Un authentique culte barbare

En variant les espaces, les séquences d’images arrêtées et la pensée qui n’est point distraite du navigateur, l’émiettement des essaims se réincarnant en mélodie pour vaporiser le café noir, des grandes odes du silence malmenant les lieux, les visages, les événements passés, dans l’obscurité.

Et, comme sépulture, l’éclairage crémeux de la fange pour un dessin d’enfant sinistre, appréhendant l’avenir, qui entre les données de ses livres dans un macabre et bien-aimé ordinateur.

En s’efforçant de stabiliser les rêvetements fertiles d’un bonheur nympholeptique pour palper un degré d’acuité, le surpeuplement qui n’a cessé de croître et d’exceller, qui corrige en un millème de seconde la respiration, avant d’hiverner, coupé de toute temporalité.

Sa théologie étend le sens et la mesure des anguilles noires et luisantes, vidées de leur hallucinogène quand les derniers survivants, transportant le carré d’herbe des agitateurs nébuleux et pleurnicheurs, se retrouvent face aux plis du terrain, aux chemins en lacets ; le ciel noir comme du charbon aiguisant l’anxiété des absents.

Enfin la force des gargouilles rassemblant les pigeons pour se couper potentiellement des niveaux référencés d’une grande bibliothèque : un authentique culte barbare !

L’heure creuse d’un authentique culte barbare où chaque chose semble s’être suspendue en plein vol.

Une aube terne, pénible monte peu à peu de l’est, mais les réverbères restent allumés. Leur lumière orangée fout la gerbe aux agitateurs.

Tout s’est arrêté, comme chaque nuit entre quatre et six heures. La ville retient son souffle avant de recracher dans les rues des dizaines de piétons aux yeux embrumés de sommeil.

Quelques voitures passent sur l’avenue, un peu plus loin, leurs phares balaient le bitume glacé.

La force des gargouilles épuisée, les agitateurs ont patrouillé toute la nuit.

À dix heures l’un d’eux rentre chez lui, se fait une petite bouffe et se couche. Pas du luxe.

En attendant, il faut que les pigeons des gargouilles subissent cette matinée misérable, nauséabonde, ces relents de déclin immobile. Les anguilles noires et luisantes se posent un moment au café de la rue Verneuil, mais leur maigre activité les déprime considérablement.

Lorsqu’ils entrent dans le restaurant d’en face, la tension est au max : c’est la force des gargouilles qui revient, leurs colères qui ne se dominent pas, une colère brute et barbare de taureau dans l’arêne.

Un authentique culte barbare.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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