L’architecture spirituelle des baobabs !

Tout d’abord, des chemins paraffinés par magie avec un arc de cercles au sommeil paradoxal : des voûtes gothiques ou romanes abritant des étoiles incandescentes qui pointent leur vitesse parachutée dans l’arène embourgeoisée des hooligans. Et quelque chose jaillit alors de cet ensemble architectural, de ce terreau pour baobabs : peut-être une parade hypothétique avec des épigrammes lancées à la volée pour Pâques.

La Parade ? Découlant d’un prodigieux précis de médecine orientale, ce sont d’abord des mannequins et, en refroidissant d’étranges phénomènes équatoriales ou africains, ils ne cessent d’escalader puis de tomber des chars de la Gay Pride comme des essaims savants de montagne blanche ou verte comme l’Everest !

Férus de biologie moléculaire, de feuilletage d’ADN erratique, ils inventent dans les fichiers de l’ordinateur aux guenilles spirituelles quelque chose de suprêmement estimée comme un révolutionnaire schéma d’éventails ; avec l’appui des enquêteurs sorciers jetant dans leur cavale des sorts pour exciter et enrôler que ce soit l’air chaud des tropiques ou l’air glacial des langages souterrains, ils donnent à ces éventails de nouvelles qualités évoquant et invoquant l’ivresse des précipitations intruses du Vietnam.

Une génisse passant dans le coin recueille alors leurs provisions d’informations permettant de mettre au monde leur nouvelle invention !

Katia, par dessous les caves de la planète OS X

« Juste pour savoir, une curiosité d’adolescent, un pari avec soi-même, une attirance morbide toujours plus proche de l’obscur… »

Immédiatement, Katia détourna les yeux et fit mine de regarder le paysage nocturne par la fenêtre. La conversation tournait à mon avantage : les mots avaient retrouvé leur couleur et leur timing idéal et pourtant cela même me fit perdre mon latin. Nous étions plongé dans un monde futuriste, un remake de Star Wars ou une série B traitant à la fois de cyborgs, de soleil vert mais aussi de Katia, la pauvresse qui s’agitait dans la pénombre de la chambre d’Angela…

A un point donné, le monde que je connaissais avait disparu, ou bien s’était retiré, remplacé par un autre ; la dépression qui me menaçait m’avait déjà évincé avant même de passer à l’assaut. 
La liberté ne signifiait rien pour moi, ce n’était qu’un violent tremblement de cœur. 
Le Monde de la Force, suite à l’exhumation du Secret -le secret de l’univers- ce monde s’était effondré comme les morceaux de banquise qui étaient venus s’effondrer sous les coupoles illuminées de mon terrier. La dépression, aux tentures noires, s’abattait elle-aussi… La fusée de Jumbo avait décollé, me laissant seul dans la chambre d’Angela avec Katia : et si cette période de Noël devenait le monde des défunts pour nous, ces deux naufragés interstellaires ? 

Des nuages noirs avaient exaucé mes Désirs les plus morbides : la pluie tombait à présent sans cesse sur la planète OS X. 
Nos voix étaient lasses dans la nuit. Quelques secondes d’intervalles suffisaient à les effacer ; et le silence régnait alors en emportant notre conversation, archivée malgré tout par notre cyborgs-serviteur. 

Elle avait eu son diplôme de psychiatre à l’occasion de ses vingt-deux ans : faute d’être sur le terrain, elle avait délaissé l’archéologie, ses premières études qu’elles portait avec un intérêt certain, pour la psychanalyse : mais cette science ne sert pas à grand chose quand la désolation vous entoure, tant d’énergie gaspillée en vain ! Cependant le programme que je suivais et qu’elle enseignait tentait de rapiécer les données récoltées par mon ancienne conscience. C’était une méthode de libre association. 

Et comme chaque soir, j’associais les mots qui me venaient à l’esprit, avant de fumer au balcon d’Angela : je préférais largement ce moment silencieux, j’inspirais la nicotine et la fumée en observant les voies lactées, toutes enchevêtrées entre elles, se vider de leur utilité. 
Initié par leur force cauchemardesque je désespérais : trop d’espace, et bien trop isolé parmi ces ténèbres, je voyais leur structure aléatoire comme l’amputation sauvage d’une articulation ; et si notre planète n’était qu’une vague réminiscence bien au delà de notre voie lactée ? » 
Katia Matisse comme en réponse à toutes les questions. 

Un bref instant, la tension mystérieusement avait disparu avant de revenir aux aguets, au centre même, au milieu de toutes ces lettres surprenantes que j’avais déjà aperçu dans mes songes. 
Il ne restait maintenant qu’à analyser ce traumatisme sexuel qui était à l’origine de toute cette histoire : puis soudain il y aurait le noir absolu, alors on aurait tiré le rideau et les acteurs seraient repartis dans les coulisses.