Le sang giclait comme une pluie rouge qu’emportait le vent.

Jefferson Airplane faisait trempette dans le sang et la valve des cyborgs hitlériens s’emportait, éclatant de colère, de rage sataniste tout en ravitaillant le tonnage barbare de l’ordinateur de bord de la famille Malefoy.

Le sang giclait comme un canard barbotant dans sela boue, suite à cet attentat surréaliste ; je perçais la valve des cyborgs à l’aide d’un stylo Bic : un attentat qui ressemblais à un mauvais thriller. Et, dans ma tête, en lançant des corn-flakes et des strass psychédéliques, le sang giclait en réclamant sa dose de vodka à volonté, comme si le paiement cash de mon téléphone mobile, en triant les valseuses de White Rabbit, n’était qu’un baragouin de plus, incompréhensible à décrypter pour les cyborgs, dans leur valve d’opium.

Le sang giclait comme l’hémisphère d’un cerveau endolori tournant aux régimes de pâtes al dante, le sang giclait en envoyant des uppercuts, précieux par leurs races de rottweillers électriques ou leurs races de sultanes en harem, dans les baraquements façon western du quatrième Reich.

En hissant les crocs du froid engourdissant, naviguant sur les réseaux des banques impassibles, je mettais toutes les larmes de larves écrémeuses des gens encore valides au compte-goutte dans la valve du pauvre valet de White Rabbit qui courait pour une histoire d’effraction dans l’ordinateur de la police judiciaire.

Mais ce qui me taraudait, ce n’était pas le sang giclant comme la pauvre poupée qui veut ou qui veut pas, ce n’était pas non plus l’inspecteur détective mis au service pour l’attentat et plus tard mis en morceaux dans une poubelle du centre-ville. Ni les gens survivants trinquant à la santé de la lueur napoléonienne qui s’approchait pour faire gonfler les quatre vingt dix mots tangents du nouveau discours de l’Empereur fraîchement couronné ni leur barbotage sanglant, giclant et sécrétant des enfants scolarisés sans tambour, pleurant et se fragmentant en phrases baudelairiennes ou rimbaldiennes ; ce qui me taraudait : c’était la cuisson des pâtes de mon colocataire, le timonier, toujours dans la vague mouvance bouddhiste, qui bien après une leçon d’anglais, avait trop fait chauffer les pâtes ; leurs gros bouillons dans la casserole rempli de vodka à la place de l’eau conventionnelle avaient fait gicler les viscères du prétérit anglais, et les miennes par la même occasion.

Pour des bagatelles de sorciers occultes, la famille Malefoy, comme l’Eglise Obscurantiste qui profanait les cimetières, était assigné en justice pour usage de magie noire et le procès et son prolongement mathématique, bercé par la musique de Jefferson Airplane, en acclamant les vainqueurs de la guerre du golfe sur la cinquième avenue à New-York, allait durer encore très longtemps.

Comme un stage cinématographique, la lobotomie magique de Malefoy, à la fois médicale et psychique, gaufre, était quadrillée par l’embellissement de la façade d’en face : la façade d’en face qui appartenait au siège de l’ex dictateur du quatrième Reich, où le sang avait giclé avec les anciennes croix gammées.

Le sang des bêlatres aryens avec leur bannière SS, avec, dans leur bouche le goût des gages ratés, regagnait l’itinéraire des caniveaux.

Malefoy, sur la jonchée sanglante, me disait d’emplir ma main de ce sang versé qu’à moitié : en effet, l’authenticité de la formule magique, dans le chaudron du dandy fin dix neuvième siècle, ne demandait que très peu de sang aryen pour transporter par télépathie nos valises jusqu’à l’hôtel et pour faire s’ébrouer comme un cheval de kermesse l’ordinateur tintant joyeusement et délicatement de notifications baudelairiennes.

Dans le passé, en galopant avec Malefoy sur un pur-sang arabe, le long des trottoirs de Wall Street et leurs krachs existentiels manquant d’éducation altermondialiste, s’écroulaient et faisaient s’écrouler des strates d’éclatements d’étoiles noires, solaires ou polaires ! Ah oui ! C’était la Belle Époque de la Saint Con de l’année dernière : ah ! La fête de la Saint Con ! Puis, peu après, la semaine Textes de merde se bornant à de simples et petits désirs de poèmes écharpés : un tube temporel sur Time Machine sauvegardant la bande passante des cyborgs dans leur valve à la fois organique et électronique tandis que le thriller et la tradition de la Saint Con ne m’échapperait pas cette année non plus, le trou du cul qui se tordait déjà de douleur dans les flammes de l’enfer ! Comme si j’allais laisser passer une telle occasion !

Maintenant, sur la table de la cuisine, à côté d’une bonbonnière, il y avait le brouillon des plans machiavéliques fécondés par écoulement nasal, racontant que j’allais traquer un fin gourmet pour la Saint Con : un goinfre qui gracieusement aspirait son Coca-Cola trop chargé en sucre comme les vampires sucent le sang tout en montant sur la balance, comme un numéro d’équilibriste fébrile sur son trapèze, pour afficher ses cent-vingt kilos aux vins capiteux, trapus, se saoulant en prenant des capsules psychédéliques, badigeonnées de la craie magique du sang des bagatelles nazis, en pleurant sur son poids comme un malentendu amoureux, et imaginant en faire autant dans la dimension stellaire des cyborgs paranoïaques.

Leur valve, en tripotant par l’ouverture nympholeptique l’essence de ballerines, qu’une nymphe ringarde remplissait à rabord, soupçonnait les gras du bide américain de ne pas connaître les turpitudes de Turner peignant le soleil levant dans la brume avec l’aide d’un typhon, ces incultes.

Comme voué au feu de la zone.org, ce petit garçon déjà obèse de dix ans qui s’amusait à faire des ricochets au bord d’une rivière pourpre, je le localisais avec l’aide des algorithmes de la page d’accueil de la zone, en commandant à distance, tel un tzar hacker, l’ordinateur de Malefoy.

Il était tout près de moi, tout près de cette rivière de sang, s’amusant en cascades soporifiques affichées comme les longues suites de textes en attente sur lazone.org, le comité du jury zonard étant dans les poches, pleines de talcs émiettés silencieusement comme le shit des cyborgs paranoïaques, dans leurs poches, dis-je, le chapeau d’un gnome mortel était roulé en boule, ces trolls, en troublant l’ultime bravade sournoise des univers créatifs dans un va-et-vient incessant, découpaient au cut-up le tissu des nerfs d’un tout-à-l’égout de textes de merde et des tourniquets de ce mode de vidange.

Un larcin trop évident pour cet enfant obèse qui était à présent avec moi, sur un banc face à la houle, comme un sauveteur de pizzas bien visqueuses, bien barbotées dans l’huile, ou un vers à soie trop gros pour sortir de son cocon qui aurait eu une mauvaise impression quand je m’étais assis à ses côtés, dépliant un billet de cinquante euros plié en quatre à la hâte, je lui proposais de lui offrir un Tamagotchi ultra sophistiqué dans les rues du quartier des vendeurs à la sauvette ; leurs aimables transactions sur la place aux enseignes de Serpentard se fendillant au-dessus de leur tête. L’énorme gosse, aux ballonnements gastriques truculents fut surpris au début mais comme il venait d’une famille pauvre, bouclant leur fin de mois difficiles comme on plonge un affreux matin dans un bol de café tiédasse et fade, accepta le cadeau avec enthousiasme.

Le tour du quartier des paysannes qui vendaient leurs silhouettes en l’échange d’amalgames de sables, d’exaltations fiévreuses, de poivre, de sel, de parmesan ou d’origan, ne mérite même pas un paragraphe : nous étions en ce moment garé sur la place des vendeurs de Tamagotchi et après lui avoir acheté à un marchand à la chair transplanté un Tamagotchi aux rayons ultraviolets, qui dirigeait la bestiole virtuelle à nourrir et à s’occuper dans la tuyauterie univoque des câbles organiques d’un ordinateur se vantant d’un nombre incalculable de textes en attente de publication sur La Zone.

Des textes écrits et tutti quanti qui traînaient dans cet ordinateur en veille appartenant à la famille Malefoy ; après la lecture de tous ces textes sur mon smartphone pendant que le gosse corpulent jouait avec sa nouvelle console de jeux sur le siège du passager, il y eut une brutale barre de fer violente qui me frappa aux deux extrémités de mes tempes et je restais stone quelques minutes.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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