L’INTELLIGENCE VÉGÉTALE !

INTELLIGENCE VÉGÉTALE – Avant-propos.

Nous étions tous les deux sans emplois et avions le projet fou d’écrire une nouvelle littéraire à partir de notre expérience personnelle, de nos lugubres plongées dans le vide et la noirceur ; se concrétisant, lorsque nous fûmes balancés au-dessus des Amériques comme des lunes surchargées de pleurs et de drames, nous étions encore loin de nous douter que l’Aventure nous mènerait beaucoup, beaucoup trop loin.

Au début, ça ressemblait aux Choses vues ou à j’irais dormir chez vous en plus moderne, mais, comme un cadavre exquis et en plus autobiographique : un récit où nous racontions nos dérives logarithmiques, joyeuses, les barrières que la langue anglaise avait dressé, bref des conneries de voyageurs paumés.

Au début, ça ressemblait aux Choses vues ou à j’irais dormir chez vous en plus moderne, mais, comme un cadavre exquis et en plus autobiographique : un récit où nous racontions nos dérives logarithmiques, joyeuses, les barrières que la langue anglaise avait dressé, bref des conneries de voyageurs paumés.

Nous avions déjà à notre actif divers plagiats à droite et à gauche mais il nous manquait un descriptif de notre vie de bohème où nous fumions de la marijuana, à longueur de journée, sous le regard moqueur et léger des autres macaques.

Ah la marijuana ! Elle nous rendait d’humeur fraternelle, et tout coulait dans le bon et noble sens du terme jusqu’au jour où… je ne sais pas… précipitamment et sans prévenir tout partit en vrille, tout s’écroula et tout partit à vau-l’eau comme un laxatif médicament aux propriétés liquéfiantes.
Le récit qui va suivre narre l’odyssée sous le joug et l’emprise d’une herbe si étrange que j’ai fini -je suis l’unique survivant du massacre- par la nommer I.V ou Intelligence Végétale. Mais voyez par vous-même le sinistre résultat.

INTELLIGENCE VÉGÉTALE : Première partie.

INTELLIGENCE VÉGÉTALE

Nous étions dans un motel américain, style Ibis, l’engouement pour cet État Mégalo était palpable depuis notre parachutage à la manière d’un Antoine de Maximy. Nous préparions, soigneusement posés sur la table de l’hôtel, les divers éléments nécessaires à un périple : le plan, les licencieuses cigarettes étranges, les affaires qu’on bourre tant bien que mal dans le sac de randonneurs…

Et surtout les Armes de Guerre : ordinateurs portables, carnets, stylos, crayons à papier etc. Notre première œuvre La Défloration avait illuminé le paysage littéraire dès sa publication : il faut dire que cette histoire de fillette de six ans, surpassant les réalités les plus folles, affreusement violée lors d’un gang bang de dobermans en rut apportait un peu de fraîcheur, décomplexait la grande majorité de notre lectorat : les apprentis écrivains, un peu il faut l’avouer, intoxiqués au Marc Levy, Amélie Nothomb… depuis de trop nombreuses années.

De son côté, Régis Jauffret, survolté, dans son dernier bouquin racontait la descente aux enfers d’un malandrin voleur de poules et obsédé sexuel mais ça restait encore trop aseptisé pour nous : pas assez de lueurs satanistes et libidineuses. Il nous fallait des attentats aux panthéons, des hécatombes comme remède à l’antique, mais surtout il nous fallait décrire le bonheur d’une actrice porno après une sodomie à sec bien douloureuse, la béatitude de sa gueule de chiennasse grande ouverte pour avaler des tonnes de foutre, l’extase d’un squirting bien mené, l’euphorie du fistfucking anal, le contentement sursaturé de plaisir, le bien-être et le désir surnaturel, la félicité libératoire, la quiétude d’être porté comme un bouchon de liège, la satisfaction et ses litanies de lavement anal, que dis-je la bénédiction tant annoncée et enfin réalisée de cette magnifique levrette où, à tour de rôle, elle encaissait un tas de bites noirs bigrement bien montés (B.N.B.B.M) …

Avant de rendre les clés et de fermer définitivement la porte de notre chambre, un détail attira nos regards : au centre de cette peinture à l’eau forte encadrée et accrochée au-dessus du lit, une sorte d’abstraction ou d’impressionnisme avec des globes de chairs rassemblés en tas, où, au milieu d’un champ brûlé du Kansas, sur une pancarte montrant la route pour Los Angeles, il y avait écrit en rouge, comme si l’artiste avait écrit avec son sang ces mots étrangement évocateurs : Marie-Jeanne douce amère, col maculé de sang.

Après avoir inspecté et examiné, et même l’avoir décroché, le mystérieux tableau, nous conclûmes que l’auteur de cette vieille croûte était véritablement dégénéré. Dégénéré mais légendaire par son talent et son intelligence végétale qui avait ligaturé ses paupières pour peindre à l’aveugle cette représentation…
Ce fut notre première erreur, les premiers avertissements et mises en garde alors qu’on allait se lancer justement à travers les champs du Kansas avec cette volonté délirante de réinventer à la fois le splif de Shiva, ses linéaires effets sur notre cerveau aux disques durs, aux lecteurs communicatifs, tous germant dans les tasses ébréchées de notre café matinal, et révolutionnant un nouveau mode de vie au parfum de livres assaisonnés au gonzo-littéraire.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste

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