Le quatrième Reich de la famille Malefoy

En entrant presque fugitivement, sans toc-toc, dans son bureau, comme un goujat plié et lié chevilles aux corps, comme empaillé par le cri obscur et rouge d’une forêt de sapin aux origines fulgurantes, en entrant, dis-je, dans la dynamique hackée de leurs fichiers vieillissants, j’observais les matrices de son ordinateur à l’architecture spirituelle ; me prévenant que le quatrième Reich était proclamé et fêté par une foule en liesses qui allait me laisser le passage de l’entrée du sas d’accueil, comme un milliardaire grossier tout en soulevant des amis familiers en pogo dynamité avec la famille de Malefoy.

Encore branché au courant, je dirigeais l’ordinateur vers la fenêtre et crac ! Alors tout s’effondra : les fils électriques quittant leur prise, gauchement, je m’emmêlais dans un éparpillement de câbles et de port USB.

En regardant par la fenêtre, pris par un spasme sexuel, l’envie de pousser les huit portes du boulot s’était fait sentir ; vivement le week-end garni de pack de bières et de joints joliment roulés !

Ainsi par la dernière porte encore entrebâillée, aussi rapidement que l’escampette de cette clameur qui rendait la foule silencieuse, je retrouvais la rue et ses longs zigzags temporels, balourds, je la vis, cette foule, massacrer l’ancien roi, l’une des légendes des vioques votant la droite nationaliste ; cette clameur à deux heure du mate, au milieu de la foule taiseuse à présent, à mon tour, la fenêtre étant assez ouverte par ce mois d’hiver, ne m’avait pas mis à l’aise : ne regardant pas la garde-robe de toute beauté appartenant à la Famille Malefoy qui était resté dans la remise du bureau, j’avais gardé mon manteau, en craignant que le côté obscur du béribéri atteigne mon organisme avec ce qui en restait, vivant dans un pays chaud.

De mon manteau, débroussaillé maille par maille comme la fine lingerie de la mère Malefoy, j’avais sorti mon iPhone 8 de la poche intérieure pour éterniser la foule en délire.

Il y avait cent ans que le magnifique cul black sur white d’une actrice porno avait été photographié par Willy Ronis lors d’une manifestation pareille à celle ci : la foule, que je vis apparaitre après la huitième porte dévérouillée, se pressait près des voitures présidentielles, près des voûtes aux courants d’air glacial, dans la visière des groupes imitant Jefferson Airplane de façon chouette ; quels chapeaux haut de forme tombés bien bas et quels groupes musicaux gonflés à bloc, harnachés aux gilets jaunes des manifestants !

La morale de cet événement étant calcinée de noms d’oiseaux n’était pas de Byzance : dans les oubliettes de l’oubli, la morale de cette histoire allait enflammer le malheureux connard de la Saint Con, le monde ne tournant pas rond bien sûr.

Ma montre et son tic-tac pixelisé et brillant comme un saphir à l’intérieur du mécanisme précieux, affichait littéralement l’heure très matinale : comme un esclave de la matrice, je me sentais un peu comme Alice ; tombé dans le terrier du lapin blanc et cloué sur place tout en me perdant en selfie devant le représentant du quatrième Reich venant de commencer.

Bardé de lames de fer pour visiblement casser la gueule aux opposants du régime des cyborgs hitlériens, avec les autres mercenaires votant extrême droite, j’avais défié la matrice informatique, débutant par l’élection d’un quatrième dictateur…

J’étais pris aux pièges des joints virtuels, aux ouvertures d’esprit en forme d’identifiants de thalassothérapie balnéaire, que j’avais fumé avant le taf, le matin au réveil avec une vodka orange : seul un électrochoc pouvait me faire décoller, seules les faibles lueurs des réverbères de l’ancien Berlin rebaptisé Zion pour épater l’Élysée française libérale, des lumières jaunes comme la mimolette que je contemplais avec Adolf Hitler 1.1 dans la fumée visuelle, crevée dans mes viscères enflammées, avec la flamme éternellement éteinte du bout de mon joint que je n’arrivais plus à tirer dessus.

Au courant des dernières nouvelles et actualités de la zone.org, le soulèvement du quatrième Reich commençait aussi à s’intéresser aux textes en attente de la zone.org : le monde réel et l’univers cartésien de l’imagination du web tournant sur eux-même, en spirales confuses, Jack, l’un des vioques de l’ancien système balayé, et en visionnaire de l’écriture binaire des Tamagotchi, pensait que l’air musical de Jefferson Airplane, avec ses chants de papier charbonneux, psychédélique comme Somebody to love, permettaient, lorsqu’on l’écoutait sur son MP3 nouvelle génération, de percer les failles de la longue liste des textes en attente et, à l’aide d’un simple bloc-notes, en notant l’adresse du navigateur, provoquer des crashs, des divagations chez les utilisateurs.

La bonne fortune de Jefferson Airplane, avec leur lyrics aux ailes de papier de verre brisé, éclatait de watt canonique dans mon iPod touch qui générait des relents de toilette bouchée, qui offrait du haut de la branche d’un saule pleureur la fin des cotillons en poudre, des pin’s de Woodstock pour les pendus du quartier d’Harlem à New-York.

Pin’s émaillés tout en nuances improvisées comme ces virées chez la famille de Malefoy que j’avais un jour rencontré, en galopant sur un pur-sang arabe, dans les steppes asiatiques de la Mongolie.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :