Les élucubrations de la Fosse Noire

Faut-il toujours choisir entre mourir et mentir ? Pourquoi tous ces reproches lorsque nous nous arrachons un grand pan d’extase ?

Après d’innombrables extases à travers le monde, on court expressément rejoindre l’étreinte : de la merde mangée à bouche pleine, avec du sperme et du sang tout en poussant des gémissements de porc.

La jupe relevée de la fille du Père Noël écarte les lèvres d’une main et enfonce l’autre et d’un coup ressort avec le corps de l’enfant.

Des geysers de sang sucré giclent… Partout du jus de papillote jaillit, partout des pelures de mandarines s’étalent par terre, avant de boire au robinet.

Un corps endormi brûle dans une maison squattée.

Joyeux Noël ! Bonne année !

Un couteau entre les côtes, la folie de s’entasser patiemment dans un taudis.

Remâchant, ruminant, vomissant les images de l’Essaim en d’affreuses évocations, le squelette se déterre tout en se détachant des étreintes de la fille du père Noël.

La cloche qui sonne, saccagée de l’intérieur, prévoit un suicide à trois : trois geôliers qui contemplent un décor de western en attendant la mort ; ils ont lu dans les manuels pour handicapés qu’on peut rester suspendu à une corde la tête en bas une journée entière sans mourir… mais que se passerait-il si on dépassait cette journée ? Ça vaut le coup de voir.

La fosse noire : un trou suicidaire où le papa noël dépouillé de ses télégrammes éplorés et de toute cette pourriture commerciale qui brise enfin sa bulle de verre et offre un chocolat Mon Chéri à sa bien aimée qui ne daignait même pas le regarder avant…

Avec uniquement une corde autour du cou, le signal des enfants aux veines pleines de vin est faible et diminue ; un acheteur se présente, aussitôt on les pend, l’acheteur applaudit, crie bravo, paye par nombre de têtes puis s’en va, heureux pour toute la journée.

Ressuscités sur les trottoirs à quelques lieu de là, ces enfants repartent jouer dans la neige, le cœur tellement friable qu’on pourrait le chiffonner rien qu’en touchant leurs peaux.

Des petites filles aux flancs gluants se tordent le cou vers la table merveilleuse tout en chantant à tue-tête. Elles attendent le retour de Bonaparte et du botaniste qui, de mauvais gré, accepte de s’éloigner de ses cornues.

Elles s’appliquent à traverser l’obscurité de mes veines avec l’atroce réalité travestie jusqu’aux racines du non-être.

Le soir tombant dilate les yeux du chat occulte dans l’esprit imaginaire de la victime. Dans la clarté pâle et sanglante de la torche, la victime le reconnaît, ce chat satanique, cette fois viable et pour tout dire biblique.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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