindre son monde onirique, je m’accordais une courte sieste et déjà je m’enfonçais dans les profondeurs cimmériennes de ce rêve qui démarrait comme un vieux film en accéléré, militant dans le réalisme absolu.

Et une fois de plus, venu surtout pour Elsa, je m’égarais dans l’univers de cette sale bestiole que je soupçonnais d’appartenir au mouvement terroriste. Dès le seuil de ce monde onirique, l’élégance d’ensemble impéraliste de la ville qu’on apercevait de loin, avait été conçu selon quelques modèles subtropicaux ou équatoriaux. Cependant, cette ville s’endormant sur ses lauriers, le labyrinthe des rues à traverser, les vendeurs de Tamagotchi à la sauvette passant pour des orateurs secs, la boue et les ordures urbaines modéraient notre enthousiasme du départ, notre arrivée fracassante parmi les rêveurs déjà sur place.

S’ajoutaient les devantures des magasins fracassées, les miroirs de chambre à coucher brisés et les rames de métro en flammes.

Sans parler de cette sorte d’activité perturbatrice et permanente de théâtre de rue, issue de la guerre du Kippour que j’avais décrit à l’époque sur un carnet de notes informatique portable. Ces notes, on les rapporterait aux absents.

Un foisonnement de détails dans ce carnet se détournant parfois du sujet quand j’évoquais les percées informatiques spectaculaires de la sale bestiole et d’autres données métaphysiques à la Stanley Kubrick : c’était son grand défaut.

Et le rêve finissait toujours violemment : au réveil, un cercle d’inquisiteurs d’humeur massacrante s’assemblait autour de moi ; s’organisaient alors sur l’écran de mon ordinateur des films érotiques, collés bout à bout un peu au hasard et aussi sophistiqués que des peintures aux doigts. De nuit comme en plein jour.

La majorité de ces films qui vérifiaient les appels manqués, en ballottant dans la cheminée, avait fait naître, à la page trois, la description d’une kermesse tandis qu’une flaque d’absinthe infiltrait le plancher en arrachant les lacets de la route.

À la page trois toujours, Cassandre et Elsa, qui lisaient le parchemin sanguin de Jack Kerouac, en le découpant sans supprimer ses messages, en mesuraient la cruauté religieuse.

Dans le carnet de moleskine de Jack Kerouac, à la page quatre, en allumant une grosse flambée d’amanites, ce février 1922 avait fait moisir ce jeu éducatif, en lapant la jarretière de cette femme nue ; ce mois qui ressemblait à la peine.

Dans le carnet, encore à la page trois et toujours à la date de ce février 1922, le froid, qui mordait les lattes, en envoyant de gros bouillons de lacunes, était plus doux que les premiers frimas de cette année actuelle. Et dans le carnet de cette époque, à la première page, un film d’horreur très kitsch, qui empruntait sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste, présentait cependant bien, donnait de ses idées une idée digne.

Et dans le carnet à la page huit, pour désigner un référent, apparaissait l’expression kabyle, incandescente, livide à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, d’une évasion : après les jours de crêpe, la joie tombant en cataractes et reliant entre eux les penseurs par un label collectif. L’évadé gravissait le calvaire vécu dans cette côte par l’instituteur Augustin Crozet une nuit de février 1922.

Et, à la page sept, en se référant au système adverse, des vagabonds, avec une kyrielle d’injures alchimiques, allaient de maison en maison. Et, dans le labyrinthe de la page sept, le kif, qui se fumait mélangé à du tabac et qui avait fait apparaitre les premières hésitations, se méfiait des nerfs du fumeur : une alternance de forme et de style qui était relégué cependant au sein du navigateur chaque fois qu’il hésitait à craquer une nouvelle allumette.

Dans le carnet des fumeurs de chanvre, à la page sept, à plusieurs reprises, leurs juvéniles arborescences philosophiques, qui détachaient les feuillets du livre de Job et qui engendraient, à partir de ce système désuet, la fabrication du jean en procédant toujours par ordres d’idées, mettaient du cœur à peindre une eau de javel fossilisée. Une eau de javel ondoyant comme le karma des chamanes de Sibérie ; et sa tradition orale, qui flottait comme le vaisseau de commerce baptisé le Nostromo, procurait des profits juteux dans les contrées grouillantes de gnomes.

Dans le carnet interstellaire, à la page dix : il y avait une grande variété d’humanoïdes extraterrestres qui délivraient leurs joules comme une histoire de paletot commençant à faire long entre gens qui s’aimaient tant ; leurs joules qui ballonnaient leur exosquelette et qui survivaient aux outrages du temps.

Toujours à la page dix du carnet de couleur gris sidéral, étrangement, les os de leur thorax qui avaient éclatés, confondaient leur jugement et leur section territoriale. Leur parenté avec notre espèce s’arrêtait là.

Dans le carnet de la fédération réorganisée, à la page neuf, la fulgurance de leur pensée logique et judiciaire qui ébauchait sa progression filmée par la caméra, ne voulait surtout pas de scène filmée en super-huit ; cette fulgurance qui se hissait hors de son huis-clos d’origine pour revenir à l’assaut et, bien malgré elle, elle s’incarnait dans les jantes des roues motrices qui étaient clouées latéralement. Ce qui était bien plus agréable à regarder que leurs vieux jours à la décharge.

Dans le carnet du groupe d’écriture, enfin à la page dix, l’étape du perfectionnement : l’apprentissage du sabre des samouraïs et des lassos du cow-boy dans les saloons qui abondaient alors à Treignac, imaginait la fin de ce testament, aussitôt téléchargé sur tous les serveurs de l’Empire fraîchement établis.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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