Hologrammes vikings

Les méandres du Sahara Occidental affichés comme posters dans le bureau, j’écris et la pluie ne tombe pas comme si je voulais un jour de pluie diluvienne. Diluviennes comme ces rôtis parfumés au gingembre, bouilli dans la lessive avariée : alors qu’il s’agit en réalité de viandes pourries de veau réduites en poudre !

J’arpente de haut en bas les icebergs et les banquises en fumant religieusement mes Craven A sans me soucier des anciens d’Algérie qui empiètent sur le bureau. Des Craven A fumées prudemment comme si elles contenaient à chaque inspiration et expiration l’essence même du Zen japonais.

Dans mon bureau aussi, je regarde des émissions style j’irai dormir chez vous en bâtissant d’un œil distrait des fortifications matricielles sur l’échiquier. (La dernière réincarnation d’ un fou sur l’échiquier me revient alors en mémoire ; une réincarnation riche en rigolades et en excès de tous les genres cependant.)

La famille est au complet dans ce bureau où je me suis isolé pour écrire en mettant échec et mat et en volant la vedette aux rois des vikings. Avec des années lumières pour guérir ! Avec, de façon très pernicieuse, comme dîner pour ces souverains, du riz cultivé tel un champ de tabac pour les plus humbles de ces seigneurs de la guerre.

Lorsque je me lève de ma chaise pour faire les cent pas et réfléchir un peu, je marche sur des pythons noirs, comme étonné de nourrir ces reptiles que je prends pour des serpents. Rêveusement, après avoir ouvert le frigidaire pour dénicher de la crème à la royale, j’affiche toujours un sourire de cabale dans les bois et la piscine de pythons noirs déborde en se gavant d’hectowatt et de syndrome lumineux.
J’écris pour les divines ascèses quotidiennes, avec l’idée de déverser des flots de pétales à verser sur la tête des rois vikings pour leur baptême tropical. Pour paraître plus divin aussi et surtout pour enseigner de bonne heure l’écriture tremblante et écorchée vive d’un artiste grunge comme Kurt Cobain.


Et de la divinité, il y en a dans ce bureau transformé tout en jetant un œil sur la timeline de ce site : https://www.lazone.org/ (avec le secret espoir d’anticiper sur ce roi viking qui, en quelques cuillerées de pure savonnette, engloutit toute cette populace de son royaume.)

C’est la mécanique des vents du sud qui m’a poussé là, à écrire pour Oscar Wilde et son odieux portrait. Une représentation qui sied bien à l’habitant de mes pensées.

En déversant des wagons-citernes sur un incendie annoncé, j’anticipe la Saint Con donnant sur la ville entière : cette cité mutante qu’on visite en touriste pour rôder au hasard. De mon côté je me suis réfugié dans un village rupestre avec des vaches qui s’injectent un méchant venin : l’ennui. L’ennui et le spleen à l’instar de Charles Baudelaire ; les yeux toujours chargés de larmes, les larmes jamais fatiguées d’éteindre ces curiosités chaudes de lames de couteaux et de sabres. 

Pour ouvrir les enveloppes je sabre aussi le papier avec un coupe-papier ; un courrier qui exploite au maximum la faille et la faillite de la médecine aussi bien orientale que traditionnelle. Orientale ou, devrais-je dire, pratiquante du Zen Japonais pour être plus précis.

À l’entrée du mausolée – je veux dire ce bureau qui donne sur le jardin directement – des prophètes me surveillent d’un œil. Je suis ces conquistadors d’un genre nouveau dans leur drôle de périple. Leur pouls battant comme la pluie, cette fois fine et mélangée de brouillard hivernal.


Aujourd’hui il y a cette absence de tube de colle et de ciseaux pour faire un collage digne de Burroughs alors j’écris automatiquement. Les idées me venant d’un seul élan. Imaginant que les baisers de la reine des vikings glissent sur ma peau.

En haut des escaliers de la maison, il y a cette matrone qui vient me déranger sans cesse. Pour me demander de remplir la cuve à mazout par exemple. Ou bien me dire que sa caméra, son PC et ses Macintosh ne lui renvoient que des hologrammes.

Pour se porter bien et pour dormir, en attendant la visitation de la Vierge qui ne passe pas, qui rêvasse dans son coin, qui a perdu son domicile céleste, il y a aussi ces étranges médicaments, prescrits par la reine des vikings… Et qui n’est plus en échec à présent !

La maturation de mes idées se fait comme la maturation des larves d’une mouche. Des larves qui vocalisent toutes les voix du vent dans ce cocon que je me suis créé. Un cocon où ces larves aux yeux défoncés font planter l’ordinateur par leur esprit télépathique.


Comme autant de crachats sinistres, il y a mes pages d’écriture qui vont brûler pour le bûcher de la Saint Con. Un jour de Saint Con revisité et remisé dans un film en noir et blanc.
Si vous lisez actuellement des romans d’aventure, il se peut très bien qu’ils se changent en traités de médecine. Ces traités revenant tranquillement dans les tiroirs du bureau sans jamais me compromettre. Et, comme une perfusion dans le bras : la violence de ces écrits vous persuade de vous droguer…

J’écris pour les hackers, les dissidents, les fins de zones, les débuts de banlieue rose et mauve, pour les écoliers qui en ont marre de l’école. Mais sans jamais les inciter à faire l’école buissonnière. Ne voulant pas faire de nouvelles victimes : de futurs caissiers et caissières sans le baccalauréat ou si peu ayant une vie gâchée, abîmée, détruite…


Mon public est jeune et laisse des commentaires que je ne comprends pas sous mes textes. Mon livre de chevet, c’est un bouquin tombé en désuétude : Les aventures de Lucky Pierre de Robert Coover. Si jamais vous tombez dessus, vous aurez du cut-up à fournir en jouant votre va-tout avec les différents chapitres coupés en morceaux dans vos tiroirs qui végètent : de truculentes proses qui resteront indépassables et que je prendrais pour enseigner aux maîtres d’échec l’intermittence et l’impertinence des fondations solides de ces phrases.

Et les phrases ont besoin de démêlant aujourd’hui tant le jour est triste, tant la nourriture me paraît fade.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste A écrit Munchkin Maldonne. L’Acropole du djihadiste : Premier et deuxième Chapitre ! Ainsi que Glapissements dans les Sapins Verts, les trois premiers chapitres. A lire et à suivre Sur https://notesmat15.com/ L’Acropole du djihadiste : Troisième Chapitre à venir prochainement !

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