A l’envers aussi était le défilée des majorettes, dans cette cathédrale-forêt, furieusement inversée et qui passait devant nous alors que nous étions ahuris, le sang dans nos veines ne s’écoulant plus malgré la colère digne des dieux au thermomètre dans le cul, nous agitant : cette colère enfin digne de ce bestiaire exotique qui nous servait de main d’œuvre quand les nuages étaient inspirés et expirés par leur museau virtualisé et scanné dans le Tamagotchi de Nausicaa…

A peine nubiles et libres de leurs mouvements, les majorettes racontaient leur odyssée : la genèse des jeunes filles surveillant de près leur quota de bites dans la chatte.

Nos compas et les autres instruments de mesure, mais aussi nos ampèremètres rangés dans la boite à gants de la guimbarde qui ne roulait plus depuis des lustres, étaient là pour nous donner une illusion d’aplomb que les bestioles affreuses du Viêt-Nam réfutaient…

Le tzar de ce pays aux pluies diluviennes avait fait la une des journaux : en effet, un attentat, orchestré par le Vieux des Montagnes Afghanes, avait supprimé cet impérialiste, privant la nation d’un représentant et la jetant dans l’anarchie la plus totale ; et l’Afghan malicieux ne s’était pas arrêté là : il avait aussi hacké, avec l’aide de son équipe de terroristes, les multinationales de l’automobile…

Voilà pourquoi, à cette époque et dans toutes les régions du monde, on voyait des pantins bourgeois aller en carrosse, en chaise à bras ou, selon leurs moyens, à dos de cheval, de mule… et d’homme. Leurs voyages uniquement organisés et sciemment étudiés pour éviter la marche à pied tandis que l’autre caste, le niveau inférieur des prolétaires, était obligé de parcourir ces kilomètres à pattes…

Il y avait aussi, pour mieux expliquer la situation, cet ancien mercenaire du terrible Afghan dans cette prison du Viêt-Nam qu’était la fosse noire ; dans cette geôle où ce guerrier djihadiste, Alphonse Choplif, avait piraté les sociétés produisant des bagnoles en séries, sans l’aide de machines sophistiquées mais en couchant simplement sur le papier des dessins occultes représentant peut-être les statistiques des bénéfices ainsi que la valeur des actions boursières de toutes ces multinationales… C’était donc avant tout artisanal…

Mais comment expliquer cet énigmatique prodige ?

La première des réponses possibles était à chercher du côté du Tamagotchi de la sœur d’Angela, en effet, Nausicaa, par toucher tactile, émettait des mots-clefs à partir de l’écran de son Tamagotchi que les micro-ordinateurs des multinationales partageaient en commun ; et, bercé par le ronronnement pré-enregistré de l’une de ces créatures virtuelles, l’appareil avait ressuscité ce groupuscule occulte : la Main Noire, qui, enfermée elle-aussi dans la prison de la Fosse Noire, avait, comme le moteur de notre van désormais bon pour la casse, fabriquée par télépathie cérébrale ce Tamagotchi branché encore en Bluetooth au Tableau de Bord de notre véhicule.

Des mots-clefs qui étaient chiffrés par sauvegarde dans le marbre des parois vaginales de ces mammifères du Viêt-Nam, ces êtres vivants aux museaux en godille, eux-aussi sous le feu des projecteurs, car la rumeur racontait qu’ils s’étaient rangé du côté des soldats de cette guerre sainte…

Et la deuxième réponse manquait à l’appel.
Mais, si on retraçait l’histoire de toutes ces divagations, on avait alors ce sentiment si simple, si proche de la folie que les multinationales de l’automobile avaient fait faillite, leurs milliards de dollars récupérés par ce méthodique et unique lobe cérébral d’Alphonse Choplif, certes incarcéré encore à cette heure mais noircissant et manipulant toujours la substance matricielle (voire spirituelle) de cette fortune volée aux actionnaires sans pré-avis et ultimatum…

La dernière et troisième réponse contenait, par son essence cette fois-ci quasiment sûre d’être spirituelle, une faille permettant d’ouvrir sur de nouveaux mondes. Cette faille était secrètement connue des Tamagotchis trafiqués, et en regardant d’un peu plus près celui de Nausicaa pendant qu’elle dormait, je vis, après l’éclosion de l’œuf du petit animal, cette centaine de dédicaces de Johnny Hallyday, le dieu des bistrots des quartiers populaires, contenue et libérée de leurs fichiers d’origine : une matrice, presque binaire, rejetant des liquides psychotropes gluants sur les murs et le sol de cette auberge de jeunesse où nous nous étions arrêté après la défection de notre van.

Cet endroit, transpirant la mélancolie et appelé Yellow Submarine, nous accueillait par sa force psychique.
C’était un lieu sûr, formulé par ces dédicaces scannées, où les mères de famille obtenaient une idée claire des objectifs punk-alternatifs de ces êtres guerroyant pour rétablir la religion musulmane comme seule vérité et seule croyance à adopter.

En effet, naviguant sur les plates-formes virtuelles des chanteurs décédés comme Johnny, cette souche de ménagères, avec l’aide d’Alphonse Choplif via Skype, chapardaient leurs données et leurs offraient ainsi la mise en pratique de toutes leurs idées grunges.

Comme par exemple la formation d’une milice souterraine, vivant dans les égouts suburbains, ou cet apprentissage, ce perfectionnement au sabre laser de ces mercenaires zélés, prêts à en découdre avec le monde moderne.

Cependant, ce monde avait un défaut majeur, ce monde avait un goût de liberté sexuelle qui ne convenait pas à ces créatures aliénées, morbides. En rétablissant la burqa pour toutes les femmes en âge de procréer, ces cinquantenaires espéraient faire tomber les masques des libertins, rétablir l’immaculée conception, même chez les hippies ou les nomades hétérosexuels ou homosexuels.

En ce qui concernait leur mode de vie, elles s’enfermaient dans un souterrain, avec des barreaux noirs qui laissaient passer un éparpillement de lumière à l’entrée de l’ouverture telle qu’une plaque d’égout… et tout en pianotant sur leur machine imaginaire, ces femelles ménopausées entendaient la nuit les cris susurrés des bêtes du Viêt-Nam aux museaux inspirant leur urée ; des hurlements de fauves retentissant parfois au-dessus de leurs têtes migraineuses : une rumeur plaintive, presque gutturale, racontant que les pensées négatives se cachaient encore dans l’obscurité de leur tanière.

Leurs activités nocturnes consistaient à se hasarder dans les ruelles pour remplacer, à la place des panneaux publicitaires, le savant tracé d’un pentacle ou d’un dessin torturé de symboles draconiques.
Les gens superstitieux, à l’aube, ouvraient de grands yeux écarquillés, surpris de voir l’Ordre de Satan survivre encore. Mais elles n’étaient pas satanistes, juste des personnages inspirés, je dirais.

Un soir, il y eut alors une explosion aveuglante et silencieuse six pieds sous terre, et tout prit fin. Lorsque l’on put de nouveau y voir dans la crypte, les plans et les saints écrits de ces théoriciennes de la burqa, ainsi que leurs gribouillages frôlant le divin, qui avaient été, tout au long de leur emprisonnement, glanés comme autant d’outrages lugubres, universellement récompensés par Alphonse Choplif, ce pickpockets des marchés financiers, ces ouvrages, dis-je, avaient pris feu au crépuscule d’une Saint Con sauvée de l’oubli.

Tout était en cendre à présent, mais la mort prématurée de leur machination ne devait pas les attrister. La vie reprit bientôt dans le souterrain, en même temps que les quémandeurs de la publicité s’étaient réincarnés en casaques rouges en éloignant le spectre des pentacles et des symboles draconiques.

Bien sûr, ils avaient gagné la guerre, comme à chaque fois, ainsi que les doctrinaires de la débauche bienheureuse ; mais il restait encore la possibilité follement audacieuse de découvrir au détour d’une rue, en tracés occultes, toutes ces matrices codées et toutes les probabilités de ces ecclésiastiques métaphysiquement tournés du côté de cette Mecque fervemment mystique.
Enfin ces croyants surnaturels, par leurs vœux et prières pieuses, pour ces infidèles, ou pour tous ces gens au bord du gouffre incrédule (parce qu’ils ne pensaient que faire rentrer de l’argent dans leur compte en banque) annonçaient l’apocalypse aussi bien numérique (le mal étant déjà fait sur le réseau des androïdes et des iPhones) que réellement funeste en événements tragiques…

A suivre.

A propos de l’auteur notesmat15.com

Poète surréaliste A écrit Munchkin Maldonne. Viêt-Nam et Infortunes L’Acropole du djihadiste : Premier et deuxième Chapitre ! Ainsi que Glapissements dans les Sapins Verts, les trois premiers chapitres. A lire et à suivre Sur https://notesmat15.com/ L’Acropole du djihadiste : Troisième Chapitre à venir prochainement !

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