La bible païenne de Kurt Cobain

Dans l’obscurité, doucement, comme un zèbre quittant les quais du métro et récupérant la couleur noire semblable aux mouvements rapides, générés par le silex, d’un monde d’un noir embaumeur, c’était d’abord une playlist Cobain qui suintait ce matin sombrement dans les sillons labourés !

Parce qu’un murmure se transformant en son, en l’écho d’un son d’une Bible païenne et qu’elle m’inspire des visions comme cette jeune paysanne qui m’a fait entrevoir l’éclair de sa nudité dolente ; parce qu’une douce complainte naissante, dans la ville spectrale, s’empare de son corps allongée, cette beauté incarnée comme l’écho d’un vent oriental, attardé, ambivalent ou alternatif, tandis qu’un plain-chant s’élève, je le sais, à travers les chambres venteuses de la nuit, se cachant dans les pissotières de l’autoroute A7.

Étant donné le prodigieux dénouement et l’effondrement de ce monde qui suivit : à la page d’accueil de l’Apple Music, en voulant lui faire part de mon intention de briser la glace entre nous, j’écrivais des algorithmes nuancés de sibilantes sur mon carnet d’écrivain ; les sessions d’enregistrement d’In Utero bringuebalaient sur fond d’œillet terne une débandade massacrante, j’étais intervenu dans cette bagarre entre les zones communes et les deux singles extraits de l’album, pleurant la cité solitaire ; et ainsi furent scannés, falsifiés et remplacés les ténèbres cinématographiques de mon ami Donald Duck par une faible lumière, avant qu’il s’embourbe… et cette jeune paysanne, éclairée par une chandelle, une chandelle maculée par l’iode des apaches, coulant dans le vent froid, une chandelle oubliée, cachée puis retrouvée, affamée, cette jeune paysanne s’égarait dans la nuit avec sa douteuse lueur.

Alors la colère. La colère de leur musique de charbons enterrée comme une force biologique, un peu pathologique qui luttait dans la risée, en dépit de la lumière, jouant des fricatives comme un vent affligé et persistant. La colère et cette terrible douleur qui flottait dans le café de ce matin, avec le sirop d’érable, occupé à livrer son monde, avec cette puanteur cruelle dans la nuit bruissante. Ensuite la bêtise. La bêtise comme cut-up acidifiant ouvrant d’horribles cratères, se réjouissant du bonheur de cette bohème cherchant une forme dans la pâle étendue, glissant au fond de ses anneaux rouges jusqu’à recueillir la suggestion d’une forme, un baume pour l’œil avide, et enfin, en s’amoncelant d’oursins désagrégés, au bout de leur maléfique finesse d’esprit : des galipettes de grandes seigneuries sillonnant les routes pour s’enfuir dans une coulée de lave et de braise délivrée !

Enfin, soulevant l’immensité des réduits à défoncer, dans ma playlist, la languissante et burlesque piste Sappy qui s’ajustait à la voie ferrée dégoulinant l’épiphanique diesel fragrant d’un moteur mourant, à l’arrêt, de toutes ses mémoires !

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :