Il y avait, avec une lumière phrygienne et tout à fait libidineuse pour éclairer la pensée latérale de cette jeune fille qui avait décidemment du chien, il y avait, dis-je, cet orang-outang qui luttait pour sortir de son coma végétatif… Et comme harnachée aux sangles hybrides, à la fois organiques et virtuelles, de cette peau de crocodile que j’avais revêtu du haut des immeubles, et dévêtue aussi de cette gabardine de cette journaliste d’investigation, elle me confiait, Angela, enfouir ces fripes et ces fringues sous l’humus froid de l’écurie en ruine des génisses de son manoir.

Mais il y avait maldonne : maldonne d’abord pour ces quatre tours, ces buildings d’orfèvres où j’avais semé des larves de reptile en mutation, ces construtions titanesques qui s’effondrèrent sous nos yeux.

Maldonne aussi pour cette écurie, où dansaient les opérations impaires du dé, de ce jeu aléatoire, inventé à Hong-Kong ou à New-York, ce divertissement qui prit feu sous l’effet de ses cent soixante-huit cartes en robe d’araignée aussitôt déballées…

Maldonne encore pour nos feuillets, s’étirant en règles formalisées et réinventées jadis au son de la cloche de l’église, des phraséologies qui finirent en papier toilette.

Maldonne enfin pour cette cloche qui sonnait autrefois la mort des ténèbres aux rires jaunes, et qui se fendit sous les cris acérés de notre playlist grunge. Elle sonnait aussi l’ordination de la sacro-sainte soupe aux choux lorsque le jeu de cartes Munchkin, comme un souffle haletant de voleur en cavale, fut chauffé au contact de cette champignonnière de morpions en liesse.

Et parmi ces champs de morpions, en rut, l’unique représentant du Munchkin se déboutonnait et sortait son instrument pédagogique, et Angela, la jeune fille, qui avait vraiment du chien encore une fois, le regardait avec de grands yeux humides, puis regardait son visage avec une innocence troublée et un désir naissant.

Ses lèvres envoûtées embrassaient en dessinant une plosive, s’écartaient et révélaient des dents blanches et la pointe mouillée de sa langue. Mais le long-métrage s’arrêtait là, laissant les deux acteurs se débattre dans un univers inconnu. Et inconnus étaient aussi leurs désirs, du coude balayés, et inversés, comme la vapeur des anciennes locomotives, leurs espoirs de voir un jour leur bouquin de phraséologie être publié…

Alors plongeant phonétiquement du haut de la toile, où les cartes cirées, aux représentations huilées et fartées, mouraient lentement, leurs étiquettes de stars du porno étaient ainsi identifiées et recensées parmi les longues agonies du Dark Web !

Et aussi, dans ces kyrielles de listes agonisantes, de la couleur du safran, on pouvait trouver la description des ailes d’anges d’Angela, ses ailes et ses hélices qui, en se déplaçant d’elles-mêmes, permettaient de faire du saute-mouton en saute-mouton entre les espaces laissés par les gratte-ciels ; gratte-ciels qui par un effet d’excentricités noircies, cintrées d’un théorème destructeur, enchérissaient les atrocités du Munchkin…

Une fade saveur technologique pour ces cent-soixante-huit cartes de ce jeu contemporain !

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste A écrit Munchkin Maldonne. L’Acropole du djihadiste : Premier et deuxième Chapitre ! Ainsi que Glapissements dans les Sapins Verts, les trois premiers chapitres. A lire et à suivre Sur https://notesmat15.com/ L’Acropole du djihadiste : Troisième Chapitre à venir prochainement !

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