La Geisha et la Main Noire

Tout d’abord, j’avais grandi en tétant le lait des grands yacks, une altitude rouge et fumeuse dans la main noire, ce groupuscule encore actif dans les yeux de la Geisha… Et pour être entraînée à la dérive, programmant un nouveau langage informatique, la geisha trempait son visage dans son bol de café, le café ravivant ce désir d’erreur et de dérision. Ainsi, aussitôt filmé par la caméra, je dérivais avec elle et elle riait des histoires que je laissais suspendre comme les seules fricatives avant l’aurore.

Renonçant à l’austère maîtrise de moi-même, il y avait toujours le parfum entêtant du café car par pelletées, des doses mousseuses et mâtinées de cafés avaient été administrées dans la cafetière ; ainsi, parmi ces odeurs énergiques, s’étendait face à moi un chemin lumineux et tranquille, et pourtant encerclé d’une multitude d’iniquités, pour ainsi dire une simple suggestion de chemin où je glissais sur l’asphalte rugueux.

Ce fut comme la lueur d’un DeepKiss de série B ; l’humble frou-frou guilloché des billets de banque s’attardant dans mes poches. J’avais affligée la monnaie de pensées très tendres ; et je me tenais raide comme le cierge vierge d’un court-métrage revisité.

S’étaient alors installés entre nous les ténèbres de Babylone où régnait un bric-à-brac kafkaïen, alors seul maître des lieux.
S’étaient alors installés entre nous les ténèbres de Babylone où régnait un bric-à-brac kafkaïen, alors seul maître des lieux.

Quelques temps auparavant, à une époque où était apparue la naissance du récit, de mon aventure mais aussi de mon terrain de chasse, j’avais préparé un café bien noir, et la geisha, au réveil, m’avait adressé un sourire éblouissant, sein pointant en avant de manière tout à fait classique, robe de crêpe pourpre tendue sur son corps.

S’étaient alors installés entre nous les ténèbres de Babylone où régnait un bric-à-brac kafkaïen, alors seul maître des lieux.

Glapissements dans les sapins verts. Deuxième chapitre

Moteur à l’arrêt, ses pieds nus au-dessus de la boite à gant, Nausicaa contemplait la pluie s’abattre sur la carcasse de la voiture. Parvenant aussi de la boite à gant et jusqu’à s’interrompre lors de nos jeux comme le nain jaune, on n’entendait presque pas le ronronnement pré-enregistré du Tamagotchi de la sœur d’Angela…
Et toujours au-dessus de la boite à gant, des papiers de manuscrits comprenant des zéros et des uns, mais aussi ses pieds nus, ainsi que des bestioles aux museaux qu’on ne voyait que dans les cirques veillaient par leur douce chaleur à harmoniser le lieu… une description parfaite du monde surréaliste où nous vivions, non ?

Et sur les arêtes des chapiteaux de tous ces cirques où elles s’étaient échappées, ces créatures, j’imaginais, maintenant libre de toute interprétation avant la Saint-Con, que les bûchers léchaient par leurs flammes naissantes les pieds de tout ce monde repartant à la chasse et véhiculant, tout en brûlant, les plus belles crémations et les plus prudentes combustions de ce moteur à l’arrêt.

Et, cette ruine avec son moteur fabriquée par la Main Noire (c’est à dire un groupuscule occulte, en fait) émettait donc, branchée en bluetooth au Tamagotchi de Nausicaa, des sons parvenant des cirques muséographiques ; des échos interrompus par la précautionneuse rumeur incessante des enregistrements de ces pluies diluviennes, ou même les silences entre deux messages que les bêtes étranges aux museaux cherchant à l’avance les parfums de muscade, rendaient fous, aliénés, partant en vadrouille : une recherche aussi du maïs vierge de toute contamination microbienne d’une part et d’autre part ne provenant pas d’organismes génétiquement modifiés…

Nous étions au Viêt-Nam qu’on disait peuplé par des foules qui stoppaient notre parcours, qui arrêtaient l’horloge noire maintenant dans un état de torpeur les forêts et les routes que nous empruntions ; un aigrelet et désagréable coucou antique, même si il était barricadé et enfermé à triple tour dans notre horloge noire, à l’intérieur de son mécanisme…

Et alors le muscadet coulait à flots ; son Tamagotchi déraillant comme ce « coucou antique au museau pareil à ces animaux qui gisaient autour de notre guimbarde, hibernant au beau milieu de cette végétation sylvestre… »

Nos dialogues, très courts, étaient alternés par de longs moments silencieux. Nausicaa fit un mouvement pour allumer une clope, me dévoilant un étrange tatouage qui représentait un scarabée sur son épaule. Je mis le contact, et la Buick démarra au quart de tour. J’aurais pu rouler un millier de kilomètres comme ça, sans m’arrêter… Mais, vers midi, Nausicaa me signala qu’elle avait faim.

Tout avait commencé comme ça : il y avait l’icône de cette horloge noire, au beau milieu de ces sales troupeaux qui, une fois imaginée et représentée sur le cadran de la vieille automobile, inlassablement, se retrouvait aussi sur cet aigrelet et désagréable mur végétal et qui n’était rien d’autre que la représentation des plantes confuses, lactescentes et presque entièrement fumées jusqu’au bout…

Et, tout de suite après, je me retrouvais avec Angela, Nausicaa et Lucky Pierre dans une immense église vide et obscure avec des colonnes bizarres. Juste une double rangée de piliers noirs enracinés dans le sol, à l’infini. J’avais la sensation que mes pas brisaient un silence millénaire, un calme de tombeau. Je remarquais alors cette sorte de végétation morbide qui serpentait autour des colonnes, un lierre gris, minéral, qui enserrait les piliers. Le ciel de la cathédrale-forêt était mort, j’avais l’impression que les nuages refluaient à l’envers.

Et à l’envers aussi était le défilée des majorettes dans cette cathédrale-forêt, furieusement inversée et qui passait devant nous alors que nous étions ahuris, le sang dans nos veines ne s’écoulant plus malgré la colère digne des dieux au thermomètre dans le cul, nous agitant : cette colère enfin digne de ce bestiaire exotique qui nous servait de main d’oeuvre quand les nuages étaient inspirés et expirés par leur museau virtualisé et scanné dans le Tamagotchi de Nausicaa…

Leur responsabilité dans cette affaire provenait probablement d’une kyrielle de pop-up océanique ouvert dans le Tamagotchi. Et d’autres kyrielles de pop-up, océanes aussi comme les danses d’une euphorique guetteuse telle Nausicaa, étaient en attente ; les attentes étaient considérées depuis la baignoire de notre chambre d’hôtel.

L’autofiction repartait d’où les lettres à ces sortes de hamsters étaient écrites ; d’où elles venaient c’est à dire de nul part… Ou entre les lignes de ce poème suivant :

Viêt-Nam hurlant où d’autres bestioles attelées, d’autres bêtes

Planquées dans leur gargote

avec ce désir de voler pour se défaire de la pesanteur

Pour me défaire aussi de la chaleur de l’été

Réveillant les haleines vives et tièdes du condor des Andes

Son style décrit les fiévreux conciles des bouddhas du Viêt-Nam

Des raccourcis ou des descriptions à peine

Menacés d’effacements ou si peu comme les

Narratives années des Montagnes afghanes ou pyrénéennes !

A suivre.

Glapissements dans les sapins verts

Glapissements dans les sapins verts

Chaque jour, dans un grand cahier, le sac des narcotiques sanguins, espacés et surchauffés d’excitation, de ferveur sanglante comme des îles silencieuses, pour interroger les auspices : le sac des ondoiements écervelés en hickory tombant encore davantage au fond des tasses de thé aromatisé au carbone.

Des étranglements de craie et de fusain séchant au soleil demeuré ; des kilomètres défoncés à la colle qui viendront verdir Maître Yoda et sa clique de baba cool herculéen.

Alors tout éclate soudain dans la poussière : l’architecture des narcotiques en s’effondrant comme un morceau de banquise, la morphine qui réside au sein de cette idée, les talismans de cette force obscure cahotant entre les mondes chauffés à un degré providentiel, et leur vide-ordures recevant ces stimulants hérissés de monstruosités napoléoniennes.

Ces stimulants hérissés aussi par les branches des sapins et qui mènent dans tous les azimuts ; au cours de leur tentative d’extraction, leur rhétorique sans issue disparait du subconscient photovoltaïque des sanguinaires lampes de poche en provoquant d’immense dégâts : des catastrophes toutes sonnantes qui encombrent spirituellement le fût des robots ferroviaires !

À Hong-Kong : été de glace et hiver de feux

À Hong-Kong, vaticinant à la page trois d’un livre à la traduction bancale, le système adverse des pensées des peintres fumeurs noirs, mendiait quelques miettes d’attention.

En effet, la vastitude des sujets évoqués dans ce bouquin, et leurs kyrielle d’injures alchimiques, en avait fait travailler des méninges, alors sous les effets enchantés du kif qu’ils fumaient mélangé à du tabac.

En avait fait apparaître aussi des hésitations avant d’allumer ce tabac : une saine décision du gouvernement alternant la rigoureuse forme de l’oppression et le style des grands orateurs les avait relégué au statut nocif d’emmerdeur chaque fois qu’ils hésitaient à brûler une clope ou qu’ils se décidaient à la mêler avec le chanvre indien, en ignorant les grandes stratégies des grandes compagnies comme Phillip Morris… ainsi que leur marketing aussi tapageur que chimérique qu’on voyait afficher sur les panneaux publicitaires de la ville de Hong-Kong.

La matrice noire des fumeurs de Hong-Kong

La matrice d’un monde novateur !

Un monde novateur, un univers révolutionnaire même, et puis dessinée dans l’argile de ces marchands de thé Pennyroyal, la représentation de leurs rêves tarifés, de leurs corps gras cachés, en se parant d’or, de rouge ou de flocons de neige, dans le dark Web. Ce dark web qui guette, pour toutes ces poupées gonflables placardées sur les emplacements publicitaires, l’heure de l’illumination pour nous vendre des racines de gingembre ou de la lessive avariée (alors qu’il s’agit en réalité de viande pourrie de veau réduite en poudre).

L’illumination aussi des vitrines se parant elle-aussi d’or, de rouge, et de flocons de neige, où tout brille, où la féminité de ces rues s’illumine et sent le sapin vert et d’étonnantes toiles virtuelles… Leur monde ? A l’aise comme les gens qui ont l’air joyeux quand cette matrice des tribus jamaïcaines, africaines, ou amazoniennes, met des guirlandes autour de ces tableaux bienveillants, représentant, un air crispé sur leur visage, Ulysse penché sur son carnet de voyage…

Et ce dark web ? Piloté, commandé par ces putains de gamins qui contiennent le rire des douze hyènes féroces, il réduit en poudre les ascèses des câbles… devant le DVD du dernier Harry Potter, comment ces gosses parviennent-ils à diriger d’une main de fer les grossesses et les avortements de cet univers qui ne peut s’adapter à la période des fêtes ?

Alors, on ne change rien, il suffit d’héler leur dernière réincarnation naissante, latente, tringlée dans tous les sens… Et la pluie du succès vient alors investir les lieux.

Sous les ongles des orients tuméfiés !

Tout d’abord des outrances langagières et thématiques comme la chaleur de ce soleil azuréen. Puis l’Orient, décrivant l’enfièvrement de son coma végétatif, était aspiré par ce rêve communautaire : sous les ongles des Bouddhas qui se coupaient, se cassaient, et, dans leurs rétines, les sables des déserts fauves qui se suivaient en un tracé logique, leur cheminement remontait les lignes du métro, leurs stations énigmatiques, leur globalité et l’arôme chinois des limbes neuronaux.

Ces limbes neuronaux ? Un authentique travail de sape grossier, gâché par les coups qu’on portait à l’intérieur de ces lignes souterraines ; ces égouts qui conféraient au grand public leur singularité et leur excitante et réconfortante faculté. Tel qu’un ange aux mains d’un barbier, je voulais transformer leur vie en statuette d’Océanie.

Et cet arôme chinois ? Un goût d’au revoir, d’amitiés foireuses, de savants clients, dont plusieurs étaient sûrement morts. Un arôme se perdant sur les palais de Bukowski, de Fante ou de Selby et automatisant (parce qu’ils n’avaient plus rien de réels ces limbes neuronaux) les rêveries des gens qui achetaient leurs pommes de terre chez les épiciers les moins francophones

Et enfin cet Orient : un lieu où il se contentait lui-même d’un bonjour, d’un merci et au besoin de venin fielleux à foison, ce Bukowski, ce Fante ou ce Selby qui avait pour commun accord de ne pas se dégonfler face aux armées de Moscou, devant les communiantes de Washington.

Les bestioles du Viêt-Nam, deuxième chapitre

J’avançais, les mains sur les yeux, pour voir les ténèbres et les pénombres, moteur à l’arrêt, de ce vol historique d’Orville Wright ; cet événement, ce dix-sept décembre 1903 que je savais, les pieds nus au-dessus de la boite à gant d’Orville, se perdre à travers les ténébreuses rétines de l’unique œil de Nausicaa contemplant la pluie s’abattre sur la carcasse de cet appareil piloté et inventé par l’un de ces deux frères.

Parvenant aussi de la boite à gant et jusqu’à s’interrompre lors de nos jeux comme le nain jaune, on n’entendait presque pas le ronronnement pré-enregistré du Tamagotchi de la sœur d’Angela : une haute figure cyclopéenne me frôlant, je savais aussi que ce jeu curieusement spirituel, où les masques s’effaçaient, appartenait à la description de cette toile disparaissant dès que je la fixais. Je savais que, d’une manière ou d’une autre, voué à peindre des natures mortes de zoophiles effectuant avec nous ce chemin onirique, baisant les âmes des animaux morts, ces gens ne désiraient que leur repos dernier, bien mérité.
Alors le vent se levait et je paniquais à l’idée d’être incorporé, de façon obsédante, dans cet élevage de bestioles avançant de plus en plus vite, dans ce cirque bizarroïde, ma respiration s’accélérant, ou dans ce zoo où la cyclope du parc me cherchait, j’en étais convaincu.

L’image était parasitée de scènes incompréhensibles lourdes d’une frénésie larvée, et de façon de plus en plus vite, de manière de plus en plus dangereuse en matière de respiration, je m’enfuyais entre des pans de décors de cinéma, perdu parmi les ondes chatoyantes du parking du lac où l’on garait notre coupé.

Les museaux des bestioles du Viêt-Nam !

Moteur à l’arrêt, ses pieds nus au-dessus de la boite à gant, Nausicaa contemplait la pluie s’abattre sur la carcasse de la voiture. Parvenant aussi de la boite à gant et jusqu’à s’interrompre lors de nos jeux comme le nain jaune, on n’entendait presque pas le ronronnement pré-enregistré du Tamagotchi de la sœur d’Angela ; et toujours au-dessus de la boite à gant, des papiers de manuscrits comprenant des zéros et des uns, mais aussi ses pieds nus, ainsi que des bestioles aux museaux qu’on ne voyait que dans les cirques veillaient par leur douce chaleur à harmoniser le lieu… une description parfaite du monde surréaliste où nous vivions, non ?

Et sur les arêtes des chapiteaux de tous ces cirques où elles s’étaient échappées, j’imaginais, maintenant libre de toute interprétation avant la Saint-Con, que les bûchers léchaient par leurs flammes naissantes les pieds de tout ce monde repartant à la chasse et véhiculant tout en brûlant les plus belles crémations et les plus prudentes combustions de ce moteur à l’arrêt.
Et, cette ruine avec son moteur fabriquée par la Main Noire (c’est à dire un groupuscule occulte, en fait) émettait donc, branchée en bluetooth au Tamagotchi de Nausicaa, des sons parvenant des cirques muséographiques, des échos interrompus par la précautionneuse rumeur incessante des enregistrements de ces pluies diluviennes, ou même les silences entre deux messages que les bêtes étranges aux museaux cherchant à l’avance les parfums de muscade, rendaient fous, aliénés, partant en vadrouille : une recherche aussi du maïs vierge de toute contamination microbienne d’une part et d’autre part ne provenant pas d’organismes génétiquement modifiés…

Nous étions au Viêt-Nam qu’on disait peuplé par des foules qui stoppaient notre parcours, qui arrêtaient l’horloge noire maintenant dans un état de torpeur les forêts et les routes que nous empruntions ; un aigrelet et désagréable coucou antique, même si il était barricadé et enfermé à triple tour dans notre horloge noire, à l’intérieur de son mécanisme…
Et alors le muscadet coulait à flots, son Tamagotchi, comme ce « coucou antique au museau pareil à ces animaux qui gisaient autour de notre guimbarde, hibernant au beau milieu de cette végétation sylvestre… »

Nos dialogues, très courts, étaient alternés par de longs moments silencieux. Nausicaa fit un mouvement pour allumer une clope, me dévoilant un étrange tatouage qui représentait un scarabée sur son épaule. Je mis le contact, et la Buick démarra au quart de tour. J’aurais pu rouler un millier de kilomètres comme ça, sans m’arrêter… Mais, vers midi, Nausicaa me signala qu’elle avait faim.

Tout avait commencé comme ça : il y avait l’icône de cette horloge noire au beau milieu de ces sales troupeaux qui, une fois imaginée et représentée sur le cadran de la vieille automobile, inlassablement, se retrouvait aussi sur cet aigrelet et désagréable mur végétal et qui n’était rien d’autre que la représentation des plantes confuses, lactescentes et presque entièrement fumées jusqu’au bout…

Et, tout de suite après, je me retrouvais avec Angela, Nausicaa et Lucky Pierre dans une immense église vide et obscure avec des colonnes bizarres. Juste une double rangée de piliers noirs enracinés dans le sol, à l’infini. J’avais la sensation que mes pas brisaient un silence millénaire, un calme de tombeau. Je remarquais alors cette sorte de végétation morbide qui serpentait autour des colonnes, un lierre gris, minéral, qui enserrait les piliers. Le ciel de la cathédrale-forêt était mort, j’avais l’impression que les nuages refluaient à l’envers.

Et à l’envers aussi était le défilée des majorettes dans cette cathédrale-forêt, furieusement inversée et qui passait devant nous alors que nous étions ahuris, le sang dans nos veines ne s’écoulant plus malgré la colère digne des dieux au thermomètre dans le cul, nous agitant : cette colère enfin digne de ce bestiaire exotique qui nous servait de main d’oeuvre quand les nuages étaient inspirés et expirés par leur museau virtualisé et scanné dans le Tamagotchi de Nausicaa…

A suivre !

L’oeuvre inouïe de Pierre Soulages

Sur https://notesmat15.com un nouveau récit poétique

Si l’on colle une oreille contre le goudron de la rue, on peut entendre une mélodie étouffée. Ou même comme un murmure, comme un son micrographique ou comme un écho prisonnier de la nuit, des égouts ou encore des microflores des scènes politiques, que la Toile de Pierre Soulages, ce triptyque, fait s’agiter dans la pénombre occulte.

Et elle se déplace, cette pénombre de mélodies bipolaires, en même temps que l’eau bleue des égouts, parmi les boites de lait et les chaussures et les conserves et les cartons en dissolution, elle serpente et devient progressivement plus audible et plus claire à chaque kilomètres en suivant le courant, et au bout d’un long voyage sur l’eau javellisante, l’on arrive à sa source. De mélodie étouffée ainsi qu’en représentations spatiales, jusqu’en microcosmes noirs de mondes fécondant l’art primitif des pinceaux de Pierre Soulage, son tableau décrit la scène suivante : ici et là, l’égout fait un coude et il y a un large renfoncement où se trouve du matériel d’entretien dans des casiers en fer. Ici et là aussi, des bougies ont été disposées en cercle autour d’un monceau de déchets et de détritus grand d’au moins un mètre.

Contre ce trône en décomposition repose un homme à tête de corbeau, en costume de ville usé et trempé, il est littéralement assis dans les ordures, posant le pied contre une enceinte d’amplificateur de guitare-basse d’où s’échappe la fameuse mélodie.

Il déguste un whisky bas de gamme à même le goulot dans la pénombre étrange de l’endroit, marmonnant quelques paroles inaudibles de temps à autre et ignorant royalement les deux alligators adultes postés à ses côtés, calmes et immobiles comme de fidèles chiens de garde. Ici, les ombres portées sont fascinantes. Et fascinantes sont encore davantage ces scènes politiques que l’eau bleue, elle-aussi occulte, fait défiler et détruit à mesure qu’elles apparaissent.

La nécropole de Saint Péray

Ce rêve communautaire aspiré par la nécropole des apiculteurs avait été construit d’abord dans la nef centrale, accueillant la beauté moche qui avait inventé deux personnages : Taylor et Charles Manson ainsi que les très regrettées, les très naïves, ou trop hitlériennes récoltes de tournesol, alors qu’elle revenait d’une randonnée sur sentiers sableux.

De retour dans la nécropole à Saint-Péray, où elle se plaignait, penché sur son ordinateur à mesure qu’elle coupait la bûche des montagnes aux mousses mourantes, cette rangée de corps alors divisée – ou devrais-je dire stratifiée – en quelques halos de glace. Halos aux neiges éternelles.

En remontant ces « étages » ce qui donnait un éventail de femmes nues à vocation universelle, on se rapprochait – il me semble – de leurs douces et brillantes, de leurs excitantes et réconfortantes facultés.

Leurs facultés ? On ne pouvait les définir sans descendre d’un « cran » d’une « marche » ; au paroxysme de l’orgasme, alors se constituait, revenant de loin, l’album de cette étrange famille : en cas d’indispositions, exsudant l’arôme, l’odeur, l’histoire génétique de toutes ces femmes, elle tombait dans les pommes fermentées. Et l’acropole de Saint-Péray était ainsi abandonnée…

Les Etres en Question

Pourtant à cent lieues de s’imaginer repartir en digressions aléatoires, elle attrapa sa lampe de bureau en verre coloré pour les jeter sur le papier ; Angela marmonnant quelques paroles inaudibles n’entendait pas cette note de musique qui ne pouvait s’éteindre sans le recours au piano.

Elle avait des bras fins, d’hypothétiques idées sur le monde des mosquées, sur les gars parcourant l’Orient de leur pas lent, militaire et moscovite, des veines violettes ; et on discernait en elle une latente envie de se nicher sur les rayonnages de la bibliothèque de Lucky Pierre… Ainsi perchée, proposant comme traduction bancale tous ses bouquins privés de leur récit et de leurs attributs magiques, on la voyait enfiler, cette nymphette, les textes oscillants de Lucky Pierre, à tel point que les êtres en question dans cette nouvelle configuration ne s’exprimaient sur le papier que par des dialogues décousus.

En effet, les monologues de ces auteurs du cut-up agressif, participant aux jeux de mots des ateliers d’écriture d’Alphonse Choplif, le défunt propriétaire du lot numéro cinq, avaient été vendu avec le tout aux enchères. Le souvenir de ces enchères pulsait encore dans le crâne de cette jeune fille, se remémorant qu’il n’y avait presque aucune parenté avec les livres de Lucky Pierre et le contenu de cette grande malle, à présent posée sur la moquette de la suite ; cependant on sentait d’avance qu’il y avait des choses harmoniques avec les carnets du lot numéro cinq et les ouvrages poussiéreux de Lucky Pierre : à savoir, le premier des carnets de Choplif, l’inventeur génial, enfermé jadis dans son bureau pour inventer une méthode d’écriture et pour proclamer à tout l’univers, si il voulait bien l’appréhender, l’invention d’une Zone, un espace imaginaire où les zonards métamorphosés en ces êtres spirituellement avancés, se livraient, aux pieds des plates-formes de lancement d’Apollo seize, à des rallyes surnaturels, ce premier carnet de Choplif, dis-je partageait avec les romans de Lucky Pierre, le plan d’ensemble de tout le manoir carillonnant régulièrement quand Angela ouvrait la fenêtre de sa chambre d’hôtel à Venise.

La peau de son visage était alors tendue comme celle d’un tambour, ses paumettes tranchaient sans résistance, sans maladie particulière, entre la couleur méditérannéenne de ses volutes, parfumées à l’ethernet, de ses étranges cigaretttes et la noirceur des scies circulaires servant aux opérations de Choplif, le fondateur absurde de leur mouvement et même de leur parti politique.

Et de ses yeux gouttaient le sang répandu par ces scies circulaires, ainsi que les instruments chirurgicaux cachés dans la poche de sa fourrures d’hermine ; dans cette flaque de sang, il y avait là la métrique de ce piano de la suite vérifiant par son mécanisme prismatique et sophistiqué les appels manqués de cette puérile star du porno, Lucky Pierre… Et, dans la cheminée, les cendres de ces zonards qui n’avaient pas respecté les doses de potions permettant de se transformer en êtres prestidigitateurs, pouvaient rentrer entièrement dans une blague à tabac.

En effet, en lançant le début de leurs rallyes tendancieux, sur leurs réseaux sociaux, avachis dans leur canapé, obsédés par une grave dépression et cette tenace envie d’écrire leur noirceur, ils étaient tombés sur un os : ces écrivains maudits, qui s’interdisaient de toucher à cette sacro-sainte Marie-Jeanne, récoltée sous les lattes des saloons américains de leur Créateur, Alphonse Choplif, avaient fini par être brûler sur les bûchers de la Saint Con allumée par des parchemins aux feux mâchant les flammes maniaques… un événement en avril qui fit marcher les douze moteurs aux combustions sanguines des gondoles de Venise ; ces gondoles ? Synchonisées avec la chaleur des tropiques s’approchant de la fournaise et du festin nu de Burroughs, elles ne se doutaient pas que bientôt elles seraient coulées.

Et, dans le gros bouillon des lagunes vénitiennes, sous les flottaisons de tous ces vautours, des émeutes démoniaques allaient en profiter pour semer la discorde parmi les défunts zonards ; une discorde qui langoureusement, avait attrapé le virus musical de cet étrange piano que Angela, sans l’air de feindre, jouait… Et ainsi l’absinthe se mettait à couler avec une touche d’exotisme que Lucky Pierre, silencieusement, décrivait dans ses lignes pressantes, découpées au ciseau, en livrant bataille pour repousser les angoisses de la page blanche.

Le mur de Jersey

Tout d’abord la représentation des nomades émergeant à demi d’un mur de marbre blanc, comme sculptée à même ce mur. Puis, le teint cireux, les yeux luisants et les bras tendus vers un lustre écrasé au sol, ces nomades que Cassandre, sur le mur de Berlin, tague, comme les molécules d’une tasse à café, se promènent en bésicles de peste sur la voie publique.


Cette représentation ? Des aplats brusques, de journaux ou de rapports contre les puces, mélangés avec cette palette de couleurs, surtout le noir comme cette Belgébeuse, comme cette étoile en virée pour du tapage nocturne et bien urbain… Et ces nomades ? Des caravanes créées par le seul pouvoir de cette rêverie que je rêve secrètement de rosser à mort pour penser aux si belles, si moches choses.

Enfin ce mur de marbre blanc : de Berlin mais à s’y méprendre ; et du matin comme Cassandre tôt devant son café, le café étant source et voie taoïste pour reconstruire ce mur abîmé par le temps et les gens en goguette… Et en goguette comme ces nomades sont ainsi les essences de white-spirit, tirant sur le bleu ultramarin d’un halo de mystères, d’un rond stylisé de sorcières alchimiques, de cette rêverie. Des pensées belles, ou moches, ou sales qui rassemblent les moines bouddhistes priant, envoûtant les petites gamines en planche à pain, sous nos fenêtres, à l’angle de la rue Caspienne et du boulevard Borges.

Il y a aussi, par comparaison avec ce mur de Berlin, une ressemblance avec une tierce personne autre que Cassandre, une ressemblance, dis-je, avec rageusement toutes les abominations métaphoriques ou réelles qu’elle peut contenir ; cette tierce personne, c’est peut-être moi, ou bien les molécules s’agitant dans la tasse à café qu’elle achète, Cassandre, à Jersey…

Stone avec toi au Mexique !

Tout en restant stone avec toi dans les champs de maïs que notre nudité, par ses représentations de nuit verte et ses halos iconoclastes, blasphémait, ces halos tombaient en pluie sur cette petite ville du Mexique… par une absence de manière triviale et affûtée, cette petite ville du Mexique accueillait des spectacles de majorettes : ce show, alors que j’étais stone avec toi, laissait reposer la volupté ignominieuse des majordomes pendant dix jours.

Ces dix jours mûrs s’écoulèrent jusqu’à ce qu’ils se réveillent brutalement d’entre les morts, jusqu’aux kyrielles de leur disparition dans les clubs huppés où j’étais stone avec toi… Peut-être à cause des royalties que ces êtres en question versaient en notre honneur et que les autres réfutaient pendant ces dix jours.

Dix jours stone avec toi, notre odyssée ainsi se fit tout simplement. Et se fit aussi, de manières sporadiques, à Kuala Lumpur où nous étions à présent, sur les épaules des géants, une courte reptation sur le dos.

Une courte reptation régulièrement suralimentée par télépathie, aussi vive et rapide que les aiguilles de ce réveille-matin, dans sa majorité cérébrale, qui soulevait, depuis son branchement à la prise du mur, des questions existentielles de marionnettistes… Et, sursautant d’impatience, les jeunes et intrépides aiguilles du réveille-matin nous indiquaient, au beau milieu de la nuit verte et de ses halos iconoclastes, l’heure irradiante d’être stone !

Ah ! Décidément, à Kuala Lumpur comme à Mandeville, si nous n’avions pas passé ces dix nuits, nous aurions vraiment joué de malchance, tant les néons jaunes et bleus qui forment une électricité urbaine à la mode, avaient été happée par cette éblouissante lumière taillée dans la mie de pain des machines hertziennes !

La Présence

Tout d’abord, une particularité permissive pour ce monde : leur monde était encore branché sur Péritel qu’une équipe d’une douzaine de chercheur tentait de modifier informatiquement tout en collant d’un peu plus près une oreille contre le combiné du téléphone.

Le monde, leur monde, étant surchauffé d’excitation, de ferveur, et d’effervescence avait participé peut-être par télépathie, ou par l’alchimie, ou bien par l’évanescence de la fraîcheur sylvestre où je m’étais réfugié, assis à l’arrière d’un van aménagé, leur monde, dis-je, avait participé aux attentats de Paris sans le savoir ; toutes leurs pensées issues de leur subconscient.

Une anticipation, peut-être pas volontairement incarnée, mais par pure fantaisie ou effet mimétique sûrement, aurait suffi à dissiper ces pensées morbides : en effet, il aurait suffi d’invoquer la Présence, la héler depuis son palais, le Taj Mahal.

La Présence ? Solutionnant dans ses yeux verts, comme un traquenard, les fragments des phrases initiées par tous ces fantômes et tous ces démons.

Les lois bibliques de l’échiquier de John Fante !

Textes et images de Valentin Frizon

Tout d’abord, des lois gravitationnelles uniques comme vénérations et obligations de passages des caravanes référentes aux sévices des gens forçant à se résoudre, dans leurs fichiers informatiques, à faire le tri… à vendre leur maison aussi pour payer leurs banques qui ne veulent pas entendre d’un plan de surendettement…

Un plan de surendettement classé par ordre chronologique sur cet échiquier, aux essences spirituelles rares, qu’un gars comme John Fante, fermier de son état, occupe à la place des fous pour pallier à ce problème de surendettement…

Comme, par exemple, l’acquisition de cette voiture de luxe qu’il paye depuis plusieurs années et qu’il fait rouler au gaz oïl sur l’échiquier après des mois d’échéance impayés..

Et impayés et celtes aussi sont les mondes contentieux débarquant sur l’échiquier comme les trois singes du bonheur, trônant ainsi sur mon bureau… Sur mon bureau aussi où je voudrais laisser reposer mon ordinateur affichant sur tous les écrans virtuels les péripéties d’un autre gars autre que John Fante.

A lire et à suivre sur le blog de NotesMat15.

Les neuf mesures de Mandeville en Louisiane

Dans les jardins botaniques de la ville, des serpillières étendues par terre à la place des vectographes pour remonter cet ensemble de neuf mesures comme le mécanisme d’une vieille montre… Zeus avant le shampoing décanté de ce mollusque de chien-lézard.

Comme les formalités spirituelles et esthétiques de l’eucalyptus au fond des grandes profondeurs : il y a aussi ces neuf mesures révélant le bien-fondé des spiritualités gluantes et télescopiques qui rendent de l’huile de vidange ; ou bien, en régénérant par télépathie, sans cesse, le chapeau d’un champignon mortel, vénéré comme ces neuf mesures accrochées au goût de l’anis des marais de la Louisiane…

Afin qu’elle vieillissent, ces neuf mesures, à l’extrémité nord du souterrain, l’ impossible nuit verte tombe sournoisement sur Mandeville, ville esthétiquement abordée comme autant de shows dans la rue. Abordé aussi comme ce blues parfumé à l’eucalyptus que je détiens les yeux fixés au plafond d’un comptoir où l’on sert tord-boyau sur tord-boyau : des alcools de scolopendres de mauvaise augure, calmes et immobiles au fonds des verres crasseux.

Les neuf mesures ? Sur des feuilles de papier, qui me servent de liasses de billet, notre PC au clavier pianoté comme le piano de Chopin, tel une démonstration musicale déclinant cette ensemble de neuf mesures selon un corpus énigmatique, ruisselle de toutes les perceptions d’une créole en larmes, après le départ de Gainsbarre. Parmi les chercheurs qui avalent leurs sandwichs sur le ferryboat, se démêlent pour écouter les hurlements de ce chien, de ces larmes d’acrylique, de ces larmes d’étoiles inconnues, d’isolement lascif et de vénustés provisoires, niquées lors des orgies afférentes à l’héritier des Flynn, ce seigneur de la Louisiane.

L’aliénation de Pékin

Le piano jouait des silences ordonnés, architecturés pour combattre la noirceur des Aliens. Le premier étage du bâtiment infecté avait été de fond en comble été nettoyé des œufs blancs, ou virant au rouges, aux hommages tuméfiés, librement inspirés du passage de ces créatures.

Les photophores fossilisés, aux lumières éclatées comme des poires pochées au vin, avec l’aide de l’œil unique du Cyclope visionnant des vidéos de surveillance, des fourgonnettes de notre milice de mercenaire libéraient télépathiquement les âmes des cosmonautes, perpétuellement en orbite.

Dans la cave de cet immeuble, ce souterrain aux espaces comblés de chair noire et prune, il y avait aussi d’autres cosmonautes fumant des gitanes maïs. Leurs lunettes d’aviateurs aux verres fumés étaient éclatées en alvéoles sur la table, autour de l’empreinte brute des os de cet Alien, propre à rien, à part d’émettre une logique propre, imprimée à même le bois.

En train de pondre encore d’autres œufs, cette Joaillière Créature avalait des vertiges sur des patins de sang noir, ses canaux lacrymaux-nasal pendouillant hors des paupières et arrosant notre équipe d’interrogateurs comme une fleur invoquée en haut d’un volcan ; ce phénomène héroï-comique de clowns aux ventres gloutons, cachait par des ombres chauves, ponctuées par de grands coups de spatule à Pékin, des sonorités mauves et chaudes… Un environnement audio-visuel qui, souvent, venaient dormir avec nous, au creux d’un arbre.

La persévérance des êtres en question à Tokyo !

Un plan serré dans la pénombre montre tout d’abord, de juxtapositions en juxtapositions par la caméra, montre ou plutôt suggère l’esquisse d’un visage… Le visage d’un gros barman à la chair grise ; mais le film que les spectateurs devrait reconsidérer, à l’avance en rentrant chez eux, sur le papier d’aluminium avec des feutres de couleurs rougeâtres, comme émanant principalement des abcisses du tamagotchi de ce barman.

Celui-ci, réalisant qu’il est filmé et que ce plan, où on le voit sur l’écran décrire les champs de maïs de son enfance, ce plan permet aux gens qui visionnent cette vidéo de rassembler leur esprit, après une succession imparfaite de bugs, d’échecs virtuellement et méchamment perpétrés : une suite incohérente aussi de retours en arrière.

Cependant, les êtres en question dans ce cinéma souterrain, étudiés par le réalisateur comme des créatures bizarroïdes pendant ses années de faculté, ont presque oublié le synopsis et les dialogues, un dialecte de Papouasie, malgré leur attention fiévreuse de prendre des notes sur leur carnet de moleskine…

Une longue énumération, alors dans les moindres détails, descriptive de ce plan primitivement conçu comme un flash-back, selon le modèle de ces êtres en question, ayant réalisé leur conception du bonheur à Tokyo, ville de persévérance…

La Marijuana de l’Acropole

Ah la marijuana ! Elle les rendait (toutes ces nymphettes) d’humeur fraternelle, et tout coulait dans le bon et noble sens du terme jusqu’au jour où… je ne sais pas… précipitamment et sans prévenir, tout partit en vrille, tout s’écroula comme un crime de lèse-majesté privant la reine des nymphettes, la fiancée de Lucky Pierre, de son énigmatique gouvernement psychique et physique.

Le récit qui suivra pourrait narrer l’odyssée sous le joug et l’emprise de cette herbe si étrange qu’elles avaient découvert lors d’une expédition punitive en Orient ; et, de surcroît, armée de ce cannabis pour démobiliser l’enthousiasme des ascenseurs de l’Acropole, elles avaient prêté serment au vieux des montagnes afghanes, ce demi-dieu des assassins et cet unique survivant du massacre américain…

Mais voyez par vous-même le sinistre résultat, n’hésitant pas à lésiner, comme un rêve communautaire, sur la violence de cette scie spirituelle : la plante aux substances psychoactives dans le crâne, omniprésente par l’entremêlement des neurones formulés selon sa souveraine volonté et son intelligence végétale, gardait pour elle ses visions, ses rêves éveillés en glanant, parmi les ascètes de la drogue, des données cérébrales permettant d’ouvrir sur un nouveau système onirique…

Un nouveau système onirique aseptisant, face à la houle verte, les gants des nymphettes aux gants tachés par le phototropisme irrésolu des plantes de l’Acropole, qu’elles manipulaient, examinaient, arrosaient etc. Leur phototropisme ? Initié en Orient, il finissait toujours par leur faire prendre cet ascenseur spirituel qu’une armée de farfadets avait doté de pouvoirs psychiques étonnants…

L’Acropole Vénitienne

C’était un dimanche, à l’intérieur de l’Acropole Vénitienne, qui s’annonçait particulièrement maussade en raison des kyrielles de gondoles coulées.

Ou presque coulées parce qu’en réalité les temps des espaces narratifs n’étaient plus aux premières loges pour assister à la naissance de ce vecteur pathogène sévissant dès l’entrée de cette Acropole

L’Acropole ? Des nymphettes nues, en sortant de la baignoire verte en forme de yoni environnée de savons, de shampoings, d’éponges et de jouets érotiques, se précipitait pour vous accueillir malgré cette vénérée, cette bien vivante maladie vénérienne.

Dans la salle de bain de l’Acropole Vénitienne, décrites dans les archives des derniers textes de la bibliothèque de l’Acropole, des varicelles transmettaient aux nymphettes d’autres vecteurs pathogènes qui venaient à bout de leurs résistances, de leurs efforts pour reconnaître le visage des acteurs pornographiques… En effet, la substance fantomatique de ces derniers, venant d’un Eldorado hollywoodien où l’on produisait des films, était rarement perçue, même par les nymphette de l’Acropole.

En effet, seulement appréhendé de loin, ce substantiel souvenir, alors que les vidéos étaient maintes fois visionnées, disparaissait comme le beau temps quand on débutait l’escalier de l’Acropole, avec le gazouillement des merles ; des merles moqueurs bientôt cloués au-dessus de la grande porte de l’Acropole.

Les origines des romanciers du cut-up

En variant les espaces de ces êtres en question, les points d’incisions des champs sémantiques, l’ordinateur Burroughs Cora-Hummer 7 arpentait de haut en bas les variables, ô infortune, ô rage, de ce ciel hanté par leur disparition.

D’un bleu vénitien, celui-ci abritait, pour parfaire l’architecture aux ailes mécaniques de cette machine sophistiquée, des nichées de romanciers éclairés par de jeunes filles, tenant toutes une chandelle brûlante et qui avaient vraiment du chien. Mais les écrivains n’avaient pas encore vécu leur dernière et grande bataille contre l’occident.

En effet l’esprit occidental, ce poison soumettant les êtres en question à se faire petits, sévissait surtout à Noël. Mais on voyait partout ces êtres occultes : en traînant sur les avenues des sapins de Noël, attachés à l’arrière de leurs fiacres, on pouvait les estimer de singuliers. Avec le goût acidifiant du désespoir dans le crâne et la gorge.

Les fumeurs noirs de la ville de Hong-Kong !

À Hong-Kong, vaticinant à la page trois d’un livre à la traduction bancale, le système adverse des pensées des fumeurs noirs, mendiait quelques miettes d’attention.
En effet, la vastitude des sujets évoqués dans ce bouquin, et leurs kyrielle d’injures alchimiques, en avait fait travailler des méninges, alors sous les effets enchantés du kif qu’ils fumaient mélangé à du tabac.

En avait fait apparaître, aussi, bien des hésitations avant d’allumer ce tabac : une saine décision du gouvernement, alternant la rigoureuse forme de l’oppression et le style des grands orateurs, les avait relégué au statut nocif d’emmerdeur chaque fois qu’ils hésitaient à brûler une clope ou qu’ils se décidaient à la mêler avec le chanvre indien, en ignorant les grandes stratégies des grandes compagnies comme Phillip Morris… ainsi que leur marketing aussi tapageur que chimérique qu’on voyait afficher sur les panneaux publicitaires de la ville de Hong-Kong.

Enfin, me retrouvant en haut d’une tour de verre, je devais répertorier toute cette aveuglante publicité sévissant à Hong-Kong qui n’affectait nullement les consommateurs : une perte de temps, d’énergie et d’argent qui aurait pu être utilisé pour promouvoir les bénéfices du cannabis vantées dans le miraculeux ouvrage de ces drogués aux dents jaunes.

Le chien-lézard de Brisbane

À Brisbane, il y a cette cathédrale de Milan ou Dôme avec ses kyrielles d’influences gothiques, toutes commençant par de mystiques rhétoriques dans les ouvrages et toujours affichées sur l’écran des ordinateurs de la haute finance, qui abrite ce chien-lézard. Et, dans la torpeur de Brisbane, les financiers le compte parmi des listes téléphoniques longues comme des jours sans pain.

À Brisbane : pour décrire la basicité de ce marsupial mollusque, de ce chien-lézard ou de cette Océanie, il faudrait d’abord ouvrir ce prodigieux précis de médecine aux pages collantes et gluantes et ainsi tenter de comprendre ce qui agite tant Brisbane en ce moment.
Les prémices de ces étranges phénomènes à Brisbane, annoncées il y a quelques jours et différées à peine une heure avant, s’incarnent réellement par ces célestes volutes de chien-lézard se liquéfiant sur la cuisse blanche d’Angela.

Poursuivi toute la nuit à travers les rues de Brisbane, ce chien-lézard, jusqu’aux impasses et leurs radicales où toutes les juvéniles majorettes trébuchent, a pour seul lien de parenté les espèces disparues de l’Océanie… cette Océanie que j’ai exploré, en me méfiant de ses marais maléfiques et en rôdant exclusivement dans les coins et les recoins de Brisbane, cette ville qui se rapproche par son plan architectural des songeries floues de ce chien-lézard.
Celui-ci, dans sa cachette, les couloirs d’aération des grands buildings, dans son repère où accouchent les nouveaux mondes sibyllins de Brisbane, médite sa vengeance en alternant les pensées négatives et positives. Négatives et positives, comme tant d’autres représentations, sur les murs aux hauteurs pharaoniques de Brisbane, des calligraphies insolubles à l’encre chancelante. En les jetant avec des scénarios pas très folichons à la corbeille, tous ces mondes celtes tire-bouchonnés qu’elles contiennent étrangement, sont comme autant de phénomènes surréalistes ; ces étranges équations à double inconnue, se propageant dans les môles servant à construire les rues de Brisbane, ces phénomènes, mathématiques par leur alchimie et leurs plaintives volutes, leurs constellations de poussières, glanent ici et là quelques songes lointains… Ou d’autres insanités que la moiteur du jour fait oublier.

Dans le cerveau de ces mutantes créatures, et même dans les lobes cérébrales d’Angela, il y a enfin les divers bafouillages ou cafouillages foudroyant la physique œdipienne comme la banquise des phoques des cercles polaires les plus froids. Un essaim de mouches pour ultime nébuleuse…

Les êtres en question. En Haute Montagne. Deuxième chapitre.

En s’équipant de bois, de peau séchée dans l’armoire contenant aussi de lycéennes drogues gallo-romaines, ainsi que de collégiens coquillages, nous étions fins prêts à affronter le Shasta des neiges mouvantes… Cependant, nous portions, en ce froid matin d’automne, le poids des obscures raisons nous empêchant de partir à l’aventure : j’avais pourtant trouvé un guide grâce à ma monnaie luxurieuse.. Ce n’était donc pas ça qui nous obligeait à rester au point de départ.

Ce n’était pas non plus, dans notre quartier, les rumeurs des manifestations des gilets jaunes, racontant que cette piquette d’Alphonse Choplif qu’on avait entamé, appartenait à Satan lui-même. On disait de cet ange anciennement descendu des cieux, appelé Lucifer, qu’il avait ensorcelé ce vin de vigueur, simplement en le changeant en une espèce de liquide psychotrope et psychédélique… Mais nous moquant bien des ragots des manifestants et ignorant tout sur le sujet, après avoir jeté par la fenêtre le mégot d’une Craven A aux arrières-goûts organiques et chimiques de cyborgs mercenaires et aux arrières-pensées télépathiques, nous attaquions, en débouchant une nouvelle bouteille de ce vin aux propriétés inconnues, notre dîner ; et aussitôt après les premières gorgées, sous les cheveux blonds platines de ma fiancée et aussi dans mon crâne, nous oublions les girandoles imaginaires des flics aux ailes d’anges mécaniques, n’existant que dans notre esprit car ce lieu était vide de toute présence humaine ou animale.

Avant de livrer les vraies raisons de notre stationnement lymphatique dans notre chambre où l’on voyait de jeunes lycéennes, aux ailes d’anges mécaniques, divaguer sous l’effet entièrement dissipé de ce psychotrope maudit par le diable lui-même, il faut reprendre la narration à partir de la description de la sexualité débordante de ces Êtres malicieux : léchant les feux d’écorces que nous allumions en imagination perdus dans un refuge de haute montagne, celle-ci débutait par le récit d’un bouquin que nous affectionnions particulièrement… La Liste des Fantasmes machistes des Êtres en question.

Quatrième chapitre à suivre !

Les clochards célestes et leurs naissances latentes !

Les clochards célestes, à l’angle de la rue Caspienne et de la rue Borges, avaient tourné pour prendre leur RER.

Gorgées d’électricité, l’électricité des bouquets de nerfs qu’on retrouvait sur les panneaux de publicité, les descriptions des petites annonces parues ce matin étaient parcourues par leurs yeux avides.

Les descriptions, aussi, de ces phrases colorées, sensorielles, que les clochards célestes associaient avec cette médicamenteuse télépathie qu’un seul homme aurait dissipé…

Pourtant, et la situation au départ n’avait rien de négative, ces phrases colorées, sensorielles, incarnées par ces spectres à la rue, revenaient de loin : du siècle de Charles Baudelaire, de ses correspondances requinquées par des pensées malaxant d’expérimentales transformations fortifiantes comme le maïs en pop-corn.


A l’angle de la rue Caspienne aussi, comme un clown noyé dans sa brune, comme le joker attelé à un bar, ce qui frappait autant l’esprit, la vue et les autres sens, c’était cet être hybride, un cyborg aux organes conçus lors de leurs orgies, puis abandonné dans cette brasserie survivante.

Laissée seule à son triste sort, cette sibylline invention robotique naissante, que les clochards célestes avait transformé, en se servant de leurs expériences, était censée être montrée au cours de l’exposition de 1900, avec cette Tour Eiffel.

Celle-ci, cliquetant comme autant de loupiotes d’un univers subconscient, presque imaginaire, était bien décidée à adhérer à la pleine conscience de ces clochards célestes.

Les êtres en question en Haute Montagne. Premier chapitre.

La lumière, provenant de la métaphysique de ces êtres en question, de tous ces bouquets de nerfs, me blessait les yeux. 

Des bouquets de nerfs enfermés dans sa Machine Céleste, elle avait commandé un chocolat chaud et le ciel bleu était pudiquement saturé de points d’exclamation enfiévrée.

Mais ces derniers mentaient sur toutes les lignes… Et des lignes de code contenues dans cette Machine Céleste, un simple iPhone qu’elle pianotait tandis que je lui parlais, il y en avait des kyrielles sur son écran représentant des systèmes de notations musicales.

Un authentique merdier.

Mais une véritable manne pour ces êtres en question inventés par elle, et avec l’aide de ce malotru qu’on avait rencontré sous le porche de cette grande auberge donnant sur les espaces vides et les wagonnets de charbon. Ce grossier personnage, en kimono noir, avait réussi à faire tilt dans le cerveau de ma fiancée, l’air des montagnes farfouillant dans leurs oreilles une séquence d’actions interpersonnelles.

Un vrai surgelé être en question, exerçant des ondes positives dans la mémoire de cette amazone par une substance active délivrée, quelques heures plus tôt, par ces plantes qu’il lui avait donné gratuitement. 

Des spéculations boursières hasardeuses, et rien d’autre en réalité c’était.

La vessie pleine de mathématiques, j’imaginais, en attendant qu’elle redescende de cette drogue étrange, ces êtres en question dérober les derniers meubles qui étaient restés dans la résidence secondaire ; le sang de ces spectres, quand il était bu d’un trait, vivifiait le Manifeste des idées noires, distillées en parfums médicamenteux et ainsi, en courant sur le comptoir en ivoire, cette mer Méditerranée sanguine remuait ses vagues informatiques. 

On avait gaspillé inutilement notre temps pour décrire cette sensation affreuse d’un danger menaçant, cette appréhension d’un malheur imminent, et pourtant aucun événement négatif n’était apparu, aucun miroir dissimulé ne reflétait nos désastreuses aventures, notre arrivée en territoire de ces sauvages, ces êtres en question.

A l’intérieur de mes poches, les Napoléons sonnaient, je comptais louer les services d’un guide de Haute Montagne avec ce fabuleux trésor : on voulait dormir à la belle étoile sur une crête hantée par le Shasta des neiges mouvantes, cette montagne terrible, avec ses apparitions fantomatiques s’ébattant dans le grand jour bleu sans même attendre la nuit, sans même éteindre ce soleil scabreux à la fermeture des cinémas.

Après notre halte, requinqué par des boissons polaires fortifiantes, des vodkas poussières et d’autres alcools imaginaires, j’entrepris de demander au tenancier de l’auberge si il connaissait quelqu’un pour s’aventurer avec nous dans ce projet réputé fou.

Deuxième chapitre à suivre.

Deuxième chapitre à lire et à suivre sur ce blog.

La Vallée des Rois

En pénétrant par un accès interdit dans l’Acropole de ces souverains réchauffés non par le soleil vert ni par ses rayons au gaz comme le butane mais brûlés par les fours à chaux ou les bûchers atrocement allumés, j’avais cette sensation d’asphyxie.

Et, en rogne dans le tombeau sacré de leur Vallée, ces roitelets éprouvaient des émotions pourtant contradictoires : un mélange miraculeusement évanoui quand, jetant mon sac à dos par dessus leurs fortifications, je violais leur tombe.

De construction romane étrangement, cette nécropole me livrait tous leurs secrets comme des scènes de films dévoilées avant l’heure, n’ayant pas encore été conçues, mais minutées déjà comme des publicités pour gens huppés et privilégiés.

Cependant, comme un événement inopportun, il arriva ce qui devait arriver : je fus soudain frappé par la malédiction des profanateurs, et, ainsi en tentant de recueillir l’eau de leurs sources cachées aux tréfonds de ce sanctuaire, les paumes à présent visqueuses de mes mains d’ancien samouraï n’attrapaient que la pourriture, cette essence de sculpture de glaise moulée finement, des vieux archéologues, rapatriés d’urgence dans leur pays d’origine.

La folie et la noirceur du Joker. Deuxième chapitre

Concluant à une mort par le supplice de la corde, l’enquête piétinait.
On ne savait toujours pas si la folie et la noirceur du Joker en était responsable. Pendant ce long été aux cieux byzantins, tout ce qu’on connaissait de ce prétendu suicide, c’était qu’il avait pour dénominateur commun une certaine carte de tarot, le Mat, retrouvée dans la poche de ce pendu.

Ce pendu ? Par essence spirituelles, ses pensées continuaient, même évanouies, de lister les bouquins de poésie, les bouquets de nerfs ou d’autres actes manqués comme autant de saints sacrifices satanistes. Car satanique était la noirceur du Joker, sondant d’un peu plus près les fragrances de ses prochains attentats.
Comment jauger alors la quantité de jeunesses et de genèses que le Joker avait abandonné ici-bas avant de calancher ?

Olfactive, la première réponse répandait, quand on la pressentait, un parfum d’impertinentes disparitions, venant des tréfonds de la noirceur et de la folie du Joker. La seconde réponse annonçait l’orage, gelait les récoltes de têtes coupées, mettait le feu à tous les palais : des frondes qui, autrefois, n’avaient pas été jugées potentiellement dangereuses à leurs naissances latentes.

Enfin, paresseusement, dans ce monde ou ailleurs, le Joker regardait, des poussières d’étoiles noires en bandoulière, les psychotiques tomber dans son escarcelle. Leur génie et le professionnalisme de leurs idées noires étudiés soigneusement par ce personnage aux épisodes dépressifs très opulents.

Puis, étape après étape, toutes effrayantes par leurs architectures spirituelles, ces périodes alternaient les razzias gribouillées sur le carnet de moleskine du Joker avec la prose de ce psychopathe, dans un corpus recensant toutes les tournées pour les gueuses.
Inventés sur les panneaux publicitaires censés vendre des hémorragies superbes, des coupes à l’iroquois, ou encore d’autres croyances sanguines. Et sanguine était la panacée de tous ces copier-coller provenant de l’ordinateur du Joker, bien qu’il n’eusse jamais touché à un clavier.

Une sorte de sortilège afin d’évider les tripes de ces agneaux égorgés et de ces Anarchitectures de ce fameux Joker

La noirceur et la folie du Joker !

Tout d’abord la noirceur et la folie sacrée du Joker. Comme dénominateur commun avec la carte de tarot, le mat, leur essence spirituelle provenait d’une bible pour églises fantomatiques en sept pages… alors que le froid mordait les lattes, la folie spirituelle du Joker listait les bouquins de poésie comme autant de saints sacrifices, en envoyant de gros bouillons de lacunes. 

À la première page de cette bible, pour sonder la noirceur du Joker, la description d’un film d’horreur très kitsch qui emprunte sa chronologie à une tentative d’attentats en supprimant toutes les jeunesses et toutes les genèses des noirs désirs.

Est-ce qu’on l’a vu habiter ces tréfonds, peut-être aux croisements des timelines de Twitter ou d’un autre réseau social ? Ou est-ce qu’il a disparu, impertinent, potentiellement dangereux ce Joker aux maquillages effrayants ?

À la page deux, les récoltes des têtes coupées en bandoulière pour désigner un référent, le Joker gèle tout le génie humain et le professionnalisme des idées noires et leur expression kabyle.

Puis, étape après étape, incandescentes, les harcelantes flaques de vomi dans la salle de bain, et les livides draps trempés de sang dans la chambre du Joker, à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, laissent présager que le Joker s’est tailladé un sourire avec son rasoir. Le sourire d’une évasion : après les jours de crêpe, ce sourire idolâtre, tombant en cataractes, presque imprévu quand les occasions de la vie font grossir les répétitions morbides.

Des répétitions macabres reliant entre eux les penseurs par un label collectif. Sûrement le label Sub Pop des artistes aux sourires d’antilopes massacrées.

Les vies antérieures

Les vies antérieures comme les sauvegardes de l’iPhone avaient le moral bouillant au fond des bottes. Ces vies, contenant leur élément (le bois) et leur occidentale lettre romaine ou grecque, répandaient les rumeurs qui concernaient les guerres d’Achille et son armée des singes.

Il y avait aussi, comme décor, les longues pattes de l’araignée dans le ciel et sur terre qui laissaient crisser, sur le gravier de la route empruntée par ces mercenaires, des choses nerveusement malades : comme des ongles sur un tableau noir, leur assourdissant vacarme se précipitait dans la glaise moulée à la main d’où provenaient les vies antérieures. Et, alors que je lisais la longue description des petites annonces parues ce matin, ces choses étranges qui ne servaient à rien ou qui semblaient ne servir à rien s’incarnèrent dans les eaux stagnantes des sources miraculeuses, sous les cendres et les braises des feux dominateurs, ou encore aux tréfonds des souterrains où des travaux de cuir et de sciage s’accumulaient… Entre les lignes aussi des cahiers d’écolier des singes mercenaires déguisés pour l’occasion en bonimenteurs, il subsistait la trouille spirituelle des enveloppes qu’on leur envoyait afin qu’ils puissent réussir leur certificat, une seule étape à la fois…

« Les composants de leur premier jour, de leur deuxième et troisième nuit aussi, étaient mûrement établis : dissociés, ils généraient la fonte des glaces dormant à la belle étoile, sous les baobabs de Saint-Péray ; et parfois asymétriques, on les entendait passer dans des tuyaux sensorielles comme les pensées des géants à côté de moi qui avaient l’haleine de la lascivité. Aujourd’hui, par exemple, à la foire où l’on vendait ces immenses tuyaux et où les mains n’attrapaient que du vent, le petit diable vert du Photomaton et ses anneaux pré-découpant les selfies des gens qui ne font qu’observer en ricanant, jetait des insultes de dessin animé, de cartoon multiculturel, à ces personnes de passage. Ses divagations cosmiques aussi comme des attentats sur le papier de moleskine. »

Guillerettes, ces divagations animées toujours par les vies antérieures des derviches tourneurs, s’organisaient en cercles pluvieux, osseux autour des photographies abandonnées, dans mon salon, sur l’épaisse moquette vert jungle foulée par tant de navigateurs, de poètes, ou de nymphettes braillant dès le petit matin à l’approche du camion poubelle… en partance pour sa tâche, le camion poubelle alors s’ébranlait et ainsi se clôturaient les cours de tous ces boursiers, penchés sur leur MacBook Pro, la langue pendante, tandis que je publiais sur Twitter un poème clinquant, beau comme un camion poubelle, en récupérant en même temps toutes les ordures délaissées sur la route de ces chimpanzés sanguinaires ! 

Des diables au corps qui passent bien

Des diables au corps à la place de nos vessies de boeufs : on nous avait greffé aux pieds des pyramides des hélices sur nos crânes de chimpanzés. En suivant la spirale des étoiles, naufrageurs dans la très grande baignoire, où un scribouillard d’un âge indéterminé prend un bain visiblement très chaud, il y en avait des kyrielles imaginaires de personnages entre les pages de leur livre de poche !
Entre les pages extrêmement humides, où le nœud du chignon de la soubrette s’hérisse de silicone noir – le bonheur comme semence de tapissier – on traçait de la cannelle et du sucre roux entre les lignes pour en faire des gris-gris, des bayous phosphorescents, des brouets de sorcellerie…

Des brouets de sorcellerie qui déraillaient par leur pouvoir télépathique, leurs ultimes effets au goût de vodka, cette ivresse de la veille furieusement incarnée en un seul tampon imbibé du précieux liquide ! Et la soubrette, vaquant à ses corvées quotidiennes, restait scotchée face à la fenêtre grande ouverte du salon, la vision qui était apparue sous ses yeux hallucinés n’était autre qu’un Cyborg-Nain-de-Jardin, sortant de l’immense baignoire, son corps encore trempé d’eau savonneuse…

Un cyborg dont le douloureux et minutieux travail de la corrosion sur ses organes partiellement mécaniques avait laissé son empreinte. Les diables au corps, sur la couverture de son bouquin qu’il tendait à la soubrette, étaient zébrés de barreaux noirs, dessinés au feutre ou au fusain…

L’INTELLIGENCE VÉGÉTALE !

INTELLIGENCE VÉGÉTALE – Avant-propos.

Nous étions tous les deux sans emplois et avions le projet fou d’écrire une nouvelle littéraire à partir de notre expérience personnelle, de nos lugubres plongées dans le vide et la noirceur ; se concrétisant, lorsque nous fûmes balancés au-dessus des Amériques comme des lunes surchargées de pleurs et de drames, nous étions encore loin de nous douter que l’Aventure nous mènerait beaucoup, beaucoup trop loin.

Au début, ça ressemblait aux Choses vues ou à j’irais dormir chez vous en plus moderne, mais, comme un cadavre exquis et en plus autobiographique : un récit où nous racontions nos dérives logarithmiques, joyeuses, les barrières que la langue anglaise avait dressé, bref des conneries de voyageurs paumés.

Au début, ça ressemblait aux Choses vues ou à j’irais dormir chez vous en plus moderne, mais, comme un cadavre exquis et en plus autobiographique : un récit où nous racontions nos dérives logarithmiques, joyeuses, les barrières que la langue anglaise avait dressé, bref des conneries de voyageurs paumés.

Nous avions déjà à notre actif divers plagiats à droite et à gauche mais il nous manquait un descriptif de notre vie de bohème où nous fumions de la marijuana, à longueur de journée, sous le regard moqueur et léger des autres macaques.

Ah la marijuana ! Elle nous rendait d’humeur fraternelle, et tout coulait dans le bon et noble sens du terme jusqu’au jour où… je ne sais pas… précipitamment et sans prévenir tout partit en vrille, tout s’écroula et tout partit à vau-l’eau comme un laxatif médicament aux propriétés liquéfiantes.
Le récit qui va suivre narre l’odyssée sous le joug et l’emprise d’une herbe si étrange que j’ai fini -je suis l’unique survivant du massacre- par la nommer I.V ou Intelligence Végétale. Mais voyez par vous-même le sinistre résultat.

INTELLIGENCE VÉGÉTALE : Première partie.

INTELLIGENCE VÉGÉTALE

Nous étions dans un motel américain, style Ibis, l’engouement pour cet État Mégalo était palpable depuis notre parachutage à la manière d’un Antoine de Maximy. Nous préparions, soigneusement posés sur la table de l’hôtel, les divers éléments nécessaires à un périple : le plan, les licencieuses cigarettes étranges, les affaires qu’on bourre tant bien que mal dans le sac de randonneurs…

Et surtout les Armes de Guerre : ordinateurs portables, carnets, stylos, crayons à papier etc. Notre première œuvre La Défloration avait illuminé le paysage littéraire dès sa publication : il faut dire que cette histoire de fillette de six ans, surpassant les réalités les plus folles, affreusement violée lors d’un gang bang de dobermans en rut apportait un peu de fraîcheur, décomplexait la grande majorité de notre lectorat : les apprentis écrivains, un peu il faut l’avouer, intoxiqués au Marc Levy, Amélie Nothomb… depuis de trop nombreuses années.

De son côté, Régis Jauffret, survolté, dans son dernier bouquin racontait la descente aux enfers d’un malandrin voleur de poules et obsédé sexuel mais ça restait encore trop aseptisé pour nous : pas assez de lueurs satanistes et libidineuses. Il nous fallait des attentats aux panthéons, des hécatombes comme remède à l’antique, mais surtout il nous fallait décrire le bonheur d’une actrice porno après une sodomie à sec bien douloureuse, la béatitude de sa gueule de chiennasse grande ouverte pour avaler des tonnes de foutre, l’extase d’un squirting bien mené, l’euphorie du fistfucking anal, le contentement sursaturé de plaisir, le bien-être et le désir surnaturel, la félicité libératoire, la quiétude d’être porté comme un bouchon de liège, la satisfaction et ses litanies de lavement anal, que dis-je la bénédiction tant annoncée et enfin réalisée de cette magnifique levrette où, à tour de rôle, elle encaissait un tas de bites noirs bigrement bien montés (B.N.B.B.M) …

Avant de rendre les clés et de fermer définitivement la porte de notre chambre, un détail attira nos regards : au centre de cette peinture à l’eau forte encadrée et accrochée au-dessus du lit, une sorte d’abstraction ou d’impressionnisme avec des globes de chairs rassemblés en tas, où, au milieu d’un champ brûlé du Kansas, sur une pancarte montrant la route pour Los Angeles, il y avait écrit en rouge, comme si l’artiste avait écrit avec son sang ces mots étrangement évocateurs : Marie-Jeanne douce amère, col maculé de sang.

Après avoir inspecté et examiné, et même l’avoir décroché, le mystérieux tableau, nous conclûmes que l’auteur de cette vieille croûte était véritablement dégénéré. Dégénéré mais légendaire par son talent et son intelligence végétale qui avait ligaturé ses paupières pour peindre à l’aveugle cette représentation…
Ce fut notre première erreur, les premiers avertissements et mises en garde alors qu’on allait se lancer justement à travers les champs du Kansas avec cette volonté délirante de réinventer à la fois le splif de Shiva, ses linéaires effets sur notre cerveau aux disques durs, aux lecteurs communicatifs, tous germant dans les tasses ébréchées de notre café matinal, et révolutionnant un nouveau mode de vie au parfum de livres assaisonnés au gonzo-littéraire.

Libératoire question existentielle

Tout d’abord, comme un rêve communautaire, une scie coupant une bûche au-dessus d’une rangée de corps longilignes, nerveux et racés. Un rêve communautaire sous le regard moquer des macaques se levant de leur place de cinéma pour trouver sans cesse une autre gâche plus proche du grand écran.

Après bien des mégots et des joints aux pensées secrètes ou macabres (selon le point du vue) qui doivent être très amusantes, on ne trouve ici que des bobines de films en lambeaux, des graffitis sur les mépris occidentaux, des œuvres conformes à leur idée directrice : le cerveau de Kubrick, un processeur qui déplore lui-même ses outrances langagières et thématiques.

Les larmes de Cornélius en tombant sur le sol formaient un tapis duveteux, entraînant quelques années auparavant à leurs suites les serpentins de leurs braies, de leurs cottes de maille en lambeaux, leurs bandages de momie piratée, hackée ou de simples poètes inconnus. Hackée comme les destinations des long-courriers n’arrivant plus à destination !

Des poignées des brouettés de poètes inconnus, fascinants comme aiguillonnés par les cris des sauvages locaux chaque fois qu’ils hésitaient à continuer la route ; ces loqueteux contenus de brouettés transportant des lumignons morbides et de pelletés de londonienne; ainsi que les les soleils levants, en dorant le sol natté de ma chambre, s’avachissaient aussi sur mes chaussures noires : des informations qui étaient, pétris dans le levain, un langage information purement numériques pour la géosphère des ténèbres, en s’enfonçant toujours plus loin dans leurs matrices chiffrées excessivement à l’excès. Ce bestiaire féroce au fond des égouts
Et la vie, lors d’une attaque terroriste; qui fourmillait sous la surface avait annulé de façon anarchique toutes formes de pensées, ainsi que leurs substances : le grand courant des lors s’accouplant avec de nymphes connaissant tout des extraits du Livre des Morts, oublie les parfond et les grands courants de te la mer méditerrané pollulée ; certains mollusques nous attendit pour percer le palier de tous ces têtards qui s’éternisent dans la flaque lacrymale de Cornélius.

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Claire Castel et son deuil d’azur

Les acteurs, entre des murs lépreux, se déboutonnent, sortent leurs instruments pédagogiques, et finalement prennent leurs pensées sexuelles pour la locomotive de leur libido ; et la jeune fille, avec, dans son larynx de cristal, les regarde avec de grands yeux humides, puis regarde leurs visages avec une innocence troublée et un désir naissant.
Claire Castel, la scandaleuse libertine sous le regard de ces macaques, brûle d’impatience et de ferveur, elle traque la nature jusque dans ses replis les plus intimes : une luxuriance psychédélique suscitant le départ des berlines armoriées de ces zonards attirés par cette seule lueur spirituelle ; elle apporte enfin la guérison du corps et de l’esprit.

Toutes les actrices présentées ici, dans ce film (gangbang pour garce #37) qui se déroule dans les bois londoniens ou de Nottingham, ont été photographiées couvertes de sperme ; à Claire Castel on lui a promis un selfie mémorable après l’instant crucial, après la consécration lyrique.

Roger Gilbert-Lecomte, le poète, dans son poème Deuil d’azur, évoque un « masque de perles » travestissant les nymphettes sous les lunes macabres ; j’imagine, tout en haut de la maison, dans une pièce, ou plutôt une cellule solitaire, séparée des autres appartements par une galerie et un escalier, se nicher l’atelier de l’artiste où il travaille à ses créations immondes, où il boit tout en écrivant quelques alcools liquoreux. A force de trop écrire, on devient abject. Et surtout, en devenant abject, il est possible de vendre des millions de livres pour s’offrir une villa ou un palace surplombant la mer ou l’océan !

Venant d’une lointaine galaxie dynamité, discutaient
Entre eux au sujet de leur retour, les acteurs de ce film X.

Des actrices chopant des symboles avant-coureurs comme des papillons

Et un film en noir et blanc représentant des scènes vaguement classées X d’une lointaine galaxie dynamité.

Des actrices exécutant quelques danses fantasmatiques

Parmi elles, Claire Castel, dans tous les azimuts et les visions

D’ailleurs ; à l’intérieur des conversations téléphoniques et des S.O.S pour sortir de ce nid de vipères

Aux lueurs plaisantes malgré tout

Et ne connaissant aucune technologie à la pointe lorsqu’on

la noie sous un masque de perle, séché au soleil vert à volonté.

Aussi profondes qu’elle puissent paraître, ces années X

Où tout a commencé, où tout s’est enfouie

Sous l’emballage des hachis parmentier des grandes surfaces

Estampillaient à mauvais escient dans les wagons

Et compartiments neuronaux grillés, leur souvenir

Difforme, fragmentée. Et qui ne donnaient qu’à notre

Fabrique Croix-Roussienne, sous l’autorité d’un seul

Homme, Razko Kaphrium, qu’un effet bœuf.

L’espace spirituel de la vieille maison !

L’espace, dans le vide, et tout ce qui entre dans sa période de luxuriance extrême après des bornes extensibles, et leurs bases où les limaces atterrissaient sur les bancs occultes des écoles de sorcellerie, étaient si surprenants, si dégoulinants ici : une sorte de désolation à exalter en distribuant, à travers la valve de l’étrange machine surchargée d’armes algorithmiques, l’incontestée, l’impropre consécration.

L’espace récoltant des losanges était investi par notre enseignement du jour, sans que les indigènes s’en rendent forcément compte, sans que le labeur des latinistes crédite des « Airs » ou des « Hères » à l’intérieur de la machine ; je lui avais donné vie et une morale civilisatrice.

L’espace ? C’était une vieille maison qu’on pénétrait sans parler, sans faire un seul bruit : le silence total au milieu des plantes grimpantes. Et grimpantes étaient aussi les cases de cet échiquier menant à la cave de la maison : une ancienne cuve atrocement étroite avec Kaphrium descendant dans les profondeurs de la cave pour embraser la foule face à lui, et en remontant tel le linéaire réseau social célèbre, il se heurtait aux cameramans, crevant les hypothèses surhaussées d’émoticônes ou d’icônes pour une fin du monde ou une drôle partie d’échecs.

Associant la magie de Baudelaire avec la juvénile adversité de Rimbaud, les tours et les pions en cavaliers légers d’infanterie sapaient les fondations de ce monde qui sonnait le tocsin avant l’heure. Réhabilitant la maison à quelques centaines de mètres sous terre, j’imaginais ma vie dans le futur : une vie qui se limitait à contourner les douches en laque mal lunée, lourde, nucléaire, bactérienne ou microbienne !

Les civilisations des êtres en question

Angela, étudiante planchant sur des créatures bizarroïdes, pendant ses années à la fac de lettre, était à présent dans sa chambre d’hôtel, en quête de leur présence ou de leur réapparition ; elle s’était fait monter un plateau-repas pour lire et traduire tranquillement, dans la torpeur d’une fin de journée en Andalousie, le carnet du lot numéro cinq racontant dans un dialecte de Papouasie la genèse de ces êtres en question, dont on ignorait tout. Ou presque.

Dans l’obscurité, dans la brume aussi, le récit finissait comme une crème tournant mal, ruisselant telle une pluie sur son visage et ses seins.

Les gouttes de cette pluie avaient fait naître le malaise ; il y avait aussi des flaques de sang, aussi noires que les derniers survivants examinés par Angela à la lueur d’une lampe torche frontale ; traversant un épisode dépressif à l’état vif, ces démons avaient un arrière-goût, dans la gorge, de noirceur africaine. Un goût à la fois amer et acide.

Puis il y eut des bruits de pas : des chaussures d’hommes, des talons de femmes, des orteils de chameaux foulant le sable aride des déserts, des pattes de chiens et des griffes de tigres qui naquirent de cette fin de civilisation s’en allant à vau-l’eau.

En s’efforçant de stabiliser son regard séminal, cette fin, coupée de toute temporalité, basculait du côté obscur de la force sans que personne ne réagisse.

Comme traduction bancale, Angela avait privé le récit, esquissé au crayon de papier, de ses attributs magiques, ottomans ou byzantins à tel point que les êtres en question dans cette nouvelle configuration ne s’exprimaient sur le papier que par des dialogues décousus ; ces auteurs du cut-up agressif, participant aux réécritures, aux jeux de mots improbables des ateliers d’écriture d’Alphonse Choplif, le défunt propriétaire du lot numéro cinq, vendu aux enchères naguère.

Un petit livre rouge en sept pages

Tout d’abord un texte sacré, provenant d’une bible pour églises fantomatiques en sept pages, alors que le froid mord les lattes en envoyant de gros bouillons de lacunes. 

À la première page, un film d’horreur très kitsch qui emprunte sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste, peut-être celle de Twitter ou d’un autre réseau social.

À la page deux, pour désigner un référent, apparait l’expression kabyle, incandescente, livide à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, d’une évasion : après les jours de crêpe, la joie tombant en cataractes et reliant entre eux les penseurs par un label collectif. Sûrement le label Sub Pop des artistes aux jambes d’antilopes.

À la page trois, en se référant au système adverse, une kyrielle d’injures alchimiques. Et, dans le labyrinthe de la page quatre, la description des effets du kif qui se fume mélangé à du tabac et qui fait apparaitre les premières hésitations : une alternance de forme et de style qui sera relégué cependant au sein du navigateur chaque fois qu’ils hésitent.

Ces effets sur le cerveau restant à démontrer, on continue de planter le chanvre indien et de cultiver le pavot en ignorant tout ça.

À la page cinq, à plusieurs reprises, leurs juvéniles arborescences philosophiques qui détachent les feuillets du livre de Job et qui engendrent, à partir de ce système désuet, la fabrication du jean en procédant toujours par ordres d’idées.

À la page six, une eau de Javel fossilisée qui ondoie comme le karma des chamans de Sibérie ; et leur tradition orale qui flotte, comme le vaisseau de commerce baptisé le Nostromo, en procurant des profits juteux.

Enfin, à la page sept : brusquement réalisés et épanouis, ces chamans, du plus humble des partisans de l’euthanasie jusqu’au plus mégalomane des conducteurs de fiacre, métiers exercés sans leurs attributs magiques, ces druides et ces chamans, dis-je, étudient à la fin de ce bouquin la bonne proportion des cuillerées de pure savonnette à mettre toujours avec les feuilles réécrites des descendants de Burroughs dans la marmite. 

Afin d’obtenir le résultat d’une recette miraculeuse, longuement commentée par les exégèses de ce bouquin !

Un rêve communautaire !

Tout d’abord, comme un rêve communautaire, une scie coupant une bûche au-dessus d’une rangée de corps longilignes, nerveux et racés. Racés comme les bons soldats du Maréchal Foch.

Après bien des mégots et des joints aux pensées secrètes qui doivent être très amusantes, on ne trouve ici que des bobines de films en lambeaux, des graffitis, des oeuvres conformes à leur idée directrice : le cerveau de Kubrick, un processeur qui déplore lui-même ses outrances langagières et thématiques. Ce processeur si calme en apparence bouillonne d’idées projetées par la caméra des Frères Lumière.

Le royaume sans fondation de ce monde onirique.

Ce rêve communautaire aspiré par un ciment armé, visionné dans un cinéma verrouillé et sans lumière, affublé des artifices du récit -projet complètement abandonné- et cette scie s’imprégnant des odeurs incendiaires d’entrejambe de la surface à mesure qu’elle coupe la bûche, et cette rangée de corps est alors divisée – ou devrais-je dire stratifiée – en quelques halos de glace. Halos aux neiges éternelles.

En remontant ces « étages » ce qui donne un éventail de femmes nues à vocation universelle, on se rapproche – il me semble – de leurs douces et brillantes, de leurs excitantes et réconfortantes facultés.

Leurs facultés ? On ne peut les définir sans descendre d’un « cran » d’une « marche » ; au paroxysme de l’orgasme, alors se constitue l’album de cette étrange famille : en cas d’indispositions, exsudant l’arôme, l’odeur, l’histoire génétique de toutes ces femmes, elle tombe dans les pommes fermentées.

Hologrammes vikings

Les méandres du Sahara Occidental affichés comme posters dans le bureau, j’écris et la pluie ne tombe pas comme si je voulais un jour de pluie diluvienne. Diluviennes comme ces rôtis parfumés au gingembre, bouilli dans la lessive avariée : alors qu’il s’agit en réalité de viandes pourries de veau réduites en poudre !

J’arpente de haut en bas les icebergs et les banquises en fumant religieusement mes Craven A sans me soucier des anciens d’Algérie qui empiètent sur le bureau. Des Craven A fumées prudemment comme si elles contenaient à chaque inspiration et expiration l’essence même du Zen japonais.

Dans mon bureau aussi, je regarde des émissions style j’irai dormir chez vous en bâtissant d’un œil distrait des fortifications matricielles sur l’échiquier. (La dernière réincarnation d’ un fou sur l’échiquier me revient alors en mémoire ; une réincarnation riche en rigolades et en excès de tous les genres cependant.)

La famille est au complet dans ce bureau où je me suis isolé pour écrire en mettant échec et mat et en volant la vedette aux rois des vikings. Avec des années lumières pour guérir ! Avec, de façon très pernicieuse, comme dîner pour ces souverains, du riz cultivé tel un champ de tabac pour les plus humbles de ces seigneurs de la guerre.

Lorsque je me lève de ma chaise pour faire les cent pas et réfléchir un peu, je marche sur des pythons noirs, comme étonné de nourrir ces reptiles que je prends pour des serpents. Rêveusement, après avoir ouvert le frigidaire pour dénicher de la crème à la royale, j’affiche toujours un sourire de cabale dans les bois et la piscine de pythons noirs déborde en se gavant d’hectowatt et de syndrome lumineux.
J’écris pour les divines ascèses quotidiennes, avec l’idée de déverser des flots de pétales à verser sur la tête des rois vikings pour leur baptême tropical. Pour paraître plus divin aussi et surtout pour enseigner de bonne heure l’écriture tremblante et écorchée vive d’un artiste grunge comme Kurt Cobain.


Et de la divinité, il y en a dans ce bureau transformé tout en jetant un œil sur la timeline de ce site : https://www.lazone.org/ (avec le secret espoir d’anticiper sur ce roi viking qui, en quelques cuillerées de pure savonnette, engloutit toute cette populace de son royaume.)

C’est la mécanique des vents du sud qui m’a poussé là, à écrire pour Oscar Wilde et son odieux portrait. Une représentation qui sied bien à l’habitant de mes pensées.

En déversant des wagons-citernes sur un incendie annoncé, j’anticipe la Saint Con donnant sur la ville entière : cette cité mutante qu’on visite en touriste pour rôder au hasard. De mon côté je me suis réfugié dans un village rupestre avec des vaches qui s’injectent un méchant venin : l’ennui. L’ennui et le spleen à l’instar de Charles Baudelaire ; les yeux toujours chargés de larmes, les larmes jamais fatiguées d’éteindre ces curiosités chaudes de lames de couteaux et de sabres. 

Pour ouvrir les enveloppes je sabre aussi le papier avec un coupe-papier ; un courrier qui exploite au maximum la faille et la faillite de la médecine aussi bien orientale que traditionnelle. Orientale ou, devrais-je dire, pratiquante du Zen Japonais pour être plus précis.

À l’entrée du mausolée – je veux dire ce bureau qui donne sur le jardin directement – des prophètes me surveillent d’un œil. Je suis ces conquistadors d’un genre nouveau dans leur drôle de périple. Leur pouls battant comme la pluie, cette fois fine et mélangée de brouillard hivernal.


Aujourd’hui il y a cette absence de tube de colle et de ciseaux pour faire un collage digne de Burroughs alors j’écris automatiquement. Les idées me venant d’un seul élan. Imaginant que les baisers de la reine des vikings glissent sur ma peau.

En haut des escaliers de la maison, il y a cette matrone qui vient me déranger sans cesse. Pour me demander de remplir la cuve à mazout par exemple. Ou bien me dire que sa caméra, son PC et ses Macintosh ne lui renvoient que des hologrammes.

Pour se porter bien et pour dormir, en attendant la visitation de la Vierge qui ne passe pas, qui rêvasse dans son coin, qui a perdu son domicile céleste, il y a aussi ces étranges médicaments, prescrits par la reine des vikings… Et qui n’est plus en échec à présent !

La maturation de mes idées se fait comme la maturation des larves d’une mouche. Des larves qui vocalisent toutes les voix du vent dans ce cocon que je me suis créé. Un cocon où ces larves aux yeux défoncés font planter l’ordinateur par leur esprit télépathique.


Comme autant de crachats sinistres, il y a mes pages d’écriture qui vont brûler pour le bûcher de la Saint Con. Un jour de Saint Con revisité et remisé dans un film en noir et blanc.
Si vous lisez actuellement des romans d’aventure, il se peut très bien qu’ils se changent en traités de médecine. Ces traités revenant tranquillement dans les tiroirs du bureau sans jamais me compromettre. Et, comme une perfusion dans le bras : la violence de ces écrits vous persuade de vous droguer…

J’écris pour les hackers, les dissidents, les fins de zones, les débuts de banlieue rose et mauve, pour les écoliers qui en ont marre de l’école. Mais sans jamais les inciter à faire l’école buissonnière. Ne voulant pas faire de nouvelles victimes : de futurs caissiers et caissières sans le baccalauréat ou si peu ayant une vie gâchée, abîmée, détruite…


Mon public est jeune et laisse des commentaires que je ne comprends pas sous mes textes. Mon livre de chevet, c’est un bouquin tombé en désuétude : Les aventures de Lucky Pierre de Robert Coover. Si jamais vous tombez dessus, vous aurez du cut-up à fournir en jouant votre va-tout avec les différents chapitres coupés en morceaux dans vos tiroirs qui végètent : de truculentes proses qui resteront indépassables et que je prendrais pour enseigner aux maîtres d’échec l’intermittence et l’impertinence des fondations solides de ces phrases.

Et les phrases ont besoin de démêlant aujourd’hui tant le jour est triste, tant la nourriture me paraît fade.

Le Projet Kaphrium

1.

Ils étaient sous la terre, un défi à réaliser chaque jour. Kaphrium était à l’origine de l’opération. Ils étaient bien au chaud dans leur terrier, drogués en permanence pour architecturer le Projet Kaphrium, travaillant nuit et jour. 

Installés dans les recoins épiphaniques de leur cocon souterrain, les deux frères avaient prévu de finir en beauté : le Jugement Dernier informatique pour toutes les civilisations humaines.

Ils avaient enfin trouvé ce qu’ils cherchaient. Ce jour là, le défi avait été particulièrement difficile à élaborer. Maubeuge, le grand frère, avait jeté sur le papier les premières conditions : d’abord, il fallait retourner dans cet établissement pour légumes du troisième âge où croupissait Kaphrium, le fondateur des hommes-rats.

En regagnant la surface, ils étaient, en cette fin d’après-midi, dissimulés sous un ciel de jade avec cette vague impression d’appels d’oiseaux très mal-aimés dans le voisinage. Entre eux, les gens d’ici parlaient volontier et d’un air emprunté d’euthanasie ; ils en avaient tous ras-le-bol de vivre mais, dans la plupart des cas, le suicide était rarement envisagé.

Le Projet Kaphrium : Premier chapitre ! À lire et à suivre sur le blog de NotesMat15

Le maire, pour pallier ce problème, organisait gratuitement des cours d’éducation sexuelle dans la salle de la commune, espérant ainsi générer dans tous les foyers des histoires d’orgasmes en série. En parallèle, des nébuleuses sectaires avaient ouvert des ateliers de spiritisme. Les gens préféraient se tourner vers ce genre de pratiques occultes qui les aidaient, disaient-ils, à mieux vieillir, à mieux appréhender l’au-delà…

2. Le jour de l’apocalypse numérique.

Pour recueillir le sang qui allait gicler comme une pluie rouge le jour de l’apocalypse numérique et le faire vieillir en fût afin de le boire et de rajeunir par la suite leur espèce, les hommes-rats en avaient fait succéder des rangées de corps longilignes, nerveux et racés dans ces stations de métro sous leur contrôle. 

Jadis une équipe de tournage avait tenté de résoudre l’énigme de cette station qui donnait directement et étrangement sur la chambre médicalisée de Kaphrium. Peine perdue ! Ils avaient tout effacé dans les archives, renvoyant les enquêteurs dans les catacombes gothiques où était née la civilisation des hommes-rats. 

Mais, là-bas, il n’y avait plus aucun indice qu’ils pouvaient étudier. Ils étaient comme entravés par leurs propres raisonnements sans queue ni tête.

Depuis sa chambre, Kaphrium hululait à tue-tête et l’on entendait même ses cabrioles sur le plancher malgré le fracas des rames se perpétuant à l’infini. Dans une autre chambre donnant également sur une autre station de métro, Angela espérait toujours que quelqu’un allait lui donner un coup de main pour résoudre son problème de mutisme avec les autres. 

De leur côté, le plus jeune des frangins, en s’arrêtant là pour faire une pause, l’avait repéré parmi la foule qui se pressait dans des va-et-vient incessants. Après avoir parlementé de longues heures avec la jeune fille allongée sur son lit au milieu du quai, isolée du reste du monde, dans le noir absolu, ça ne le dérangeait pas de doigter cette pauvre dévotchka devant tous ces banlieusards indifférents allant au travail.

Pendant ce temps là, l’aîné était parti s’alcooliser sans se morfondre sur cette histoire trop romantique à son goût qui s’éternisait. Il crapahutait à présent sur le siège d’une grue de caméra, sa bouteille de vodka brillant dans l’obscurité. Il réalisait que le lugubre plain-chant, cette lamentation de la ville veuve, n’était qu’une sentence de plus pour les humains à prendre très au sérieux.

NotesMat15. Une véritable bibliothèque : de la poésie surréaliste et des nouvelles littéraires en pagaille !

3. La ville mutante. Des hommes-taupes aux hommes-rats !

Au-dessus de l’innovant système de rames, avait été conçu la ville selon un modèle subtropical ou équatoriale rapporté par d’étranges impérialistes aujourd’hui disparus. Ils avaient rajouté au rugissement fracassant de la rame les grognements porcins provenant des clubs échangistes, disséminés un peu partout au-dessus et au-dessous de la surface.

À cette époque, ces années X si énigmatiques, s’était greffée la communauté des hommes-taupes génétiquement modifiés à ces hominidés colonialistes qu’ils détestaient. Dès le début de leur cohabitation, un ghetto s’était formé : les impérialistes les avait obligé à vivre dans les structures des cages à poules pour enfants, leurs journées aussi lentes et tristes que les gammes mineures s’échappant des pianos de ces privilégiés se ressemblaient toutes ; rien n’avait bougé pendant des siècles sinon leur mutation en hommes-rats jusqu’à la disparition de la caste supérieure.

À ce moment là de l’histoire, leur domicile avait changé pour les souterrains et les égouts de la ville. Émergeant du nid humide et sale de ces créatures hantées par un désir de vengeance, de revanche ultime hissée des profondeurs, l’idée de foutre le bordel parmi les nouveaux dictateurs avait alors germé.

Le Vieux des Montagnes Afghanes !

C’était à la une de tous les journaux : le Vieux des Montagnes avait encore frappé, une apocalypse numérique et virtuelle se préparait, obligeant les autorités à fermer pendant une période indéterminée le réseau 4G des smartphones.

Par rapport aux lettres distribuées par pigeons voyageurs, les e-mails et leurs spiritualités chiffrées à l’excès n’avaient plus rien à envier : les ordinateurs, répandant leurs matrices binaires comme des bavures policières, extrêmes, n’affichaient plus que la photographie en noir et blanc, représentant un bric-à-brac kafkaïen dans le sac des femmes glorifiées dans les poèmes de Baudelaire ou de Rimbaud.

De mon côté, autour des ombres et des mystères de cet événement, je menais une vie absurde que tous les individus normalement constitués ne voudraient pas vivre ; or, ce désastre informatique m’apportant les clés que j’attendais tant pour débloquer mon existence : en délaissant mon PC désormais hors d’usage, je passais plus de temps à rencontrer des nymphettes aux yeux de chats siamois.

L’une d’elles était la Reine des ruelles malfamées quand la ville ensommeillée envoyait ses rêves érotiques de ces mômes jamais fatigués pulser toute voile ouverte à l’intérieur de ces cabarets de nuit que je fréquentais. C’était merveilleux ! Sensuelle comme une joie de vivre qui se débarrassait des derniers parasites du net, qui en voulait toujours plus, assoiffée de larmes de ces yeux brûlant davantage à l’écoute des chansons de Robbie Williams, affamée enfin des misères des ghettos ouvriers et des usines textiles, des bibles pour églises tout aussi fantastiques que mystiques.

Le spleen baudelairien des êtres en question

Du soleil de plomb par brouetté pour ces êtres en question, après leur infortune et leur disparition, mais bien avant l’arrivée des anges mécaniques qui viennent d’un autre monde onirique !

On sacrifie ses soirées pour ces êtres en question, on les abandonne aussitôt, puis on se sent capable de saisir sa chance, ensuite ; en planchant comme un étudiant de la vie sur ces livres et ces informations, je voyais où ils voulaient en venir, ces créatures qui ne savaient pas ce qu’ils voulaient faire de leur vie.

Du spleen face à la brièveté de leurs vies, pour ces êtres qui n’avaient pas encore vécu leur dernière et grande bataille contre l’occident : ce poison, aux tentacules de méduses, sévissant et étant au summum de ses symptômes occultes pendant la période de Noël, les êtres en question avaient récupéré un sapin de Noël traîné sur un traîneau attaché solidement à l’arrière d’un fiacre. Pourquoi ce sapin de Noël avait été pris comme totem fétiche, comment arrivait-il à réunir tous ces êtres en question par le seul pouvoir de son réseau télépathique ?

La première réponse à ces questions était à chercher du côté des playlists historiques de Steve Jobs, ou encore par delà les matrices aux circuits mettant le feu aux poudres ; ce feu apocalyptique, désir fougueux que rien ne chasse, avait mis les chevaux avant la charrue, n’éclairant plus que très peu la danse macabre de ces êtres en question.

La deuxième réponse manquait à l’appel, mais, si on retraçait l’histoire privée de leurs divagations cosmiques ou épicuriennes, on avait alors ce sentiment si simple, si proche de la folie que les multinationales de l’automobile, leurs milliards de dollars récupérés par ce mortel et petit ordinateur noir des êtres en question, contenaient par leur essence spirituelle, aussi secrète qu’une centaine de dédicaces de Johnny Hallyday, le dieu des bistrots comme le PMU de vos quartiers populaires, des failles permettant d’ouvrir sur un nouveau monde.

Cet endroit transpirant la mélancolie les accueillait par sa force psychique : c’était un lieu sûr, formulé par des dédicaces scannées de tous les chanteurs défunts, où, moyennant finance par PayPal, les mères de famille, surtout des ménagères de cinquante à soixante ans, obtenaient une idée claire des objectifs punk-alternatifs de ces êtres en question : en effet, naviguant sur les plates-formes virtuels des chanteurs décédés comme Johnny, et par effet de mimétisme avec l’univers des prolos, ils chapardaient leurs données pour offrir à ces femelles d’un autre temps, le patchwork des idées grunges, comme par exemple la formation d’une milice souterraine, vivant dans les égouts suburbains, de mercenaires zélés, prêts à en découdre avec le monde moderne.

Car leur monde avait un défaut majeur, leur monde avait un goût de liberté sexuelle qui ne convenait pas à ces créatures aliénés, morbides ou heureuses de vivre. En rétablissant la burqa pour toutes les femmes en âge de procréer, ils espéraient faire tomber les masques des libertins, rétablir l’immaculée conception, même chez les hippies ou les nomades hétérosexuels ou homosexuels.

La taupinière et l’âme de la machine

Sur l’avant-bras, des cicatrices absentes et un tatouage exprimant l’âme de la machine ; un rayon de soleil, en décorant la pièce par sa lueur quelques spécimens grossiers de primitifs extraterrestres, qui éclaire aussi la taupinière vue d’en haut, de la fenêtre de la chambre et qui prouve l’intensité de cette force solaire.

Et puis, des méandres de chaussettes en dessous de la taupinière et, contant la fin des mondes, diverses trouées de sous-vêtements qui se confondent avec les plages sablonneuses qu’on trouve au fond de la taupinière : cette si étrange taupinière, et ses si étranges habitants cherchant l’eau, alors que mes multiples pensées cognent.

Des pensées, et du sang dans la trachée qui fait barrage à la respiration, cheminent en direction des traces de particules laissées au dehors de la taupinière. Au quart de tour, ce sang se déplace d’une valve à une autre, d’une couveuse où il n’y a jamais eu de taupes naissantes à un autre tourbillon prouvant sa vitalité à la manière d’une longue marche vers le nord-est !

Ne trouvant aucun insecte qui soit digne d’enrichir ma collection, j’inspecte à l’entrée de la taupinière un semblant d’aventure parasitaire ; et son insupportable caquetage, qui s’échappe avec humeur du récif puis de la grève, toujours aux tréfonds de la taupinière, annonce malgré tout une nuit de repos.

Le moyen et le but de tous les néants, de toutes les fonctions X !

Le néant, libéré à bon escient, que tu partages en commun et sur les bancs publics, comme une cigarette nébuleusement chargée en Marie-Jeanne, en tabac déprécié, en neck galactique, en immensités définies lors de l’apparition de cette fonction X, ou bien encore en gain sexuel à chaque vue panoramique sur les monolithismes africains !

Ce néant : un parachèvement très méchant de camps de concentration occulte ; et de la concentration en avoir tu dois, pour atteindre tes rêves fous, tes objectifs spirituels, ainsi que toutes les infortunes de ces êtres en question, passés avant toi dans l’autre monde sans avoir rien fait de leur potentiel.

Et cette force qui se remarque par la disparition, sur tous les manuels d’histoire et de géographie, des Jeux Olympiques de 1936 à Berlin, de toutes ces vies gâchées, abîmées et tout ce qu’il y a de plus noir comme adjectif, cette force, dis-je, rééquilibre tous les murs en mortier, se solidarisant avec les notes de musique de Beethoven, pour former une geôle dont tu ne peux t’enfuir.

Mais si, en triant dans les correspondances des départs et des arrivées de ta compagnie ferroviaire, tu trouves enfin un voyage à faire, une odyssée à peindre en rouge sang funèbre et macabre, ce ne sera que la fin de ta triste et paralysante vie que tu apprécies malgré tout pour sa médiocrité et pour mieux la perdre ensuite…

La Formule et le Lieu rimbaldien

Il n’y avait plus de printemps poétique dans ce monde commercialisé au fond des terres et menant au soleil vert, ni davantage de voyages morphéiques, plus de musique rimbaldienne et, foin de ces brouettées de spleen baudelairien, ni assez de théories haussmanniennes pour arrêter cette telle infortune !

Et pourquoi alors un tel désastre ? La première de cette question trempait avec les toasts des entrepreneurs, dans leur café, qui ne voulait pas s’avouer vaincu.

La deuxième réponse manquait à l’appel, mais, si on retraçait l’histoire privée de divagations cosmiques ou épicurienne d’Arthur Rimbaud, on avait alors ce sentiment si simple, si proche de la folie que les multinationales de l’automobile, leurs milliards de dollars récupérés par un immortel et petit ordinateur noir appartenant à l’un de ses fervents partisans, contenaient par leur essence spirituelle, aussi secrète qu’une centaine de dédicaces de Johnny Hallyday, le dieu des bistrots comme le PMU de vos quartiers populaires, des failles permettant d’ouvrir sur un nouveau monde.

Cet endroit transpirant la mélancolie les accueillait par sa force psychique : c’était un lieu sûr, formulé par des dédicaces scannées de tous les chanteurs défunts, où, moyennant finance par PayPal, les mères de famille, surtout des ménagères de cinquante à soixante ans, obtenaient une idée claire des objectifs punk-alternatifs de cet être en gestation (le lieu même.)

En effet, naviguant télépathiquement sur les plates-formes virtuels des chanteurs décédés comme Johnny, et par effet de mimétisme avec l’univers des prolos, il chapardait leurs données pour offrir à ces femelles d’un autre temps, le patchwork des idées grunges, comme par exemple la formation d’une milice souterraine, vivant dans les égouts suburbains : des mercenaires zélés, prêts à en découdre avec le monde moderne.

Car leur monde avait un défaut majeur, leur monde avait un goût de liberté sexuelle qui ne convenait pas à ces créatures aliénés, morbides ou heureuses de vivre selon le point de vue. En rétablissant la burqa pour toutes les femmes en âge de procréer, ils espéraient faire tomber les masques des libertins, rétablir l’immaculée conception, même chez les hippies ou les nomades hétérosexuels ou homosexuels.

En ce qui concernait leur mode de vie, ils s’enfermaient dans un souterrain, à l’abri des regards, avec des barreaux noirs qui laissaient innocemment passer un éparpillement de lumière jaune citron à l’entrée d’une ouverture telle qu’une plaque d’égout, à avaler des rats de passage tout en pianotant sur leur machine sophistiquée, citée précédemment.

Ils étaient sous la surface de la ville et les habitants de cette citée, à la fois solitaire et solaire, entendaient la nuit leurs mots ou leurs cris susurrés du tréfonds et retentissant parfois au-dessus des têtes migraineuses : une rumeur plaintive, racontant que les pensées négatives se cachaient encore dans l’obscurité de leur tanière.

Leurs activités nocturnes consistaient, aux temps hivernales comme estivales, à se hasarder dans les ruelles pour remplacer, à la place des écritures des panneaux publicitaires, le savant tracé d’un pentacle et le dessin représentant le portrait des poètes maudits, torturé de symboles draconiques. Les gens superstitieux, le matin à l’aube, ouvraient de grands yeux écarquillés, surpris de voir l’Ordre de Satan, et la poésie qui allait avec, survivre encore.

Mais ils n’étaient pas satanistes, juste des personnages inspirés, je dirais.

Un soir, il y eut alors une explosion aveuglante et silencieuse, et tout prit fin. Lorsque l’on put de nouveau y voir dans la crypte, l’ordinateur à l’architecture spirituelle frôlant le divin et les tours de passe-passe violant tous les mots de passe du net, qui n’avait jamais été nettoyé de tous ces algorithmes lugubres, avait pris feu au crépuscule d’une Saint Con sauvée de l’oubli ; il était en cendre à présent mais la mort prématurée de cette machine portative ne devait pas les attrister. La vie reprit bientôt dans le souterrain, en même temps que les quémandeurs de la publicité s’étaient réincarnés en casaques rouges en éloignant le spectre des pentacles et des symboles draconiques.

Bien sûr, ils avaient gagné la guerre comme à chaque fois, les doctrinaires de la débauche bienheureuse également ; mais il restait encore l’espoir ou la possibilité follement audacieuse de découvrir au détour d’une rue, en tracés occultes et en chiffres romains ainsi qu’en lettres grecques, leurs matrices codées, invocatoires, désespérément binaires et leurs probabilités annonçant l’apocalypse aussi bien numérique que réellement obscène !

Transhumance cyclopéenne !

La lumière me blessait les yeux, elle avait commandé un chocolat chaud et le ciel bleu était pudiquement saturé de point d’exclamation enfiévré et céleste. Et céleste était aussi notre transhumance inachevée.

Sous le porche d’une grande auberge donnant sur les espaces vides et les wagonnets, de charbon, en kimono noir, l’air des montagnes farfouillait dans nos oreilles une séquence d’actions interpersonnelles. Des actions de même groupe sanguin et de même maison (Serpentard) que cette femme en question.

En amazone, elle avait parcouru quelques mois plus tôt, une série de siècles morts, qui avait été le théâtre d’une féroce bataille entre les Dieux de l’écriture automatique et ces paysages compulsés comme des archives, comme d’indémodable ballerines. Comme des vues panoramiques, aussi, sur des urbanismes franc-maçonniques.

Tombant en poussière, notre propriété de Santa Barbara en Californie avait été abandonnée, j’imaginais des ombres dérober les derniers meubles qui étaient restés dans la résidence secondaire ; le sang de ces ombres de justesse rattrapant les parfums courant sur le comptoir en ivoire : Ô la matinée vision dont nous souffrions en lisant les lettres publiées urbi et orbi de ces huissiers dans les méandres du Dark Web !

On avait gaspillé inutilement notre temps pour décrire cette sensation affreuse d’un danger menaçant, cette appréhension d’un malheur imminent, et pourtant aucun événement négatif n’était apparu, aucun miroir dissimulé ne reflétait les désastreuses aventures, notre arrivée en territoire des sauvages. Le moteur de notre van s’arrêtant de toussoter et de gober les poussières vengeresses de ce désert infesté de vendetta et de naturistes aux dialogues monophoniques.

A l’intérieur de mes poches, les Napoléons sonnaient, je comptais louer les services d’un guide de Haute Montagne avec ce fabuleux trésor : on voulait dormir à la belle étoile sur une crête hantée par le Shasta des neiges mouvantes, cette montagne terrible, avec ses apparitions fantomatiques s’ébattant dans le grand jour bleu sans même attendre la nuit, sans même éteindre ce soleil scabreux à la fermeture des cinémas. Et cinématographique tel un western en noir et blanc était notre décor et notre point de départ, avec, planant au-dessus de nos têtes fiévreuses, des vautours cherchant encore des carcasses à déchiqueter.

Après notre halte, requinqué par des boissons polaires fortifiantes, des vodkas poussières et d’autres alcools imaginaires, j’entrepris de demander au tenancier de l’auberge si il connaissait quelqu’un pour s’aventurer avec nous dans ce projet réputé fou.

Deuxième Partie :

Nous étions les anneaux rouges gravitant autour de Maëlys, cette étoile naufragée parmi nous, mais comment désirer, sur le trapèze alpin, un astre avec son amas de galaxies ?

L’ouragan regardait nos divagations cosmiques s’étreindre en silence, il fit corps avec l’orgie à venir, de fastueux vices plantés comme des fleurs aux parfums bleu pétrole réconfortant .

A l’intérieur de notre isba, c’était une étuve ; pourtant la jeune étudiante portait crânement une parka avec collerette en renard, indemne après l’accident qui nous avait plongé dans la crypte de la fosse noire.

A l’époque, je suivais les conseils de Kerouac pour écrire une prose moderne à la gloire de l’héroïne ; doucement bercée par sa respiration languide, cette moisson photovoltaïque d’inspirations et d’expirations stellaires, j’esquissais un bref synopsis où Maëlys s’amusait à faire des volutes de brunes étincelantes et originelles. 

Plongée dans mon encrier, tandis que son iris absinthe s’évanouissait à travers le nombrilisme des brouillards endoloris, elle avait vu sa chute, à la Lewis Carroll, se désagréger au fil des écritures automatiques et spontanées ; le sang des ombres mandataires nous jouant des tours.

Sur le mur aux peintures rupestres de l’isba, les photos de sa nudité avaient été découpées selon les pointillés d’un monde en silicone noir. Le projet de grimper le Shasta avait été abandonné, mais je gardais précieusement mes Napoléons pour offrir à Maëlys une Shakespeare aux mécanismes en ivoire : à minuit, la Shakespeare, c’était comme ça qu’elle s’appelait la nouvelle montre d’Hermès, sonnerait la fin de tous les enchantements ; une montre au bracelet en alligator, de couleur havane. 

Mais ce qu’il y avait de plus merveilleux, elle avait appartenu à un astrologue qui se nommait Shakespeare. On le pressentait, mais on ne l’avait jamais vraiment formulé : il y avait toujours des spectres cachés dans le mécanisme d’une montre, ce mécanisme si sophistiqué qu’il avait rendu fou ses inventeurs horlogers. 

A minuit donc, l’aiguille de la montre Hermès allongea les secondes, les minutes et les heures d’un orageux romantisme…

Il y avait cependant un défaut de mécanisme dans cette montre Shakespeare : elle reprenait son compte à rebours dès minuit passé et nous étions alors plongé au cœur d’un rêve, où les cierges le long d’un couloir, résonnant d’un dernier Requiem, nous accompagnaient par leur lueur mauve, en nous courbant le corps sous le poids de leur vive chaleur. 

Bien trop cintrée à nos respirations courtes et haletantes, la fournaise s’alimentait de l’extraordinaire ardeur du carbone 14, coincée dans nos gorges. Et malgré l’étuve, Maëlys gardait toujours sa parka avec collerette en renard.

Ses yeux et ses connaissances spirituelles de reptile, subrepticement se glissant aux azimuts de toutes les confidences, avaient conçu le début de cette histoire ; mais la fin de ce récit dont j’ignorais l’issue, allait-elle concilier tous ces éléments disparates qui avaient été incorporés pour un odieux mélange ?

Les Pensées positives de Venise

Pour surmonter le premier défi de ta journée et pour faire venir à toi l’invocation des marbres de Venise, la ville, en te réveillant avec le courage de voir de nouveaux miracles dans ta vie illuminée par les milliers de lanternes longeant les cent sept canaux dès le matin, chaque matin, t’aidait à construire ton succès.

Usain Bolt, parcourant à vitesse grand V le trajet des gondoles qu’à chaque fois, qu’à chaque sphère de ta vie augmentait le pouvoir spirituel, avait cette volonté tous les matins d’avoir une journée toujours plus productive, avec cette liste de contacts téléphoniques où tout le monde prenait sa part de bonheur. Usain Bolt, alors avec des tours de passe-passe, de transformations existentielles, pouvait ainsi téléphoner aux amours perdus, en manipulant les touches digitales et visqueuses de son iPhone rimbaldien. Et rimbaldien aussi était cette vendetta chantant par dessus les embarcations, déchirées par les flots, dirigées quasiment ou exclusivement par des fantômes au fond des océans.

Ah ! Comme de vénérables maîtres spirituels et professeurs en maladies vénériennes, et en tenant compte de tout ce qu’ils travaillaient pour atteindre leurs objectifs positifs et épanouissants, ils vénéraient leur seule vie, presque humaine, en pensant objectivement à agir dès maintenant, à apprendre, à refléter par leurs actions leur façon de communiquer mieux avec les vénitiens en transit pour une mauresque odyssée.

Les divagations cosmiques des elfes de maison

Des hiéroglyphes à la place des lettres conventionnelles et, si on traduit le tout, alors, alors seulement peuvent apparaître les elfes magiques de la maison de Jedusor.

Après maintes brimades, les elfes fatigués ainsi de leurs études sur les bancs occultes des écoles primitives, se sont libérés du joug des sombres nationales ou des tristes départementales. Ainsi, dans la vallée, courant à travers l’entonnoir champêtre des champs de coquelicots, on peut les apercevoir fuir leurs anciens maîtres quelque soit la douceur, la gentillesse ou la bienheureuse disposition d’humeur de ces derniers.

En s’inspirant des gens qui visualisent tous les matins, avec l’idée et l’intention de vivre une vie exceptionnelle, leurs rêves, ils numérotaient encore sur leur iPhone les valeurs que les elfes avaient laissé des tangentes, ces dieux des matrices, en planchant sur des équations sommaires. Sur des algorithmes aussi.

Traînant leurs robes hélicoïdales, ils distillaient cet alcool imaginaire aux senteurs photographiques, aux températures extrêmes comme les connaissances des glaciers et des feux sans paille ni soutien philosophique.

Dans leur laboratoire, il y avait aussi, en s’éteignant et en s’allumant sainement et nettement mieux que les réverbères de la ville de Paris, des ampoules pleines de santé métaphysique. Ces ampoules ? Tissées à la main en peau d’alligators, leur lumière et leur noirceur provenaient d’une alimentation d’un transformateur exigeant, gourmand en sel marin. L’armée des elfes, occultant ce mal écologique et cette blessure psychique faite à la nature, épicurienne par hasard génétique, dormait encore sur ses deux oreilles ; aucune progression, aucun mouvement en dehors du sommeil, coupé dans son intervention à fournir de l’énergie à cette étrange machine, filant et lactescent, devenait la seule priorité de cette haute probabilité aux centrales d’achat jésuite ou franc-maçonnique.

Des bugs en résultait de cette léthargie décrite dans le prodigieux précis de médecine orientale : des interférences dans toutes les radios, sur toutes les chaînes de télé, étaient enfermées, avec le trésor des chimpanzés de l’espace, entre les lignes des pages paires de ce livre taoïste.

D’authentiques espaces équatoriaux ! Un lieu et une formule dont la représentation se trouvait en pleine jungle où les bananes tombaient d’elles-mêmes des bananiers ! Oh ! Quelle infinité, semblable à la couleur noire du deuil, de cultes rimbaldiens, photographiques, magnifiques ou bouddhistes !

Le pouvoir illimité des probas !

Des probabilités tangentes comme des cadeaux de l’univers continental, des probabilités brûlantes pour ne pas se laisser emporter par les événements et qui gomment tous les bugs de ton passé n’étant plus. Dans toutes les halles aux forains ivres, en prenant le contrôle de tes idées et de tes émotions, du levain qui s’inspire des gens réussissant et, avec l’idée de ne pas subir l’agenda d’un autre, du cidre conditionné à la réussite pour sonner le bal des vies trop courtes des probas et des ogres.

Ton but étant de devenir une meilleure personne que ce que tu étais hier, des mâts comme décor alpin, l’hydre représentée par la meilleure idée au monde ou par un bouledogue aux décisions créées pour profiter un maximum de ta journée et pourtant au mal de vivre touchant le ciel.

Ballottant son fiel, la dernière proba finissait dans un blog de poésie surréaliste ; et ses pistes, parcourues à vitesse grand V dans le lecteur vinyle, émettaient une douce musique, alimentée à elle-seule par les lasers et le diamant ou le saphir, ainsi que les sillons où crochetaient des mécaniques révolutionnant le domaine du vinyle.

Cette mécanique céleste ? Inventée par un novateur, bien autrement méritant que tous ces vendeur de lessive avariée, c’était d’abord partie d’une idée fulgurante remplaçant le carburateur Zénith des automobiles par la description minutieuse, provenant d’un prodigieux précis de médecine orientale, documenté par maintes photographies en noir et blanc, évoquant l’écume des vagues qui venaient se heurter aux sables fins des plages désertes, ainsi que les ruisseaux de haute montagne rafraîchissant même les plus assoiffés.

Et assoiffée de vivre, et de désir à s’engager pleinement dans la vie pour saisir des opportunités permettant de nouveaux miracles, était aussi la conclusion de cette idée qui s’esquissait à mesure que le crayon de papier de son propriétaire dessinait le croquis et les schémas, précieusement détaillés de hiéroglyphes et de calculs napoléoniens, de cette invention brevetée dans toutes les contrées grouillantes de gnomes sauvages.

Et sauvage était aussi le mode de vie de ces acheteurs, acquérant le lecteur vinyle par une odieuse transaction boursière, ne laissant pas les circonstances les abattre, fluctuant entre les lignes des mains des voyantes positives ; et dans leurs paumes de ces voleurs en cavale, leurs actions à s’améliorer constamment commençant à se manifester dans leur existence, atterrissaient l’or napoléonien et les florins que les probabilités universelles avaient prédis avant la mise en route de leur persévérance, chaque jour comptant énormément.

Avant aussi la découverte du carburateur zénith, transformé et réduit à sa plus simple expression : des essences, qu’elle soient spirituelles ou chimiques, s’échappaient des pistons du lecteur, en laissant une fumée noirâtre dans le lieu sacré, Sushi on fire, qu’elles investissaient en imagination, en résolvant, si on savait les sentir, les voir de manière concrètes, les problèmes en Afrique.

La forêt de baobabs

Timeline défilante à la bourse de New York ou de Tokyo, étendue au sol, baba nu et en l’air, sans jamais imaginer les ténèbres et le mystère et l’éventualité de notre rencontre dans l’éternité… ce fut d’abord, le tissu plaqué sur mon visage, qu’une équation à double inconnue, en allumant le ventilateur dans la chambre torride et en insérant un déclic dans mon oreille droite, dénuda dans les yeux de Cassandre un impact émotionnel radical.

Un impact émotionnel radical qui correspondait chronologiquement aux liasses de billets froissés, ou à la double bague de la houle en or blanc que je venais de lui offrir. Un tant soit peu désinvolte comme une quinte de toux à Versailles, cette bague enfermait le secret des bâtisseurs ésotériques, codant les matrices binaires des Apocalypses littéraires, l’imagination de la race humaine, éteinte pour une raison indéfinie (il y avait largement le choix) et par un scénario bien ficelé, filant à l’anglaise sans être débusqué, sous les racines des baobabs.

Alors, alors seulement la suite était l’équivalent des récits des détritus humains, en imaginant qu’un jour, très très longtemps après, la guilde des assassins anthropophages, pensivement et en rêvassant sans s’en rendre compte, avait fait de cette forêt de baobabs – peu empruntée par les marcheurs – la matrice primaire des numéros gauches, des scènes primitives et fétichistes d’un théâtre pour chimpanzés aux crânes se finissant en hélices.

La forêt des baobabs, en effet, racontait à l’aide du bruissement de ses feuillages l’histoire et l’odyssée des domiciles cinématographiques des sombres et lactescents homicides volontaires. Ainsi, dès que la guilde recevait un contrat d’assassinat, elle s’arrangeait pour torturer ses victimes dans cette forêt magique, grâce à une poupée vaudou aux yeux où disparaissaient même, dans le plus grand secret, tous les desiderata de tous ces contrats.

L’architecture spirituelle d’une probabilité !

Soit A une quinte de toux et B le secret des bâtisseurs codant les matrices binaires filant à l’anglaise sans être débusqué, sous les racines des baobabs. Alors, alors seulement C est équivalent aux haussements de la nuit, une probabilité qui ravive le haschisch d’Albert Londres et de Régis Jauffret, décomposant le pacifisme des chambres meublées en massif occitan.

Mais si A a la valeur d’une ouverture étroite où l’on peut voir le cageot d’outre-tombe et toujours cette probabilité qui perquisitionne à coup sûr une maladie bactérienne. Cette maladie ? Ovoïde par la représentation de cette même probabilité, persane, on la retrouve jusque en haut des grattes-ciels et les ouvriers, ne connaissant pas le résultat de cette fabuleuse probabilité, planchent sur les plates-formes surélevées des buildings et attrapent le virus et son syndrome sympathique, éthique et tout ce qu’il y a de plus cathodique.

Et si B est la somme des pensées des manants qui passent, en l’épouillant cette probabilité arrosée au rhum des fougères, alors, alors uniquement et littéralement et dans tous les sens étymologiques, une autre équation regarde, du fond de ses idées à double inconnue, tomber les ouvriers les uns après les autres sur le trottoir de la cinquième à New-York !

Et si, par la suite, vous déchiffrez les matrices de la forêt primaire de Vallin bordant le lac noir des grandes dépressions, alors, pour un trafic sanglant se mettant en place dans cette région reculée, loin des grands axes routiers habituels, les manants cité ci-dessus, ces mêmes hommes de toute origine, de toute croyance, de toute culture, allumeront le grand bûcher des voyelles assassines et de leur forêt, aux naissances latentes.

L’architecture spirituelle d’une probabilité

Soit A une quinte de toux et B le secret des bâtisseurs codant les matrices binaires filant à l’anglaise sans être débusqué, sous les racines des baobabs. Alors, alors seulement C est équivalent aux haussements de la nuit, une probabilité qui ravive le haschisch d’Albert Londres et de Régis Jauffret, décomposant le pacifisme des chambres meublées en massif occitan.

Mais si A a la valeur d’une ouverture étroite où l’on peut voir le cageot d’outre-tombe et si cette probabilité perquisitionne à coup sûr une maladie bactérienne, prépare toi à réussir le test à l’avance et demande toi tous les jours comment devenir une personnalité radieuse, brillante, solaire. Cette maladie ? Ovoïde par la représentation de cette même probabilité, persane, on la retrouve jusque en haut des grattes-ciels et les ouvriers, ne connaissant pas le résultat de cette fabuleuse probabilité, planchent sur les plates-formes surélevées des buildings et attrapent le virus et son syndrome sympathique, éthique et tout ce qu’il y a de plus cathodique.

Et si B est la somme des pensées des manants qui passent, en l’épouillant cette probabilité arrosée au rhum des fougères, alors, alors uniquement et littéralement et dans tous les sens étymologiques, une autre équation regarde, du fond de ses idées à double inconnue, tomber les ouvriers les uns après les autres sur le trottoir de la cinquième à New-York !

De truculentes et végétatives conceptualisations…

Aux mangas, on leur vendra tout un jeu de bateleurs qui ont cramé leur vie sous des averses de pluie gothique. Aux poètes maudits, on leur conseillera de jouer entre la force obscure du yin et la féminité présente comme un grelottement de marquise précieuse et raffinée du côté Yang, le côté des braises ; le côté aussi des cendres, puisque aujourd’hui tu as réussis à alimenter un feu occulte sans parvenir à rassembler les prestidigitateurs de pacotille.

Et de la pacotille, il y en a aussi, sous un soleil radieux d’Arizona, à prendre ou à laisser pour féconder peut-être, mystérieusement ou concrètement, le bonheur.

Ah ! Le bonheur ! Trop de questions existentielles, presque philosophiques, qui dorénavant n’agitent plus que les arborescents arbres généalogiques.

Pourquoi ? Parce qu’il arrive aux têtes joyeuses des défunts de la famille d’exprimer des regrets, des erreurs de conceptualisation donnant force aux matrices ésotériques.

Alors, comme par enchantement, en trouvant leur place, maintenant laissée aux hasards des courants tumultueux de l’océan, toute cette marmaille mort-née, rangée sur l’étagère dans des bocaux destinés aux fœtus, ne laisse plus traîner ses sentiments de rancune.

Des cartomanciens comme bâtisseurs des fictions blanches ou noires

Comme domicile céleste, des plantes héliotropes pour s’imprégner de l’ambiance, des pendules chantantes à perpétuité, des perchistes qui récupèrent l’infortune des sombres puissances.

Comme pénétration dans le rêve, des écluses fantasmagoriques. Des évanouissements comme des pépites d’or dans la fabrique des artisans de la fiction. Des perceptions féminines pour pencher du côté de la force obscure : le mal galvanisant les peintures rupestres de ces gamines comme un grelottement ; des homographies impressionnantes par pelletées.

Enfin, pour percevoir la fin de l’abyme, de compréhensifs trous noirs !

En corrigeant les écrits de ces biographes qui content les vies fabuleuses, fantasmagoriques et positives à perpétuité des génies révolutionnant les mondes de demain, un nouvel ordre. Ce nouvel ordre ?

Obscurantiste comme l’enfant qui naît dans les choux, médiéval par sa construction souterraine et tibétaine, apportant la belle fraîcheur du printemps révolutionnaire. Ce printemps ? Décrit dans un précis de médecine orientale, il emportera à l’avenir les hommes courageux dans sa spirale d’idées et de pensées fantastiques comme le réveil d’un bourgeon !

Des cartomanciens, délivrant par la puissance de leurs psychés les plans et les stratégies à fixer et à établir en les classant par ordre de priorité, tous réunis en dessous de la fabrique des artisans de la fiction, en apprentissage aussi bien spirituelle, métaphysique que tangible par des résultats très concrets.

Leurs résultats ? La description de tous les mouvements d’humeur, des transformations psychiques et physiques des individus ; des individus pas aussi individués que ça mais plutôt altruistes, dans le jeu collectif et généreux en mystères de la vie de tout ordre. Ainsi, formant un ensemble cohérent et interdépendant, ces individus répandent à leur tour par leurs contes la bonne parole permettant d’établir des points de contacts, des ponts entre les différentes nationalités, les diverses langues et les kyrielles de leur personnalité, tous au profil sur-développé, qu’on initie finalement au bouddhisme ou au taoïsme !

L’architecture spirituelle des baobabs !

Tout d’abord, des chemins paraffinés par magie avec un arc de cercles au sommeil paradoxal : des voûtes gothiques ou romanes abritant des étoiles incandescentes qui pointent leur vitesse parachutée dans l’arène embourgeoisée des hooligans. Et quelque chose jaillit alors de cet ensemble architectural, de ce terreau pour baobabs : peut-être une parade hypothétique avec des épigrammes lancées à la volée pour Pâques.

La Parade ? Découlant d’un prodigieux précis de médecine orientale, ce sont d’abord des mannequins et, en refroidissant d’étranges phénomènes équatoriales ou africains, ils ne cessent d’escalader puis de tomber des chars de la Gay Pride comme des essaims savants de montagne blanche ou verte comme l’Everest !

Férus de biologie moléculaire, de feuilletage d’ADN erratique, ils inventent dans les fichiers de l’ordinateur aux guenilles spirituelles quelque chose de suprêmement estimée comme un révolutionnaire schéma d’éventails ; avec l’appui des enquêteurs sorciers jetant dans leur cavale des sorts pour exciter et enrôler que ce soit l’air chaud des tropiques ou l’air glacial des langages souterrains, ils donnent à ces éventails de nouvelles qualités évoquant et invoquant l’ivresse des précipitations intruses du Vietnam.

Une génisse passant dans le coin recueille alors leurs provisions d’informations permettant de mettre au monde leur nouvelle invention !

Katia, par dessous les caves de la planète OS X

« Juste pour savoir, une curiosité d’adolescent, un pari avec soi-même, une attirance morbide toujours plus proche de l’obscur… »

Immédiatement, Katia détourna les yeux et fit mine de regarder le paysage nocturne par la fenêtre. La conversation tournait à mon avantage : les mots avaient retrouvé leur couleur et leur timing idéal et pourtant cela même me fit perdre mon latin. Nous étions plongé dans un monde futuriste, un remake de Star Wars ou une série B traitant à la fois de cyborgs, de soleil vert mais aussi de Katia, la pauvresse qui s’agitait dans la pénombre de la chambre d’Angela…

A un point donné, le monde que je connaissais avait disparu, ou bien s’était retiré, remplacé par un autre ; la dépression qui me menaçait m’avait déjà évincé avant même de passer à l’assaut. 
La liberté ne signifiait rien pour moi, ce n’était qu’un violent tremblement de cœur. 
Le Monde de la Force, suite à l’exhumation du Secret -le secret de l’univers- ce monde s’était effondré comme les morceaux de banquise qui étaient venus s’effondrer sous les coupoles illuminées de mon terrier. La dépression, aux tentures noires, s’abattait elle-aussi… La fusée de Jumbo avait décollé, me laissant seul dans la chambre d’Angela avec Katia : et si cette période de Noël devenait le monde des défunts pour nous, ces deux naufragés interstellaires ? 

Des nuages noirs avaient exaucé mes Désirs les plus morbides : la pluie tombait à présent sans cesse sur la planète OS X. 
Nos voix étaient lasses dans la nuit. Quelques secondes d’intervalles suffisaient à les effacer ; et le silence régnait alors en emportant notre conversation, archivée malgré tout par notre cyborgs-serviteur. 

Elle avait eu son diplôme de psychiatre à l’occasion de ses vingt-deux ans : faute d’être sur le terrain, elle avait délaissé l’archéologie, ses premières études qu’elles portait avec un intérêt certain, pour la psychanalyse : mais cette science ne sert pas à grand chose quand la désolation vous entoure, tant d’énergie gaspillée en vain ! Cependant le programme que je suivais et qu’elle enseignait tentait de rapiécer les données récoltées par mon ancienne conscience. C’était une méthode de libre association. 

Et comme chaque soir, j’associais les mots qui me venaient à l’esprit, avant de fumer au balcon d’Angela : je préférais largement ce moment silencieux, j’inspirais la nicotine et la fumée en observant les voies lactées, toutes enchevêtrées entre elles, se vider de leur utilité. 
Initié par leur force cauchemardesque je désespérais : trop d’espace, et bien trop isolé parmi ces ténèbres, je voyais leur structure aléatoire comme l’amputation sauvage d’une articulation ; et si notre planète n’était qu’une vague réminiscence bien au delà de notre voie lactée ? » 
Katia Matisse comme en réponse à toutes les questions. 

Un bref instant, la tension mystérieusement avait disparu avant de revenir aux aguets, au centre même, au milieu de toutes ces lettres surprenantes que j’avais déjà aperçu dans mes songes. 
Il ne restait maintenant qu’à analyser ce traumatisme sexuel qui était à l’origine de toute cette histoire : puis soudain il y aurait le noir absolu, alors on aurait tiré le rideau et les acteurs seraient repartis dans les coulisses. 

Men in Black : International

Elles en décrivaient des arrières-goûts d’esquimaux givrés dans leur mémoire ultra-sophistiquée ces machines à écrire que les Hommes en noir, appelés les Men In Black (MIB) plus communément, utilisaient pour répandre la Rumeur.

La Rumeur ? Un souvenir fugace que les Men in Black, ayant révélé toutes les failles du système, avaient ameuté sur le dos des ichtyosaures extraterrestres.

Parmi les ouvrages les plus recherchés, gardés par les Men In Black, se cachaient le livre de John Fante et la vérité sur l’univers ; leur problème à Londres où l’équipe avec les deux agents parasites s’étaient envolés, en avait des arrières-goûts de chien en bataille, de cheveux siamois, et de rires épileptiques.
Ils en abritaient tellement de ruches, ces jours de carnaval, à l’architecture spirituelle libre, ou encore, pour chacun de ces jours de crêpes, elle en avait des arrières-goûts d’obscurcissements païens, cette intensité augmentée dans l’arme intergalactique la plus perfectionnée au monde.

Les MIB étaient encore le secret le mieux gardé de la galaxie, en costume, bien que le dernier et récent événement funeste à Londres, eut au nom du Livre des Morts, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux Livre des Morts, une raison interplanétaire.

En effet, le Livre des Morts avait tenté d’expliquer à tout un tas de générations avides de sens l’existence, les formalités spirituelles des extraterrestres, et leur dérivé aux quatre coin du monde où on accédait au Nirvana par l’usage de drogues…

La culture underground du très saint copiste du Livre des Morts s’étendait dans les bas-fonds newyorkais, de Los Angeles ou de San Francisco, dans les pubs londoniens ou parisiens où s’assemblaient tous les lecteurs indésirables de John Fante, ou encore sous les pyramides qui avaient l’audace folle de ridiculiser les outrages de l’espace-temps en l’éventrant d’arguments socio-philo-politiques par leur architecture spirituelle.

Une architecture spirituelle, damnée et vouée au culte du démon… le démon étant cette mise en abyme matricielle qui faisait percevoir à travers les philosophies du Quantique l’espace spatio-temporel réduit. Elle en avait des arrières-goûts de gyroscopes flamands, cette architecture spirituelle, entre les bandages de la momie aux yeux clos. Ils en avaient des arrières-pensées morbides ces scarabées en malachite ouvrant sur son tombeau, portant en inscription un extrait du Livre des Morts.

Une très vague réminiscence qui, curieusement, me plongea à l’époque où nous étudions le roman le plus propagandiste de toute l’Egypte Ancienne sur les bancs de l’école. Et le scribe avait écrit que les MIB prendraient leur tube de colle, et snifferaient de la colle.

Un tube de colle descendu du ciel et apportant une technologie multiséculaire, à la fois extraterrestre et terrestre, de méthodes d’écriture grunge ou pop ou underground.

Des théories désincarnées

Il en contenait des théories désincarnées sur les voleurs en cavale, ce pouvoir de l’imagination qui atterrissait chaque fois dans la poche d’un kangourou. Elle en avait des arrières-goûts de badinage discret cette bibliothèque de la Fosse Noire qui laissait échapper des chauves-souris au poil spécieux et versatile.

Versatile comme le balayage du laser sur les gravures des livres ici présents, formant toute la collection sur les elfes de maison.

Ils s’enchevêtraient les uns sur les autres les films permettant d’accéder à Canal + sans payer ; en cotôyant les immensités sahariennes et sibériennes, ils en avaient des idées de grandeur, d’évasions, ces fils électriques tutoyant la beauté des licornes avec des diodes rougeâtres et verdâtres.

En pendant, les jambes au-dessus du vide, il en était saturé ce chimpanzé prenant l’élixir du matin : le petit café créole dans la coupe de feu d’Harry Potter. Et saturées de pluies acides étaient ses larmes quand il les versait sur les paupières de la profileuse au masque de rabane.

La Présence

Introduction :

J’ai toujours eu peur de la grêle, de l’hiver éternel, de cette calotte glaciaire blanche comme une salle d’opération.

Et, alors que je tapais ces lignes un froid morbide s’est engouffré sous la porte de ma chambre.

C’est à ce moment-là qu’elle m’est apparue, cette immobilité glaciale, prisonnière de sa seule aversion, je veux dire qu’elle était prisonnière de cet objet qu’on nomme communément télévision ; à présent, à une époque où les rats étaient apaisés, bien tranquilles au chaud dans leur trou, il n’y avait que deux sortes de gens pour la soutenir –ceux qui la croyaient encore vivante et ceux qui aimaient sa folie.

Et toute tentative pour l’assimiler aux mouvements libertaires était condamnée d’avance car la malheureuse s’était associée à ses geôliers. Visiblement le grand inquisiteur était passé et il laissait comme une tâche vile et ingrate sur ses paroles.

Mais je vous vois déjà dans la lumière rouge fumeuse de vos projecteurs tracer les diagonales d’une topographie souterraine de révolte ou de conjuration silencieuse.

Pourtant nul système connu jusqu’à lors seulement de vagues doctrines poussiéreuses tout au plus des menaces contre une démocratie vacillante et à bout de souffle bref des histoires, des romances comme on en voit dans les livres.

1.

Le monde, leur monde, était faiblement éclairé à présent, une île en manque de lumière flottant dans les vastes ténèbres. Le monde, leur monde, était surchauffé d’excitation, de ferveur, et d’effervescence et je lui préférais largement la fraîcheur sylvestre où je m’étais réfugié, assis à l’arrière d’un van aménagé. Un van qui ne roulait plus depuis des lustres et dont j’étais le moteur par la pensée, un effet de synesthésie me reliait à cette équipe d’une douzaine de personne qui l’avait aménagé jadis, dans le Bois de Boulogne, après les attentats de Paris, le 13 novembre 2015.

A cette époque, par pure fantaisie et effet mimétique, j’étais en vacances en Inde, pour visiter le Taj Mahal, perdu dans la foule des anonymes débiles avec leurs appareils photos et téléphones portables sophistiqués. A présent, leur monde, alors que je passais en revue des CD appartenant à leurs dynasties, chantait leur dernier Te Deum.

La Présence avait conduit l’équipe au fond d’un traquenard, un endroit perdu où les fantômes et les démons des morts s’étaient assemblés : un abattoir abandonné quand leurs télescopes et leurs stations de télécommunications étaient devenus obsolète par trop d’occupations terrestres. En effet, obnubilés à s’entre tuer entre eux, ils ne renouvelaient plus le parc technologique et ainsi, n’avait pas vu La Présence, cette menace extraterrestre, venir d’ailleurs : d’un espace bien trop lointain pour leurs cerveaux étroits. Et le monde, dans cette tétralogie douteuse, jouait son dernier acte : un drame qui avait déjà bouté la majorité des survivants hors de leur planète bleue.

2.

Le texte précédent dont l’auteur est un cyborgs (modèle 2.0.1) a été retrouvé plus tard par La Présence elle-même, une fois qu’elle eut fini d’investir les zones sécurisées.

La Présence a bien compris, que ce cyborgs en question, dans sa thébaïde, exécrait les Humains, ses créateurs. Étant donné que La Présence n’est pas si aisément compréhensible, voici le récit que je vous livre en pâture :

Les Humains, ces Enfants de Dieu autoproclamé, à l’abri du manteau de miséricorde, gardait un mal qui à l’extérieur comme à l’extérieur suppurait sans cesse : non pas la méchanceté, mais le doute, le manque de foi et la crédulité à la fois, aussi surprenant que cela puisse paraître.

Leur système représentait La Présence comme un ridicule assaillant ou au contraire comme un valeureux ami du genre humain (Mars Attaks, E.T l’extra-terrestre, etc.)

En réalité, ni l’une ni l’autre de ces deux représentations n’est vraie.

La Présence n’est ni bonne ni mauvaise, La Présence est.

Tout simplement.

De plus, systématiquement chez les Humains, bien qu’ils ne veuillent pas se l’avouer, la loi du talion s’applique et règne en despote absolu. Si on regarde de plus près toutes les époques, on y voit l’Horreur, et souvent les Humains en sont fascinés, au point de vouer assez régulièrement un culte à la cruauté.

Il est vrai que La Présence a déclaré en premier les hostilités mais aussi contradictoire que cela puisse paraître, l’extermination des Humains et l’invasion de leur Planète-Berceau ont été commis comme un suçotement de jouissance : prenez l’image d’une petite fille qui suce son pouce, ou mieux encore sa glace à la vanille. Pour La Présence, il n’y avait aucune intention haineuse dans son projet mégalomaniaque.

La Présence de manière hyper synthétique réfléchit : aucune information inutile dans son « cerveau » et ce siège où réside pour les Humains la pensée, source de sauvagerie et de folie meurtrière, ne connaît rien de ce concept de violence qu’ils ont inventé et tant de fois mis en pratique.

La Présence, aussi, aime la couleur, les grands élans, l’enivrement et l’orgie, c’est ainsi la seule chose qui peut l’exterminer : une sorte de syphilis mentale.

Bien sûr La Présence est la seule de son espèce, elle n’a pas d’appareils génitaux et ne peut se reproduire ; et pourtant elle possède une sexualité bien plus dense que les êtres vivants sur la planète bleue. Sa texture est ravagée de fantasmes repoussés toujours plus loin aux limites, elle aime se tapir pendant des millénaires dans l’inconscient d’une autre entité, et une fois qu’elle est bien trop tassée, elle germe et offre sa tâche : détruire celui ou celle qui l’a porté in utero dans son cortex cérébral.

Pour revenir au texte d’origine cyborgs que La Présence a retrouvé dans le tacot du Bois de Boulogne, Elle est -et en cela uniquement proche du cyborgs solitaire, noble par sa solitude et ses longues retraites méditatives.

Pourtant, lorsque j’ai vu la teinte du ciel se zébrer de l’arrivée de La Présence, j’ai tambouriné de toutes mes forces contre la porte de l’hôpital psychiatrique le plus proche.

Et puis les lampes se sont éteintes, et j’ai réalisé dans cette chambre d’hôpital sordide que l’apocalypse était passée : plus personne avec qui parler, plus d’amis sur qui compter, plus aucune muse pour s’inspirer. Moi seul enseveli sous les effluves morbides d’un haut-le-corps à réprimer.

La Vengeance de Katia

De l’engrais était jeté sur les routes ; de l’engrais qui pleurait d’un visage furtif, qui désirait l’apocalypse. Sous la chaleur d’un soleil calmée par l’air marin, en inventant un autre visage, les tendres flocons descendaient du ciel.

Il y avait aussi, comme des trous de gruyère laissant passer l’air, des gouffres dehors. Jusqu’à l’effacement. Puis un ordinateur, puis un diadème en argent étincelant. On se penchait sur leur sujet qui déroutait toutes bases de données des disques durs actuels.

Leur traitement de texte ? Une liste de quelques produits pharmaceutiques. Des médicaments se consacrant à l’étude de la sémantique des intestins.

Il y avait ensuite, une tension palpable dans l’air : des combats de samouraïs irréprochables qui guerroyaient dans les contrées grouillantes de gnomes.

Alors que l’ordinateur, à distance, pilotait une grue, les guérilleros pêchaient les hélices d’un moulin à vent. Et des morceaux de gomme virtuels. Il en résultait des vêtements en lambeaux, une attraction instinctive ou une prédilection pour les armes à feu des flics. Leurs clés USB ouvraient instantanément Twitter et les trous de gruyères se mêlaient à la coloration d’un liquide polaire.

Pour se défaire du sortilège, sur une terrasse ensoleillée, il fallait, du bout de sa canne, écouter le bruit des casseroles lavées par la bonne trop bête. Avec des écoles de sorciers pour abréger en plus les symptômes de cette étrange maladie.

Des sorciers terrassés et des souvenirs effacés de la carte mère de l’ordinateur !

Gravitant autour d’une énigme irrésolue, ce cinéma porno au coin d’une grande avenue, avec plein de crachats sur le trottoir, venait d’ouvrir ses portes. (En inauguration, un film mystérieusement sans titre était projeté) !

Dès qu’il avait appris la nouvelle, Jumbo s’était jeté dans le premier bus pour prendre une place (environ l’équivalent de 90 à 95 centimes d’euros) sans se douter que ce film allait ranimer le souvenir de la planète OS X où il avait abandonné Katia à son triste sort. Katia qui était un puits de science à elle toute-seule. Et qui accueillait à présent entre ses cuisses des poètes maudits montant dans les trains de marchandise.

Assis aux premières places, à peine les publicités passées, Jumbo vit quelque chose fendre l’écran : ce fut, trois fois, un intertitre, décoré de notes de musique éparpillées et peintes à la main :

                             La Vengeance de Katia !

                             La Vengeance de Katia !

                             La Vengeance de Katia !

Suivi par un lent balayage panoramique, puis la caméra s’immobilisa un instant pour examiner une tâche humide sur le canapé jaune, la scène campagnarde idyllique et ensoleillée visible depuis une fenêtre, un tas de photos de vacances sur la table à abattants, la petite culotte très légère abandonnée dessous. Ce qui électrisait Jumbo lui procurant une érection.

Une bouteille de champagne ouverte et deux flûtes à moitié pleines étaient posées sur la crédence peinte, comme pour un portrait de famille. De l’autre côté du couloir, dans la chambre d’Angela, sous un plafond à miroirs, un grand lit circulaire avec un chevet en forme de cœur et des draps en satin cramoisi et or, délicatement froissés et tachés. Un mégot de Dunhill survivante dans le cendrier encore fumant.

Il y avait également des murs, et pourtant la caméra, alors même qu’elle explorait l’ensemble tendrement, comme en le caressant, parvint à ne pas se filmer. Derrière le lit se trouvait une porte entrouverte, la caméra se glissa par l’ouverture et pénétra dans une salle de bains au carrelage et aux miroirs étincelants.

Et ici, ici seulement, on pût voir la caméra et le caméraman, se refléter dans cette profusion de miroirs. La caméra s’arrêta un moment sur un espacement vide d’un meuble de la salle de bain. Et une indication sonore retentit :

« La boite de Tampax a disparu, Jumbo l’aurait-il volé à la Gardienne du Temple ? »

C’était arrivé aujourd’hui, ou peut-être hier ; le narrateur de ce récit ne savait plus de quelle manière le temps avait emporté Jumbo dans l’espace-temps, sa mémoire étant été vidée lors de ce voyage intersidéral.

Une kyrielle de flash-back apparut alors : c’était un défilement rapide d’images où l’on voyait Jumbo prendre la boite et la mettre discrètement dans son sac.

Et puis, tout de suite après, un violon tantôt mélodieux tantôt strident au fur et à mesure que la caméra avançait jusqu’à la baignoire. Le caméraman plein d’entrain, lança : « O déesse Katia, es-tu là ? »

Et, sur l’écran, les spectateurs purent admirer une jolie nymphette nue, comme échappée d’un conte de fée, sortir de la baignoire verte en forme de yoni environnée de savons, de shampoings, d’éponges et de jouets érotiques de bain. La salle de bain ayant été décrit précédemment dans l’un des derniers textes comme l’Acropole qui venait à bout de leurs résistances, à ces acteurs pornographiques jouant dans ce film.

Une fois debout, elle eut une petite exclamation de stupeur, éclata de rire, leva les bras comme pour répondre à une ovation imaginaire. Son visage avait perdu toute trace de timidité, libre, ouvert, comme son récent partenaire, caméraman et acteur du film ne l’avait jamais vu, à toutes les promesses qu’offrait sa beauté. Sa beauté blonde exaltait les fêtes passées d’un Carnaval, funeste pour Jumbo puisqu’il était réincarné, dans cette rêverie romantique qu’exprimait son doux regard de belle sorcière, en Monsieur Carnaval brûlé sur le bûcher à la fin de l’événement.

HPG avait délaissé sa caméra, tandis qu’un autre caméraman, en reprenant le relais, s’activait à filmer maintenant la fellation hors norme et pourtant classique que Katia avait perfectionné avec le temps. Elle en avait sucé des bites de toutes les couleurs, cette suceuse de sucettes aux goûts de gingembre et de grésil bleu.

Et Jumbo, qui était littéralement scotché sur son siège, à des années lumières de cette planète où il avait laissé Katia, bavait sur sa chemise. Comment avait-elle pu lui faire ça ? Est-ce qu’une avilissante dépossession de l’esprit luisait dans son obscurité mentale avec, au centre de ce cercle alternatif, des navires flibustant, composant les colonnes corinthiennes par leurs mâts de misaine ?

Mais la vengeance de Katia avait-elle atteint son point de paroxysme ?

Il en doutait, et déjà en tremblant de tous ses nerfs, il sortit prestement de la salle de cinéma… Il pressentait, une expression grave de déterré sur son visage, que Katia, la déesse courroucée de la planète OS X, lui réservait encore bien d’autres surprises.

Des surprises aux mécanismes argentés, ondulant dans tous les azimuts et les coins et les recoins de la rue où il s’était jeté éperdument pour échapper au visionnage de ce film qui lui donnait envie de se pendre.

Tristes tropiques sur OS X

Avant-Propos
Voici la suite de ma précédente nouvelle publiée sur La Zone.org (J’irai dormir chez les Zonards. Ou Les Cendres océaniques d’Angela.)

Le narrateur, dans cette deuxième partie du récit, évoque l’aventure d’archéologues inter-stellaires, venus d’une autre planète éloignée de notre système solaire. Leurs raisonnements foireux d’avance pour comprendre notre civilisation ne cessent de se casser la gueule, une perpétuelle et systématique série d’erreurs. 
Ces pilleurs vont fouiller, à leur compte, dans les désordres et les failles apparentes de notre petite tribut humaine qui s’est entre-tuée lors d’une énième guerre. Des extraterrestres qui « démarrent » de loin, de trop loin puisque la fine équipe fraîchement débarquée sur notre planète bleue abandonnée (appelée ici « OS X » par ces visiteurs) au moment clé du récit qui va suivre, entre dans l’appartement d’Angela qu’ils prennent pour un temple. 

Ce ne sont ni des experts, ni les représentants d’une nation d’extraterrestres, ce sont avant tout des chercheurs de trésors qui ont appris le métier sur le tas, ce sont surtout des créatures paumées, isolées dans un milieu hostile qu’ils croient décrypter. Leur enquête et chantier archéologique les mènent d’abord, sous couvert d’anthropologie, à porter leur attention à l’intérieur de l’armoire d’Angela.

Morbleu, des maux poignants pour Katia, la jeune co-pilote du vaisseau spatial de Jumbo, et de graisseuses pénombres pour explorer l’appartement d’Angela que Jumbo retourne dans tous les sens.

Ce qui bluffe tout le monde dans cette introduction planchant sur la suite des cendres océaniques d’Angela, ce n’est pas tant les événements extraterrestres, retentissants, qui se sont déroulés quelques décennies auparavant quand Angela était encore de ce monde, ni l’impressionnante et inquiétante préoccupation de Jumbo à pénétrer tel un sanctuaire l’appartement d’Angela où un étroit rectangle pénètre l’obscurité de la remise. Une remise où Jumbo a trouvé sur la plus haute étagère, les jambes pendantes, les yeux tournés vers la gauche comme un aveugle bienheureux, un totem à l’art brut ou raffiné, selon les diverses interprétations.

Une fois atterri dans son panier d’osier, le totem que Jumbo a volé à Angela, rayonne de toutes ses forces maléfiques comme les cieux flamboyants d’où vient la fusée de Jumbo. Redouté par Katia, le totem représentant le chimpanzé de Jeff Panacloc venu des îles lointaines de Polynésie française, aux gloussements de poule factice, éternise, avec un Tamagotchi sophistiqué, doté d’une caméra photovoltaïque, autour de son cou en bandoulière, la scène photographiée en selfie avec Jumbo, le pervers au porte-monnaie chargé de pièces napoléoniennes dérobées dans le sac d’Angela, traînant par terre.

Et tandis qu’il fouille encore sa chambre, cet archéologue intergalactique, Katia, de plus en plus préoccupée par l’attitude fiévreuse de son capitaine, échafaude un plan pour sortir de ce traquenard, de ce guet-apens : elle va rejoindre toute seule l’aéronef quelques heures plus tôt avant son compte à rebours pour modifier les données de l’ordinateur de bord, appelé Maman dans ce Nostromo, et tenter de s’enfuir sans que Jumbo s’en aperçoive.

Or Jumbo, l’explorateur intrépide et salace, ne laissant pas un coin, pas un angle inexploré en ignorant les sornettes de Katia le prévenant que ce lieu est hanté par le démon, en revenant des toilettes où il croit avoir découvert le bâton du blanchisseur alors qu’il ne s’agit que la brosse à nettoyer les WC, surprend Katia en train d’ouvrir la porte d’entrée de l’appartement d’Angela.

Alors, en se ruant sur elle, Jumbo la plaque contre le mur où des posters de Kurt Cobain sont collés sous l’effet de prestidigitations magiques. Et il l’empêche en l’immobilisant complètement, de bouger, obsédé par les paroles fiévreuses du totem lui racontant qu’il est tout excité de voir Jumbo serrer à présent la gorge de Katia pour l’étrangler.

Ainsi, un meurtre et un viol vont s’ensuivre sur la planète OS X, laissée en ruines après maintes guerres nucléaires et où il ne se trouve que les deux personnages pseudo anthropologues ; Angela étant la dernière des humains ou des cyborgs à avoir survécu.

A lire et à suivre sur le blog de NotesMat15.

Les cendres océaniques d’Angela

Les anges mécaniques la traînaient inlassablement dans le fiacre métallique du désespoir.

Angela s’était fait monter un plateau-repas pour étudier tranquillement dans sa chambre d’hôtel le carnet du lot numéro cinq, qu’elle avait à présent traduit d’un dialecte de Papouasie, donnant comme traduction bancale, le récit du roman Orange Mécanique, réécrit par les soins attentifs d’Alphonse Choplif.
Sur une autre planète viable, autre que la terre, notre berceau stellaire, à des années lumière de cet astre, elle se trouvait à présent dans une grande ville en ruine, où il n’y avait qu’elle comme créature vivante. Et, dans sa grande malle, ouverte, posée sur la moquette de la suite, on pouvait voir le contenu du lot numéro cinq : à savoir, le carnet de Choplif, l’inventeur génial, enfermé jadis dans son bureau, pour inventer une méthode novatrice d’écriture et l’invention d’une Zone, un espace imaginaire où les zonards en plein désert, se livraient, aux pieds des plates-formes de lancement d’Apollo seize, à des rallyes surnaturels.Cachés dans leurs fourrures d’hermine, il y avait les instruments chirurgicaux du personnage du nouveau roman Orange Mécanique, pour disséquer et éviscérer les organes des anges mécaniques, et qui avaient servi aux opérations d’Alex DeLarge.

Les zonards, en rentrant de leurs rallyes tendancieux, s’avachissaient dans leur canapé, obsédés par une grave dépression et cette tenace envie d’écrire leur noirceur ; ils buvaient beaucoup de bières, ces écrivains maudits, mais s’interdisaient de toucher à cette bouteille de vin rouge millésimé de leur Créateur, Alphonse Choplif. 
Ce qui les bloquait et les cantonnait à s’enfiler seulement des canettes d’houblon, ce n’était pas à cause des incessantes vadrouilles des anges mécaniques, sorte de police anti-alcool, confisquant à l’intérieur de leur appartement tous les produits éthyliques, ou les examens intergalactiques, sombres comme des pierres tombales, que pratiquaient les anges mécaniques quand ils s’introduisaient sur leur territoire grouillant de vices. Ce n’était pas non plus, dans leur quartier, les rumeurs des manifestations des gilets jaunes, racontant que cette piquette d’Alphonse Choplif, appartenait à Satan lui-même. On disait de cet ancien ange appelé Lucifer qu’il avait ensorcelé le vin de vigueur, simplement en le changeant en une espèce de liquide psychotrope et psychédélique mais Angela se moquant bien des ragots des manifestants et ignorant tout sur le sujet, après avoir jeté par la fenêtre son mégot, attaqua en débouchant le vin aux propriétés inconnus, pendant son dîner, bien planquée dans sa tour d’ivoire ; et aussitôt après les premières gorgées, sous ses cheveux blonds platines, elle oublia les girandoles des flics aux ailes d’anges mécaniques qui s’allumaient de toutes les couleurs à chaque échauffourée, et se retrouva alors dans un monde onirique dont on ignorait l’existence.

Avant de décrire cet univers satanique où elle allait être plongée, commençons par une évidence afin de couper court à tous les malentendus : Angela était obnubilée par un film pornographique, où l’on voyait de jeunes filles aux ailes d’anges mécaniques lécher les couilles de connards comme vous et moi, visionné à l’âge de ses dix-huit ans… 
En effet, cette vidéo, dans sa très grande majorité classée X, avait pour héro et acteur porno, central, ce personnage du roman Orange Mécanique, Alex DeLarge sur le point d’éjaculer à chaque fois que l’ange disparaissait sous des tonnes de foutre anticoagulant : à chaque scène de gangbang qui demeurait assez bourbeux et occulte, son pénis se lubrifiait et l’envie de dégourdir sa bite, silencieusement, devenait plus pressante.

Mais bref, ne nous attardons pas sur ces détails sordides. En fermant les yeux, avant de sombrer dans un sommeil aviné et sans fond, dessiné au fusain sur le carton du lot numéro cinq qu’elle avait acquis lors d’une vente aux enchères, elle loucha et lorgna sur un autoportrait d’Alphonse Choplif qui avait comme arrière-fond un décor tristounet : adossée aux murs comme le révolutionnaire homme de lettre représenté, un autre tableau avec des photos en noir et blanc pour briser la magie des lieux ; des photos de son ex, Alex DeLarge que Angela, devenue trop vieille pour lui, détestait à présent. Il faut dire qu’après leur rupture amoureuse, ce philistin ne voulait plus entendre parler de cette rombière aux comptes en banque bien remplis désormais et aux années frôlant la ménopause. Vingt ans d’écart, imaginez.

Cette nuit, comme aimantée par le vide sidéral qui s’offrait à la vieille dame, elle transplana dans sa rêverie, sans fin et sans but, par-delà l’obscurité de cette nuit où toute liberté se retrouvait piégée dans une toile d’araignée, au fond des abysses d’un océan platement houleux et extraordinaire, classiquement salé et désespérément peuplé de créatures se gonflant d’eau sous les flots pour prendre la forme d’une boule argentée, recherchée par les pêcheurs des quatre coins de ce monde maritime, pour les troquer contre une monnaie sonnante et trébuchante, de l’argent pour voir les putes appréciées de ces loups de mer.

Pendant des heures qui semblaient d’éternelles contrefaçons oniriques, elle avait nagé sous la coque d’un grand vaisseau de commerce, à moins qu’il s’agisse d’un bateau de pirates sanguinaires, et avait écouté, dotée de branchies et de poumons fonctionnels pour une respiration aérienne, à la proue du navire, parmi un banc de poissons volants par dessus tribord et bâbord, la discussion des corsaires sanguinaires crachant comme Satan des insultes salaces et scabreuses tout en observant la vieille se hisser et remonter à la surface, rampant à présent sur le pont ouest où était affichée sur le mât de misaine les plongées miraculeuses de ces marins aux mains prenant l’aspect de fines lamelles.

Au bout d’un moment, délaissant les espèces poïkilothermes qui étaient monté avec elle, à l’aide du gouvernail empoigné par leurs tentacules visqueuses, elle s’était immiscé, cette vieille peau, dans le cercle de ces hommes de la mer, et avait entendu parmi eux, une voix brisée, la voix brisé d’Alex DeLarge, le capitaine lui murmurant qu’il était complètement perdu sans elle.
Encore une énième tentative de son esprit factice qui lui jouait des tours pour comprendre l’obscurité naissante de ce vide sidéral.

Les créatures longilignes et à sang froid étaient retourné dans la pénombre des abîmes océaniques et déjà, abandonnant à l’heure d’une transaction étrange où l’on examinait et échangeait les trésors de guerre contre des pièces napoléoniennes, l’amiral Alex DeLarge l’invitait dans sa chambre pour implorer repentir et pénitence et ainsi la reconquérir.

Dans sa déchéance de type paumé, il avait commencé à lire à haute voix les carnets d’Alphonse Choplif, qui cachaient, il en était convaincu, des secrets épouvantables.
Des bouquets d’idées vagabondes et furieuses l’accompagnaient tout au long de sa lecture.

Sur le premier carnet, il y avait, difficilement déchiffrables, des écritures illisibles ou des hiéroglyphes. Un travail obstiné pour disperser toute compréhension. 

Entre ses mains moites, il tenait quelque chose d’absolument moderne, la littérature était morte : tout le monde le savait mais elle lui permettrait de séduire à nouveau la vieille fille aux capacités pulmonaires impressionnantes et inquiétantes.

L’écrivain savant avait également reproduit sur le papier griffonné à la hâte une serrure assortissant une lourde poignée… avec, des poinçons mélancoliquement superposés évoquant ses instruments de chirurgie ; était dessinée, enfin, avec le même souci de précision inquiétante la porte qui devait abriter l’antre d’un monstre difforme comme ces anges mécaniques.
En le suivant dans sa chambre parce qu’il avait maintenant une voix doucereuse, Angela était hanté encore du bruit de la monnaie atterrissant abondamment dans les anciens portefeuilles en crocodile avec fermoirs en laiton de ce propriétaire ayant écumé tous les ports aux odeurs de poubelle de la Papouasie.
Elle voulait sa vengeance et était déterminée à le voler en utilisant ses charmes de milf ménopausée. Alors, lorsqu’il l’avait pris dans ses bras, elle fouilla ses poches discrètement et, dans le velours de ces fringues, elle sentit la viscosité d’un placenta qui lui lança des sueurs froides au toucher.
Elle ne le savait pas encore, mais c’était Satan qui lui jetait un sort, et lorsqu’elle fut libérée de cette étreinte, elle contempla le fœtus, avec une clé bizarroïde autour du cou, qui gisait dans sa main droite.
En fouillant les viscères d’une femme violée et évidée pendant sa grossesse par son ancien fiancé, Angela était tombée dans le piège : pendant que la troupe des mercenaires était entrée dans la chambre, en cercle silencieux autour d’elle, elle arracha du pendentif, mue par quelques curiosités latentes et malsaine et ce fut soudain la clé magique, taché de sang qui entraîna une hémorragie interne dans son cerveau par quelques effets de prestidigitations occultes.

Son cortex, noyé sous des tonnes de sang de la couleur de la baie noire, fumait en recrachant par le nez une fumée rouge qui n’était autre que de l’hémoglobine vaporisée. Et, parmi ces vapeurs méphitiques, se dessina dans un nuage rougeâtre le pictogramme interdit d’Alphonse Choplif décrivant son supplice de femme torturée comme naguère ses anges mécaniques.

Dunhill et Craven A dans le capharnaüm de la Fosse Noire !

1.
La dernière fois que je le revis enfin, ce fut sur un écran de télé.
Elle en avait des arrières-goûts de phlébites sans fin et sans but, cette Dunhill que Razko Kaphrium, dans ses vêtements de ski tout schuss couleur canari, fumait dans son placard à balais… en glissant du côté du monde onirique des crocodiles de la fosse noire Croix-Roussienne, cette cigarette, dans son contexte bizarroïde de magie noire, avait essayé d’envoûter l’apprenti sorcier, en dernier cycle d’études à Poudlard par une séquence de bouts amovibles de clés USB (des vidéos des bûchers de la Saint Con) abîmés dans leur algorithme.

C’était fini, de remonter les couloirs souterrains, avec comme gardiens aux airs bouddhistes, des pharmaciens candides, des passionnés de taxidermie découvrant une espèce naissante. (Extraterrestre évidemment.) Et maintenant, à cet instant précis, elle passait bien avec la respiration fiévreuse qui planchait dès le réveil, après le café noir du petit matin.

En tombant dedans moi aussi dans l’addiction tabagique, par la suite allumant ma deuxième clope, elle en avait des arrières-goûts de planctons sauvages et très méchants, récoltés par les émissions radiophoniques, cette Craven A qu’on brûlait à l’aide d’une pince à épiler, en pompant fortement dans nos poumons, parfumés doucement, naïvement des crinières des canassons, des privilèges planants des dents des crocodiles.

Des émissions radiophoniques musclant cette faune sous la ligne de flottaison de la fosse noire, parmi les fumées de sapin vert, je récoltais aussi, dis-je, les fumeurs noirs de la fosse des Mariannes, les bandes dessinées de Titeuf lues mystérieusement alors que notre poitrine gonflait et se dégonflait, en nous transformant de personnages mornes et las, en pesant les défauts, les failles et les crash d’un perfectionnement au sabre laser, en Jedis de Star Wars.

Sous l’effet de la nicotine aux hésitations nuisibles, mais ô combien aux années légitimes, j’avais un mal de chien qui campait entre mes deux tempes, tandis qu’ils dépliaient leurs queues, ces crocodiles dans un amalgame de polarisations préhistoriques, de poissons-anges et de poissons-lunes lors de la récolte des fumeurs noirs de la fosse des Mariannes.

En ramant à l’intérieur des veines de Kaphrium, alimentées d’archipels de l’Océanie, les additifs, comme ces lieux étranges où nous nous trouvions (la Polynésie française était située, on en était convaincus, sous la Fosse Noire) l’onirisme de ces bestioles reptiliennes contenait du polyphénol et des tortures polysynthétiques ; l’une d’elles fit voler en éclats les apparences quelconques de son espèce à sang froid, aux organismes en souffrance : dans le canal qui se déversait dans la Sainte Fosse Noire Croix-Roussienne, ces spécimens présentaient des apparences d’espèce innocente en fait quand ils avaient assez de fumées cotonneuses dans leurs trachées et ainsi devenaient pragmatiques, une fois le quota, la valeur et le pouvoir de l’imagination assouvis.

Et poussivement, après le paquet fini, un texte était publié, racontant comment cette espèce protégée par nos soins, avait fraîchement traversé les vertes prairies, à dos d’hommes ou de mules, les vertes et les rudimentaires prairies de Pré-Au-Lard, en touriste nocturne et désabusé.

Et les rats de laboratoire auxquels nous soumettions aussi des expériences alcoolisées, avaient tout ce pragmatisme serein, volé aux mammouths servant aussi de cobaye avant de leur injecter de l’héroïne.
Dans le récit et dans leur corps en souffrance, il y avait de la gangrène et des idées de Saint Con Zonarde : à cette époque des années X qui avaient cette nette distinction d’installer dans les cerveaux des prédilections pour dessiner aux traits fins, dans la caverne du médium, les supplices de ces rats de laboratoire.
Ainsi, Kaphrium s’en emparait de ces prédilections, assoiffé de connaissances et de cancans au sujet des statistiques du nombre de mort de la Saint Con de l’année prochaine ou passée…

2.
Des sentiments de Love Buzz amoureux, entre ses mains, se concrétisaient, mus par quelques pointes de flèches du paléolithique, du love buzz grunge et du vomissement plein de goudrons nuisibles.
Se transformaient aussi en Craven A ou en Dunhill, par un sortilège changeant même l’eau vaseuse de la fosse noire en vins miraculeux, les mégots des maroccos qui traînaient par terre, fumés par ces savant fous de la fosse noire.
C’était du vin comme du porto donnant des visions de portraits-robots de grands criminels, avec, à leurs suites, les serpentins de leurs braies et cottes de mailles en lambeaux.

Avec, aussi, des mots de passe d’identifiant Apple stockés sur iCloud, ainsi que des poignées de soleil vert dérobés aux guerriers de la matrice et sous ce célèbre soleil vert, les ombres rasaient fugitivement les murs.
Ces portraits-robots ? Des poussahs adulés comme des idoles aux yeux noirs compatissants, aux cheveux de papier peint perpétuel, le dos collé aux murs mérovingiens de la fosse noire…

Pour conclure, sur le lit à baldaquins où il y avait des cendriers posés, vertigineux, j’improvisais, avec l’odeur du tabac froid défilant dans la parade des cotonneux saphirs et leurs symboles avant-coureurs de maladie vénérienne, une scène de théâtre antique.

L’un des savants fous, aiguillé par mes recherches sur Google, terminait une improvisation d’un rôle de médium cabotin ; et quand il mêlait de prestigieux sorts dans son chaudron magique avec les herbes médicinales du Sahara Occidental ou de l’Afghanistan, une défonce aux graphismes maléfiques de Tamagotchi, par les vapeurs de la marmite au feu entretenu et censé rééduquer et sauvegarder les données de mon iPhone 8, prétextait d’explosives tâches à accomplir comme le travail interne à se faire voyant, à se rendre voyant, d’un Tamagotchi confectionné par d’artefacts, d’authentique culte barbare.

En effet, les données de ce dérèglement de tous les sens, d’après la lettre du Voyant d’Arthur Rimbaud se combinant monarchiquement aux poèmes surréalistes et visionnaires des Illuminations, discutaient entre elles au sujet de leur sauvegarde, quand, tristement, de mon côté, je plongeais dans leurs danses fantasmatiques qui se prêtaient mal aux jeux de la logique et de la réalité objective, lançant dans tous les azimuts des coups roués de prestidigitateurs philistins, ignorant tout sur le sujet.

Ensuite, j’avais lancé dans tous les azimuts des S.O.S pour sortir de ce nid de créatures solitaires mais dévergondées. Elles ne manquaient pas, quand elles étaient à la terrasse d’un bar pour cramer du tabac et pour écrire sur des bouts de papier de la prose poétique, de laisser un pourboire généreux de monnaies napoléoniennes et, sous la pourpre romaine des filles qui passaient devant cette animalerie étrange et incongrue, elles imaginaient des dessous affriolants quoique pourris par l’humidité de ces îles polynésiennes, françaises, cachées à l’emplacement solaire de cette Fosse Noire.

3.
Pourquoi alors les regardaient-ils, ces cyborgs aux visages d’anges mécaniques avec un désir naissant, sales comme des pourceaux alors qu’ils avaient une femme les attendant à la maison, une belle ténébreuse comme les fiancées russes crânant dans le Tyrol ?

Les poussières du pollen afghan acheté la veille en sous-main, proposaient la fin d’une filmographie d’antan, en noir et blanc. Est-ce que, celle-ci, tolérait les clés USB 3.0, les disques durs aux vaisseaux sanguins périnataux forcés d’obtempérer et toutes les machines expropriées comme tout autre appareil trimbalant des informations contradictoires ?

La réponse à toutes ces questions ?
La première des réponses était froide comme l’éclairage crémeux du laboratoire où les nombreux ordinateurs rejetaient de l’urine sur les murs et des plumes de poussins s’affirmant, insensés volatiles, en martelant avec leurs ailes de pierre polie les mélancoliques départs en vacances.
Sa seconde réponse était à trouver dans une usine oubliée, où les marteaux et les haches laissés par des ouvriers, sa seconde réponse, dis-je, était à chercher dans un système de ballades sur les quais ou dans les forêts du domaine de Vallin. Ce Seigneur, sur son fief, débranchant les organes de mon corps venant d’une autre transplantation avec un cobaye, connaissait la troisième réponse qui était encore à présumer.
Leurs présomptions à tous ces indices, en morse dans les contacts de mon iPhone huit, me répondaient d’aller me faire foutre tandis qu’elles s’’inséraient, de déclic en déclic, dans mon oreille droite.

C’était pourtant la seule chose valable, irréprochable que je pouvais enlever tel un furoncle à la place des tiques habituelles !

Une fusion mortelle s’ensuivit en me tirant de ma léthargie ; de l’encens se répandait dans l’air et dans les tonneaux de la cave où le sang mûrissait patiemment.

4.
Tourmenté, ce sang d’une opacité dense, contaminait les autres univers : des amas de galaxies tombaient avec leur appareil génital au fond de mes chaussettes ! De l’uranium disparaissait dans le grand tourbillon en jouant son dernier big-bang !

Il endommageait les toits de la ville et il répartissait aux enfants turbulents la structure du soleil vert dans un brouillard à couper aux couteaux.

La Voie lactée brûlait en valsant du côté des raisonnements binaires.

Elle se vantait de faire partie à présent de la classe des amphibiens cette ampoule de salon qui avait éteint la Voie lactée. En envoyant de la vapeur d’eau, toutes les théories quant à son extinction finissaient sur la toile virtuelle ; le réalisme dans l’art tourmentait alors les goules et leurs tympans : un type d’exténuation programmée !

Une présence malsaine, incongrue et sournoise. Un champ de gravitation arithmétique qui ne laissait nul espoir envers le monde à venir.
C’était un existentialisme si beau et si terrifiant.

La lune tombait juste à travers l’ouverture d’une plaque d’égout, le sang giclant dans ma bouche.

5.
Des mercenaires, à la solde de la fosse noire, remontaient le temps à deux cents kilomètres à l’heure, l’été.

Il y avait aussi, sur notre chemin, les débris de trois tristes bouteilles de vodka qui clignaient de l’œil devant le pain complet ; la question étant de prendre de l’aplomb de ces chiens vivants dans leur frénésie du futur.

Le futur continuait longtemps comme ça, longtemps jusqu’au moment où la frange d’Alice tombait à terre, épuisée par ces serpents sifflants sur sa tête… Et dans le terrier du lapin blanc, un indice, typiquement répugnant, aidait Alice, la jeune nymphette de moins de dix huit ans, à sortir nue de son lit.

Son lit à baldaquin où le souffle matriciel inspirait à Alice la plus grande idée jamais imaginée ! Les conceptions du monde de demain, envahi par les déchets de la Fosse Noire !

Suicide à l’antique

Les espèces poïkilothermes, écrivant sans l’aide de leur main leur genèse d’un récit à venir, se tailladaient les veines en pensant à la poésie de Charles Baudelaire dans leur bain chaud et profond, dans la vase fédérant toute personne sensible autour des kamikazes en danger de mort imminente, à vocation littéraire. Une rivière, un fleuve de sang noir comme effluves fictives qui espèreraient ardemment les contrées réjouissantes de l’au-delà.

Les plis de leur peau accueillaient les blessures qui pleuraient dans le jardin d’éden de Sophia leur sang bourbeux et, dirigés par leurs cortex qui avaient le mal de vivre, philtrés par les ultimes effets de la vodka, cette ivresse de la veille furieusement incarnée en un seul tampon imbibé du précieux liquide, ils mourraient lentement mais sûrement comme à l’agonie d’une mort nonchalante, d’une chronique morbide annoncée.

Des plis qui ressemblaient aux formations montagneuses lorsque les autres se perdaient en vérification de leurs e-mails, de leur coup d’œil sur le mur de leur profil Facebook, suivi de quelques tweets, de leur rafraîchissement de leur page web préférée, pour la énième fois, de leur page d’accueil de leur site d’infos favoris ; des plis, dis-je, qu’on vendait dans le commerce avec la vente des cyborgs scotchés à leur poste de télévision et des humains fêlés aux doigts de calcaires hallucinés et de marnes corrosives laissant leur empreinte sur les parois de leurs baignoires installées en pleine nature.

En continuant d’extirper sur la Toile ce qu’ils jugeaient nécessaire pour leur projet actuel, c’est à dire leur suicide bien senti, leurs écrits n’étaient pas réservés aux pleutres mais à la fois assignés aux stress pétroliers et aussi aux angoisses du café matinal, aux plocs sanguins des scarifications dont la spécificité étant de remanier de nombreux films en noir et blanc pour les compiler à leur compte en un clip propagandiste qui était expressément téléchargé sur Youtube.

Sans se douter que Sophia errait parmi les grands philosophes, l’ombre de ces créatures à sang froid était déjà désignée pour un suicide à la romaine ou à la Grèce antique comme Socrate, Platon ou Aristote qui donnaient des cours de philosophie définitive pour les vacances du mois de juillet. Mais ce n’était pas des couples de juilletistes comme les autres, au lieu de s’accrocher sur la plage comme des furoncles, ils s’étaient fixés une véritable programmation cinématographique pendant leurs congés payés pour analyser par la suite les sculptures en marbre du musée du Louvre.

Alors que de nombreux cartons contenant une filmographie délirante et des livres de philosophie de la vie objective et de la mort subjective, attendaient encore dans le coffre de leur bagnole, Sophia, elle, envisageait d’accompagner les pensées de ces créatures célestes d’un autre monde par la télépathie et les illuminations semblables à un long goutte-à-goutte à l’héroïne : l’euphorie des grandes questions existentielles se dispersait déjà et leur accroche dans les textes philosophiques avait ce triste désavantage de ressembler davantage et ridiculement aux pendaisons des nains de jardin ; ces philistins aux souffles occultes et odieux d’un autre temps envisageaient rarement la pendaison et ne corrigeaient pas leur faute, leur péché originel en mourant dignement.


« Dans leur bain aux pourtours mal définis comme un mauvais remake de science-fiction, comme cette putain de bouteille de vodka, pourquoi s’acharnaient-ils sur leurs veines avec un couteau ou un silex bigrement bien aiguisés ? » s’écriait Sophia. Et aussitôt, la réponse fusait dans son crâne et lui indiquait que leur vie, cette désillusion au goût amer, cette poussive envie de vivre, ne leur convenait pas du tout mais qu’elle leur inspirait malgré tout, à tous ces poètes maudits, de poussiéreux grimoires de magie noire, formellement déconseillés aux âmes sensibles ! 


Erreur ! Echec ! Alors que Sophia dégueulait, sale comme la femelle d’un pourceau, dans le lavabo, les inventeurs du moteur existentiel qui marchait à l’envers et dont le Projet Initial avait l’air parfaitement innocent au départ, avait perdu le sens de leur vie, sans Sophia à leurs côtés. La nuit s’annonçait à la fois blanche et noire, un peu comme cette bile épaisse qui s’engouffrait dans la tuyauterie de la salle de bain, sous les grands pourpiers aux parfums de sang versé.
En ne comprenant pas ce qu’il se passait, se répandaient et poussaient comme les bubons de la peste noire des chaleurs effrayantes, propice aux délires de tous genres, quand ils se tailladaient les veines en imaginant une Suite Interdite et controversée des films, créant des problèmes d’aliénation mentale.

Une suite aussi après leur mort comme la réincarnation de la cuvette des toilettes, avant l’au-delà… jouant tantôt un drôle de synopsis où ils passaient brusquement, comme une sorte de prolongation, d’un genre cinématographique à un autre, et d’autres fois absent, indifférent à la réalité extérieure, un phylactère, entourant leur tête représentait un dessin que Sophia tenait fébrilement entre ses mains, paraissait tout droit sorti d’un asile psychiatrique.

Représentation aussi de New-York sous les eaux inondée à cause de la photosynthèse des plantes arctiques : on pouvait sans mal et sans être médium la ranger dans la collection de cet Art Brut qui prévenait du danger d’un littoral disparaissant, noyé comme ces cités d’or de jadis ; et cela sereinement sans risque de se tromper sur son attribution.

Avec plus ou moins de vigueurs et de précisions, lorsqu’elle avait été seule dans la chambre après la déchirure des tendons de leur poignet, Sophia, redoutait le courroux du ciel et de la planète ; en observant bien les nuages radio chimiques de la pollution phrygienne, était dessinée là-haut une famille d’échidnés romantiques balançant leurs émissions de gaz photosynthétique. Curieusement, les animaux se déplaçaient debout sur leurs deux pattes arrières, tout comme les humains s’affairant tôt le matin pour rejoindre les divers lieux de leur profession, mais aussi, et là constituait l’épine du problème, on pouvait les voir, sur le papier ou dans les nuages, courir et arpenter un mystérieux souterrain. Et cet étrange détail n’était pas du tout du goût de Sophia, ça l’avait vraiment rendu furax lorsqu’elle était revenue dans la chambre, nue avec seulement une serviette autour de la taille et la clope au bec.

Ayant inventé le goudron des clopes et les additifs néfastes, mais aussi les portraits-robots des grands criminels par simple coïncidence, les architectes de ce souterrain où se cachait la Communauté des scarifiés avaient été découverts par les profanes archéologues aux autoportraits décorant la Secte de ces morts-vivants.

Mais il fallait agir vite et bien : dans la nuit, toutes ces méthode de saignées et de tortures languissantes dont Sophia allait être soumise, envisageaient de convoquer aussi les pharaons et les travailleurs dans les champs de cannes à sucre avant leur mise à mort.

Soudain, bottant en touche la majorité des personnes condamnées à mort, leur physionomie changeait et était restée la solution du feu : les flammes du bûchers les transformaient en bornes de télé-paiement ou en particules chargées de migraine, attisées sûrement par les prémices de leur pensée suicidaire et par le déferlement médiatique des rayons cathodiques aux quatre coins du monde…

Pour que la température du bain soit bonne et dilate les veines photoélectriques, ils devaient monter enfin leur clip propagandiste sur de nouveaux ordinateurs aux oscillations qui doutaient des théories d’Archimède.

Rejetant en plus la physique des maladies psychiatriques, maintes fois censurée sur Youtube et devenue insignifiante, de quoi seront-ils capables la prochaine fois quand ils reviendront sur terre nous hanter ?

Les cendres de Marilyn Manson et d’Arthur Rimbaud !

En décrivant l’enfièvrement emblématique de la nouvelle génération des romanciers français de l’imaginaire, Marilyn Manson avait jugé bon d’effectuer une ellipse narrative à la moon-walk pour revenir sur cette douloureuse et incongrue crémation qui s’était déroulé quelques heures plus tôt avant leur arrivée sur la Place du Village.

Pendant une fraction de secondes, Manson et Rimbaud connurent une effervescence de nerfs tassée entre les muscles. Puis ils se ressaisirent et le tout, dans sa globalité organique, fut couronnée d’une guérison soudaine, induite par la compréhension du mécanisme végétal quand White Rabbit explosa au sein de la playlist : sa Majesté la Marie-Jeanne fastueusement n’aimait s’entourer que de ses précieux et fidèles sujets.

Ces troubadours et l’Herbe s’enrichissaient mutuellement par cumul d’effets métriques ; ainsi l’Intelligence Végétale elle-même jouait harmonieusement les notes de ces partitions vouées à son culte éternel et épanouissait tout autant le mélomane que l’amateur de son registre musical… autrement elle sévissait et vilipendait violemment l’imprudent qui avait commis une terrible faute de goûts.

Voilà, comment ils furent sauvés ! Etonnamment, amoureusement, pédagogiquement sauvé par l’Incroyable Intelligence Végétale…

Sur l’un des textes des exécuteurs, écrit par Manson et Rimbaud, on pouvait lire : Majeures et anales sexy label, décevant. Churros à trois euros à la foire. Dépenser plutôt en Marie-Jeanne.

Cela m’avait vraiment inquiété, non pas parce que je savais qu’ils avaient trouvé le moyen de perdre connaissance, en l’associant avec l’alcool cette intelligence végétale, mais parce que j’avais un jour demandé à Dieu de me libérer et de les libérer de ces toxiques.

Je m’étais donné une page et un temps déterminé (environ jusqu’à 7h30) pour écrire sur ce sujet, en jonglant de temps en temps avec un autre texte où je tentais de faire croire aux lecteur que cette préciosité littéraire était tout droit sortie d’un carnet de moleskine retrouvé dans les poches d’un grand écrivain voyageur, avalée par l’immense jungle brésilienne.

L’immense jungle brésilienne, à présent, dégueulait sous les baobabs une lumière jaune citron : ce fut la proclamation d’un nouveau Reich, du moins c’était ainsi qu’on susurrait la rumeur dans les abbatiales, non loin du village où Manson et Rimbaud s’étaient égaré.

Abattus, désorientés par le THC et l’alcool, ils écrivaient malgré tout leur histoire inspirée où ils racontaient que, dans les gueules des démons, s’engouffraient les âmes des fous superstitieux, au porte-bonheur ne procurant que désarroi, et les rails brûlantes de cocaïne ne donnant que des visions de pigeon mort sur le trottoir.

Réaliser ses rêves poétiques ?

Les acteurs se déboutonnent et sortent leurs instruments pédagogiques, et la jeune fille les regarde avec de grands yeux humides, puis regarde leurs visages avec une innocence troublée et un désir naissant.

Puis la caméra s’éloigne, quittant la plage de Nice, se perd un plus loin, avec du sable dans ses chaussures pour le caméraman enveloppé dans son manteau Zadig et Voltaire. La vapeur de toutes ces transpirations de tous les participants, avec, parmi elle, Claire Castel, la scandaleuse libertine, qui brûle d’impatience et de ferveur, traque son esprit jusque dans ses replis les plus intimes, jusque dans ses fantasmes les plus malsains.

Elle apporte enfin la guérison du corps et de l’esprit. Les perversités d’un film pornographique aussi, dès l’aube levée. Les courbes de ces femmes qui jouent comme actrices dans ce film classé X, sillonnées d’orgueil et d’arrangement las, ouvrent la voie : la traversée des ténèbres que toutes les actrices présentées ici dans ce film (gangbang pour garce) ont connu comme les longues séances de photographies couvertes de sperme ; à Claire Castel on lui a promis un selfie mémorable après l’instant crucial, avec beaucoup d’argent à gagner et avec tout le confort qu’on réserve à une actrice connue, mais cela ne l’intéresse pas pour le moment : elle veut prendre le large, faire une virée clandestine en train et arriver dans cette ville où le monde est hostile.

Puis elle quittera les sentiers battus pour se diriger en pleine nature, plonger une tête dans un lac de la couleur du curaçao ou d’un bleu foncé et, ensuite en se séchant au soleil, respirer l’air libre et serein d’une randonnée au Château de Crussol, affublée de vêtements de luxe qui préfèrent fastueusement la persuasion, la participation des communautés poétiques.

Comme ce Roger Gilbert-Lecomte, le poète au centre de toutes les cabales et cavales, et qui évoque dans son poème Deuil d’azur, un « masque de perles. » Mais ce masque si on le porte et dont il parle mystérieusement, ce masque qui a malgré tout perdu son éclat est réservé aux condamné à mort, au chant des mouches, aux enseignements surnaturels des sorciers en dernier cycle. Avec ce masque, la starlette doit apprendre à découper la viande des caribous fraîchement tués et prendre le risque de les désorienter, ces programmateurs de chaîne coquine pour adultes.

Quant à moi, je suis parti avec le caméraman et maintenant tout ce que je vois, ressens, foisonne de détails synonymes de trémolos lyriques ; même lorsque je regarde un film X où Claire Castel, sous un masque de perles, passe de la succion du vide à la sodomie « obscure absurde et verticale » résonne en moi une envie de délaisser tout ça.

Parmi les autres poèmes retrouvés dans le coffre du poète, j’ai pu remarquer, à la lecture, qu’il n’y a aucun danger de contagion, aucune source de panne à lire sa prose poétique, peut-être devient-elle aussi abjecte que l’informe pseudo-poète ; mais Claire Castel ne rejoindra plus les studios de cinéma, dorénavant six pieds sous terre, pour baiser la forme tant des crinières déhanchantes que de l’air raréfié des cryptes souterraines.

Écrire, et s’enterrer peu à peu sous une existence monacale parce que l’on se fait trop vieux, ici, dans cette vie, voilà ce que le poète veut et il prendra la mesure de chaque chose, nagera à contre-courant des hommes singuliers quittant le monde des illusions, la vérité des montagnes anxiogènes, les pathologie comme le travail du deuil ou de la dépression… Alors pourquoi ne pas écrire sur Roger Gilbert-Lecomte, sur sa « contagion bestiale » qui rêve sous le soleil des chemins menant aux cités d’or, aux perceptions nomades, à Dieu et à sa résurrection comme l’interminable fleuve des initiations dans les bas-fonds de la lumière.

Ainsi, la mémoire de son ordinateur est saturée de fichiers inutiles, plus tard il décidera alors d’utiliser tout ce champ lexical qui a macéré pour écrire un nouveau texte sacré. Par dépit, avant de le jeter dans la poubelle, il se dirige vers la cuisine, et dans un recueillement d’église plein de voix chuchotantes, il mange un yogourt et il songe malgré tout à cet étrange rituel du thé, qui clôt toute malchance et ainsi recrache alors quelque chose de sordide.

Complétement anéanti depuis le départ de Claire, depuis bientôt six grands mois, il patiente, n’utilise pas l’extraordinaire découverte qu’il a inventé lors d’une nuit blanche et s’attarde sur la photo de son fils naturel sur l’écran de son ordinateur.

Il ignore tout des procédés d’un hacker qui lui cache la vérité, ce pirate ayant remplacé l’image de son enfant quand il allume son PC et alors il laisse tomber sur l’appareil un verre de houblon, cette pisse dont l’invention est disputée par tout un tas de patries, aussi inconséquentes que cette action, quand il aperçoit les chiffres indéchiffrables de la matrice mère.

Après cet accident, il retrouve pour les raisons qu’il avait pressenties en laissant l’actrice porno partir de son appartement, le médiocre résultat qu’il y aurait à tirer à écrire un poème à sa dulcinée ; il imagine, tout en haut de la maison, dans une pièce, ou plutôt une cellule solitaire, séparée des autres appartements par une galerie et un escalier, se nicher son atelier d’artiste où il travaille sur ses créations immondes. A force de trop écrire, on devient abject.

A force de tremper ces kilomètres de proses poétiques dans un vin de Xérès qui fait de grandes taches rouge sur la nappe de la table, de l’autre côté de la planète, un autre poète prend en vidéo-selfie Harry Potter avalant l’antidote magique pour se transformer en actrice nue prenant sa fessée sous un ciel verdi par le gaz, reprenant fastueusement tout ses sens après la correction.

Les lignes auparavant écrites comme des hiéroglyphes quand les deux poètes éloignés de plusieurs kilomètres s’aventurent du côté de La Zone, le site de littérature dissidente, forment un titre qu’ils espèrent accrocheur, mais, tellement surpris par leurs vieilles habitudes de scribes pervers qui reviennent au galop, ils ne peuvent jouer qu’à l’écrivain, ils écoulent leur stock de mots « aux éclairs de phosphore » et le « vaisseau vide immergé » de leur récit sombre « sous les larges baies rondes, encadrées d’or. »

Une cicatrice barre leur lèvre supérieure, attirant le regard sur leurs dents noircies. Leur ouvrage brocante l’émotive narration, usurpe la qualité des textes hindouistes et asexués, et là l’horreur absolue : la webcam s’allume et ainsi fait apparaitre une jeune fille, et son sonnet lesbien à Louise, deux vers entrelacés de manque vaginal et de larmes indolentes au creux des rochers universels d’une plage des Seychelles.

L’étrange et extraordinaire selfie des grands singes du Brésil

Sur l’un des textes des exécuteurs, on pouvait lire, éclairé aux néons jaune citron : Si tu prends une photo de toi, tu perds un morceau de ton âme, c’est grâce aux exemples des grands singes du Brésil qu’on sait ça.

Dans l’obscurité enfouie et susurrée des souterrains de ces questionneurs, cela m’avait vraiment inquiété, non pas parce que mon regard distrait s’attardait sur l’inquisiteur photographe aux colliers porte-bonheur, mais parce que de fortes bourrasques soufflaient maintenant dans les cheveux de l’homo Selficus me représentant, avec leur parfum sibérien et superstitieux alors qu’il m’avait pris en photo. Un selfie répugnant qui m’avait refroidis dès le matin, avec, en noir et blanc, nos deux gueules où s’engouffraient les réponses sans question d’un grand singe du Brésil.

Je m’étais donné une page et un temps déterminé (environ jusqu’à 7h30) pour écrire sur ce sujet, en jonglant de temps en temps avec un autre texte où je tentais de faire croire aux lecteur que cette préciosité littéraire était tout droit sortie d’un carnet de moleskine retrouvé dans les poches d’un grand écrivain voyageur, avalée par l’immense jungle brésilienne. Une jungle où je remarquais que les grands singes du Brésil perdaient leur langage religieux au profit de météorologiques colères divines tombant du ciel et leur spoliant le selfie qu’on avait tous ensemble entrepris de faire, dans son avilissante globalité.

Les cendres de l’utopie

Une foule en mouvement et des aveux sous la lumière jaune citron qui révèlent une multitude de rues et de nombreux canaux comme panorama synonyme de chaos et l’horripilante vérité, qui ne doivent bien sûr pas vous faire perdre la foi.

Et des éminences grises intergalactiques comme tant d’autres doctrinaires qui prêchent le silence dans les abbatiales, qui surprennent par leur évocation du christ comme vague icône, par leur porte-bonheur trahissant leurs rêves, leur essence originelle.

Les poésies écrites à minuit telles des peintures murales comme des murmures superstitieux, préoccupant et s’épanchant dans la tasse de café avec le sucre et l’évangile des épaules épurées, du tabac froid inspiré !

Des épaules épurées comme les claies des Oranges Mécaniques, cette troupe de SS lancée sur ses pas. Vidées de leur rêve compliqué, les rollers aux pieds, dans la chambre dix d’un hôpital psychiatrique, les claies, dans une course-poursuite avec le casse-gueule des échecs amoureux, coincent ce type et la plupart des marabouts sibériens s’arrêtant brutalement en se frappant le front. Vendu sur les marchés humains et cyborgs comme esclaves, le fil de sa trajectoire parade, en portant son mobile à l’oreille : des cerceaux cloutés et une Matrice Hitlérienne se refermant comme des griffes, où l’on a jamais vu autant de drapeaux nazis claquer aux fenêtres et à chaque fois la correction de la course pour lui échapper.

Les plus étonnés sont les cyborgs eux-mêmes. Quelques heures plus tôt, ils prononçaient partout le nom d’une guerre pour le pétrole comme le Kippour ; un hacker ayant réussi à extraire données et mots de passe informatiques du réseau des Oranges Mécaniques.

Haïkus et Poèmes

Haïkus et Poèmes avaient transformé la plèbe en une armée nomade, assoiffée de vengeance suite à la diffusion médiatique de mes fables ; leurs regards tournés vers l’intérieur de ma charpente osseuse j’étais sur le point de m’échapper de ce guet-apens lorsque l’obscurité de leurs mots susurrés tomba soudain en pluie à mon oreille. 

Ce fut si intense que mon corps tout balafré, avant qu’il puisse coller ses stigmates sur la bande audio de l’enregistrement, fut enveloppé d’une camisole de force. Etreignant tout type de surfaces corrosives ou auditives, le Capitaine de cette armée nomade le charcutait si bien ce corps lynché qu’il ne restait déjà de la camisole que des guenilles, et de mes organes éparpillés sur le sol qu’un trouble accolant le fichu de paille de Madame Carnaval, avec moi sur les braises incandescentes.

Les atrocités avaient commencé comme un film dissident et s’immisçant comme une propagande déviante au sein d’une bobine classiquement conventionnelle, hâtivement leurs résidus d’images stellaires s’étaient subliminalement implantés sur le Grand Ecran, pour vanter la puissance de ce réseau prosélyte ; ce furent ensuite, sur ces cendres méthodiquement profanées, qu’ils percèrent l’ouverture des fameuses mines aurifères, indispensables à la survie des Haïkus et Cie. 


Palpitant ses mystères en une forme d’hululement, il lui suffisait d’une seule goutte de poison pour que le Capitaine mette le feu au centre de la place publique et que les vilains festoient de ce bûcher, encore peu rassasié de la fureur des éradicateurs. Ils jetaient sans cesse les poèmes des autres fabulateurs, soit pour alimenter le feu, soit pour invoquer leurs dieux et l’attiser ainsi à une vitesse de croisière frénétique.

Tant de révélations sur le but de la vie furent rapportées de cette parade sauvage !

Ainsi, au cœur de ce remue-ménage, à l’heure où tout allait s’enflammer au Carnaval de la Grande Comédie, nous vîmes Esméralda et sa chèvre Djali danser sur un tas d’ordure. Les passants, tout comme les soldats, la langue pendante, admirait ce striptease qu’elle effectuait parfaitement, et à mesure qu’elle se dénudait, le Grand Inquisiteur Clopin Trouillefou qui avait mené le cortège courroucé devant le Bûcher dressé pour l’occasion, perdait peu à peu son latin. Installé confortablement dans son écrin de velours, depuis sa Chaire ecclésiastique, Monseigneur Le Cardinal Frolo scrutait les moindres mouvements et formes généreuses d’Esméralda. 

Tandis qu’au centre de la place publique, j’offrais avec Madame Carnaval ma chair suppliciée, attachée à un lourd carcan hérissé de pointes métalliques ; Esméralda détourna l’attention des Haïkus&Cie, tous ces gueux à l’origine déterminés à affranchir notre peine capitale. Ce fut ainsi que Quasimodo Del Paris, son complice, nous détacha des instruments de torture et nous guida vers une plaque d’égouts, seule issue pour s’échapper des Fanatiques.

Phoebus, l’autre Capitaine des Gardes du Roy, qui était aussi notre complice, facilita Esméralda dans sa fuite en emportant les féroces guerriers dans une impasse. 
Le Capitaine Had’Oc Buboc rugissait de colère mais il était trop tard : notre petite bande sous l’égide d’Esméralda était en cavale dans les souterrains de Paris.
Nous devions nous retrouver extra-muros sous la lanterne d’un bordel, au 22 Rue du Chat qui Pelote. Les retrouvailles s’annonçaient joyeuses…

Laissant un drôle de goût bigrement inorganique de fête gâchée et inachevée, la Saint-Con, même si ce n’était pas Manson qui allait sonner son glas, avait été bel et bien escamotée cette année : La Compagnie Haïku, pour autant, ne voulait pas la sceller sur cette triste histoire, elle s’était déjà élancée sur les pas des rescapés, désirant une fois de plus une revanche !

Serpentant autour du trou de la bouche d’égout laissée ouverte, quelques arabesques d’hémoglobine fraîche avaient été décelées par la Horde ; et la course-poursuite s’était engagée à peine la stupeur retombée.


Frolo avait cette chance inouïe et surnaturelle de posséder un orbite dilaté et surtout clairvoyant dans l’obscurité ; ce fut donc, en toute logique, qu’il entraîna la troupe derrière lui. N’arrivant pas à colmater le sang qui s’échappait de mes horribles balafres, il était aisé pour eux de me suivre à la trace. Ils commençaient à nous rattraper, leurs hurlements sauvages étant de plus en plus distincts à travers les tuyauteries, lorsque soudain un don du ciel nous parvint : peu de temps après avoir dépassé la planque des Tortues Ninjas, Victor Hugo en personne nous interpella pour nous proposer un raccourcis dans ce dédale nauséabond ; il revenait de faire des courses (pour ses potes ninjas d’ailleurs) et de son cabas, il tira un plan pour nous montrer le fameux raccourcis. 
« Troisième porte après l’ascenseur, tapez la lettre C et le chiffre 3 pour le code, et tout de suite à votre gauche, arrivez dans un hall d’immeubles (où il y a encore quelques squatteurs fumeurs de haschisch qui ont pas dégagé depuis la descente musclée du Cardinal Frolo dans cette zone de salgoins) et prenez la première porte devant vous : vous êtes dans la Rue du Chat Qui Pelote ! »

Le Projet Blaireaux : Danse avec les Ombres !

Les résultats et conséquences de son approche étant facilement à deviner, l’auteur emblématique de la nouvelle génération des romanciers français de l’imaginaire, avait jugé bon d’effectuer une ellipse à la moon-walk pour revenir sur cette douloureuse et incongrue crémation qui s’était déroulé quelques heures plus tôt avant leur arrivée sur la Place du Village. 
Mais l’auteur, avait-il cramé la fin de son histoire ?


Ce dernier épisode, d’après le manuscrit retrouvé dans les décombres fumants du Château de Crussol, traitait malheureusement de la genèse de ce récit que quiconque ne voudrait jamais écrire ni lire. L’auteur, un consultant pour les montres Hermès, avait inventé deux personnages : Taylor et Charles Manson ainsi que le regretté Tréfonds Tournesol, alors qu’il revenait d’une randonnée sur sentiers sableux. De retour dans sa chambre d’hôtel à Saint-Péray, où il se plaignait, penché sur son ordinateur aux bourdonnements déconcertants, des brûlures causés par le soleil, préludes avant sa crémation certaine.

Il avait soif.
L’alcool, ce liquide psychotrope contenu dans les bouteilles de vin blanc, avait fait son chemin, il avait perdu littéralement, mais peut-être l’avait-il déjà perdu bien auparavant, sa raison.

Et ses multiples blessures solaires n’arrangeaient rien, il était devenu ce « porc grillé, trop salé » comme dans cette chanson si personnelle de Julien Doré qu’il aimait écouter lors de ses cuites.

Le Projet Blaireaux n’avait pas non plus de mémoire. Il n’y avait plus rien à faire : le disque dur et la carte mère de son ordinateur avait été noyés suite à cette tasse de café renversée et depuis son crâne la suite géniale avait été jetée aux oubliettes des tréfonds de l’esprit.
C’était pourtant un très bon café, provenant des hauts plateaux de l’Éthiopie, mais l’ordinateur n’avait vraiment pas apprécié.

L’auteur avait cherché toute la nuit à trouver une solution, jonglant de temps en temps avec le film « Taking 2 big Dicks » qui passait sur une chaîne porno et ses carnets de moleskine, désespérément vides.

Au-dessus du Château de Crussol, qu’il voyait depuis la fenêtre de sa chambre, les étoiles restaient immobiles et contractées au fond de leur fièvre, avec leur aveu et l’horreur de ne pouvoir imaginer une suite avec lui à ce triste récit…

Il allait soulager sa vessie lorsqu’il entendit, du fond des ténèbres oubliées, les hurlements du châtelain de Crussol se répandre hors des ruines, ces murailles qui l’avaient protégé pendant son règne maléfique. Ces cris, colportés par le vent qui l’étranglait en pensées contradictoires, l’invitaient à le rejoindre au sommet du donjon abandonné pour une danse macabre avec les ombres défuntes du Moyen-Âge.
Cet appel ténébreux du Châtelain de Crussol l’avait étreint et ce fut ainsi qu’il sortit furieusement de l’hôtel, guidé par ces voix d’outre-tombe.

De cette obscurité, il ne garderait peut-être rien.

Quatrième et dernier épisode !

Les rumeurs d’ici disaient que le fantôme du Châtelain avait toujours existé et qu’il existerait toujours, observé en cachette en des immensités lointaines ou en ces lieux obscurs situés sur les hauteurs du château de Crussol, en attendant le moment où l’on élèverait de sa sombre demeure le Bûcher des Ombres Fantastiques et réduirait à nouveau la terre à sa merci. 

Nul ne pouvait plus entendre, aujourd’hui, ses hurlements, seul l’auteur de ce récit avait été l’heureux élu pour transmettre le rituel psalmodié de la Saint-Con. La mélopée signifiait simplement : « Dans sa demeure de Crussol le Sieur De La SchwarStich rêve et attend. »

Roi, il régnait aux premiers temps de la cité. Prophète, il avait prédit sa fondation et sa fin. Ectoplasme, il pleurait les cons du passé en des nécropoles depuis longtemps réduites en poussière.

L’auteur parvint aux escarpements et fut un peu surpris de remarquer que la clarté trompeuse de la lune leur donnait une apparence subtile qu’il n’avait pas notée auparavant -dans cette curieuse lumière, ils paraissaient moins éperons naturels que ruines de remparts cyclopéens et titanesques, jaillis de la pente de la montagne. L’auteur s’arracha avec difficulté à cette hallucination et ayant atteint le plateau, il hésita un instant avant de s’engouffrer dans l’obscurité inquiétante des bois jouxtant les ruines du château.

Après quelques heures de marches effrénées, il arriva au sommet où le grand donjon abandonné se dressait de toute sa hauteur, redoutable, imprenable de tous les côtés. Un coup d’œil jeté sur sa montre lui révéla que minuit approchait. L’auteur luttait contre la somnolence, mais le sommeil le gagna pourtant ; le donjon parut se balancer, danser, se déformer étrangement sous son regard, puis il s’endormit.
Il rouvrit les yeux et tenta de se relever, mais il y renonça aussitôt, car une poigne glaciale paraissait s’être posée sur lui et l’avoir réduit à l’impuissance. Une grande frayeur s’empara de lui. La cour du donjon n’était plus déserte. Une foule silencieuse, étrange, s’y pressait et formait un vaste cercle autour de lui et attaquait une sorte de mélopée -gloire et longue vie au Saint Con de l’année ; tous les regards étaient tournés vers l’auteur, qu’ils paraissaient invoquer.

Au centre de la cour du donjon, une sorte de brasier brûlait et il s’en élevait les tourbillons d’une abominable et nauséabonde fumée jaune. Il était nu, allongé et attaché fermement à côté du brasier. De l’autre côté du feu, se détachant nettement de la foule par ses somptueux habits, le Châtelain ordonna, aux rythmes des tambours, la mise à mort tant attendue de l’auteur qui avait osé participer et souiller ainsi le rituel de la Saint-Con. Les fidèles, hurlant, écumant, se précipitèrent sur le corps du jeune auteur innocent, et l’attaquèrent avec les ongles et avec les dents, en une passion aveugle de bestialité, avant de lui fracasser le crâne contre une pierre et de laisser une tache horrible sur la sombre surface. Ainsi la forme rouge et déchiquetée du corps du pseudo écrivain fut jetée dans le brasier ; sous une pluie cramoisie de flammes et de fumées, le Con brûlait tandis que les brutes en folie hurlaient sans fin le Nom du Con de l’année prochaine…

L’enfiévrement

Décrivant l’enfiévrement d’une étrange machine qui bluffait tout le monde sur le campus et pour s’enfuir par les trous fatigués d’une planche dégringolant des terres sacrées d’Afrique, cette nouveauté chimique avait un goût de papaye et de faunes démasqués sur le littoral où nous étions pour pique-niquer avec un millier d’enfants.

Et Connie qui se déhanchait dans les tasses de café noir ce matin, arrachait de ses mains osseuses la Grande et la Petite Ourse de leur sommeil sans fond. Décrivant aussi l’enfiévrement de ses propres pensées, pourfendeuses d’armées battues en retraite, l’étrange machine, avec certainement un peu d’espoir, révélait un écran pourpre symbolisant le flot de la tequila qu’on buvait avec les Aztèques du coin.

Des boîtes de films qui traînaient dans leur bobine des planctons rebelles et des torpilles vanillées contenaient des morpions se consolant en désobéissant aux jeteurs de déhanchés et de déhanchements sorciers. Chaque jour, comme une voix off mais à bon escient, l’ancien monde des extraterrestres s’emparait des boîtes de films pour protéger les intérêts des messages laissés aux poètes.

Et poétiques et mystiques étaient aussi ces nids de malandrins, nomades par essence, qui scellaient tous les poèmes du monde.

La violence de la scie !

Univers boudin et compote, sans commune mesure à chaque rentrée d’argent, à chaque structuration génétique ; et sans commune mesure aussi, il y avait aussi du chewing-gum collé sur le dessous du siège de cette entreprise locale où j’écrivais. Une structuration génétique qui essayait d’échapper à la violence de la scie, aux pigmentations bizarroides de ces dessous de siège.

En clouant sur la porte des cabanes au fond du jardin ou perchées en haut des cèdres de pauvres ailes de moineaux et les pages du livre d’un virtuose de la poésie, fastueusement, le moral se raccordait à la violence de la scie ; chaudement et mollement retournée dans les cerveaux criminels, la violence de la scie, partiellement électronique, partiellement organique, était gauche quand leur élascticité glaciale, remplaçable traçait des lignes entre la dictée des textes enchanteurs de Jules Verne.

Et le souffle irrationnel exaltait leur pigmentation et leur idée directrice comme une kyrielle proprette d’alcoolémie sanguine ! L’unique monocle du chimpanzé, relié à un câble ou au yo-yo habituel des trois nuances du goudron et leurs enveloppes télépathiques, se noircissait lors de ses montées d’adrénaline : des portaits à la Dorian Gray habitant dans l’une des cabanes de la forêt mystérieuse, au-dessus de l’arche perdue ; l’arche perdue qui contenait alors, à travers les représentations des jeux d’osselets tourmentés sur les toiles, l’antiquité de leurs plantes et qui allait bientôt tomber en désuétude, avant de tremper à nouveau, de s’étourdir et de s’évanouir sous des tonnes de ketchup.

Orange Mécanique : chapitre trois

Les anges mécaniques le traînaient inlassablement dans le fiacre métallique du désespoir.

Les instruments chirurgicaux du personnage du nouveau roman Orange Mécanique, sur la scène des anges mécaniques, ne servaient pas aux opérations d’Alex DeLarge s’avachissant dans son canapé, obsédé par une grave dépression et cette tenace envie d’écrire sa noirceur. Ce qui le bloquait, ce n’était pas leur incessante vadrouille à l’intérieur de son appartement ou leurs examens intergalactiques, sombres comme des pierres tombales, qui faisaient loi sur son territoire grouillant de vices. Ce n’était pas non plus, dans son quartier, les manifestations des gilets jaunes en les regardant par la fenêtre, planqué dans sa tour d’ivoire, ni les girandoles des flics qui s’allumaient de toutes les couleurs à chaque échauffourée.

Commençons par une évidence afin de couper court à tous les malentendus : il était obnubilé par des films pornographiques où l’on voyait de jeunes filles aux ailes d’anges mécaniques lécher les couilles de connards comme vous et moi… En effet, visionnant dans leur très grande majorité des vidéos classées X, il était, ce personnage du roman Orange Mécanique, sur le point à chaque fois d’éjaculer quand l’ange disparaissait sous des tonnes de foutre anticoagulant : à chaque scène de gangbang qui demeurait assez bourbeux et occulte, son pénis se lubrifiait et l’envie de dégourdir sa bite silencieusement dans le noir devenait plus pressante.

Mais bref, ne nous attardons pas sur ces détails sordides. Comme décor : des murs avec des photos avaient brisé la magie des lieux : des photos de son ex, Angela qui était trop vieille pour lui. Vingt ans d’écart, imaginez.
Cette nuit, il était comme aimanté par le vide sidéral qui s’offrait à lui, par cette nuit où toute liberté se retrouvait piégée dans une toile d’araignée : en effet, il n’avait plus assez d’argent pour voir les putes.

Pendant ces heures qui semblaient d’éternelles contrefaçons pornographiques, il avait écouté à la porte d’entrée de son appartement tout en observant la vieille qui était affichée sur les murs du couloir.
Au bout d’un moment, il avait entendu sa voix brisée, la voix brisé d’Angela qui lui disait qu’elle était complètement perdu sans lui.
Encore une énième tentative de son esprit imaginaire qui lui jouait des tours pour comprendre l’obscurité naissante de ce vide sidéral.

Il était retourné dans la pénombre de sa chambre, pour implorer repentir et pénitence aux anges mécaniques.
Dans sa déchéance, il avait commencé à lire les carnets de Leonard de Vinci qui cachaient, il en était convaincu, des secrets épouvantables.
Des bouquets d’idées vagabondes et furieuses l’accompagnaient tout au long de sa lecture.
Sur le premier carnet, il y avait, difficilement déchiffrables, des écritures illisibles ou des hiéroglyphes. Un travail obstiné pour disperser toute compréhension.

Entre ses mains moites, il tenait quelque chose d’absolument moderne, la littérature était morte : tout le monde le savait.

L’écrivain savant avait également reproduit sur le papier griffonné à la hâte une serrure assortissant une lourde poignée… avec, des poinçons mélancoliquement superposés évoquant ses instruments de chirurgie ; était dessinée, enfin, avec le même souci de précision inquiétante la porte qui devait abriter l’antre d’un monstre difforme comme ces anges mécaniques.

Orange Mécanique. Chapitre deux

A peine nubiles et libres de leurs mouvements, les jeunes filles surveillaient de près leur quota de bites dans la chatte ; à cette époque aussi, on voyait des pantins bourgeois aller en carrosse, en chaise à bras ou, selon leurs moyens, à dos de cheval, de mule… et d’homme. Pourquoi de tels voyages ?

Tout simplement parce que les multinationales de l’automobile avaient fait faillite, leurs milliards de dollars hackés par notre simple et petit ordinateur noir qui contenait aussi secrètement des centaines de dédicaces de Johnny Hallyday, le dieu des bistrots comme le PMU de vos quartiers populaires. Des dédicaces scannées alors, moyennant finance par PayPal, aux mères de famille, surtout des ménagères de cinquante à soixante ans qui n’avaient en réalité aucune idée de nos objectifs punk-alternatifs.

En effet, naviguant sur les plates-formes virtuels des chanteurs décédés comme Johnny, et par effet de mimétisme avec l’univers des prolos, nous chapardions leurs données pour nous offrir, prochainement, une milice de mercenaires prêts à en découdre avec le monde moderne. Car leur monde avait un défaut majeur, leur monde avait un goût de liberté sexuelle qui ne nous convenait pas. En rétablissant la burqa pour toutes les femmes en âge de procréer, nous espérions faire tomber les masques des libertins, rétablir l’immaculée conception même chez les hippies ou les nomades hétérosexuels ou homosexuels.

En ce qui concernait notre mode de vie, nous nous enfermions dans un souterrain, à l’abri des regards, avec des barreaux noirs qui laissaient innocemment passer un éparpillement de lumière jaune citron, à l’entrée d’une ouverture telle qu’une plaque d’égout. Nous étions sous la surface de la ville et l’on entendait la nuit des mots susurrés au-dessus de nos têtes : une rumeur racontant que les pensées négatives se cachaient encore dans l’obscurité de notre tanière.


Nos activités nocturnes consistaient à se hasarder dans les ruelles pour remplacer, à la place des écritures des panneaux publicitaires, le savant tracé d’un pentacle et le dessin torturé des symboles draconiques. Les gens superstitieux, le matin à l’aube, ouvraient de grands yeux écarquillés, surpris de voir l’ordre de Satan survivre encore. Mais nous n’étions pas satanistes, juste des personnages inspirés, je dirais.

Un soir, il y eut alors une explosion aveuglante et silencieuse, et tout prit fin. Lorsque l’on put de nouveau y voir dans la crypte, notre ordinateur, qui n’avait jamais été nettoyé de tous ces algorithmes lugubres, avait pris feu ; il était en cendre à présent mais la mort prématurée de notre machine ne devait pas nous attrister. La vie reprit bientôt dans le souterrain, en même temps que les quémandeurs de la publicité s’étaient réincarnés en casaques rouges en éloignant le spectre des pentacles et des symboles draconiques. Bien sûr, ils avaient gagné la guerre comme à chaque fois, les doctrinaires de la débauche bienheureuse également.


Le Projet Blaireaux

Ils étaient les intrus qu’on veut oublier. Voilà pourquoi La Saint-Con, cette année-là, fut en quelque sorte escamotée. Selon Charles Manson, à qui Taylor reconnaissait un langage de plus en plus ironique, c’était tous les jours, La Saint-Con. Mais cette fois, une fois pour toute, ils allaient sonner le glas de cette fête pitoyable.

Ils avaient roulé toute la nuit dans une Renault Scenic de troisième zone, avec des poules qui n’arrêtaient pas de glousser à chaque blague vaseuse de Manson. On entendait aussi, provenant du coffre, un son étouffé : tantôt un couinement ou un gémissement, tantôt une plainte aiguë, une complainte revigorante pour leurs deux cœurs transis : Charles Manson et Taylor avaient capturé le roi et la reine de la Saint-Con et ils comptaient les ramener chez nous, en piteux état, dans notre bourgade où se déroulait annuellement la célèbre Saint-Con.


Au petit matin, alors que Charles Manson gara la Scenic sur le parking de la place du village, Taylor commença à exulter à l’idée de se voir enfin en haut du podium, la Golden Cup à la main et le sourire vainqueur. Pétrifiée par son maquillage extravagant, l’une des poules atténua son ardeur en esquissant une moue qui en disait long. Selon le rapport de son dernier psychiatre, Taylor était aussi mégalomane que le sieur Ramsès II, ses idées les plus loufoques jaillissaient directement de sa sentinelle cérébrale ; raison pour laquelle il affectionnait Age of Mythology, ce jeu lui donnant l’illusion qu’il possédait « un génie stratégique » selon ses propres mots.


Quant à Charles Manson, frustré d’un lointain amour filial, ses projets d’éducation se résumaient à la vivisection de petites têtes blondes ou brunes ; à cette heure d’ailleurs, trempant à moitié dans l’eau ensanglanté, ses grumeaux se mélangeaient aux lubrifications vaginales d’une merdeuse qu’il avait affligé, formant des décalcomanies étonnantes sur les parois de sa baignoire. À sa mémoire, Manson baptisa sa nouvelle œuvre d’art du nom d’une actrice hindoue de Bollywood dont le maquillage indien, en particulier ce bindi (ou troisième œil de Shiva), seyait si bien avec ses tenues affriolantes. Il aimait débattre de longues heures sur ce sujet à vif lors de ces repas de famille, toujours bien arrosés de ce bon sens œnologique (ce bon sens œnologique qui avait parcouru les époques et les strates des divers sociétés, de la petite paysannerie du Moyen-Âge jusqu’à la Grande Noblesse de nos jours). C’était un véritable supplice, ces repas de famille, longs comme un interminable déballage intestinal, pour Kurt Cobain son ado de fils qui utilisait les substances et traitements adaptés pour s’endormir avant le dessert et ainsi rater le fameux « nivellement par le bas » thème propre à sa classe sociale.

« Pingouins dans les champs, hiver méchant » avait prédis Tréfonds Tournesol, le bhikshu du village ; celui-ci vivait dans une semi-huttes de palmes, dans une marmaille accidentelle de pieds, pénis et nombrils, morves et rires, et cherchait maladroitement à se faire aimer de ses semblables en lançant ses prédictions à la cantonade tous les matins de bonne heure sur la Place du Village. Ce fut ainsi qu’il croisa la route de Taylor et Manson en train de décharger du coffre de la bagnole le roi et la reine de la Saint-Con. A force de gueuler dans tous les azimuts, cette espèce d’illuminé allait les repérer, ils seraient alors pris en flagrant délit d’enlèvement ; Manson eut un haut-le-corps, des secousses de répulsion, face à cet individu incontrôlable puis il se ravisa, il fallait garder la tête froide : il prit le manche de pioche qui trainait à l’arrière de la bagnole et commença à avancer en direction de Tréfonds qui ne le voyait pas arriver, perdu à travers les ténébreuses absences du flux et du reflux de son harangue onirique (probablement à cause de cette ingestion d’étranges pilules quelques heures plus tôt.)


A suivre !

Orange Mécanique. Premier chapitre

A cette époque, ce n’était pas la peine de sortir de polytechnique pour savoir quel temps nous allions subir le lendemain. Sa majesté le Soleil n’était plus là, nous étions plongé dans une quasi-obscurité ; la pollution avait enfin réussis à voiler le ciel au point qu’on se demandait combien de temps il nous restait avant que la terre soit complétement dépeuplée.

Pourtant, loin de m’attrister, cette situation avait fait naître en moi une folle envie de vivre mes derniers jours intensément. Ainsi, le matin, je m’étais habillé comme Alex DeLarge, le sociopathe et personnage central dans le film Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Je portais fièrement le knickers, cette culotte serrée que j’avais acheté sur eBay avec l’ensemble vestimentaire.


J’avais délaissé mon stock de vidéos X ; et pour cette journée qui allait sûrement être la dernière, j’étais sorti dans la rue afin de satisfaire mes pulsions bestiales comme dans le film.
Cependant, la plèbe masculine avait eu la même idée que moi : il y avait à tous les coins de rues des viols collectifs qui étaient tout aussi sordides les uns que les autres.
Frustré qu’on puisse me voler cette idée géniale, j’étais rentré chez moi et j’avais attendu la fin du monde en dormant presque paisiblement.

Cependant, au deuxième jour, tout était déjà rentré dans l’ordre : on avait pardonné aux violeurs leurs erreurs, l’épais nuage de pollution s’était dissipé et le soleil brillait à nouveau au-dessus de nos têtes joyeuses. Mais le monde à peine remis de ses émotions, les astrophysiciens nous apprirent qu’une météorite géante allait percuter la planète et provoquer ainsi l’apocalypse.
Cette fois, j’allais vraiment profiter de cette ultime et extraordinaire journée : j’avais délaissé les préliminaires, j’étais sorti à poil dans la rue ; à peine sur le trottoir, je vis, horreur absolue, le facteur et la voisine en tenue d’Adam et Eve, forniquer.

En réalité, la seule chose qui nous rapprochait, ce n’était qu’une tenue.
Et puis, à l’époque où se déroulait le récit, le monde avait oublié le chef d’œuvre de Kubrick.
D’ailleurs, le monde semblait baigner dans une apparente béatitude fraternelle où la violence, qu’elle soit psychologique ou physique, avait été soigneusement écartée.

Toutes les sociétés, occidentales comme orientales, étaient passées sous le joug du bien-être bouddhiste, de la félicité zen, et d’autres conneries satisfaites.

Ce fut ainsi, dans ce contexte, que je quittais ma chambre d’hôtel, un Ibis qui avait partagé l’engouement et la mode actuelle en proposant une salle dédiée à la méditation.

J’avais décidé de rejoindre mes compagnons, deux frères paumés au milieu de ces bisounours ; j’étais monté spécialement sur Paris pour les voir, et bien sûr finaliser notre projet d’attentat, lorsque j’appris à la dernière minute qu’ils avaient été arrêtés pour trafic d’armes.

Nous étions considérés comme des malandrins qui mettaient le pays à feu et à sang alors que nous en étions encore qu’aux balbutiements ! Les médias exagéraient toujours, même aseptisés ils nous décrivaient comme des fléaux programmant de futures hécatombes.

A suivre !

Crocodiles noirs !

Dans la gueule du crocodile, étreignant la largeur comme la longueur de sa mâchoire : une centaine de mètres polaires à parcourir pour hypnotiser l’immobilité elle-même. Des brins de soleil qui sprintent comme des toussotements d’un autre monde et nous deux dedans. Nous deux dedans sans véritablement les liquéfier, les deux gencives altérées et végétales du crocodile noir !

Mais aussi, du venin à foison qui macule l’arbre cure-dents en déclenchant du haut de ses branches des avalanches à l’ouest des quinquagénaires. Et puis des crins de flaques d’absinthe discriminant la perspicacité soucieuse des étayages fossilisés. Fossilisés comme si grassement les monosyllabes de la faune se recueuillaient après le départ de la fusée.

L’unique troll dans la vulve du crocodile rejoint les eaux saumâtres à l’origine des voyages matriciels et des sentiments de love buzz amoureux, alors, crissent sur le début du papier, traînant à leurs suites des serpentins, des scintillements et des lambeaux de fleuve noir ; enfin des poignées de soleil vert à la place des pertes de vitesse onirique !

La bible des églises fantastiques

Pour faire trempette dans l’appareil digestif, les cabotines gouttes de pluie déstructurées qui courent sur le comptoir en ivoire de l’impératrice jusqu’à l’exténuation. Pour crapahuter dans la montagne, entourée de caméras, de saignées argentées et d’ombres chinoises, une triplette de rois stéréotypés qui escalade les falaises à mains nues. Pour prendre la poudre d’escampette, de tumultueuses et tragiques forces obscures qui vacillent à la lecture d’une bible pour églises fantastiques.

Le bien et le mal comme racines de bananiers à utiliser en potions magiques. De canoniques conceptions qui encouragent la criminalité des cités d’or et la débâcle des positions de défense contre les forces du mal occulte. En wi-fi ou en réseau, l’écume des vagues qui arrosent les edelweiss : des puces implantées sous la peau qui se dressent sur leurs ergots, finissant le paragraphe de J. K. Rowling.

Un mal aux origines des raffinements les plus orientales qui culbute les technologies à la pointe. Cependant, au fonds des puits séduisants, des propositions de rachat des soieries précieuses soufflent, en venant des alpages, des stratus sucrés !

Les conceptions de l’acropole

Lambrissées, minérales, étreignant la largeur comme la la longueur, le fond comme la surface de sa mémoire, les conceptions de l’acropole se débattaient au milieu des mondes oniriques, douteux et solitaires. Impossible d’exprimer la force des indiens d’amérique, ces lanceurs de sorts, qui lui donnèrent naissance !

Des sortilèges latents programmant informatiquement les passerelles de cuivre, les plates-formes, où l’on raturait, comme des rendez-vous manqués, les appels manqués et les mots de passe permettant d’accèder à l’acropole.

L’unique monocle du chimpanzé sauvage mais pacifiste veillait à pallier le problème des étoiles atterissant dans l’acropole. Au sol, essayant d’échapper à la violence de la scie, le chimpanzé médium avait des mots soufflés par des déesses antiques

Transatlantique Tamagotchi

Pudiquement, la qualité de ce qui brille est sans éclat : une altitude rouge et fumeuse qui vieillit tout éclat.

Fantastiquement, dans les yeux de la geisha, la quantité de bestioles en gilets jaunes dans les Tamagotchis est sans appel ; au milieu des chaînes de givre, la solitude et la dépression comme un affaiblissement de l’esprit.

Comme un crime qui piaule toute la qualité des désastres pendant sa ronde de nuit. Un monde burlesque transformant en kimonos les sous des communautés Aliens est sans échange… Et leurs foetus dans les bocaux se boivent comme un grand verre de gin, sans procédé.

Comme une ballerine indémodable à l’amour propre annonçant le chaos, l’éclat du diamant n’est possible que dans les galaxies des cyborgs-humains.

La marche impériale de Dark Vador, avec la structure opiniâtre d’un gong pour attirer sur soi l’appareil digestif du bouddha, est classé sans suite : sensuelle et sans suite pour se tordre dans le décolleté de la geisha ou dans les salles de classe.

Et puis il y a des graphiques, qui délaissent de temps en temps l’ordinateur sophistiqué, scalpés par les Iroquois, comme dirait les parasites boycottés. D’eux, il n’y a plus rien à en tirer : comme des feuilles d’écriture ou comme des espèces apparentées aux humanoïdes décadents, mais quand même populaires.

La chaleur se répandant avant l’aurore, un lac comme un miroir (de la planète Pluton) dissimulé sous un ciel de jade raconte le récit de leur progression à la Vilnius Poker.

La plus petite des astéroïdes, où pleuvent les météorités de sa progression dans les champs d’iris, abrite une flotte visqueuse et sale de mercenaires invalides provenant de divers pays paradisiaques.

Aussitôt la houle tempétueuse de son océan atlantique automatise les pages des bibles fantastiques, ainsi que les grands fleuves chinois et Hottentots. Par intermitttence, les fleuves s’interrompent dans leurs cours poisseux.

Géométriques et passives, les tentacules des poulpes et des démons sinistres, entre Chine et Mandchourie, ralentissent ou étouffent de primitives rivières de sang. Fermées par glace et neige.

En parlant aux guerriers, je leur dis que nous n’arriverons pas à Chingikou, après les rudes épreuves et avant la spiritualité des architectures informatiques. Ces gardiens des joyaux précieux observent le poulpe s’échouer sur la plage, entortillé de guirlandes illuminées, distrayantes et même colorées de couleurs imaginaires.

En silence, je recoud mes vêtements en lambeaux et des grumeaux se forment à la surface de mon chocolat bien crémeux suite à la lecture d’un livre occulte que j’ai trouvé dans la bibliothèque du Titanic, dans les cales d’un bateau pirate ou même sur le radeau de la méduse ! Un Titanic ou un sous-marin transatlantique ouvrant sa gueule pour noircir ses poumons de la fumée de la Marie-Jeanne.

La qualité de ce qui brille sur le Titanic

Pudiquement, la qualité de ce qui brille est sans éclat. Fantastiquement, la quantité de bestioles en gilets jaunes dans les Tamagotchis est sans appel. La qualité des désastres transformant en kimonos leurs sous est sans échange comme un grand verre de gin et sans procédé.

Comme une ballerine indémodable annonçant le chaos, l’éclat du diamant n’est possible que dans les galaxies des cyborgs-humains. La marche impériale de Dark Vador, avec un gong pour attirer sur soi l’appareil digestif du bouddha, est classé sas suite : sensuelle et sans suite pour se tordre dans le décolleté de la geisha.

Et puis il y a des graphiques, scalpés par les Iroquois, comme dirait Gainsbarre ou Saez. D’eux, il n’y a plus rien à en tirer : comme des fragments de chansons populaires avant l’aurore.

Un lac comme un miroir (de la planète Pluton) dissimulé sous un ciel de jade raconte le récit de leur progression à la Vilnius Poker. La plus petite des astéroïdes, où pleuvent les météorités de sa progression dans les champs d’iris, abrite une flotte visqueuse et sale de mercenaires invalides.

Aussitôt la houle tempétueuse de son océan atlantique automatise les pages des bibles fantastiques, ainsi que les grands fleuves chinois et Hottentots.

Géométriques et passives, les tentacules des poulpes et des démons sinistres, entre Chine et Mandchourie, ralentissent ou étouffent de ridicules rivières de sang. Fermées par glace et neige. En parlant aux guerriers, je leur dis que nous n’arriverons pas à Chingikou, après les rudes épreuves. Ces gardiens des joyaux précieux observent le poulpe s’échouer sur la plage, entortillé de guirlandes illuminées.

En silence, je recoud mes vêtements en lambeaux et des grumeaux se forment à la surface de mon chocolat bien crémeux suite à la lecture d’un livre occulte que j’ai trouvé dans la bibliothèque du Titanic, dans les cales d’un bateau pirate ou même sur le radeau de la méduse !

Les radeaux des méduses à Tokugawa !

Pudiquement, des gilets jaunes se transformant en kimonos comme un grand verre de gin. Comme une ballerine indémodable annonçant le chaos. Avec un gong pour attirer sur soi l’appareil digestif du bouddha, pour se tordre dans le décolleté de la geisha.

Pour faire trempette à Tokugawa, un sourire de ville tentaculaire montrant toutes ses dents et qui n’est qu’un désir d’erreur et de dérision. En vivant ensemble, filmés par la caméra, des bas-fonds qui courent sur le comptoir jusqu’à l’exténuation. Pour hypnotiser les comédiens, au soleil scabreux alors que tu cherches une lumière parmi ces ténèbres, les terres du mikado qui mordent les lattes ; et dans le trou, déchirant le coeur des deux losers, des histoires qu’on laisse traîner.

Et puis il y a des graphiques, scalpés par les Iroquois. D’eux, il n’y a plus rien à en tirer : comme des fricatives avant l’aurore. Un miroir dissimulé sous un ciel de jade raconte le récit de leur progression à la Vilnius Poker. Une progression qui, invalide, automatise les pages des bibles fantastiques, ainsi que les grands fleuves Chinois et Hottentots.

Géométriques et passives, les évanescences des démons sinistres, entre Chine et Mandchourie, ralentissent ou étouffent de ridicules rivières de sang. Fermées par glace et neige. En parlant aux guerriers, je leur dis que nous n’arriverons pas à Chingikou, après les rudes épreuves.

En silence, la lecture d’un livre occulte que j’ai trouvé dans la bibliothèque du Titanic, dans les cales d’un bateau pirate ou même sur un radeau de la méduse !

L’air marin des apocalypses matriciels

De l’engrais était jeté sur les routes ; de l’engrais qui pleurait d’un visage furtif, qui désirait l’apocalypse. Sous la chaleur d’un soleil calmée par l’air marin, en inventant un autre visage, les tendres flocons descendaient du ciel.

Il y avait aussi, comme des trous de gruyère laissant passer l’air, des gouffres dehors. Jusqu’à l’effacement. Puis un ordinateur, puis un diadème en argent étincelant. On se penchait sur leur sujet qui déroutait toutes bases de données des disques durs actuels.

Leur traitement de texte ? Une liste de quelques produits pharmaceutiques. Des médicaments se consacrant à l’étude de la sémantique des intestins.

Il y avait ensuite, une tension palpable dans l’air : des combats de samouraïs irréprochables qui guerroyaient dans les contrées grouillantes de gnomes.

Alors que l’ordinateur, à distance, pilotait une grue, les guérilleros pêchaient les hélices d’un moulin à vent. Et des morceaux de gomme virtuels. Il en résultait des vêtements en lambeaux, une attraction instinctive ou une prédilection pour les armes à feu des flics. Leurs clés USB ouvraient instantanément Twitter et les trous de gruyères se mêlaient à la coloration d’un liquide polaire.

Pour se défaire du sortilège, sur une terrasse ensoleillée, il fallait, du bout de sa canne, écouter le bruit des casseroles lavées par la bonne trop bête. Avec des écoles de sorciers pour abréger en plus les symptômes de cette étrange maladie.

Des sorciers terrassés et des souvenirs effacés de la carte mère de l’ordinateur !

Jim – L’héritier des Flynn

Dans la couveuse, des œufs ultérieurement fécondés des héritiers des Flynn et des univers cassant les lois de la gravité ; dans la trachée, du cristal qui s’obstine à devenir du quartz en filant l’hérédité des Flynn aux malandrins écrivant en sanskrit.

Dans le train, de plantureuses garçonnes qui traînent au tribunal leurs descendants généalogiques !

Dans les débris de l’université de Kiev, un tripot qui électrise les joueurs ; de truculentes coccinelles dans la feuillée qui contaminent les tuberculeux et qui collectent les feuilles du baccalauréat et tutti quanti ainsi que celles de la famille des Flynn !

Des babouins qui tutoient l’horizon et des tympans qui glissent jusqu’à l’appareil génital de la femme et de l’homme.

Un ultimatum, genoux à terre, qui désoriente les vagabonds et une clarinette pour jouer l’air du valet. Un lit à baldaquin et des valises qui transportent une fille en mille morceaux !

Une cafetière à filtre qui s’emploie en cours d’informatique quand les valeurs absolues viennent buter contre le décor en carton pâte du salon des Flynn.

Des cartoons où l’on voit un tigre ostensiblement couvert de parures fastueuses ; une lumière dorée qui désintègre les ténèbres en découvrant la toison d’or !

Une couronne solaire qui effectue un trajet interminable et sa poussière d’étoile qui court d’un continent à l’autre : un parcours transcontinental qui finit entre les pinces du homard !

Matrices

D’abord, sur l’écran de l’ordinateur, il y avait une timeline défilante de matrices binaires, une timeline cachée parmi les raccourcis claviers de cette étrange machine, qui dirigeait sur des sites dissidents, aux processeurs crocodiliens.

Ensuite, en admirant les fêlures du béton du mur d’en face, il y avait cette femme qui sortait, de la poche de son manteau, une enveloppe pleine de photos en noirs et blancs ou cramoisis. Des photos évoquant une scène classée X, baignée dans une douce et diffuse lumière crépusculaire, avec un cadavre, étendu au sol, pour avoir tenté de remplacer la photosynthèse des électrons cryptée par la timeline par des tweets macro-organiques.

Il y avait aussi, dans cette chambre d’hôtel, des miroirs réfléchissant des femmes aux décolletés plongeants qui ne parlaient qu’en onomatopées, avec cet air divin, propre aux marquises de leur genre. Dans la pièce aussi, posés sur une table, il y avait des écouteurs qui autorisaient le décollage d’une fusée de la NASA, et, dehors, dans les ténèbres, des cyborgs aux organes projetant des émissions huileuses.

Il y avait encore sur le lit cette fois, parmi les chemisiers à fronces, sa petite culotte en coton blanc et un maillot de corps à minces bretelles ainsi qu’un livre organisé selon les principes taoïstes.

Et puis, le vent hurlant dans les brèches et les gouffres de la ville, des fragments de papier déchiqueté tombaient comme de la neige : des papiers représentant des équations à double inconnue, impossibles à résoudre. Mais déjà le monde entier vandalisait les appareils ravitaillant en kérosène les fusées perdues dans la voix lactée.

Je ne savais plus très bien ce que je devais faire, allumant et éteignant de suite le ventilateur de notre chambre torride qui suintait d’odeurs taurines.

Disparaissant au milieu des ombres profondes de la chambre, je jumelais les composants de la timeline avec l’enveloppe pleine de photos que cette femme mystérieuse me tendait. Mes mains, tâtonnant et cherchant des liasses de billets froissés dans l’obscurité, se hâtaient bêtement de retourner mes poches, fébrilement comme un numéro d’équilibriste.

Pour en revenir aux écouteurs, au bout du fil, il y avait un correspondant qui réclamait un atterrissage d’urgence, et pour terminer la fresque, je vis par la fenêtre un avion survolant de près les gargouilles de la cathédrale Notre-Dame vomissant les pluies diluviennes de la veille.

Parmi les odeurs sèches et nostalgiques des lattes du plancher fraîchement ciré, mon héroïne s’en alla et je remarquais alors, à ce moment précis, l’arrivée des cyborgs en bas de mon hôtel, avec d’étranges queues de kangourou prospectant le bitume froid de la rue.

Je me jetai sur ma chaîne hi-fi ranimant une playlist des chansons de Bashung, et allumais une cigarette. Même si je partais au fin fond de l’univers on me retrouverait : je savais que la colère des cyborgs, arnaqués et piratés par ma timeline, ne ferait pas de pitié.

Cependant, avant de me capturer et peut-être de me torturer, tapant sur le clavier de mon ordinateur portable, je désignais un successeur sur la toile virtuelle qui, avec un bon karma, ferait mieux que moi.

En raflant les salaires répugnants des mercenaires cyborgs par un piratage sophistiqué, j’avais flambé ces derniers jours une cascade de dollars me permettant d’acheter ce matériel informatique sophistiqué et volé à l’armée américaine.

Après ce rafle, tous les autres pirates informatiques rencontraient des difficultés quand ils voulaient percer le système bancaire des cyborgs. Ils avaient renforcé la sécurité des matrices binaires et des algorithmes : tout effort d’intrusion était devenu grotesque.

Une fois au QG des cyborgs, allongé sur une table d’opération, avec un autre robot organique qui avait osé se rebeller contre l’autorité de ses confrères, je demeurai silencieux et regardais autour de moi, notamment l’autre prisonnier.

Au quart de tour, son sang se déplaçait d’une valve à une autre, irriguant ses veines à la fois électriques et organiques, élaborant dans un tourbillon sa future évasion.

Par une trappe ouverte au plafond, j’apercevais, à l’étage supérieur, mon ordinateur avec sa timeline qui était désormais autonome et qui automatiquement cherchait d’autres butins convoités ; elle défilait jusqu’à la déraison.

Les cyborgs via des intraveineuses collectaient mon sang pour l’analyser, en vue de m’implanter un mouchard qui, pendant son incubation, ferait naître des œufs de mouches prêts à éclore, prêts à déchirer mon abdomen en sortant de mes tripes !

Pour me distraire pendant ce moment douloureux, j’imaginais la fin d’une filmographie d’antan, en noir et blanc.

Mon ordinateur ne tolérait pas les clés USB 3.0, les disques durs aux vaisseaux sanguins périnataux forcés d’obtempérer et toutes les machines expropriées comme tout autre appareil qui trimballait des informations contradictoires ; je vis ainsi de la fumée sortir de la machine alors que les cyborgs tentaient de le décoder.

Ses jets de fumigènes bleus s’échappaient en donnant à l’éclairage du laboratoire une teinte crémeuse, puis l’ordinateur, rendant l’âme, ses circuits rejetaient de l’urine sur les murs. Aussitôt les cyborgs débranchèrent les intraveineuses parcourant mon corps et décidèrent de passer à la transplantation du mouchard avant que les douches de la sécurité incendie se mettent à fonctionner.

Ne pouvant plus parler, en morse, je leurs répondais d’aller se faire foutre tandis qu’ils m’inséraient un long fil tumescent dans mon oreille droite.

Une fusion mortelle s’ensuivit et me fit basculer dans la léthargie ; quand je me réveillai de ce cauchemar, de l’encens se répandait dans l’air et dans les bassines du laboratoire, où le sang mûrissait patiemment.

Entre temps, Brusquement Et Ensuite – Chapitre deux

Message complémentaire : Entre temps, Brusquement Et Ensuite – Deuxième chapitre !

Voici la suite d’une vieille nouvelle répondant à l’appel à textes pirates, publiée sur lazone.org (Entre temps 1.0 Brusquement 2.1 Et Ensuite 0.0)

Le narrateur, dans cette deuxième partie du récit, évoque le second défi imaginé par les hommes-taupes ayant muté en hommes-rats à la suite des années X.

Le second défi consiste à retrouver Kaphrium qui est dans une maison de retraite. Une étrange station de métro qui débouche directement sur la chambre médicalisée de Kaphrium (le fondateur du mouvement des hommes-rats)

L’un des deux frères est un ivrogne notoire, l’autre envisage une histoire d’amour avec une pauvre dévotchka qui se trouve à une autre station de métro.

Les deux frangins qui cherchent à pirater informatiquement, par l’intermédiaire de Kaphrium, la civilisation humaine, vont-ils parvenir à leurs fins ?

Troisième chapitre à suivre prochainement !

Ils étaient sous la terre, un défi à réaliser chaque jour. Kaphrium était à l’origine de l’opération. Ils étaient bien au chaud dans leur terrier, drogués en permanence pour architecturer le Projet Kaphrium, travaillant nuit et jour.

Installés dans les recoins épiphaniques de leur cocon souterrain, les deux frères avaient prévu de finir en beauté : le Jugement Dernier informatique pour toutes les civilisations humaines.

Ils avaient enfin trouvé ce qu’ils cherchaient. Ce jour là, le défi avait été particulièrement difficile à élaborer. Maubeuge, le grand frère, avait jeté sur le papier les premières conditions : d’abord, il fallait retourner dans cet établissement pour légumes du troisième âge où croupissait Kaphrium, le fondateur des hommes-rats.

En regagnant la surface, ils étaient, en cette fin d’après-midi, dissimulés sous un ciel de jade avec cette vague impression d’appels d’oiseaux très mal-aimés dans le voisinage. Entre eux, les gens d’ici parlaient volontier et d’un air emprunté d’euthanasie ; ils en avaient tous ras-le-bol de vivre mais, dans la plupart des cas, le suicide était rarement envisagé.

Le maire, pour pallier ce problème, organisait gratuitement des cours d’éducation sexuelle dans la salle de la commune, espérant ainsi générer dans tous les foyers des histoires d’orgasmes en série. En parallèle, des nébuleuses sectaires avaient ouvert des ateliers de spiritisme. Les gens préféraient se tourner vers ce genre de pratiques occultes qui les aidaient, disaient-ils, à mieux vieillir, à mieux appréhender l’au-delà…

2.

Pour recueillir le sang qui allait gicler comme une pluie rouge le jour de l’apocalypse numérique et le faire vieillir en fût afin de le boire et de rajeunir par la suite leur espèce, les hommes-rats en avaient fait succéder des rangées de corps longilignes, nerveux et racés dans ces stations de métro sous leur contrôle.

Jadis une équipe de tournage avait tenté de résoudre l’énigme de cette station qui donnait directement et étrangement sur la chambre médicalisée de Kaphrium. Peine perdue ! Ils avaient tout effacé dans les archives, renvoyant les enquêteurs dans les catacombes gothiques où était née la civilisation des hommes-rats.

Mais, là-bas, il n’y avait plus aucun indice qu’ils pouvaient étudier. Ils étaient comme entravés par leurs propres raisonnements sans queue ni tête.

Depuis sa chambre, Kaphrium hululait à tue-tête et l’on entendait même ses cabrioles sur le plancher malgré le fracas des rames se perpétuant à l’infini. Dans une autre chambre donnant également sur une autre station de métro, Angela espérait toujours que quelqu’un allait lui donner un coup de main pour résoudre son problème de mutisme avec les autres.

De leur côté, le plus jeune des frangins, en s’arrêtant là pour faire une pause, l’avait repéré parmi la foule qui se pressait dans des va-et-vient incessants. Après avoir parlementé de longues heures avec la jeune fille allongée sur son lit au milieu du quai, isolée du reste du monde, dans le noir absolu, ça ne le dérangeait pas de doigter cette pauvre dévotchka devant tous ces banlieusards indifférents allant au travail.

Pendant ce temps là, l’aîné était parti s’alcooliser sans se morfondre sur cette histoire trop romantique à son goût qui s’éternisait. Il crapahutait à présent sur le siège d’une grue de caméra, sa bouteille de vodka brillant dans l’obscurité. Il réalisait que le lugubre plain-chant, cette lamentation de la ville veuve, n’était qu’une sentence de plus pour les humains à prendre très au sérieux.

3.

Au-dessus de l’innovant système de rames, avait été conçu la ville selon un modèle subtropical ou équatoriale rapporté par d’étranges impérialistes aujourd’hui disparus. Ils avaient rajouté au rugissement fracassant de la rame les grognements porcins provenant des clubs échangistes, disséminés un peu partout au-dessus et au-dessous de la surface.

À cette époque, ces années X si énigmatiques, s’était greffée la communauté des hommes-taupes génétiquement modifiés à ces hominidés colonialistes qu’ils détestaient. Dès le début de leur cohabitation, un ghetto s’était formé : les impérialistes les avait obligé à vivre dans les structures des cages à poules pour enfants, leurs journées aussi lentes et tristes que les gammes mineures s’échappant des pianos de ces privilégiés se ressemblaient toutes ; rien n’avait bougé pendant des siècles sinon leur mutation en hommes-rats jusqu’à la disparition de la caste supérieure.

À ce moment là de l’histoire, leur domicile avait changé pour les souterrains et les égouts de la ville.

Émergeant du nid humide et sale de ces créatures hantées par un désir de vengeance, de revanche ultime hissée des profondeurs, l’idée de foutre le bordel parmi les nouveaux dictateurs avait alors germé.

1. Le projet Kaphrium

Ils étaient sous la terre, avec un défi à réaliser chaque jour. Kaphrium était à l’origine de l’opération. Ils étaient bien au chaud dans leur terrier, drogués en permanence pour architecturer le Projet Kaphrium, travaillant nuit et jour.

Installés dans les recoins épiphaniques de leur cocon souterrain, les deux frères avaient prévu de finir en beauté : le Jugement Dernier informatique pour toutes les civilisations humaines.

Ils avaient enfin trouvé ce qu’ils cherchaient. Ce jour là, le défi avait été particulièrement difficile à élaborer. Maubeuge, le grand frère, avait jeté sur le papier les premières conditions : d’abord, il fallait retourner dans cet établissement pour légumes du troisième âge où croupissait Kaphrium, le fondateur des hommes-rats.

En regagnant la surface, ils étaient, en cette fin d’après-midi, dissimulés sous un ciel de jade avec cette vague impression d’appels d’oiseaux très mal-aimés dans le voisinage.

Entre eux, les gens d’ici parlaient volontier et d’un air emprunté d’euthanasie ; ils en avaient tous ras-le-bol de vivre mais, dans la plupart des cas, le suicide était rarement envisagé.

Le maire, pour pallier à ce problème, organisait gratuitement des cours d’éducation sexuelle dans la salle de la commune, espérant ainsi générer dans tous les foyers des histoires d’orgasmes en série. En parallèle, des nébuleuses sectaires avaient ouvert des ateliers de spiritisme. Les gens préféraient se tourner vers ce genre de pratiques occultes qui les aidaient, disaient-ils, à mieux vieillir, à mieux appréhender l’au-delà…

2. Le fondateur des hommes-rats !

Pour recueillir le sang qui allait gicler comme une pluie rouge le jour de l’apocalypse numérique et le faire vieillir en fût afin de le boire et de rajeunir par la suite leur espèce, les hommes-rats en avaient fait succéder des rangées de corps longilignes, nerveux et racés dans ces stations de métro sous leur contrôle.

Jadis une équipe de tournage avait tenté de résoudre l’énigme de cette station qui donnait directement et étrangement sur la chambre médicalisée de Kaphrium. Peine perdue ! Ils avaient tout effacé dans les archives, renvoyant les enquêteurs dans les catacombes gothiques où était née la civilisation des hommes-rats.

Mais, là-bas, il n’y avait plus aucun indice qu’ils pouvaient étudier. Ils étaient comme entravés par leurs propres raisonnements sans queue ni tête.

Depuis sa chambre, Kaphrium hululait à tue-tête et l’on entendait même ses cabrioles sur le plancher malgré le fracas des rames se perpétuant à l’infini. Dans une autre chambre donnant également sur une autre station de métro, Angela espérait toujours que quelqu’un allait lui donner un coup de main pour résoudre son problème de mutisme avec les autres.

De leur côté, le plus jeune des frangins, en s’arrêtant là pour faire une pause, l’avait repéré parmi la foule qui se pressait dans des va-et-vient incessants. Après avoir parlementé de longues heures avec la jeune fille allongée sur son lit au milieu du quai, isolée du reste du monde, dans le noir absolu, ça ne le dérangeait pas de doigter cette pauvre dévotchka devant tous ces banlieusards indifférents allant au travail.

Pendant ce temps là, l’aîné était parti s’alcooliser sans se morfondre sur cette histoire trop romantique à son goût qui s’éternisait. Il crapahutait à présent sur le siège d’une grue de caméra, sa bouteille de vodka brillant dans l’obscurité. Il réalisait que le lugubre plain-chant, cette lamentation de la ville veuve, n’était qu’une sentence de plus pour les humains à prendre très au sérieux.

3. L’Apocalypse des années X

Au-dessus de l’innovant système de rames, avait été conçu la ville selon un modèle subtropical ou équatoriale rapporté par d’étranges impérialistes aujourd’hui disparus.

Ils avaient rajouté au rugissement fracassant de la rame les grognements porcins provenant des clubs échangistes, disséminés un peu partout au-dessus et au-dessous de la surface. À cette époque, ces années X si énigmatiques, s’était greffée la communauté des hommes-taupes génétiquement modifiés à ces hominidés colonialistes qu’ils détestaient. Dès le début de leur cohabitation, un ghetto s’était formé : les impérialistes les avait obligé à vivre dans les structures des cages à poules pour enfants, leurs journées aussi lentes et tristes que les gammes mineures s’échappant des pianos de ces privilégiés se ressemblaient toutes ; rien n’avait bougé pendant des siècles sinon leur mutation en hommes-rats jusqu’à la disparition de la caste supérieure.

À ce moment là de l’histoire, leur domicile avait changé pour les souterrains et les égouts de la ville. Émergeant du nid humide et sale de ces créatures hantées par un désir de vengeance, de revanche ultime hissée des profondeurs, l’idée de foutre le bordel parmi les nouveaux dictateurs avait alors germé.

Soleil scabreux

En regagnant la surface, ils étaient, en cette fin d’après-midi, dissimulés sous un ciel de jade avec cette vague impression d’appels d’oiseaux très mal-aimés dans le voisinage ; pudiquement les gilets jaunes ici se transformaient en kimonos comme un grand verre de Gin, comme des ballerines indémodables annonçant le chaos.

Entre eux, les gens d’ici parlaient volontier et d’un air emprunté d’euthanasie avec un gong pour attirer sur eux les relents de l’appareil digestif du bouddha ; ils en avaient tous ras-le-bol de vivre mais, dans la plupart des cas, le suicide était rarement envisagé : ils se contentaient de faire trempette à Tokyo pour leurs vacances d’été.

Le maire avec un sourire montrant toutes ses dents, pour pallier à ce problème, organisait gratuitement des cours d’éducation sexuelle dans la salle de la commune, espérant ainsi générer dans tous les foyers des histoires d’orgasmes en série, en les éduquant à vivre ensemble comme des hippies.

En parallèle, des nébuleuses sectaires avaient ouvert des ateliers de spiritisme, en exténuant les brasseries à leur faire de la place. Les gens préféraient se tourner vers ce genre de pratiques occultes qui les aidaient, disaient-ils, à mieux vieillir, à mieux appréhender l’au-delà : un repas commençait alors au soleil scabreux qui, sur les terres du Mikado, mordait les lattes déchirant le cœur de ces loosers…

Entre temps, Brusquement Et Ensuite – Deuxième chapitre !

Voici la suite d’une vieille nouvelle répondant à l’appel à textes pirates, publiée sur lazone.org (Entre temps 1.0 Brusquement 2.1 Et Ensuite 0.0)

Le narrateur, dans cette deuxième partie du récit, évoque le second défi imaginé par les hommes-taupes ayant muté en hommes-rats à la suite des années X.

Le second défi consiste à retrouver Kaphrium qui est dans une maison de retraite. Une étrange station de métro qui débouche directement sur la chambre médicalisée de Kaphrium (le fondateur du mouvement des hommes-rats)

L’un des deux frères est un ivrogne notoire, l’autre envisage une histoire d’amour avec une pauvre dévotchka qui se trouve à une autre station de métro.

Les deux frangins qui cherchent à pirater informatiquement, par l’intermédiaire de Kaphrium, la civilisation humaine, vont-ils parvenir à leurs fins ?

Troisième chapitre à suivre prochainement !

Entre temps, brusquement et ensuite : chapitre un

Ils étaient sous la terre, un défi à réaliser chaque jour pour quantifier le pair et l’impaire des rues lyonnaises. Kaphrium était à l’origine de l’opération à la suite d’une vente aux enchères. Ils étaient bien au chaud dans leur terrier, drogués en permanence pour architecturer le Projet Kaphrium, travaillant nuit et jour, pour un laborieux labeur un peu décevant.

Installés dans les recoins épiphaniques de leur cocon souterrain, les deux frères avaient prévu de finir en beauté : le Jugement Dernier informatique pour toutes les civilisations humaines.

Ils avaient enfin trouvé ce qu’ils cherchaient. Ce jour là, le défi avait été particulièrement difficile à élaborer mais ils avaient le soleil dorant le sol natté de leur chambre. Maubeuge, le grand frère, avait jeté sur le papier les premières conditions : d’abord, il fallait retourner dans cet établissement pour légumes du troisième âge où croupissait Kaphrium, le fondateur des hommes-rats, qui à cette heure s’avachissait sur son canapé des salles de Mah-jong.

Et ta sœur elle est gagaouze ?

Pour faire trempette dans l’appareil digestif, l’impact des gouttes de pluie déstructurées qui courent sur le comptoir en ivoire jusqu’à l’exténuation. Pour crapahuter dans la montagne, entourée de caméras, de perches, de projecteurs et d’ombres chinoises, une triplette de rois qui escalade les falaises à mains nues. Pour prendre la poudre d’escampette, de tumultueuses forces obscures, enveloppées par la lumière qui se reflète sur son écran et qui chasse les rois de la grande famille et qui turlupine les feuillaisons d’automne.

Des duels à l’épée et tutti quanti dans ce pays où seul le Bouddha a échoué avant d’étendre l’épidémie et déloger les vandales là où il n’y a plus d’herbe : c’est pourtant le même monde, ce monde qui se concentre uniquement sur l’arôme déplaisant, épicé de son chewing-gum surprenant… Un hommage aux sacs à dos pour les novices de la route qui ressemblent aux bruissements des étoiles et qui traversent les égouts avant de déambuler ou de vadrouiller dans les rues de la ville.

Des chemins de fer qui suspendent les vallonnements du paysage dans le vide en suivant les buttes à l’extérieur de la citée. Des macchabées qui mangent des cookies au gingembre et qui innovent en écrivant de la fiction ; de magnifiques poésies comme une haleine fétide, comme les sonates de Beethoven ou comme le typhus qui contamine le mental flou et leur destinataire !

Franchissant à cette heure un terrain vague désolé pour parler le mandarin, Beethoven, en tâtonnant dans le noir, qui décompose l’univers et qui meurt avec de poussives étoiles crémeuses comme les rouages d’une machine cassée.

Tout ça afin de lancer un nouveau djihad de l’autre côté des portes des hôpitaux psychiatriques référencés et former des amas de galaxies. Enfin il y a un cobra qui serpente entre les blessures et des échappées belles parmi les voix lactées : une saisissante supernova qui récidive en envoyant en morse les données de l’ordinateur ; pourquoi dans cette machine démesurée la nuit de l’orient est-elle alimentée à la morphine et à l’urine alors qu’il n’y a que des étendues d’articles synthétisés et pas le moindre sens mnémotechnique ?

Des brouillons d’histoires

  1. Des sentiments de Love Buzz amoureux. Mus par quelques sentiments de love buzz grunge et de vomissement amoureux, traînant à leurs suites les serpentins de leurs braies et cottes de mailles en lambeaux, des poignées de soleil vert rasaient fugitivement les murs.
  2. Par comparaison avec leur idole aux yeux noirs compatissants, j’improvisais, avec leurs symboles avant-coureurs circulant sur une scène de théâtre antique, aiguillée par mes recherches sur Google, un rôle de médium cabotin, clôturant dans ma boule de cristal chaque plan saisi et orchestré d’une lointaine galaxie dynamité.
  3. Ainsi leurs graphismes maléfiques qui étaient censés rééduquer et sauvegarder mon iPhone 8 dans un Tamagotchi confectionné par un authentique culte barbare, se combinaient monarchiquement, discutaient entre eux au sujet de leur retour, quand, tristement, de mon côté, plongeant dans la faible lumière de leurs danses fantasmatiques de squelettes universellement profanes, j’avais lancé dans tous les azimuts et les visions d’ailleurs des S.O.S pour sortir de ce nid de créatures solitaires mais dévergondées.
  4. Aux lueurs plaisantes malgré tout, arrosées par une parade de plèbes sensiblement diluvienne. Nul besoin de technologie à la pointe lorsqu’on secouait le milk-shake du druide et les quarantaines des fables mexicaines des soleils verts à volonté.
  5. Aussi profondes qu’elles puissent paraître, ces années X couronnée par l’idole, aux yeux noirs, des soleils verts en couplet avec la face B de Pat Benatar où tout avait commencé par la piste Shadows of the night dans un désert de cowgirls, ces années X, dis-je, étaient plus nobles que le hachis parmentier des grandes surfaces, estampillaient à mauvais escient dans les wagons et compartiments neuronaux grillés, leur souvenir difforme et la lecture de John Fante, galvaudant dans les romans fragmentés de Razko Kaphrium, leur talent de candidats aux suicides collectifs !
  6. Et qui ne donnèrent étrangement, un jour de clair de lune taoïste, à notre Fabrique Croix-Roussienne, sous l’autorité d’un seul homme, Razko Kaphrium, qu’un effet bœuf.
  7. Sur le visage du patron courait abjectement une fente distendue corrigeant en un millième de seconde, quand on l’observait, la sanglante mais bien-aimée pâture prémonitoire qui remontait à la préhistoire des outils de chasse et de feu : des bifaces du paléolithique qui serviraient une nuit à guerroyer pour la survie de la Saint Con en allumant de grands brasiers !
  8. Je crois que c’est le jour d’une pâture sur le bûcher de la Saint Con de l’année dernière, où Razko a failli y passer, que j’ai enfin compris que les belles histoires qu’il racontait depuis notre plus tendre enfance correspondaient effectivement à une réalité incontestable : sur des plages nommées pour leur candidature aux suicides collectifs, gazés pendant les années X, il existait, paraît-il d’après lui, des bûchers aussi immenses que des vaisseaux pétroliers sans bouée de sauvetage.
  9. Ne vous trompez pas, je n’ai jamais mis en doute la teneur de ses propos mais les émissions radiophoniques démentaient ses récits, en commençant toujours par un hommage aux fricatives de l’orgue électrique de Cassandre : une kyrielle de spleen par pelletées.
  10. Razko Kaphrium, dans ses vêtements de ski tout schuss couleur canari, en glissant du côté des crocodiles de la fosse noire Croix-Roussienne, avait essayé une séquence de bouts amovibles de clé USB de bûchers de la Saint Con, aux airs bouddhistes, candides comme des passionnés de taxidermie découvrant une espèce naissante.
  11. En tombant dedans moi aussi, je récoltais, à l’aide d’une pince à épiler qui avait servi à enlever doucement, naïvement les crinières des canassons, entre les dents des crocodiles musclant leurs faunes sous la ligne de flottaison de la fosse noire, parmi les fumées de sapin vert, je récoltais, dis-je, des fumeurs noirs de la fosse des Mariannes ; j’étais morne et las, pesant les défauts, les failles et les crash d’un perfectionnement au sabre laser des Jedis de Star Wars, avec un mal de chien qui campait entre mes deux tempes, tandis qu’en dépliant leurs queues, les bestioles firent voler en éclats les apparences quelconques de leur espèce : dans le canal de la Sainte Fosse Noire Croix-Roussienne, ces spécimens présentaient des apparences d’espèce innocente en fait, comme les rudimentaires rats de laboratoire auxquels nous soumettions aussi des expériences alcoolisées ; étaient sortis enfin, à cette époque des années X, de leur caveau plein les morts de la Saint Con, à la peau somptueusement cramée, pour rejoindre une prairie pentue où ils pouvaient échanger des cancans au sujet des statistiques du nombre de mort de la Saint Con l’année prochaine…

Enfin ces apparences d’espèce dangereuse firent, dans la fraîche sciure des albatros de fer et sur l’interligne de la vaine parade tubéreuse ou cancéreuse des foules en chagrin, le poirier à l’orée d’un bois, répandant dans le vent oriental, du sable blanc à aveugler les inquisiteurs de la Saint Con, à la recherche d’un con à brûler dans la foule des gueux ; le trouvant, ensuite : un Bisounours intérieurement comme extérieurement candide fut attaché pieds et mains liés sur le bûcher qui sentait le camphre.

Les inquisiteurs lorsqu’ils jetèrent une allumette en feu sur les bidons d’essence en bas de la flambée, avouèrent plus tard leur crime ; et encore plus tard, dans leur geôle où l’on faisait les cents pas également mesurés comme des décompositions kafkaïennes, en pique-niquant avec leur bestiole de Tamagotchi née le dix avril comme la fête de la Saint-Con ; l’empreinte alchimique de son disque dur, chargée dans tous les azimuts téléphoniques, hissée sur la grande échelle des morts d’ailleurs axés sur leurs conneries quotidiennes, attendait toujours notre bobine 193 qui était techniquement H-S, fumant toujours trop de marijuana !

Devant la bouche de métro Strasbourg-St Denis, des mercenaires à la solde de la fosse noire, qui remontait le temps à deux camps à l’heure d’été, bien arrivées comme des lesbiennes enfiévrées et fiévreuses à contacter uniquement sur le blog de NotesMat15.

Sur https://notesmat15.com. Coucou très chère comment vas-tu ?
Monumentale et orientale, la très chère prostitué se retrouvait en Écosse.

Je m’arrangeais aussi pour offrir à ma fiancée qui crânait dans le Tyrol la fin d’une filmographie d’antan, en noir et blanc. Celle-ci ne tolérait pas les clés USB 3.0, les disques durs aux vaisseaux sanguins périnataux forcés d’obtempérer et toutes les machines expropriées comme tout autre appareil qui trimballait des informations contradictoires.

Sa silhouette bleue passait en cirant l’éclairage crémeux du laboratoire où les nombreux ordinateurs rejetaient de l’urine sur les murs. Dans une usine oubliée, je débranchais les organes de mon corps venant d’une autre transplantation avec un cobaye !
En morse, ils me répondaient d’aller me faire foutre tandis que j’insérais un déclic dans son oreille droite.

C’était pourtant la seule chose valable, irréprochable que je pouvais enlever tel un furoncle à la place des tiques habituelles !
Une fusion mortelle s’ensuivit en me tirant de ma léthargie ; de l’encens se répandait dans l’air et dans les tonneaux de la cave où le sang mûrissait patiemment.

Tourmenté, ce sang d’une opacité dense, contaminait les autres univers : des amas de galaxies tombaient avec son appareil génital au fond de mes chaussettes ! De l’uranium disparaissait dans le grand tourbillon en jouant son dernier big-bang ! Il endommageait les toits de la ville et il répartissait aux enfants turbulents la structure du soleil dans un brouillard à couper aux couteaux.

La Voie lactée brûlait en valsant du côté des raisonnements binaires ! Elle se vantait de faire partie à présent de la classe des amphibiens cette ampoule de salon qui avait éteint la Voie lactée. En envoyant de la vapeur d’eau, toutes les théories quant à son extinction finissaient sur la toile virtuelle ; le réalisme dans l’art tourmentait alors les goules et leurs tympans : un type d’exténuation programmée !

Timeline, étendue au sol, baba nu et en l’air, sans jamais imaginer les ténèbres et le mystère et l’éventualité de notre rencontre dans l’éternité… ce fut d’abord, le tissu plaqué sur mon visage, qu’une équation à double inconnue, en allumant le ventilateur dans la chambre torride et en insérant un déclic dans mon oreille droite, dénuda dans les yeux de Cassandre un impact émotionnel radical. Un impact émotionnel radical qui correspondait chronologiquement aux liasses de billets froissés, ou à la double bague de la houle en or blanc que je venais de lui offrir.
Et pour enrichir son imagination, un dimanche de Pâques, elle fut bercée cette starlette comme un oiseau tombé du nid, un lapin en peluche entre les mains. Avant les fricatives de l’aurore indisciplinée qui classèrent par liste impaire ses multitudes de visages, ses disciples s’agenouillaient, la verge engorgée, en lui offrant un jaune canard vibrant ! Et alors, en trémoussant ses fesses sur une chanson de Bashung, la maîtresse dominatrice était née : la colère en première ligne pour la succession de cette diablesse et la guérison ultime de son karma comme dernier script avant de plonger délicieusement, avant de tomber miraculeusement, avant de s’abandonner dans une filmographie pornographique.
Une montagne d’or avait été déposé à ses pieds par un océan d’inconnus, conformément à ses indications ; indications qui affectaient sa stricte éducation d’antan sans pourtant faillir ou défaillir.

Quand elle revint, déstructurée, entourée de caméras, de perches, de projecteurs et de ses ombres chinoises vertes et pourpres… Quand elle revint, dis-je, de ce pays où seul le Bouddha énonçait ses erreurs de jeunesse ; c’était pourtant le même monde, ce monde qui se concentrait uniquement sur son état d’esprit… Ah Cassandre !
Cassandre ressemblait aux bruissements des étoiles qui venaient installer leur atelier de cookies au gingembre dans nos greniers, Cassandre jouait aussi les sonates de Beethoven et Beethoven alors huilait les rouages de cette machine, de la taille d’une clé USB, pour lancer un nouveau djihad ou de nouveaux auteurs référencés. Pourquoi dans cette machine démesurée n’y avait-il que des étendues d’articles synthétisés et pas le moindre sens mnémotechnique ?

Une présence malsaine, incongrue et sournoise. Un champ de gravitation arithmétique qui ne laissait nul espoir envers le monde à venir.
C’était un existentialisme si beau et si terrifiant.
La lune tombait juste à travers l’ouverture d’une plaque d’égout, le sang giclant dans ma bouche.

Le long des krachs existentiels, le sang gicle par strates comme on se borne à ses petits désirs ; comme on laisse sur la table une bonbonnière fécondée par écoulement nasal.

Le sang, en pleurant, gicle et veut en faire autant dans la dimension stellaire du Bateau-Lavoir. Le sang gicle comme voué à ce petit garçon de dix ans qui s’amuse à faire des ricochets au bord d’une rivière pourpre. Et la rivière de sang s’amuse à émietter silencieusement le chapeau d’un champignon mortel.

Un larcin trop évident, ce sang qui gicle face à la houle, comme un sauveteur ou un vers à soie ou encore un billet de cinquante euros plié en quatre à la hâte ; ce sang qui gicle comme on plonge un beau matin dans un bol de café ; enfin le sang gicle comme survivent les paysannes et leurs silhouettes qui ne sont que des amalgames de sables, d’exaltations fiévreuses, de poivre, de sel, de parmesan ou d’origan.

Des mercenaires à la solde de la fosse noire qui remontaient le temps à deux camps à l’heure d’été.

Pas de beau temps pour eux et on pouvait supposer être dans la matrice virtuelle, à la fois alcoolique et accro au cannabis sans savoir gérer convenablement son budget, ce n’était pas son iPhone lui coûtant la peau du cul pour pas un sou comme un implant dans ton cerveau. De ceux qui tentait de me faire avaler leurs couleuvres à travers de truculentes bouches d’amazonienne, cet implant me disant que le monde était venu d’un autre esprit cannibale venant d’un bad trip moqueur, en vidant ma bourse dans la poche intime, technologique des dealers.

Il y avait, sur notre chemin, les débris esclaves de trois tristes bouteilles de vodka qui clignaient de l’œil devant le pain complet ; la question étant l’aplomb des chiens vivant dans leur frénésie du futur.

Le futur : la faim minérale de mon cul ! Quand j’allais dévorer ce chien vivant dans ces faubourgs, les femmes arboraient une écriture cunéiforme sur les murs de la ville avant de regagner le coffre de ma voiture, le monde allait bientôt riposter, ouvrir sa gueule de vide-ordures qui s’exclamait sans rancune imputable et jeter ses doux parfums d’hématomes, l’estomac vide pour fêter la Saint Con, la réalité n’ayant pas de prix, ou la somme exacte et universelle d’un montant compensatoire de la CAF : un billet de 5 euros.

Le sang des partisans cyborgs

Le sang giclait comme une pluie rouge qu’emportait le vent.

Jefferson Airplane faisait trempette dans le sang et la valve des cyborgs hitlériens s’emportait, éclatant de colère, de rage sataniste tout en ravitaillant le tonnage barbare de l’ordinateur de bord de la famille Malefoy.

Le sang giclait comme un canard barbotant dans sela boue, suite à cet attentat surréaliste ; je perçais la valve des cyborgs à l’aide d’un stylo Bic : un attentat qui ressemblais à un mauvais thriller. Et, dans ma tête, en lançant des corn-flakes et des strass psychédéliques, le sang giclait en réclamant sa dose de vodka à volonté, comme si le paiement cash de mon téléphone mobile, en triant les valseuses de White Rabbit, n’était qu’un baragouin de plus, incompréhensible à décrypter pour les cyborgs, dans leur valve d’opium.

Le sang giclait comme l’hémisphère d’un cerveau endolori tournant aux régimes de pâtes al dante, le sang giclait en envoyant des uppercuts, précieux par leurs races de rottweillers électriques ou leurs races de sultanes en harem, dans les baraquements façon western du quatrième Reich.

En hissant les crocs du froid engourdissant, naviguant sur les réseaux des banques impassibles, je mettais toutes les larmes de larves écrémeuses des gens encore valides au compte-goutte dans la valve du pauvre valet de White Rabbit qui courait pour une histoire d’effraction dans l’ordinateur de la police judiciaire.

Mais ce qui me taraudait, ce n’était pas le sang giclant comme la pauvre poupée qui veut ou qui veut pas, ce n’était pas non plus l’inspecteur détective mis au service pour l’attentat et plus tard mis en morceaux dans une poubelle du centre-ville. Ni les gens survivants trinquant à la santé de la lueur napoléonienne qui s’approchait pour faire gonfler les quatre vingt dix mots tangents du nouveau discours de l’Empereur fraîchement couronné ni leur barbotage sanglant, giclant et sécrétant des enfants scolarisés sans tambour, pleurant et se fragmentant en phrases baudelairiennes ou rimbaldiennes ; ce qui me taraudait : c’était la cuisson des pâtes de mon colocataire, le timonier, toujours dans la vague mouvance bouddhiste, qui bien après une leçon d’anglais, avait trop fait chauffer les pâtes ; leurs gros bouillons dans la casserole rempli de vodka à la place de l’eau conventionnelle avaient fait gicler les viscères du prétérit anglais, et les miennes par la même occasion.

Pour des bagatelles de sorciers occultes, la famille Malefoy, comme l’Eglise Obscurantiste qui profanait les cimetières, était assigné en justice pour usage de magie noire et le procès et son prolongement mathématique, bercé par la musique de Jefferson Airplane, en acclamant les vainqueurs de la guerre du golfe sur la cinquième avenue à New-York, allait durer encore très longtemps.

Comme un stage cinématographique, la lobotomie magique de Malefoy, à la fois médicale et psychique, gaufre, était quadrillée par l’embellissement de la façade d’en face : la façade d’en face qui appartenait au siège de l’ex dictateur du quatrième Reich, où le sang avait giclé avec les anciennes croix gammées.

Le sang des bêlatres aryens avec leur bannière SS, avec, dans leur bouche le goût des gages ratés, regagnait l’itinéraire des caniveaux.

Malefoy, sur la jonchée sanglante, me disait d’emplir ma main de ce sang versé qu’à moitié : en effet, l’authenticité de la formule magique, dans le chaudron du dandy fin dix neuvième siècle, ne demandait que très peu de sang aryen pour transporter par télépathie nos valises jusqu’à l’hôtel et pour faire s’ébrouer comme un cheval de kermesse l’ordinateur tintant joyeusement et délicatement de notifications baudelairiennes.

Dans le passé, en galopant avec Malefoy sur un pur-sang arabe, le long des trottoirs de Wall Street et leurs krachs existentiels manquant d’éducation altermondialiste, s’écroulaient et faisaient s’écrouler des strates d’éclatements d’étoiles noires, solaires ou polaires ! Ah oui ! C’était la Belle Époque de la Saint Con de l’année dernière : ah ! La fête de la Saint Con ! Puis, peu après, la semaine Textes de merde se bornant à de simples et petits désirs de poèmes écharpés : un tube temporel sur Time Machine sauvegardant la bande passante des cyborgs dans leur valve à la fois organique et électronique tandis que le thriller et la tradition de la Saint Con ne m’échapperait pas cette année non plus, le trou du cul qui se tordait déjà de douleur dans les flammes de l’enfer ! Comme si j’allais laisser passer une telle occasion !

Maintenant, sur la table de la cuisine, à côté d’une bonbonnière, il y avait le brouillon des plans machiavéliques fécondés par écoulement nasal, racontant que j’allais traquer un fin gourmet pour la Saint Con : un goinfre qui gracieusement aspirait son Coca-Cola trop chargé en sucre comme les vampires sucent le sang tout en montant sur la balance, comme un numéro d’équilibriste fébrile sur son trapèze, pour afficher ses cent-vingt kilos aux vins capiteux, trapus, se saoulant en prenant des capsules psychédéliques, badigeonnées de la craie magique du sang des bagatelles nazis, en pleurant sur son poids comme un malentendu amoureux, et imaginant en faire autant dans la dimension stellaire des cyborgs paranoïaques.

Leur valve, en tripotant par l’ouverture nympholeptique l’essence de ballerines, qu’une nymphe ringarde remplissait à rabord, soupçonnait les gras du bide américain de ne pas connaître les turpitudes de Turner peignant le soleil levant dans la brume avec l’aide d’un typhon, ces incultes.

Comme voué au feu de la zone.org, ce petit garçon déjà obèse de dix ans qui s’amusait à faire des ricochets au bord d’une rivière pourpre, je le localisais avec l’aide des algorithmes de la page d’accueil de la zone, en commandant à distance, tel un tzar hacker, l’ordinateur de Malefoy.

Il était tout près de moi, tout près de cette rivière de sang, s’amusant en cascades soporifiques affichées comme les longues suites de textes en attente sur lazone.org, le comité du jury zonard étant dans les poches, pleines de talcs émiettés silencieusement comme le shit des cyborgs paranoïaques, dans leurs poches, dis-je, le chapeau d’un gnome mortel était roulé en boule, ces trolls, en troublant l’ultime bravade sournoise des univers créatifs dans un va-et-vient incessant, découpaient au cut-up le tissu des nerfs d’un tout-à-l’égout de textes de merde et des tourniquets de ce mode de vidange.

Un larcin trop évident pour cet enfant obèse qui était à présent avec moi, sur un banc face à la houle, comme un sauveteur de pizzas bien visqueuses, bien barbotées dans l’huile, ou un vers à soie trop gros pour sortir de son cocon qui aurait eu une mauvaise impression quand je m’étais assis à ses côtés, dépliant un billet de cinquante euros plié en quatre à la hâte, je lui proposais de lui offrir un Tamagotchi ultra sophistiqué dans les rues du quartier des vendeurs à la sauvette ; leurs aimables transactions sur la place aux enseignes de Serpentard se fendillant au-dessus de leur tête. L’énorme gosse, aux ballonnements gastriques truculents fut surpris au début mais comme il venait d’une famille pauvre, bouclant leur fin de mois difficiles comme on plonge un affreux matin dans un bol de café tiédasse et fade, accepta le cadeau avec enthousiasme.

Le tour du quartier des paysannes qui vendaient leurs silhouettes en l’échange d’amalgames de sables, d’exaltations fiévreuses, de poivre, de sel, de parmesan ou d’origan, ne mérite même pas un paragraphe : nous étions en ce moment garé sur la place des vendeurs de Tamagotchi et après lui avoir acheté à un marchand à la chair transplanté un Tamagotchi aux rayons ultraviolets, qui dirigeait la bestiole virtuelle à nourrir et à s’occuper dans la tuyauterie univoque des câbles organiques d’un ordinateur se vantant d’un nombre incalculable de textes en attente de publication sur La Zone.

Des textes écrits et tutti quanti qui traînaient dans cet ordinateur en veille appartenant à la famille Malefoy ; après la lecture de tous ces textes sur mon smartphone pendant que le gosse corpulent jouait avec sa nouvelle console de jeux sur le siège du passager, il y eut une brutale barre de fer violente qui me frappa aux deux extrémités de mes tempes et je restais stone quelques minutes.

Le quatrième Reich de la famille Malefoy

En entrant presque fugitivement, sans toc-toc, dans son bureau, comme un goujat plié et lié chevilles aux corps, comme empaillé par le cri obscur et rouge d’une forêt de sapin aux origines fulgurantes, en entrant, dis-je, dans la dynamique hackée de leurs fichiers vieillissants, j’observais les matrices de son ordinateur à l’architecture spirituelle ; me prévenant que le quatrième Reich était proclamé et fêté par une foule en liesses qui allait me laisser le passage de l’entrée du sas d’accueil, comme un milliardaire grossier tout en soulevant des amis familiers en pogo dynamité avec la famille de Malefoy.

Encore branché au courant, je dirigeais l’ordinateur vers la fenêtre et crac ! Alors tout s’effondra : les fils électriques quittant leur prise, gauchement, je m’emmêlais dans un éparpillement de câbles et de port USB.

En regardant par la fenêtre, pris par un spasme sexuel, l’envie de pousser les huit portes du boulot s’était fait sentir ; vivement le week-end garni de pack de bières et de joints joliment roulés !

Ainsi par la dernière porte encore entrebâillée, aussi rapidement que l’escampette de cette clameur qui rendait la foule silencieuse, je retrouvais la rue et ses longs zigzags temporels, balourds, je la vis, cette foule, massacrer l’ancien roi, l’une des légendes des vioques votant la droite nationaliste ; cette clameur à deux heure du mate, au milieu de la foule taiseuse à présent, à mon tour, la fenêtre étant assez ouverte par ce mois d’hiver, ne m’avait pas mis à l’aise : ne regardant pas la garde-robe de toute beauté appartenant à la Famille Malefoy qui était resté dans la remise du bureau, j’avais gardé mon manteau, en craignant que le côté obscur du béribéri atteigne mon organisme avec ce qui en restait, vivant dans un pays chaud.

De mon manteau, débroussaillé maille par maille comme la fine lingerie de la mère Malefoy, j’avais sorti mon iPhone 8 de la poche intérieure pour éterniser la foule en délire.

Il y avait cent ans que le magnifique cul black sur white d’une actrice porno avait été photographié par Willy Ronis lors d’une manifestation pareille à celle ci : la foule, que je vis apparaitre après la huitième porte dévérouillée, se pressait près des voitures présidentielles, près des voûtes aux courants d’air glacial, dans la visière des groupes imitant Jefferson Airplane de façon chouette ; quels chapeaux haut de forme tombés bien bas et quels groupes musicaux gonflés à bloc, harnachés aux gilets jaunes des manifestants !

La morale de cet événement étant calcinée de noms d’oiseaux n’était pas de Byzance : dans les oubliettes de l’oubli, la morale de cette histoire allait enflammer le malheureux connard de la Saint Con, le monde ne tournant pas rond bien sûr.

Ma montre et son tic-tac pixelisé et brillant comme un saphir à l’intérieur du mécanisme précieux, affichait littéralement l’heure très matinale : comme un esclave de la matrice, je me sentais un peu comme Alice ; tombé dans le terrier du lapin blanc et cloué sur place tout en me perdant en selfie devant le représentant du quatrième Reich venant de commencer.

Bardé de lames de fer pour visiblement casser la gueule aux opposants du régime des cyborgs hitlériens, avec les autres mercenaires votant extrême droite, j’avais défié la matrice informatique, débutant par l’élection d’un quatrième dictateur…

J’étais pris aux pièges des joints virtuels, aux ouvertures d’esprit en forme d’identifiants de thalassothérapie balnéaire, que j’avais fumé avant le taf, le matin au réveil avec une vodka orange : seul un électrochoc pouvait me faire décoller, seules les faibles lueurs des réverbères de l’ancien Berlin rebaptisé Zion pour épater l’Élysée française libérale, des lumières jaunes comme la mimolette que je contemplais avec Adolf Hitler 1.1 dans la fumée visuelle, crevée dans mes viscères enflammées, avec la flamme éternellement éteinte du bout de mon joint que je n’arrivais plus à tirer dessus.

Au courant des dernières nouvelles et actualités de la zone.org, le soulèvement du quatrième Reich commençait aussi à s’intéresser aux textes en attente de la zone.org : le monde réel et l’univers cartésien de l’imagination du web tournant sur eux-même, en spirales confuses, Jack, l’un des vioques de l’ancien système balayé, et en visionnaire de l’écriture binaire des Tamagotchi, pensait que l’air musical de Jefferson Airplane, avec ses chants de papier charbonneux, psychédélique comme Somebody to love, permettaient, lorsqu’on l’écoutait sur son MP3 nouvelle génération, de percer les failles de la longue liste des textes en attente et, à l’aide d’un simple bloc-notes, en notant l’adresse du navigateur, provoquer des crashs, des divagations chez les utilisateurs.

La bonne fortune de Jefferson Airplane, avec leur lyrics aux ailes de papier de verre brisé, éclatait de watt canonique dans mon iPod touch qui générait des relents de toilette bouchée, qui offrait du haut de la branche d’un saule pleureur la fin des cotillons en poudre, des pin’s de Woodstock pour les pendus du quartier d’Harlem à New-York.

Pin’s émaillés tout en nuances improvisées comme ces virées chez la famille de Malefoy que j’avais un jour rencontré, en galopant sur un pur-sang arabe, dans les steppes asiatiques de la Mongolie.

Rien de plus beau que les cerveaux en amazone !

Une humeur massacrante qui tangue et de petites manœuvres secrètes qui ont pour but de tromper l’ennemi dans la parade des fumeurs de joint !

Des choses sondés comme des kalachnikovs en force qui gerbent des monstruosités et un parcours qui quitte les sentiers battus en me ramenant tout en sifflant de noirs chansons de face nègre.

Une mêlée et une halte, parmi les paroles déchiquetées du chant, leur cours préparatoire qui a de la peine à se référer au système adverse comme un grésillement dans le récepteur en sanskrit : humide comme les vagues porteurs de cascades qui se fracassent sur les ailes d’un ange de l’enfer, loin des puanteurs des volcans et de leur douceur de rayons effrayés !

Un pédoncule qui surchauffe de brûlure fécondée, une fraise que je touche avec des pincettes, sur la pointe des pieds ; et une empreinte sur la nappe brodée et un stage pédagogique pour chahuter dans les cabarets où n’importe qui peut arriver un peu plus tard.

Quelqu’un sur la tombe de toute ma famille, un butin, les pleurs d’une sibilante et de la tôle froissée et un billard pour assembler les humanoïdes : ce sont mes femmes, mes déesses qui peuvent vous permettre de passer dans l’autre monde !

Une personne qui n’est plus vivant, un animal vemineux sans cadavre, un visage zébré et un monstre comme une sangsue qui sillonne les lignes de tirs en entendant la boule noire descendre des chiens maigres et galeux : la conscience de ce monde seul qui invente des numéros de téléphone amoureux.

Un dimanche de Pâques, dans une cabane, une croix de cendres et un boa qui se risque du côté des tatous et des petites culottes ; et des tatouages pour parasiter le succès et le mélange des tons, pour lamper les étincelles creuses et fausses.

Des scorpions, une teinte dans le ciel qui contourne les nuages, des cascades d’ombres fantastiques, gesticulantes comme perpétuelles zébrures à chaque tour de hanches !

Une correction pour encaisser les coups sans réagir, des wagons tout près des morts et des théiers comme des organes franchement auréolés de tangage robotique, dansant comme la faible lueur de la lune taoïste !

Un énervement parmi l’équipage et des fêtards qui ont la galle dans la nuit appelée la nuit des ténors scandinaves ; pour fumer dans les harems, des grillages, des grillades et une pomme granny-smith qui sert à fracasser tous les miroirs : miroirs qu’on intellecualise dans son journal, déshabillé dans la foire où l’on offre du sable blanc.

Pour gribouiller un montant compensatoire monétaire, des torticolis et des tortues hissées avec les vifs ; un manifeste et du pétrole et des précipitations pour débaucher les marchands de dauphins qui brisent l’âme verdi des terres à même la colère et les beaux cris d’éclairs !

Des fracas hypothétiques, le maniement du sabre qui précipite le jeune page dans les ténèbres patriotes.

Des magnats du pétrole pour muscler les prêts à intérêt, un pays qui plafonne son PIB et une préparation psychique volant en éclats, en débâcle sainte ; des présentations et des théories pour se vautrer dans le feu ardent et, pour réconforter les crevettes, des plaines fertiles à San Francisco dans la crasse laide de Virginie !

Un arc-en-ciel, de l’énergie et un diamant craché avec les illuminations pour festoyer en prenant de haut le système immunitaire et d’impeccables longueurs de piscine : admirable jeu des arbres solitaires !

Un observatoire et des lendemains qui chantent pour flairer une bonne affaire d’ossements et de têtes comme des crânes de cristal !

Pour fixer sur la croix le roi des juifs déchu, un origami avec d’autres similitudes, au bout du petit matin meurt un sapin, l’orient qui fructifie son capital, moi aussi comme un sanglier dans un enterrement de chats musqués et quelques requins dangereux pour l’homme qui s’enfouissent dans les abysses conjurant les mort.

Un équilibre, une psyché saturée et une épuration pour édifier la destinée, je porte un sac sur une route, une couronne de présent en continu ; une construction et un cinéma pour la détourner de la jouissance et la limiter à un symbole amical comme une véritable action en train de se dérouler !

Pour vendre de la pacotille, épelant des points de suture et du lait stérélisé, ma négritude plonge dans un pastiche jamais exploré ; et du plomb qui génère des espèces chimiques pour plonger dans le gouffre et gravir les montagnes russes : abandon qui morde véritablement tous les souffles des rires des marquises !

Un labyrinthe, une maladie et un regard qui se perd dans une mare pleine de nénuphars ancestraux ; et sa majesté comme un lion dans une cage, des orfèvres et des papillons qui contractent une maladie sensuelle voyageant dans le parfait cercle des lampes à pétrole à l’aube.

Comme un iguane ou comme un faucon pélerin, un vautour autour des squelettes de chiens bâtards, un fauteuil et une dot pour en découdre avec les consignes qui étourdissent le feu sacré des courants de la journée !

Une ferveur qui a du chien avec le bout de tes seins, une conquête et un groupe qui a un mal de chien à embrayer sur la suite, baigneur de lombric effrayé par le phare noir des états seconds.

Des châteaux qui se mirent dans l’eau des sources, un embrayage et un ordinateur pour osciller entre la fermeté et le laxisme : mes passions avec la gueule de bois dans le pays natal !

Des colonies d’insectes catastrophiques, une société permissive et sa préhistoire dans le pétrin, culbutée comme dans un viol ; pour réclamer des questions épineuses, douces ou concises, une capitulation, une fête parmi les gravats de la guerre, un teint et une touche au rugby pour mon ami bavard.

Enfin, dans les nuages, sur la scène où tout ça changerait à force, un totem et une violation malade depuis la fosse noire, aveugle mais familière !

La moonlight de la cité douloureuse !

La Moonlight de la cité douloureuse

La nuit verte est tombée sournoisement sur Mandeville en même temps qu’un brouillard dense, les néons jaunes et bleus de la ville basse forment des halos épâtés dans l’atmosphère, aveuglants et menaçants, et rien ne bouge là-dehors, sinon la cavalcade d’une harde de chiens errants dans le lointain flou, ouvrant sur leur pâleur : des millards de portes.

Si l’on colle une oreille contre le goudron de la rue, on peut entendre une mélodie étouffée, comme le dit le poète aux rayons des étoiles.

Elle se déplace en même temps que l’eau bleue des égouts, parmi les boites de lait et les chaussures et les conserves et les cartons en dissolution, elle serpente et devient progressivement plus audible et plus claire à chaque kilomètres en suivant le courant, la blanche Ophélia flottant là dedans ; et au bout d’un long voyage sur l’eau javellisante, l’on arrive à sa source blafarde.

Ici, l’égout fait un coude et il y a un large renfoncement où se trouve du matériel d’entretien dans des casiers en fer que le Passé sombre pourrait bénir.

Ici, des bougies ont été disposées en cercle autour d’un monceau de déchets et de détritus grand d’au moins un mètre ; quel rêve, ô pauvre folie !

Contre ce trône en décomposition repose un homme à tête de corbeau, en costume de ville usé et trempé il est littéralement assis dans les ordures, posant le pied contre une enceinte d’amplificateur de guitare-basse d’où s’échappe la fameuse mélodie étranglant sa parole.

Il déguste un whisky bas de gamme à même le goulot dans la pénombre étrange de l’endroit, marmonnant quelques paroles inaudibles de temps à autre et ignorant royalement les deux alligators adultes postés à ses côtés, calmes et immobiles comme de fidèles chiens de garde d’une cité puante de Moonlight douloureux.

Ici, les ombres portées sont fascinantes, couchées en leurs longs voiles.

Le van énigmatique

Il y avait, sur notre chemin, des faubourgs où les femmes arboraient une écriture cunéiforme sur les murs de la ville avant de regagner le coffre de notre voiture : le monde allait bientôt riposter, ouvrir sa gueule de vide-ordures qui s’exclamait sans rancune imputable et jeter ses doux parfums d’hématomes, l’estomac vide.

Alors, en s’armant énergiquement d’un heaume de guerre, nous partions à la guerre couvrant toutes les connexions Internet ; et de guerre lasse l’amovible architecture spirituelle de leurs ordinateurs revenait empoisonner le silence où l’on entendait parfois des sanglots : ici, les indigènes devaient fêter Noël qui les mettaient à l’agonie et dans son coin Noël crevait doucement, sans empressement mais sans interruption, comme une jungle de lianes, de guirlandes clignotantes et d’oiseaux exotiques.

Pour réorganiser un continent tout entier, ensorcelé par les épopées, dans les ténèbres de la nuit, il y avait un van qui ne roulait plus depuis des lustres et dont j’étais le moteur par la pensée, par un effet de synesthésie et son inextensible clair-obscur, jadis ordonné et inventé par la seule pensée latérale, qui raflait tout sur son passage en pénétrant sur leur territoire.

Pour relancer démocratiquement les lignes téléphoniques putréfiées des négociateurs, jetées de façon linéaire, le van en question avait fait de son âme un grand espace que je lapais comme un reptile, comme le sang-froid des plantes tropicales.

Dans le van aussi, il y avait une poupée étrange qui me regardait fixement. Elle était assise sur la commode depuis des jours, et elle me regardait avec ses yeux de verre.

Ses boucles blondes dégueulaient de son crâne de cire avec insolence et défi.

Qu’est-ce qui m’avait pris de garder cette poupée ?

C’était comme une accusation transie, elle seule savait, elle était ma conscience frémissante et ma croix.

En démarrant le van péniblement sur les sentiers de la plaine pâle, la première chose que je remarquais fut un arbre unique qui trônait sur un monticule, taillant l’horizon blême à quelques lieues de là. Je me lançais pour un périple unique, inquiet, avec, dans le rétroviseur, le défilé rocailleux et accidenté d’où je venais. Les heures passées à le franchir s’effaçaient déjà de ma mémoire. C’était comme si le passage se refermait derrière moi, il n’y avait pas de retour en arrière possible. Mais déjà ma fatigue s’évanouissait et mes pieds meurtris cicatrisaient. Le cœur léger, j’avançais, en écoutant le moteur toussoter, sur la plaine striée de lumière blanche et je ne regardais plus dans le rétroviseur poussiéreux.

Dans un silence absolu et par manque d’essence, je coupais le moteur, je descendis et j’entrepris de traverser une mer de hautes herbes couchées par la brise.

Des sentiments de Love Buzz amoureux

Des sentiments de Love Buzz amoureux

Mûs par quelques sentiments de love buzz amoureux, traînant à leurs suites les serpentins de leurs braies et cottes de mailles en lambeaux, des poignées de soleil vert rasant fugitivement les murs.

Leurs symboles avant-coureurs circulant en nous et clôturant chaque plan saisi et orchestré d’une lointaine galaxie dynamité.

Ainsi leurs graphismes maléfiques, se combinant monarchiquement, discutaient entre eux au sujet de leur retour, quand, tristement, de mon côté, plongeant dans la faible lumière de leurs danses fantasmatiques, j’avais lancé dans tous les azimuts et les visions d’ailleurs des S.O.S pour sortir de ce nid de créatures solitaires mais dévergondées.

Aux lueurs plaisantes malgré tout.

Nul besoin de technologie à la pointe lorsqu’on secoue le milk-shake des soleils verts à volonté.

Aussi profondes qu’elle puissent paraître, ces années X, où tout avait commencé dans un désert de cow-girls, où tout était enfouie sous l’hachis parmentier des grandes surfaces, estampillaient à mauvais escient dans les wagons et compartiments neuronaux grillés, leur souvenir difforme, fragmenté. Et qui ne donnaient qu’à notre Fabrique Croix-Roussienne, sous l’autorité d’un seul homme, Razko Kaphrium, qu’un effet boeuf.

Sur le visage du patron courait abjectement une fente distendue corrigeant en un millième de seconde, quand on l’observait, la sanglante mais bien-aimée pâture prémonitoire !

Je crois que c’est le jour d’une pâture, où Razko a failli y passer, que j’ai enfin compris que les belles histoires qu’il racontait depuis notre plus tendre enfance correspondaient effectivement à une réalité incontestable.

Ne vous trompez pas, je n’ai jamais mis en doute la teneur de ses propos mais les émissions radiophoniques démentaient ses récits, en commençant toujours par un hommage aux fricatives de l’orgue électrique de Cassandre.

Razko Kaphrium, en glissant du côté des crocodiles de la fosse noire Croix-Roussienne, avait essayé une séquence de bouts amovibles de clé USB des courants d’air bouddhistes.

En tombant dedans moi aussi, je récoltais à l’aide d’une pince à épiler, entre les dents des crocodiles musclant leurs faunes fumées au sapin vert, des fumeurs noirs de la fosse des Mariannes ; j’étais morne et las, pesant les défauts, les failles et les crash d’un mal de chien tandis qu’en dépliant leurs queues, les bestioles firent voler en éclats les apparences de leur espèce : des apparences qui étaient sortis de leur caveau plein pour rejoindre une prairie pentue.

Enfin ces apparences d’espèce dangereuse firent, dans la fraîche sciure de la vaine parade tubéreuse des foules en chagrin, le poirier à l’orée d’un bois, offrant du sable blanc ; la foule des gueux, également mesurée comme une décomposition kafkaïenne, en pique-niquant sur l’empreinte alchimique des disques durs chargés, hissés vers les morts d’ailleurs, attendait toujours notre bobine 193 qui était techniquement H-S !

Le train des Esquimaux !

Descendant à travers bois, au milieu d’un nuage de neige, j’imaginais le bruit du train passé, les Esquimaux à l’intérieur de ses wagons et leurs faces de pleines lunes envenimées de leur hectowatt lubrique !

En fermentant, leur hectowatt évaporait les seins de leurs femmes à travers les traînes orageuses, hélicoïdales du système ferroviaire. L’une d’elles avait même trouvé le contenu phénoménal d’une invocation ; et le train comme désorienté par cette découverte avait alors été câblé selon les battements de cœur de cette femme. Et la neige en longeant la route ressemblait à sa fourrure d’hermine négligée ou à son visage sillonné de fines rides grimaçantes.

Comme elle, en partant de notre havre pour échapper aux enfants pâles, maigres, vêtus de loques, qui chantaient à tue-tête, on allait se saouler chez des amis au cognac ou au mazout ; ce mazout qui avait fait tourner les hélices de nos étranges machines de jadis.

Machines dont l’engrenage s’allégeait au fur et à mesure de notre progression, sous le halo des lampes incohérentes. Sous le halo des lampes incohérentes, on fumait des joints, lentement, en se demandant si les enfants pâles avaient claqué. Il faudrait que l’oxygène alimentant leur hémoglobine souffle notre fumée, frappée à la vodka.

En entendant leurs voix, leurs voix fluettes de petite filles, nos étranges machines couinaient comme des souris quand, creusant encore et encore, encore et toujours davantage, sans trêve, sans rêves, au bord de l’évanouissement, la douleur suraiguë des esquimaux séparés de leur femme vibrait dans les tréfonds de mon être brisé. Au point de me faire oublier le sang qui coulait indéfiniment de mes mains meurtries, au point de porter mon esprit jusqu’à cette frontière où les cyniques entités se perdent dans l’obscurité des gouffres de l’oubli. Ma psyché se mit à tourner comme une toupie.

Mes globes oculaires se retournèrent dans leur orbite me présentant la vision de mes propres ténèbres… quelque chose prit forme dans ce noir… un couloir s’étendant à l’infini, parsemé des portes du train des esquimaux.

D’un pas tremblant j’avançais dans ce corridor, les multiples portes défilaient de chaque côté de ma trajectoire inconsciente…

Ma main se posa sur la poignée de l’une d’elle, pourquoi celle ci plus qu’une autre, me demanderez vous… Probablement les impénétrables caprices du hasard . La porte s’ouvrit sur une brume légère, j’y pénétrais tandis qu’au bout une lumière grandissait, jusqu’à me recouvrir… Où étais-je ?

Grelottant comme une gentille madone, déjà elle me gonflait cette jeune fille accoudée au comptoir de la voiture bar du train. Je gobais deux vodka caramel en la regardant traîner son cul du côté des esquimaux en minaudant, se bâfrer à côté de tous ces ploucs, en faisant mime de rire à leurs blagues de putes en manque de sexe, confondue dans les pets, dans les rots, sachant seul dans son coin que des crimes allaient être commis, continuant sa journée de merde à bouffer du cercle polaire et le soleil de minuit reparti à l’horizon, dans le cambouis de leur machine sophistiqué, rêvant d’un bureau chauffé par leur diesel encéphalographique.

Comme un hyène, elle attendait dix-sept heures trente pour arriver à destination, foutre le camp dans sa caisse de merde, à crédit, qui pue, mais qui sent salement l’effort et la prise de tête des synapses analysé par l’encéphalogramme.

Écoutant de la zik de merde sur NRJ ou RTL, peu importe, pareil à ces esquimaux maudissant la mort cérébrale de ces petits branleurs islandais qui avait placé les électrodes de l’encéphalogramme sous leur string en dentelle.

Rentrant dans son taudis de quarante mètres carrés, elle avait chialé devant la télé, en silence et sans trace de mouchoirs, en regardant une émission sur les risques mortels des cancers du côlon, s’apercevant qu’elle aussi avait un cancer du sein en le palpant tout en fumant une clope.

Les bienfaits de leurs faces de pleine lune lui donnaient une voix rauque et douce ; la divinité de leurs faces de pleine lune buvait de la mauvaise orge ; et sur cette infinie route noire et terreuse qu’elle avait tracée en train avec les esquimaux, on les retrouvait, ces hommes abattus, grelottants, assis à nouveau dans les wagons du train fou et perdu, le corps tyrannisé de froid au point qu’on s’étonnait que leur cœur puisse encore y battre et pourtant il battait, petit tambour courageux défiant le désarroi, la faim et la mort elle même.

Un périple inachevé ?

À Berlin et jusqu’au moindre recoin épiphanique que j’apprivoise silencieusement : la magnifique complexité des quartiers de la finance transmettant et amplifiant des séquences d’images sur ordinateur.

À Bruxelles, un raconteur qui entremêle les histoires et qui éclaire alors les mécanismes perturbateurs de mon cerveau encore endormi. Puis un ciel de jade qui devient noir et qui attise les forces, en espérant quand même calmer un peu le jeu ; un ciel de jade et des cours d’éducation sexuelle qui font grossir un travail de sape kafkaïen.

Contournant les données métaphysiques et virtuelles d’une jeune mais déjà légendaire nation démocratique, de vieux films en accéléré, issus de la guerre du Kippour, qui font jaillir le souvenir d’un bouquet de roses !

À Bristol, pour agglomérer dans la ville une élégance d’ensemble impérialiste, des hémisphères synthétisés comme une mélodie qui s’éternise ; une mélodie qui s’affranchit des impuretés alchimiques. Des tas de glace et de neige qui entravent toutes les lames muettes de la première page.

À Londres, un film de Stanley Kubrick qui précède un appel manqué et des murmures précipitant la jolie description d’une kermesse. Mais je préfère m’intéresser au parchemin caché de Jack Kerouac en le découpant sans me préoccuper du message et de cette horloge accrochée au plafond.

À Edimbourg, un jeu éducatif qui s’efforce d’explorer la fange. Et une jeune femme nue qui s’empresse de chercher sa jarretière dans son panier de fortune.

À New-York, un étrange restaurant : lorsque je rentre dans le restaurant la tension est au max. Comme une bouteille à la mer, un petit souffle comme une plume cellulaire, quelques minutes auparavant, alors que les fadasses voitures filent dans la nuit, en bord de mer, entre le Bronx et la cinquième avenue de New-York, je laisse éclater ma colère au téléphone : impulsive, soudaine et brève comme un dictateur d’un Paris bu jusqu’à la lie. De ces colères qui ne se dominent pas, une colère brute et barbare de taureau dans l’arène : un authentique culte barbare qui ferme vite le bouchon de la bouteille.

À Singapour, pour m’aérer enfin les poumons, je traîne du côté des esquimaux qui côtoient et craignaient les dealers de Goran Pritska parce qu’ils ne lui connaissent aucune limite. Ils ont déjà ratatiné plusieurs cancres sur des mouvements d’humeur dans leur apprentissage du sabre laser. Ils baisent leurs serveuses dans la remise du club et dérouillent les videurs. Goran Pritska est un impulsif qui aime se la donner et qui, dans le bouillant de l’action, ne sait plus se retenir. Je n’ignore rien de ce tempérament. Il conduit la voiture de tête quand les haillons en argent, froids comme le côté droit de l’iceberg et sa base de données, pleurent des larmes de pluie diluvienne. L’aiguille du cadran de vitesse dérape vers la droite si les haillons d’argent, qui ont tant de peine, vont dans le temps divisé, inconnu, pareil à un drame d’espoir sanglant.

À Hong-Kong, dans la solitude de ma chambre d’hôtel, j’écris un texte qui est une incitation à la haine dans une vallée ouverte. C’est pourtant un texte dont le contenu n’est pas choquant mais je n’ose aborder cette fille rencontrée un soir à l’aéroport avec ce poème méchant, fou, qui porte la promesse malgré tout la cascade d’un nouveau monde où l’on attend la pluie et son eau désaltérante. Voyez, devant vous, c’est un texte ancien ne comportant aucun des mots suicide, mort violente, viol ou esclavage, qui s’affichent sur mon ordinateur dans la vive clarté de l’hiver.

À Pékin, dans son enfer polaire, des coups de béliers infatigables et lourds, entrepris par des hommes traitant leur mère de pute, promettant mille souffrances du côté de Sodome qui aime les tendres cœurs.

À Tokyo, en fait posé sur ses genoux, mon front de lecteur obstiné cogite le chant des rivières, sans pour autant chercher ouvertement à la dénigrer.

À Doubaï, dans les rues et leurs sens cachés qui prêchent la destruction, les parfums de la négligence ne font pas frissonner les narines des passants croisés. Abattu sur leur beauté, l’ombre et les limbes de ses mots, suspend entre les lignes d’un roman en souffrance, le début de sa vengeance personnelle.

À Sydney, enfin, terrassée par la tuberculose, l’auteur de ce texte, souvent sur la montagne, tristement s’assied au sommet de ces mondes blanchis, religieux comme la cloche qui sonne ; ni charme, ni bonheur, d’un œil indifférent je n’attend rien des jours, ne demandant rien à l’immense univers que tout âme désire en son for intérieur comme une incitation à la haine, à la violence et à la destruction, emportée par l’orageux aquilon.

Un authentique culte barbare

En variant les espaces, les séquences d’images arrêtées et la pensée qui n’est point distraite du navigateur, l’émiettement des essaims se réincarnant en mélodie pour vaporiser le café noir, des grandes odes du silence malmenant les lieux, les visages, les événements passés, dans l’obscurité.

Et, comme sépulture, l’éclairage crémeux de la fange pour un dessin d’enfant sinistre, appréhendant l’avenir, qui entre les données de ses livres dans un macabre et bien-aimé ordinateur.

En s’efforçant de stabiliser les rêvetements fertiles d’un bonheur nympholeptique pour palper un degré d’acuité, le surpeuplement qui n’a cessé de croître et d’exceller, qui corrige en un millème de seconde la respiration, avant d’hiverner, coupé de toute temporalité.

Sa théologie étend le sens et la mesure des anguilles noires et luisantes, vidées de leur hallucinogène quand les derniers survivants, transportant le carré d’herbe des agitateurs nébuleux et pleurnicheurs, se retrouvent face aux plis du terrain, aux chemins en lacets ; le ciel noir comme du charbon aiguisant l’anxiété des absents.

Enfin la force des gargouilles rassemblant les pigeons pour se couper potentiellement des niveaux référencés d’une grande bibliothèque : un authentique culte barbare !

L’heure creuse d’un authentique culte barbare où chaque chose semble s’être suspendue en plein vol.

Une aube terne, pénible monte peu à peu de l’est, mais les réverbères restent allumés. Leur lumière orangée fout la gerbe aux agitateurs.

Tout s’est arrêté, comme chaque nuit entre quatre et six heures. La ville retient son souffle avant de recracher dans les rues des dizaines de piétons aux yeux embrumés de sommeil.

Quelques voitures passent sur l’avenue, un peu plus loin, leurs phares balaient le bitume glacé.

La force des gargouilles épuisée, les agitateurs ont patrouillé toute la nuit.

À dix heures l’un d’eux rentre chez lui, se fait une petite bouffe et se couche. Pas du luxe.

En attendant, il faut que les pigeons des gargouilles subissent cette matinée misérable, nauséabonde, ces relents de déclin immobile. Les anguilles noires et luisantes se posent un moment au café de la rue Verneuil, mais leur maigre activité les déprime considérablement.

Lorsqu’ils entrent dans le restaurant d’en face, la tension est au max : c’est la force des gargouilles qui revient, leurs colères qui ne se dominent pas, une colère brute et barbare de taureau dans l’arêne.

Un authentique culte barbare.

Des listes énigmatiques d’orfèvres !

Dans le voisinage, l’existence d’animaux polaires cascadant les convois nocturnes pour s’aventurer par effet de mimétisme avec les vagabonds et un cocktail détonnant pour des noces d’orfèvres !

Une humeur massacrante qui tangue et de petites manœuvres secrètes qui ont pour but de tromper l’ennemi ; une peau tannée par le soleil et le Zen. De la morve et un moulin à parole pour napper la table d’opération de parures pornographiques !

Un cours préparatoire qui a de la peine à se référer au système adverse ; un pédoncule qui surchauffe et un stage pédagogique.

Des prétextes précieusement électrostatiques et une émulation qui fait froid dans le dos !

Les pleurs d’une sibilante et de la tôle froissée ; un animal venimeux et un visage zébré d’éclairs. Sous le joug des forains, les Illuminations d’Arthur Rimbaud.

Une correction pour encaisser les coups sans réagir et de curieuses cigarettes de couleur havane qui phagocyte l’esprit ! Un énervement parmi l’équipage et des fêtards qui ont la gale.

Une pomme granny-smith qu’on intellectualise dans son journal et des merles moqueurs pour parfaire un chef-d’œuvre ; un manifeste, du pétrole et des précipitations.

Le maniement du sabre qui précipite le jeune page dans les ténèbres patriotes. Pour se cramponner à l’hameçon, le poisson-chat qui trouve le montage d’un court-métrage un peu trop long ; un pays qui plafonne son PIB et une préparation psychiatrique !

Pour réconforter les crevettes, une partition qui pétrifie les applications sur l’iPhone et d’impeccables longueurs de piscine pour juxtaposer le bouddha et le cerveau comme une écriture cunéiforme !

Un sapin réfléchissant les miroirs de bordel pour Noël et une psyché saturée ; pour vendre de la pacotille, un diamant qui brille comme un happy end dans un film !

Des SMS qui amalgament leur gammes d’orfèvres et des mots secrets pour brouiller leur liste de personnages et pour abaisser la cuvette après l’opération grossière ; l’odeur

âcre du bûcher et des fictions mal ficelées qui donnent la nausée. À la lueur des cimes, restant sur le qui-vive, des cendres et leur mouvance cubaine sur les paupières brûlées au bourdon par tant de verres alcoolisés dans lesquels les orfèvres se sont noyés ; s’écoulant dans le caniveau, le sang d’une fille gothique et ses révélations de grand-mère aux cheveux blanchâtres, le pillage des mercenaires qui traînent leur victime dans les carcans de bois dépourvu d’âme, avec des gestes lents, comme indolents, et occultes comme la contagion d’une kyrielle d’étages silencieux.

La face B de Pat Benatar

Transitant par un système de fils à la fois électriques et organiques, en pièce de charpente après le sac des rivières feuillues, en ruisselant alphabétiquement, l’aube dessinait des cygnes en s’amourachant de l’intérieur de ses oreilles ; aux hasards de ses yeux, je les avais définitivement perdu de vue ces serpentins de strings élastiques qui grimpaient sur l’échelle sans l’aide de leurs mains.

Retirant l’échelle en brouillant leurs représentations, jusqu’à délier le Sanskrit de leur récepteur, je détachais aussi leurs ceintures de sécurité pour ceindre les parfums du vide qui se battaient dans les profondeurs et qui finissaient toujours par monter au ciel comme des serpents cosmiques ; ces parfums du vide, en remplaçant la face B de Pat Benatar par ces serpentins de strings élastiques, s’agglutinaient le long de ma perche.

D’une tortuosité comique et éthérée, cette perche, oscillant lentement leurs ombres, en tombant sur le béton des stations de ski alpin, s’ébrouait parfois, comme un vieux cheval de kermesse, dans un décor vénitien en cette fin de saison. La perche était l’idole des masses qui dénudait les fils électriques insomniaques, le mouvement des lacets sur la route empiétant sur la métrique en diamants bleus comme sur le territoire de l’ennui mortel.

M’abandonnant ici, en pleurs, le fond du puits de pétrole qui fainéantait au lever du soleil et la page quatre du carnet réapprovisionnée en gouttelettes galbées. Se levant vers le ciel, leur blancheur réfléchissait les audacieux parfums du vide brûlant comme en enfer.

Après le dégel du feu satanique, revenaient les douces et les brillantes, les excitantes et les réconfortantes femmes du bordel.

Un dessin tragique de ponts suspendus se solidarisait avec leur calme et leur prunelle.

Leur sérénité troublée par les portraits à la Dorian Gray et leur base de données.

Quelque chose, dans leur bouteille, était versée : peut-être la nouveauté chimique de leurs groupes de jazz.

Des trous de gruyère rebouchés avec les feuilles des arbres qui s’observaient depuis les stations alpines. Le feu noir qui s’épanouissait au-dessus, jumelé avec une grossesse anglo-saxonne, en changeant la donne de l’ancien monde.

Dans leur doux nid juteux, se dégonflant au rythme des beuglements des bovins, la dépression comme la rage pour humilier leur victime.

Les clés USB de leurs contacts s’éteignaient automatiquement quand, séance tenante, les armées des mercenaires battaient en retraite.

Des systèmes graphiques japonais aimés pour leur genre de performance à démagnétiser cette face B de Pat Benatar. Sur le mur vidéo géant, le tableau de leurs matrices qui baignait dans le noir sidéral, architecturait irrémédiablement des listes de personnages haut en couleur !

Les élucubrations de la Fosse Noire

Faut-il toujours choisir entre mourir et mentir ? Pourquoi tous ces reproches lorsque nous nous arrachons un grand pan d’extase ?

Après d’innombrables extases à travers le monde, on court expressément rejoindre l’étreinte : de la merde mangée à bouche pleine, avec du sperme et du sang tout en poussant des gémissements de porc.

La jupe relevée de la fille du Père Noël écarte les lèvres d’une main et enfonce l’autre et d’un coup ressort avec le corps de l’enfant.

Des geysers de sang sucré giclent… Partout du jus de papillote jaillit, partout des pelures de mandarines s’étalent par terre, avant de boire au robinet.

Un corps endormi brûle dans une maison squattée.

Joyeux Noël ! Bonne année !

Un couteau entre les côtes, la folie de s’entasser patiemment dans un taudis.

Remâchant, ruminant, vomissant les images de l’Essaim en d’affreuses évocations, le squelette se déterre tout en se détachant des étreintes de la fille du père Noël.

La cloche qui sonne, saccagée de l’intérieur, prévoit un suicide à trois : trois geôliers qui contemplent un décor de western en attendant la mort ; ils ont lu dans les manuels pour handicapés qu’on peut rester suspendu à une corde la tête en bas une journée entière sans mourir… mais que se passerait-il si on dépassait cette journée ? Ça vaut le coup de voir.

La fosse noire : un trou suicidaire où le papa noël dépouillé de ses télégrammes éplorés et de toute cette pourriture commerciale qui brise enfin sa bulle de verre et offre un chocolat Mon Chéri à sa bien aimée qui ne daignait même pas le regarder avant…

Avec uniquement une corde autour du cou, le signal des enfants aux veines pleines de vin est faible et diminue ; un acheteur se présente, aussitôt on les pend, l’acheteur applaudit, crie bravo, paye par nombre de têtes puis s’en va, heureux pour toute la journée.

Ressuscités sur les trottoirs à quelques lieu de là, ces enfants repartent jouer dans la neige, le cœur tellement friable qu’on pourrait le chiffonner rien qu’en touchant leurs peaux.

Des petites filles aux flancs gluants se tordent le cou vers la table merveilleuse tout en chantant à tue-tête. Elles attendent le retour de Bonaparte et du botaniste qui, de mauvais gré, accepte de s’éloigner de ses cornues.

Elles s’appliquent à traverser l’obscurité de mes veines avec l’atroce réalité travestie jusqu’aux racines du non-être.

Le soir tombant dilate les yeux du chat occulte dans l’esprit imaginaire de la victime. Dans la clarté pâle et sanglante de la torche, la victime le reconnaît, ce chat satanique, cette fois viable et pour tout dire biblique.

Après mon bol de corn-flakes

En entraînant avec moi mon jargon littéraire dans les cavernes humides, en m’encordant avec les fines rayures blanches de leur capharnaüm, le règlement de la bibliothèque m’avait frappé de bannissement ; et tout le long de l’encaissement de la vallée je fus aggloméré à ce capharnaüm.

Ce capharnaüm qui, en bâtissant des nids de malandrins à chaque discussion téléphonique, dévalua le prix du combiné de mon téléphone et énuméra ensuite ses détails en prenant le versant le plus méridional de cette vallée.

Des détails s’attachant à se repaître des édifices vivants de la montagne d’en face !
Elle n’en finissait pas de s’élever cette montagne aux tentures téléphoniques qui tombaient de leur plafond mathématique !

C’était la fin de notre aventure, la fin de tout mouvement, comme un ensemble de lois compliqués à l’extrême. Notre aventure entre mercenaires apaisés qui, en s’aventurant du côté de l’immobilité lumineuse, revenaient de la guerre ; un mouvement assumé ou un retour dans le passé : l’immobilité étant entravée, puis amputée, alors qu’elle descend la brume moite venue de la baie, alors qu’il brille dans le ciel noir, le soleil vert.

Réfléchissant la marée haute et ce scénario qui concentre l’exhalaison de son acide carbonique à l’intérieur d’un amas éparpillé de Mikado, les caractéristiques de notre existence sur la moquette arrachée, à la fois solaire et sucrée, jusqu’alors éclairée au pétrole, comme quelque chose d’exotique !

Solutions alternatives : souvenirs de la fosse noire

Pour ne plus maudire ma famille, il faudrait que j’avale ces médicaments magiques avec beaucoup d’alcool ; mais je n’ai plus trop le choix pour l’instant ; je sais que mon cheminement est logique puisqu’il mène à la mort ou à la lumière.

Je ne suis qu’un pion sur l’échiquier porno-viscérale, je dois quitter ma bien-aimée si je veux devenir un cheval fougueux sillonnant la France à la recherche d’une nuit vagabonde, alternative ou mystérieuse.

Il faudrait aussi se tailler les veines pour noyer les préoccupations de ces derniers temps et puis ce sentiment de solitude, d’abandon qui me tient à sa merci ne me quitte plus.

Les principes et idées de ma famille me paraissent ennuyants, stériles et vides de sens ; alors je me dis que je vais me tailler une fois que j’aurais touché l’héritage, que l’argent est mon seul salut, mais je ne veux pas finir comme un chien dans la rue, irradié par ce soleil noir de la mélancolie.

Le futur ne sera pas consacré au travail, exploité par des salauds, esclaves de leurs systèmes bordéliques qui célèbrent le règne des tyrans. Alors la fuite : la sagesse ancienne, le remède à l’antique, un rôle pour moi comme un grand seigneur qui recherche les grèves et les marché de Tamagotchi.

Aux peuples qui sondent le chant de la naissance du nouveau prophète, il y aura le crucifix à l’envers pour Satan qui a une mine de chien battu en ce moment.

Lacérés, trois enfants ont été tués lors d’une attaque survenue dans une crèche de l’est de la Chine. Les superstitions des parents en peine éludent ce type d’agression sanglante. Le café tiède du matin en fécondant les terriennes innocentes, si facile à séduire, a le goût du squale à la salive saumâtre.

Mais ne maudissons pas la vie ni les paroles d’un type qui se retrouve seul dans la fosse noire. Par delà les montagnes et les vallées encaissées, l’écriture de mon nouvel exil viendra vadrouiller du côté du vertige intense quand on se penche sur l’abysse de la fosse noire.

L’immensité sibérienne où je me trouve court sur ces domaines pour oublier la vengeance qui bouillonne en moi et pour désapprouver la pauvre et folle ombre du bûcher qui s’attarde du côté de la meurtrière fosse noire.

Le souvenir de l’ombre du bûcher regagne alors l’esprit du poète qui afflige la racoleuse de démon tout en confondant ses ruines avec l’architecture spirituelle d’un ordinateur sophistiqué d’un pervers inassouvi.

Au saut du lit, je lis le désir dans ses yeux

et je la regarde suspendre des queues de crocodiles qui sont les complices de ses crimes.

Souvenirs de la fosse noire. Troisième chapitre

Tout d’abord, en parlementant avec elle dans le noir absolu de la fosse noire, sans discernement, la décantation d’une énième poche de kangourou. En ruisselant alphabétiquement au fond de la fosse noire dans un grand crevettier, des diligences peaufinaient leurs migratoires mouvements.

Certes les jours s’en allaient dans le matin froid, mais les poèmes que lisais fervemment me versaient des souvenirs gais, me laissaient un parfum d’enfance égrainée le long de la route. Un peu plus tard, la ville ressemblait à une grande baignoire chauffée par le soleil, je pensais à cette jeune fille qui devait être à cette heure dans son taudis, fascinée par mes écrits, elle me demandait pourquoi je ne voulais pas devenir écrivain.

En général, je ne répondais rien et pour tout vous dire sur le sujet, je regardais hilare mes textes comme si il s’agissait de vaisseaux fantômes ne transportant rien d’autre que des mots bigrement futiles et impermanents.

La veille, j’écrivais malgré tout un poème qui avait le parfum de l’été, un autre qui ronflait du froid, fourneau glacé oblitérant les douleurs du mendiant ou encore un autre qui parlait de ses paysans dépossédés de leurs terres.

J’avais l’impression que depuis mille ans, je lisais, je marchais, je dormais, parfois je dormais même éveillé et plantais, à l’insu de tous, des névroses virtuelles.

Le long du boulevard que je traversais, s’étirait infiniment et je contemplais les vitrines des magasins, les casinos  où l’on devait perdre beaucoup d’argent, les cafés branchés et les salles de billard flambant neuves mais comme je n’avais pas de sous je n’entrais pas et maudissais parfois cette vie de misère.

Mais la pauvreté avait aussi ses avantages, ainsi je traçais ma route comme on fait la conquête de l’espace avec une vitesse de croisière qui me convenait et tout l’attirail sidéral : carnets et stylo.

Il y avait des jours où l’ennui me prenait et plantait ses clous de lumière sur mes jeunes années.
Je me retrouvais alors dans un lupanar le front fiévreux avec une gueule de bois et une cravate de pendus autour du cou.
La fosse noire ne s’appelait pas Jacob mais et quand mes yeux s’arrêtaient de voir, l’officier de la fosse noire en casaque rouge jetait une poignée de cailloux en l’air.
Il disait aux soldats mercenaires que la mort avait un but éducatif.
Et d’un mouvement leste, il gonflait sa poitrine, s’allumait une cigarette.
Avec l’enthousiasme glacial de ses jeunes années, un soldat osa l’interrompre dans sa rêverie. Ils étaient tous épuisées par des sensations de déjà-vu en cette fin de saison vénitienne.

Souvenirs de la fosse noire. Chapitre deux !

Tout d’abord, en parlementant avec elle dans le noir absolu de la fosse noire, en ruisselant alphabétiquement au fond de la fosse noire, en entraînant avec moi mon jargon littéraire dans les cavernes humides, en m’encordant avec les fines rayures blanches de leur capharnaüm, le règlement de la bibliothèque m’avait frappé de bannissement ; et tout le long de l’encaissement de la vallée je fus aggloméré à ce capharnaüm.

Ce capharnaüm qui, en bâtissant des nids de malandrins à chaque discussion téléphonique, dévalua le prix du combiné de mon téléphone et énuméra ensuite ses détails en prenant le versant le plus méridional de cette vallée.

Des détails s’attachant à se repaître des édifices vivants de la montagne d’en face !

Elle n’en finissait pas de s’élever cette montagne aux tentures téléphoniques qui tombaient de leur plafond mathématique !

C’était la fin de notre aventure, la fin de son mouvement comme un ensemble de lois compliqués à l’extrême en s’aventurant du côté de l’immobilité lumineuse ; un mouvement assumé ou un retour dans le passé : l’immobilité étant entravée, puis amputée alors qu’elle descendait la brume moite venue de la baie.

Réfléchissant la marée haute et ce scénario qui concentrait l’exhalaison de son acide carbonique à l’intérieur d’un amas éparpillé de Mikado : les caractéristiques de notre existence sur la moquette arrachée, à la fois solaire et sucrée, jusqu’alors éclairée au pétrole, comme quelque chose d’exotique !

Malgré tout, l’amas éparpillé de Mikado descendait une rivière de diamants, avec une force glaciale, son ivresse livresque, consécutive comme des atomes de watt canoniques. Atomes qu’on fit frire en les irradiant d’excitations sexuelles, d’isométriques distorsions.

Pour s’égarer dans des considérations poétiques quelque part où il pleuvait sur leurs cahiers roulés, ces distorsions modelaient l’argile des fausses monnaies napoléoniennes, sans jamais changer les serpentins de leurs strings élastiques.

Parfois les atomes énigmatiques grimpaient sur l’échelle, sans l’aide de leurs puissances photovoltaïques, pour rejoindre Cécilia et s’installer dans son souterrain décoré de phrases artistiquement dessinées à la craie.

En retirant l’échelle, en brouillant leurs représentations jusqu’à délier le Sanskrit de leur récepteur, je détachais aussi leurs ceintures de sécurité pour ceindre les parfums du vide qui se battaient dans les profondeurs et qui finissaient toujours par monter au ciel comme des serpents cosmiques ; ces parfums du vide, en remplaçant la face B de Pat Benatar par ces serpentins de strings élastiques, s’agglutinaient le long de ma perche.

D’une tortuosité comique et éthérée, cette perche, oscillant lentement leurs ombres, en tombant sur le béton des stations de ski alpin, s’ébrouait parfois, comme un vieux cheval de kermesse, dans un décor vénitien en cette fin de saison !

La Vengeance de Katia !

Gravitant autour d’une énigme irrésolue, ce cinéma porno au coin d’une grande avenue, venait d’ouvrir ses portes. (En inauguration, un film mystérieusement sans titre était projeté.)
Dès qu’il avait appris la nouvelle, Jumbo s’était jeté dans le premier bus pour prendre une place (environ l’équivalent de 90 à 95 centimes d’euros) sans se douter que ce film allait ranimer le souvenir de la planète OS X où il avait abandonné Katia à son triste sort.

Assis aux premières places, à peine les publicités passées, Jumbo vit quelque chose fendre l’écran : ce fut, trois fois, un intertitre, décoré de notes de musique éparpillées et peintes à la main :

La Vengeance de Katia !

La Vengeance de Katia !

La Vengeance de Katia !

Suivi par un lent balayage panoramique, puis la caméra s’immobilisa un instant pour examiner une tâche humide sur le canapé jaune, la scène campagnarde idyllique et ensoleillée visible depuis une fenêtre, un tas de photos de vacances sur la table à abattants, la petite culotte très légère abandonnée dessous.

Une bouteille de champagne ouverte et deux flûtes à moitié pleines étaient posées sur la crédence peinte, comme pour un portrait de famille. De l’autre côté du couloir, dans la chambre d’Angela, sous un plafond à miroirs, un grand lit circulaire avec un chevet en forme de coeur et des draps en satin cramoisi et or, délicatement froissés et tachés.

Il y avait également des murs, et pourtant la caméra, alors même qu’elle explorait l’ensemble tendrement, comme en le caressant, parvint à ne pas se filmer. Derrière le lit se trouvait une porte entrouverte, la caméra se glissa par l’ouverture et pénétra dans une salle de bains au carrelage et aux miroirs étincelants.

Et ici, ici seulement, on pût voir la caméra et le caméraman, se refléter dans cette profusion de miroirs. La caméra s’arrêta un moment sur un espacement vide d’un meuble de la salle de bain. Et une indication sonore retentit :

« La boite de Tampax a disparu, Jumbo l’aurait-il volé à la Gardienne du Temple ? »

Une kyrielle de flash-back apparut alors : c’était un défilement rapide d’images où l’on voyait Jumbo prendre la boite et la mettre discrètement dans son sac.

Et puis, tout de suite après, un violon tantôt mélodieux tantôt strident au fur et à mesure que la caméra avançait jusqu’à la baignoire. Le caméraman plein d’entrain, lança : « O déesse Katia, es-tu là ? »

Et, sur l’écran, les spectateurs purent admirer une jolie nymphette, comme échappée d’un conte de fée, sortir de la baignoire verte en forme de yoni environnée de savons, de shampoings, d’éponges et de jouets érotiques de bain. Une fois debout, elle eut une petite exclamation de stupeur, éclata de rire, leva les bras comme pour répondre à une ovation imaginaire. Son visage avait perdu toute trace de timidité, libre, ouvert, comme son récent partenaire, caméraman et acteur du film ne l’avait jamais vu, à toutes les promesses qu’offrait sa beauté.

HPG avait délaissé sa caméra, tandis qu’un autre caméraman, en reprenant le relais, s’activait à filmer maintenant la fellation hors norme et pourtant classique que Katia avait perfectionné avec le temps.

Et Jumbo, qui était littéralement scotché sur son siège, à des années lumières de cette planète où il avait laissé Katia, bavait sur sa chemise.

Mais sa vengeance avait-elle atteint son point de paroxysme ?

Il en doutait, et déjà en tremblant de tous ses nerfs, il sortit prestement de la salle de cinéma… Il pressentait, une expression grave de déterré sur son visage, que Katia, la déesse courroucée de la planète OS X, lui réservait encore bien d’autres surprises.

La Présence

D’abord, un chuchotement perçu comme un mystère, au coeur de la forêt magnétique, alors qu’une femme s’endort sur un toit, c’est la nuit qui creuse ses nerfs dans la pénombre ; un oeil clos, l’autre ouvert, le grammatical téléphone à côté et l’idée primaire de la jouissance et de l’extase.

Son idéal ? Un capharnaüm glacial pour cultiver de pommes de terre à même l’écume, les attributs du sujet se touchant presque, reproduisant l’air qui remue un moutonnement oriental, au-dessus du Tibet. En se reflétant, le moutonnement noircit ses larmes et son corps enduit de lissage.

A moins de trente kilomètres de là, sur le chemin paisible de la solitude quand les altérations noire de la pluie emplissent l’inouïe horizon, en défiant la voie lactée, elle s’octroie du temps libre.
Au commencement est née alors la dormeuse, la cheminée et le monde de la force comme le jaillissement d’un rêve qui s’achève en copeaux en embrouillant tous les programmes informatiques. Son rêve ? Du zinc oxydé, une palette de négations sous la huée imaginaire des hackers, un paysage de tôle ajouté par cut-up !

Le cut-up : un amalgame de distances contrariées, communicatives et presque cauchemardesques, brûlant à la lueur d’un DeepKiss de série B !
Mais les lumières, comme déjà ossifiées par tant de rêveries, commencent à dériver sans rendre ces bribes de zigzags pourtant recherchées ardemment ; des bribes de zigzags qui plongent leur célèbre contre-jour dans le monde des mathématiques.

La musique qu’elle fredonne pendant son rêve ? Une mélodie suçotée comme un bleuet, une partition taillée dans l’extase synchrone, à la place du géranium conventionnel.

Et le contenu de son futur bol de café lorsqu’elle se réveillera ? Des sensations saccadées, l’expression euphorique d’un désastre futur et ses formalités spirituelles, le balancement des girouettes et leur recueillement.

Souvenirs de la fosse noire !

Tout d’abord, en parlementant avec elle dans le noir absolu de la fosse noire, le sac d’une énième poche de kangourou comme une légende à percer. En ruisselant alphabétiquement au fond de la fosse noire, des diligences fossilisées peaufinaient leurs migratoires mouvements.

Pour s’égarer dans des considérations poétiques quelque part où il pleuvait sur leurs cahiers roulés, ils modelaient l’argile des fausses monnaies napoléoniennes, sans jamais changer les serpentins de leurs strings élastiques.

Parfois ils grimpaient sur l’échelle sans l’aide de leurs mains pour rejoindre Cécilia et s’installer dans son souterrain décoré de phrases artistiquement dessinées à la craie.

En retirant l’échelle, en brouillant leurs représentations jusqu’à délier le Sanskrit de leur récepteur, je détachais aussi leurs ceintures de sécurité pour ceindre les parfums du vide qui se battaient dans les profondeurs et qui finissaient toujours par monter au ciel comme des serpents cosmiques ; ces parfums du vide, en remplaçant la face B de Pat Benatar par ces serpentins de strings élastiques, s’agglutinaient le long de ma perche.

D’une tortuosité comique et éthérée, cette perche, oscillant lentement leurs ombres, en tombant sur le béton des stations de ski alpin, s’ébrouait parfois, comme un vieux cheval de kermesse, dans un décor vénitien en cette fin de saison !

La bible païenne de Kurt Cobain

Dans l’obscurité, doucement, comme un zèbre quittant les quais du métro et récupérant la couleur noire semblable aux mouvements rapides, générés par le silex, d’un monde d’un noir embaumeur, c’était d’abord une playlist Cobain qui suintait ce matin sombrement dans les sillons labourés !

Parce qu’un murmure se transformant en son, en l’écho d’un son d’une Bible païenne et qu’elle m’inspire des visions comme cette jeune paysanne qui m’a fait entrevoir l’éclair de sa nudité dolente ; parce qu’une douce complainte naissante, dans la ville spectrale, s’empare de son corps allongée, cette beauté incarnée comme l’écho d’un vent oriental, attardé, ambivalent ou alternatif, tandis qu’un plain-chant s’élève, je le sais, à travers les chambres venteuses de la nuit, se cachant dans les pissotières de l’autoroute A7.

Étant donné le prodigieux dénouement et l’effondrement de ce monde qui suivit : à la page d’accueil de l’Apple Music, en voulant lui faire part de mon intention de briser la glace entre nous, j’écrivais des algorithmes nuancés de sibilantes sur mon carnet d’écrivain ; les sessions d’enregistrement d’In Utero bringuebalaient sur fond d’œillet terne une débandade massacrante, j’étais intervenu dans cette bagarre entre les zones communes et les deux singles extraits de l’album, pleurant la cité solitaire ; et ainsi furent scannés, falsifiés et remplacés les ténèbres cinématographiques de mon ami Donald Duck par une faible lumière, avant qu’il s’embourbe… et cette jeune paysanne, éclairée par une chandelle, une chandelle maculée par l’iode des apaches, coulant dans le vent froid, une chandelle oubliée, cachée puis retrouvée, affamée, cette jeune paysanne s’égarait dans la nuit avec sa douteuse lueur.

Alors la colère. La colère de leur musique de charbons enterrée comme une force biologique, un peu pathologique qui luttait dans la risée, en dépit de la lumière, jouant des fricatives comme un vent affligé et persistant. La colère et cette terrible douleur qui flottait dans le café de ce matin, avec le sirop d’érable, occupé à livrer son monde, avec cette puanteur cruelle dans la nuit bruissante. Ensuite la bêtise. La bêtise comme cut-up acidifiant ouvrant d’horribles cratères, se réjouissant du bonheur de cette bohème cherchant une forme dans la pâle étendue, glissant au fond de ses anneaux rouges jusqu’à recueillir la suggestion d’une forme, un baume pour l’œil avide, et enfin, en s’amoncelant d’oursins désagrégés, au bout de leur maléfique finesse d’esprit : des galipettes de grandes seigneuries sillonnant les routes pour s’enfuir dans une coulée de lave et de braise délivrée !

Enfin, soulevant l’immensité des réduits à défoncer, dans ma playlist, la languissante et burlesque piste Sappy qui s’ajustait à la voie ferrée dégoulinant l’épiphanique diesel fragrant d’un moteur mourant, à l’arrêt, de toutes ses mémoires !

Le texte de la Saint Con !

Tout d’abord un texte sur la Saint Con en dix pages alors que le froid mord les lattes en envoyant de gros bouillons de lacunes. À la première page, un film d’horreur très kitsch qui emprunte sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste.

À la page deux, pour désigner un référent, apparait l’expression kabyle, incandescente, livide à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, d’une évasion : après les jours de crêpe, la joie tombant en cataractes et reliant entre eux les penseurs par un label collectif.

À la page trois, en se référant au système adverse, une kyrielle d’injures alchimiques. Et, dans le labyrinthe de la page quatre, le kif qui se fume mélangé à du tabac et qui fait apparaitre les premières hésitations : une alternance de forme et de style qui sera relégué cependant au sein du navigateur chaque fois qu’il hésite.

À la page cinq, à plusieurs reprises, leurs juvéniles arborescences philosophiques qui détachent les feuillets du livre de Job et qui engendrent, à partir de ce système désuet, la fabrication du jean en procédant toujours par ordres d’idées.

À la page six, une eau de javel fossilisée qui ondoie comme le karma des chamanes de Sibérie ; et leur tradition orale qui flotte, comme le vaisseau de commerce baptisé le Nostromo, en procurant des profits juteux dans les contrées grouillantes de gnomes.

À la page sept : une grande variété d’humanoïdes extraterrestres qui délivrent leurs joules ; leurs joules qui ballonnent leur exosquelette et qui survivent aux outrages du temps. À la page huit, étrangement, les os de leur thorax qui ont éclatés et qui confondent leur jugement. Leur parenté avec notre espèce s’arrête là.

À la page neuf, la fulgurance de la pensée logique et judiciaire qui ébauche sa progression filmée par la caméra ; cette fulgurance qui se hisse hors de son huis-clos d’origine pour revenir à l’assaut et, bien malgré elle, elle s’incarne dans les jantes des roues motrices qui sont clouées latéralement.

À la page dix, l’étape du perfectionnement : l’apprentissage du sabre des samouraïs et du lasso d’un cow-boy et enfin la flambée tant attendue pour imaginer la fin de ce testament aussitôt téléchargé sur tous les serveurs de l’Empire fraîchement établis. À la page dix toujours, sur le chevalet féerique, de la poudre et du rouge aux lèvres et de la gomme aux cils pendant cette nuit orageuse.

À la page dix, la fin de la Saint Con : petite ridule ou embruns aux paupières alors que le style guimauve flambe d’un feu sacré !

En s’étouffant déjà, la page dix est une époque où le feu du charbon brûle dans une locomotive imaginaire. En wagons, immobiles, des duels à l’épée pour sabrer les opposants de la Saint Con et l’amour vache.

À la page dix : un diadème déposé sur le crâne du connard qui va brûler calciné cette année. Toujours à la page dix un chapelet de conneries pour les autres textes : des macchabées flambés qui innovent sur leur artillerie de mots incendiaires.

À la page dix, encore, la tumultueuse croisière s’arrête ici et ici -oui ici- je ne pourrais plus jamais faire rimer néocapitalisme avec communisme.

Dans l’ombre, les autres textes de la Saint Con qui n’ont pas respecté ce canevas lèchent les flammes d’une bougie au crépuscule.

À la page dix, les défunts destructeurs pour objecter les théories sur le rouge et le noir des tortures : des morts noyés dans la tasse de thé des géants.

Pour l’extinction de la flambée, la pluie enfin et des cabales ahurissantes tuées par la folie des grandeurs. En listant les avantages féroces et les inconvénients périphrastiques des autres textes de la Saint Con, en revenant sans cesse au moment présent comme on nous dit de le faire, la démence d’un pur-sang, dans les dernières lignes, qui hennit impudemment.

Et enfin, pour la dernière page idéale d’un texte sur la Saint Con, imprudemment le masque dont tu nous as gratifié ô ardeur !

Les patrons de la Saint Con déferlent déjà sur leurs drakkars.

Pour conclure, des échappées belles nous attendent pour cette Saint Con 2018, à condition de respecter les règles canoniques éditées dans ce manuel.

Le carnet de février 1922

Dans la poche d’un kangourou, étaient cachées de sales bestioles qui continuaient à transférer des informations contradictoires, qui se vantaient de parler avec leur cœur.

Depuis les moindres recoins épiphaniques de son cocon, l’animal s’était habitué à transmettre et amplifier des séquences d’images sur mon ordinateur, obtenant le silence, puis des rires !

Encore ce matin, dans ma décapotable verte, garée le long du trottoir, je m’employais à chasser tout ce micmac virtuel qui éclairait les mécanismes perturbateurs de mon cerveau endormi et qui avait fait la une des journaux des kiosques. C’était mon credo.

Pour tenir tête aux nuages de neige, il y avait à l’aube un ciel de jade chancelant qui délivrait la douce fragrance des cours d’éducation sexuelle disparaissant aussitôt telle une vision décrépite ; les réponses de leur réalisme furent peu à peu convaincantes.

Un authentique travail de sape kafkaïen mais ce n’était pas entièrement le fond de leurs pensées aux participants de ces cours occultes.

Pour rejoindre son monde onirique, je m’accordais une courte sieste et déjà je m’enfonçais dans les profondeurs cimmériennes de ce rêve qui démarrait comme un vieux film en accéléré, militant dans le réalisme absolu.

Et une fois de plus, venu surtout pour Elsa, je m’égarais dans l’univers de cette sale bestiole que je soupçonnais d’appartenir au mouvement terroriste. Dès le seuil de ce monde onirique, l’élégance d’ensemble impéraliste de la ville qu’on apercevait de loin, avait été conçu selon quelques modèles subtropicaux ou équatoriaux. Cependant, cette ville s’endormant sur ses lauriers, le labyrinthe des rues à traverser, les vendeurs de Tamagotchi à la sauvette passant pour des orateurs secs, la boue et les ordures urbaines modéraient notre enthousiasme du départ, notre arrivée fracassante parmi les rêveurs déjà sur place.

S’ajoutaient les devantures des magasins fracassées, les miroirs de chambre à coucher brisés et les rames de métro en flammes.

Sans parler de cette sorte d’activité perturbatrice et permanente de théâtre de rue, issue de la guerre du Kippour que j’avais décrit à l’époque sur un carnet de notes informatique portable. Ces notes, on les rapporterait aux absents.

Un foisonnement de détails dans ce carnet se détournant parfois du sujet quand j’évoquais les percées informatiques spectaculaires de la sale bestiole et d’autres données métaphysiques à la Stanley Kubrick : c’était son grand défaut.

Et le rêve finissait toujours violemment : au réveil, un cercle d’inquisiteurs d’humeur massacrante s’assemblait autour de moi ; s’organisaient alors sur l’écran de mon ordinateur des films érotiques, collés bout à bout un peu au hasard et aussi sophistiqués que des peintures aux doigts. De nuit comme en plein jour.

La majorité de ces films qui vérifiaient les appels manqués, en ballottant dans la cheminée, avait fait naître, à la page trois, la description d’une kermesse tandis qu’une flaque d’absinthe infiltrait le plancher en arrachant les lacets de la route.

À la page trois toujours, Cassandre et Elsa, qui lisaient le parchemin sanguin de Jack Kerouac, en le découpant sans supprimer ses messages, en mesuraient la cruauté religieuse.

Dans le carnet de moleskine de Jack Kerouac, à la page quatre, en allumant une grosse flambée d’amanites, ce février 1922 avait fait moisir ce jeu éducatif, en lapant la jarretière de cette femme nue ; ce mois qui ressemblait à la peine.

Dans le carnet, encore à la page trois et toujours à la date de ce février 1922, le froid, qui mordait les lattes, en envoyant de gros bouillons de lacunes, était plus doux que les premiers frimas de cette année actuelle. Et dans le carnet de cette époque, à la première page, un film d’horreur très kitsch, qui empruntait sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste, présentait cependant bien, donnait de ses idées une idée digne.

Et dans le carnet à la page huit, pour désigner un référent, apparaissait l’expression kabyle, incandescente, livide à l’heure la plus froide de la nuit et jusqu’à s’interrompre lors des jeux de hasard, d’une évasion : après les jours de crêpe, la joie tombant en cataractes et reliant entre eux les penseurs par un label collectif. L’évadé gravissait le calvaire vécu dans cette côte par l’instituteur Augustin Crozet une nuit de février 1922.

Et, à la page sept, en se référant au système adverse, des vagabonds, avec une kyrielle d’injures alchimiques, allaient de maison en maison. Et, dans le labyrinthe de la page sept, le kif, qui se fumait mélangé à du tabac et qui avait fait apparaitre les premières hésitations, se méfiait des nerfs du fumeur : une alternance de forme et de style qui était relégué cependant au sein du navigateur chaque fois qu’il hésitait à craquer une nouvelle allumette.

Dans le carnet des fumeurs de chanvre, à la page sept, à plusieurs reprises, leurs juvéniles arborescences philosophiques, qui détachaient les feuillets du livre de Job et qui engendraient, à partir de ce système désuet, la fabrication du jean en procédant toujours par ordres d’idées, mettaient du cœur à peindre une eau de javel fossilisée. Une eau de javel ondoyant comme le karma des chamanes de Sibérie ; et sa tradition orale, qui flottait comme le vaisseau de commerce baptisé le Nostromo, procurait des profits juteux dans les contrées grouillantes de gnomes.

Dans le carnet interstellaire, à la page dix : il y avait une grande variété d’humanoïdes extraterrestres qui délivraient leurs joules comme une histoire de paletot commençant à faire long entre gens qui s’aimaient tant ; leurs joules qui ballonnaient leur exosquelette et qui survivaient aux outrages du temps.

Toujours à la page dix du carnet de couleur gris sidéral, étrangement, les os de leur thorax qui avaient éclatés, confondaient leur jugement et leur section territoriale. Leur parenté avec notre espèce s’arrêtait là.

Dans le carnet de la fédération réorganisée, à la page neuf, la fulgurance de leur pensée logique et judiciaire qui ébauchait sa progression filmée par la caméra, ne voulait surtout pas de scène filmée en super-huit ; cette fulgurance qui se hissait hors de son huis-clos d’origine pour revenir à l’assaut et, bien malgré elle, elle s’incarnait dans les jantes des roues motrices qui étaient clouées latéralement. Ce qui était bien plus agréable à regarder que leurs vieux jours à la décharge.

Dans le carnet du groupe d’écriture, enfin à la page dix, l’étape du perfectionnement : l’apprentissage du sabre des samouraïs et des lassos du cow-boy dans les saloons qui abondaient alors à Treignac, imaginait la fin de ce testament, aussitôt téléchargé sur tous les serveurs de l’Empire fraîchement établis.

Le bonbon de la putain !

Des siècles de lucidité divine s’étaient installés parmi les ruines. Les anguilles et les serpents noirs de ses cheveux s’élevaient luxueusement et ajoutaient à ses murmures imaginaires les germes du vrai mal. Leur monde celte déclinait déjà dans les fonds marins : de tristes tropiques pour s’indigner du monde actuel !

Une sensation de brûlure acide mais comique se dessinait dans les flammes de leurs grimaces et la mort paraissait accueillir favorablement cette sensation en se compromettant jusqu’à très tard avec les claquements de doigts hypnotiques de la putain. C’était comme un tantra pour se délivrer des textes de la Zone.

Dans l’abîme contemplatif qui allait imploser, je fis apparaître le cosmonaute, sa noirceur et ses noeuds coulants qui innovaient tellement sur les autres.

Tout en jouant, donnant vie aux idées suicidaires qui alimentaient nos cerveaux, à l’état larvaire, chaque plan orchestré dans nos rêves suscitait dans le monde réel des réactions violentes, sanguinaires souvent. Les derniers survivants, inconsciemment parfois, se dévouaient à hisser des profondeurs la chaîne d’une ancre qui n’était autre qu’une seule et même pensée répétitive, fascinante.

De toute façon, ils se détestaient mutuellement ; ils détestaient leurs regards furtifs et désespérés quand ils ne pouvaient rien faire d’autre. Entre eux ils ne se disaient jamais de paroles authentiques.

Pour ma part et pour saborder tous efforts d’épanouissement personnel, seul le bonbon de la putain essuyait mes larmes fraîches.

Les noces sentimentales du carnet de moleskine

À la page deux du carnet de moleskine, afin de parvenir au point de non-perception et pour meubler le vide immense, se dessinait dans les flammes d’un feu une sensation de brûlure acide et creuse mais comique.

En se compromettant jusqu’à très tard avec un clair de lune taoïste, en étayant la stratosphère de peinture fraîche, des clowns épicuriens, comme des divinités, propres comme des sous neufs mais sans un brin de jugeote, embrasaient ce clair de lune taoïste.

Et pour tenir la distance, à la page trois du carnet de moleskine, le soleil se couchant entre les lignes, ce clair de lune, aussi taoïste que médiéval, dès qu’il touchait le sol, enchaînait, entre les pages d’une bible pour églises fantastiques, des fins de siècle somptueuses… leur territoire délimité par la nuit.

Pour achever le niveau Z, toujours au sous-sol, pour simplifier définitivement les échanges et la communication, les classiques de nos débuts fredonnés changeaient la latitude de ces percées informatiques sublimées de génération en génération qu’ils étendaient en secouant leur crinière incendiaire.

Pour anticiper la mort des combattants, il y avait aussi, dans le carnet, une fable permutant avec une autre fiction et, sur les épaules des femmes fumantes comme des gouttes d’eau, larmoyantes comme des veillées noires, il y avait un revers corrigeant les secousses d’une caméra d’amateurs et la bonne frappe des invités du bal masqué.

À la page cinq, les pauvres baraques explosaient sous le choc, anticipant d’autres échecs, en loupant de peu l’accident, d’anciennes détresses sans un seul battement de cœur.

Nous étions deux pendus pantelants dans un univers sale qui cherchait toujours de nouvelles connaissances ; dans un lieu désert, notre sincérité, trop prompte pour être froide, réfléchissant les romanesques cathédrales voûtées, laiteuses et sanguines.

Par solidarité on voyait nos brelans d’as trouver leurs failles secouées par les cimes stimulantes ; leurs failles mnémotechniques qui ne pouvaient échapper aux changements de trajectoire des chevaliers mérovingiens.

Pour échouer au fond de la voie lactée, en prenant les mots de passe sur place, je tâtonnais dans le noir pour mettre le feu au baril d’essence ; je conviais le feu à tout reprendre pour entrer dans les grandes familles des fictions bâclées sur le papier.

Je m’en allais chercher la bonne humeur des geôliers qui aimaient se focaliser sur les pratiques obscurantistes des cours d’assises !

Pour aller d’un point A à un point Z, pour moudre la piété d’un pubis, à la page huit, dans le sanctuaire où l’on s’était réuni pour prier, nos pensées répétitives commençaient à affoler la panse des consommateurs et, par leur incontrôlable utopie à réaliser une nouvelle littéraire, elles avançaient l’heure du sommeil par une étroite ouverture vandalisée !

L’intervention du rêve infaillible, sans obstacle, avec, dans le voisinage, des animaux nocturnes pour venir à bout d’une communauté Alien.

Pour désamorcer cette situation, avec une pincette pour tourner la page neuf, il y avait dans ce monde onirique, parmi les slogans scandés par les manifestants dans la rue, une femme agenouillée : une énième tentative perdue mais une situation stratégique pour le mystère de la vie ! Les protestations de la rue disposaient en cellule souche leurs créations folkloriques en enrôlant tous les lecteurs de la page dix !

Enfin, pour connaître l’intrigue de cette histoire malgré la chute du plâtre de notre plafond et un marasme qu’on ne pouvait mettre à bout sans pacifier la zone, le rituel était parfaitement organisé autour des frères Karamazov mais avec tant de déchirement de tambour qu’on finissait par s’évanouir dans le black-out d’une soupe noire à la Gainsbourg !

Le cosmonaute de la forêt de Vallin

Suivi par sa lente et inexorable progression, comme la métrique en diamants bleus qui résiste à la narration des sorcières vaudous, je m’aventurais jusqu’au noyau de la ville. Il n’y avait ici que des profanateurs ou pire des prédateurs qui tourmentaient l’ossification des tiges de fleurs désinvoltes.

Ils ambitionnaient eux aussi de siphonner cette noirceur, je les entendais jacasser entre eux mais jamais je me mêlais à leur cabale.

Il y avait aussi, pendant les grandes périodes de sécheresse, des crocodiles indomptés et enragés qui prendraient un jour ou l’autre la relève de ces anciens, en visitant les catacombes.

Un week-end, en utilisant des barbituriques, alors dans un conduit d’égout engorgé, le spectre du cosmonaute s’était à nouveau incarné. Sans explication rationnelle.

C’était un cosmonaute qui revenait de longues nuits sibériennes irrationnelles.

Il avait longtemps observé la voie céleste qui ruinait les esprits sans raison. À nous deux, on avait communément tracé nos vies de même couleur, de même éclat.

Il était vingt heures quand je m’éveillais ; la noirceur avait libéré pêle-mêle l’abîme stellaire du cosmonaute : en prenant à cette heure mon café, son arôme avait le goût du commencement et de la fin, d’une pendaison à venir. Lorsque j’ouvrais mon calepin, je m’attendrissais sur ces détails séduisants.

Le cosmonaute dont l’origine m’était inconnue et qui se perdait dans ses pensées, terminait chaque week-end en émergeant comme moi d’un sommeil nébuleux.

S’était immobilisé le rêve des noirceurs tentatrices et plus rien n’avait d’importance.

Une bonne ou une mauvaise fortune

Une bonne ou une mauvaise fortune sur un canapé, gris clair, avec cinq ou six coussins à la mode anglaise, le chic cosy des Windsor pour faire jaillir une seule et même idée ; une bonne ou une mauvaise fortune, à la page neuf et jusqu’au moindre recoin volcanique de ce cocon, en son for à moitié opérationnel, pour reconnaitre la fourche du diable ou tout simplement sa paroisse.

En son for intérieur aussi, la silencieuse complexité du mental qui se perd dans les trous noirs de la dépression. Un canapé où j’ai pris l’habitude de rouiller et un abonnement à une sombre paroisse afin de vivoter intellectuellement et extérieurement, et, toujours à la page neuf, le laser du lecteur CD qui se rebelle en sillonnant du côté de John Coltrane.

Le livre des morts sur la table de chevet, afin de le parer de vieux mouchoirs fraîchement mouillés, ou encore s’examiner d’un peu plus près. La parure de ces vieux mouchoirs quand on déplie un accordéon de cartes postales au lieu de vivre sa vie et quand la nuit demeure…

Cette nuit qui ronge le canapé délaissé seulement pour s’intéresser d’un peu plus près à la vodka posée là comme une conne sur le comptoir en ivoire ; là je fume du kif ou des cigarettes de chanvre à la fenêtre et regarde les pauvres gens partir au turbin.

Une bonne ou une mauvaise fortune qui me laisse un arrière-goût de feuilles d’herbe afin de meubler, en attendant mieux, l’obscurité de cet appartement.

Une obscurité qui me permet à peine de distinguer ce mur de marbre blanc sur lequel je m’efforce de recoller pour la énième fois cette page déchirée, censée représenter ma vie en ce moment. Cette page déchirée du livre des morts qui décrit les ensorcèlements et les excursions de jeunes filles innocentes.

Et, sans jamais le déplacer ce sac de frappe qui traîne par terre, se compromettre dans l’inactivité et l’ennui le plus dérisoire. L’ennui comme un leitmotiv un peu macabre qui attire tous les gothiques en mal de vivre.

En écrasant au sol des lustres napoléoniens, partir à l’aventure dans les rues dans l’espoir de trouver des pendus cadavéreux qui, en grelottant autour d’un feu de camp, agitent le spectre de petits insectes dans le cerveau.

Violenter encore sa vie et désirer son équivalent, sa profane tranquilité, tandis que mes yeux, alors, gouttent des larmes d’absinthe…

Enfin, en se risquant du côté d’une originale Joconde qui s’acharne sur les textes en attente sur la zone, revenir ensuite dans sa demeure et s’entortiller de pensées mystiques monochromes !

La spirale des chevaliers teutoniques

L’ampoule était morte en laissant l’obscurité s’installer et les poubelles se décomposer toutes seules ; ta tête avait la migraine.

En sursaut, je me réveillais après bien des loopings oniriques, ligoté avec les autres parasites sur une scène burlesque.

En passant par un éparpillement d’idée qui était suspendu aux lustres napoléoniens, la guerre arrivait, c’était certain, même les rails de coke à snifer nous donnait le bâton pour se faire battre.

Sur le mur de mon bureau, je recollais un poster arraché pour la énième fois, émergeant à demi d’une trop longue nuit, nauséeux et gémissant. Je me compromettais déjà avec la vie qui ramassait quelques câbles ou quelques fibres optiques.

Ils chatouillaient les narines des chevaliers teutoniques ces effluves de guerre sainte, en aspergeant de sperme satanique l’avénement des hommes-rats. Courageusement, l’un de ces chevaliers, dans une spirale artistiquement dessinée à la craie, avait fait éclore le wifi d’un réseau incompris : un réseau de fausses monnaies et de confiseries orientales pour cirer les salves des flèches du diable.

En taillant la route, tout en plantant des asticots dans le jardin faisandé, aux fleurs glauques, douces comme du coton, je troublais la quiétude du lieu.

Un autre chevalier sonnait la retraite de l’artillerie lourde, indienne, apocalyptique en zébrant l’échiquier d’hormones de croissance !

En capturant une marmaille d’enfants modifiés génétiquement, les chevaliers avaient établi le lieu de leur pique-nique selon les règles du jeu d’un acteur : un roman-photo ludique qui se soumettait au loi de la gravité unique !

Il y avait aussi un trop grand soleil qui rendait niais ; pour lui faire faux bon, des plans machiavéliques s’élevaient dans le ciel en enregistrant la grande scission, l’autorité du tonnerre et la foule qui partageait la béatitude du bouddha. Le stade technologique du parapluie, avec la non-violence au programme, battait le pavé pour faire détaler en grappes haletantes les chevaliers teutoniques, pour écumer les paysages splendides et leurs terriers, et se tenir chaud à l’abri de leur cathédrale. Le climat, annonçant un raisonnement qui boitait, prenait pour argent comptant les sottises des chevaliers teutoniques, au même titre que le fou, sur leur l’échiquier. Il y avait aussi le prix énervant de toute présence, le vide qui se ressourçait parmi nous pour monter d’autres projets.

Froid comme le marbre !

En vérifiant les appels manqués de la veille, je m’entortillais encore davantage dans ces entraves. Étrangement ça m’était égal, j’allais disparaître, j’étais presque mort. Les rails du train comme ultime sépulcre ; l’ennui comme un petit oiseau qui virevoltait au dessus du marbre de ma prochaine tombe !

Et froid comme le marbre ; ainsi je caractériserais le rêve de mon client où j’étais plongé volontairement. En avançant en crabe dans ce rêve, je m’identifiais encore davantage à la musique de Beethoven et à sa neuvième symphonie. Pour un périple onirique, j’embarquais en m’endormant de tout mon soûl.

En s’ébrouant comme un cheval qui aurait l’enfer comme pied de biche, mon client avait joliment tracé la voie permettant d’accéder à son cerveau inoccupé jusqu’à présent.

Je marchais sur une route de diamants pétrifiés, en filant à l’anglaise, lorsque je capturais tous ces souvenirs, toutes ces émotions, tous ces sentiments et ressentiments dans la poussière des cités bâties en haut d’un rocher comme Sainte Hélène.

Persévérant, nous étions tous les deux des kamikazes qui festoyaient sur les ruines du passé. Fascinés tous les deux par les miroirs réfléchissants, nous savions que nous étions tout aussi bien irréels que décomposés, tout aussi bien déterminés que las, tout aussi bien pionniers que conservateurs.

Un pétard à la bouche, je lui devais une fière chandelle quand j’entrais comme un intrus dans sa vie. Satan nous observait quand nos monologues n’en finissaient plus, quand nos instruments de musique ne concordaient plus.
Notre universalité, c’était le domaine du rêve et j’étais branché par fils électriques, à la fois télépathiques et télégraphiques, aux lobes de son cerveau.

Une dernière pièce de rechange pour finir ce texte, une confidence : je ne l’ai jamais vraiment apprécié, ni aimé encore moins détesté ; nous étions devenu indifférents à force de mieux nous connaître…

Les voyages presque homériques des chimpanzés

L’unique monocle du chimpanzé qui anesthésie les trous noirs, le portrait à la Dorian Gray, sur le chevalet, qui ranime une âme compatissante, et la fascination pour les flammes qui se relèvent avec leur damné.

Une toile qui noircit un plan d’ensemble, un saisissant cyclone qui rafraîchit les matricides, la beauté qui moissonne des divinités tueuses d’extraterrestres, du crack et des amphétamines qui ossifient les bienfaiteurs.

Un rhinocéros blanc qui gît à mes pieds ; un angle qui rêve de surprendre les sources d’eau chaude, un revolver et une arme blanche pour scalper à l’Iroquois la sève des arbres et la pauvre bête qui ravage les champs de l’altitude rouge et fumeuse. Rêveusement, le chimpanzé qui programme une progression à la Vilnius Poker, des histoires qui s’égarent en tirant leur révérence.

Des filles à la Rubens qui, malheureusement, pouponnent uniquement leurs diadèmes, des rêves sales qui lancent une restauration en étouffant de ridicules rivières de sang et des sornettes déprimantes qui s’infusent avec le thé ; leur sillage étudié selon les pages d’un livre et des fourrures d’hermine qui enveloppent les filles passives.

En ajoutant un caractère triste qui chagrine la geisha, les nacelles de la montgolfière qui devancent des voyages imaginaires, inachevés, presque homériques…

Enfin, sur les toits vanillés de l’observatoire, les fleurs de Sainte Hélène, en robe défraîchie, associées aux présages tropicaux, qui viennent mourir entre nos mains !

Monocle et chimpanzé

L’unique monocle du chimpanzé pour une structuration génétique qui veille à pallier le problème de l’entreprise locale. Avec son portrait à la Dorian Gray qui essaie d’échapper à la violence de la scie, je recouvrais la toile en clouant sur la porte des cabanes au fond du jardin les pages de son livre.

La violence de la scie, jaillissant sous la mousse des forêts, avait fait naître de somptueux poèmes surréalistes. Retournant mollement l’élascticité de ces cerveaux criminels, un moutonnement celtique s’épanouissait sur la moquette.

En traçant une ligne entre leur idée directrice et leur pigmentation, un cliché finalisait une conspiration ; la vitesse des trains, qui découpait les trois nuances du goudron et leur pigmentation, ébranlait le mental des enveloppes télépathiques au-dessus de la bûche ; une véritable langueur botanique qui contenait l’antiquité de leurs plantes !

Expressive, simple et courte comme une relique de vieux chiffon

Expressive, simple et courte comme une écorce de kouglof, comme l’extrémité nord du souterrain, la famille est au complet, les méandres du Sahara Occidental collant aux battements de cœur de Catherine, dans ce bureau qui me sert de P.C et où je me suis isolé ; il y a des barreaux noirs qui laissent passer un éparpillement de lumière aliénée comme un jour de nef basse et une champignonnière de rires décantés comme posters dans le bureau.

En mettant échec et mat, en volant la vedette aux rois des vikings, des années lumières, parcourant les tuyaux de canalisation, baignent dans un bain organique de secours pour guérir ! Pour guérir aussi, nous regardons le fleuve noir atteindre l’éveil, l’écriture frénétique et la pluie qui ne tombe pas ; nous marchons sur des pythons noirs, de petits cris accompagnant la nuit des hérons de cristal et des acacias bizutés au fer repeint, étonnés de nourrir ces reptiles que je prends pour des serpents.

Sur des feuilles de papier, un jour de pluie diluvienne, rêveusement, des histoires drôles et des cocottes intensément odoriférantes, qui arpentent de haut en bas les icebergs et les banquises, agacent le moteur primitif de leurs sourires de cabale dans les bois ; nos liasses de billets atterrissant dans leurs poches, une piscine de pythons noirs déborde, tandis que nous fumons religieusement une Craven A, est aussi expressive, simple et courte qu’une fiction mal ficelée, partant à la recherche de notre P.C.

Un avilissement du corps et de l’esprit : l’idée de déverser des flots de pétales sur la tête des rois vikings pour leur baptême tropicale est aussi expressive, simple et courte qu’une programmation dans notre cerveau.

Aussi expressives, simples et courtes que les divinités de Catherine, dans un moment de dévergondage, des femmes en robe noire investissent alors les drakkars vikings.

Aussi expressive, simple et courte qu’une relique de vieux chiffons, sa nudité manichéenne contient des fantasmagories abandonnées. 

Les pensées des fictions mal ficelées

À l’extrémité nord du souterrain, les méandres du Sahara Occidental et notre P.C ; des barreaux noirs qui laissent passer un éparpillement de lumière aliénée comme un jour de nef basse et une champignonnière de rires décantés comme posters dans le bureau.

Parcourant les tuyaux de canalisation, nous regardons le fleuve noir atteindre l’éveil, l’écriture frénétique et la pluie qui ne tombe pas. Sur des feuilles de papier, un jour de pluie diluvienne, des histoires drôles qui arpentent de haut en bas les icebergs et les banquises ; nos liasses de billets, en fumant religieusement nos Craven A, qui partent à la recherche de notre P.C.

Des remèdes à l’antique, selon un corpus énigmatique et toutes les perceptions d’une créole en larmes qui empiètent sur le bureau ; parmi les chercheurs, des émissions, comme j’irai dormir chez vous, qui démêlent ces larmes d’acryliques en bâtissant des fortifications matricielles sur l’échiquier.

Ces larmes d’étoiles inconnues, d’isolement lascif et d’ensembles provisoires amplifient une logique propre, aussi diffuse que obscure, aussi factice que les feuilles mortes ; des derviches tourneurs hilares, improvisant sur la toile des dessins animés, ont l’effet d’une décharge électrique : une suite infinie, luisante de parasites, d’échos électriques et de primitifs synopsis.

Sur un tronçon d’autoroute, les rails qui sont laissés là, à l’abandon, et la structure haletante, gloutonne, presque ébauchée des mailles poétiques, des humeurs coutumières, devient rouge de chagrin. Un cartoon qui s’émiette comme un frémissant poste de télévision, comme un ténébreux amas de films déroulés, savonne leurs battements de cœur.

Avec des ciseaux, leurs époques de transition découpées sur le grand écran et cette énigme du déclin, ce bois dépourvu d’âme, cette voix qui faiblit et leurs secrets et leurs colères noires sur le pont mélancolique des fauves expirent, couronnés d’anémones.

Des fictions mal ficelées d’écroulements et d’espacements

Nues et fières, elles patrouillent

Avant de virer comme Coltrane.

Des coursives et une nudité manichéenne

Dans ces enveloppes vides, des fantasmagories

S’immisçant dans le jerricane.

La nudité parfumée entre ses cuisses enfantines

Un glissement, un arbre

Et des vies qui ont l’air d’un pansement à peu près propre.

Une lucidité si douloureuse, sous le cône

D’un chimpanzé avec un unique monocle

A fixé au mur un jour de mardi gras.

Les foutaises des rois vikings !

À force de méconnaître les méandres du Sahara Occidental, il y avait des vikings qui poussaient des rugissements dans leur drakkars ensablés, qui roulaient des patins dans les romans d’aventure devenus des traités de médecine par la suite.

Dans leur mazurka les vikings importaient des fleurs de cabales bien rodées pour voyager vigoureusement. Sous leur cheveux beaucoup trop blond, les vikings méditaient dans les bois maudits comme autant de crachats aussi inconnus que sinistres.

Pour passer dans leur pavillon à Neuilly, les vikings devaient connaître la science de la maturation : les larves d’une mouche comme dernière extase avant de regagner leur domicile céleste.

Et leur vilaine matrone qui donnait des médicaments aux flots de pétales versés sur la tête de leur roi.

Il se passait pas grand chose dans sa cours, on pouvait sentir des odeurs de pétrole comme des verbes matinaux qui pondaient des vers en pénétrant de leur sève rouge mon cœur.

Arrêtés par les keufs, les vikings avaient trop bu de la bière ; ces hommes torchés à tout bout de champ, vêtus de rouge comme le petit chaperon rouge. Pour festoyer dans les geôles, ils inventèrent un méchant venin qui arpentait de haut en bas la banquise et les icebergs.

Ils étaient bâtis comme des moineaux quand la visitation de la Vierge vint perfuser leur cerveau, illuminer le large éclat de leur dot médicale. Rêveusement ils prenaient des violons d’ébène pour leur danse, le mois de mai à l’usine, en redingotes qui filaient en lambeaux. Il y avait de la violence dans leurs mots qu’ils sortaient comme la fumée de leur pipe avec le parfum d’Amsterdamer.

Sous les verrous ils étaient pendus à une corde à linge, peu pressés de nourrir les boules de gomme et les petits mystères.

Sous un temps maussade, inimaginable pour les vikings, ils allumaient des mèches prêtes à exploser pour accéder au feu de Wall Street. Ils emportaient toujours avec eux un rouleau médicinal qui baignait dans les voyelles d’Arthur Rimbaud.

Enfin ils écoutaient toutes les voix du vent vocalisant leur mazout à vendre, leur cœur d’occase, leur marmot à éduquer ou leur yin et leur yang au fond de leurs bottes.

L’hélium des ébats fantasmagoriques

Il n’y eut plus dans la pièce que l’hectowatt du flamenco, le bruit de sa respiration et les pulsations de la basse. Avec une assurance diabolique, chaque fois qu’il la sentait sur le point de venir, il calmait le jeu ; un personnage du jeu se cognait, s’immisçait sous les ongles de notre ami Orphée avec rien à gagner, rien à perdre.

La laissant reprendre son souffle, l’hélium de ses ébats les plus échevelées n’avait jamais perdu le contrôle d’elle-même, s’empêtrait sur les toits de notre observatoire sans parvenir à sortir de la glaise, puis elle repartait avec de la boue qui s’accrochait à ses chaussures ; sans parvenir à sortir des épineux dilemmes aussi, ils jouirent ensemble avec des feulements rauques, en tombant dans le gouffre.

C’était à elle de jouer maintenant, et, l’hélium se rendant enfin, elle cessait et, immobile, attendait qu’il reprenne son souffle.

Remuant à peine au début, jusqu’à ce que les muscles de ses cuisses tremblent de fatigue, le graal : il faut dire que leurs fortifications sur l’échiquier cachaient un tunnel où les désinvoltes fleurs de Sainte Hélène transmettaient des codes secrets via un générateur de mots de passe taillé pour saper toutes fondations.

Il faisait froid par terre et le soleil de l’après-midi inondait la pièce.

Shining Project. Seconde partie

Seconde partie.
En bas, le quai du métro dans la pénombre est aussi vide que les rues au-dessus. Tout le monde est rentré à la maison. Tout le monde sauf lui.

Ses mains sont tachées d’encre : pendant trois mois consécutifs, il a écrit toutes les nuits. Cette nuit se déroule comme toutes les autres, à la différence que sa tête est secouée de visions, de fragments de phrases hargneuses, de mauvaises pensées… Le tout oscillant du côté d’une autre proie à trouver. Personne n’a découvert pour l’instant son meurtre à l’heure où le récit se déroule.

Ce matin, il avait l’impression que la sonnerie du réveil se servait de sa matière grise pour carillonner entre ses tympans. Et en fin de matinée, lorsqu’il arriva en ville, les rues n’étaient que des tunnels labyrinthiques, cauchemardesques.


Ici, la délimitation ordinaire du centre-ville avec sa périphérie ne voulait plus rien dire. Et toujours ces « rues » qui paraissaient maculées de sang ; des flots de sang empoisonnant jusqu’à la plus petite ruelle. Quelques heures auparavant, avant de se rendre en ville, il avait retrouvé cette femme enfiévrée d’excitation sous sa voilette, avait démarré la voiture, avec elle assise sur le siège passager. Une rivière de diamants tombant en pluie sur sa poitrine, cette femme avait une fragrance magnifique ; elle était tellement bien entretenue malgré les escarres sur sa peau !

Contrairement à son épouse défunte, son héroïne mythique connaissait toutes les choses de la vie.
Toutefois, il découvrit trop tard qu’elle logeait toute une ménagerie vicieuse à la place du cœur : elle s’était dissipée comme une évanescence, le laissant seul face à ses responsabilités.

Troisième partie.
Hôpital psychiatrique sous haute surveillance. Secteur criminel.

Il dort. Le Cercle redevient amorphe, et le rire de cette jeune femme disparue, du verre coupant. On lui raconte ici qu’il ne fait que salir la mémoire de ses aïeux. On raconte aussi qu’il y a là-bas, dans la grande maison à présent vide, un labyrinthe de pièces et de couloirs peints en couleurs vives ; mais les couloirs -sa première victime le sait trop bien- ne sont que des impasses qui dégagent une impression terrifiante d’effroi et de non-sens.

Récemment son psychiatre référent lui a laissé miroiter qu’il pourrait sortir prochainement et il se demande si ce n’est pas un piège.
Dans sa chambre, quand il ne dort pas, sa main s’active frénétiquement en jetant, chaque fois qu’il arrive à supporter le cocktail de neuroleptiques et d’anti-psychotiques, une prose expérimentale sur le papier. Toujours accompagné par un lugubre chant funéraire qu’il est le seul à entendre. Une lamentation murmurée de façon presque audible alors que les odeurs fétides de la salle de bain lui reviennent en mémoire.


Généreusement embrasé de l’intérieur par une lueur rougeoyante, il sait que son cauchemar prend naissance dans la réalité même.


A suivre.

Shining Project. Première partie

Shining Project. Première partie.

Jamais. Combien de fois me suis-je dis jamais. C’est dans la nuit que j’ai appris qu’il n’y a aucune consolation, non. Jamais, jamais. Il y a des choses qu’on ne peut apprendre que la nuit. Il faut que tout soit obscur pour oser les penser.
Plongé au coeur d’une obscurité sidérée, dès que la lumière décline, j’ai commencé ce récit en sapant toutes mes nuits d’hiver à écrire, j’ai délaissé ma ballerine qui m’attendait seule dans le lit, et les mots ont commencé à dessiner une séduisante composition…

Mais c’était une composition macabre.
Je me souviens qu’il y avait un film intitulé Shining qui se téléchargeait sur mon ordinateur et lorsqu’il fut téléchargé, à la nuit tombée, je le visionnais en boucle, face à mon bureau, tout en continuant d’écrire sur mon autre ordinateur portable.

Ici, vivait dans cette maison où j’ai écrit longuement en prenant à peine des pauses pour boire le café ou fumer une cigarette, ma femme et son petit Yorkshire-Terrier, et tout s’est délabré par la suite.

En doux rêveur, je travaillais au début à me faire poète ; mais, de désillusions en désillusions, j’avais abandonné la poésie pour une succession de nouvelles. Mais ma méthode était un peu particulière : d’abord je jetais sur le papier des phrases incohérentes ou des listes de mots qui ne voulaient rien dire. Des nuits entières étaient consacrées à ce labeur, je me souviens que j’en avais parlé à mon psychiatre, et celui-ci m’avait persuadé, pendant quelques temps du moins, d’arrêter tout. Autrement j’allais, selon lui, mal tourner.

Je me souviens aussi qu’il y avait dans mon bureau un paquet de chewing-gums, des cigarettes américaines amenées de la Guerre du Pacifique où j’avais servi comme soldat sur un cuirassé. Cette épisode de ma vie m’avait traumatisé, même si je n’en parlais à personne.
Autre décor : je gardais précieusement dans une armoire fermée à clé un totem primitif, assez mystérieux puisque personne n’en voulait, et nous discutions ensemble pendant ces nuits blanches, aux heures où j’étais trop crevé pour écrire.

Côtoyant le totem, il y avait aussi une vieille épée trouvée dans une brocante, et, à cette période de ma vie où j’étais surmené par le travail, je m’amusais à escrimer dans le vide et à déchiqueter les rideaux de mon bureau. La lame semblait comme neuve et suffisamment tranchante pour tuer quelqu’un.

Je mangeais un morceau de kouglof, toujours penché sur l’écran de l’ordinateur, lorsque ma femme vint m’interrompre une nuit ; elle me demandait de la rejoindre dans le lit, j’avais alors sacrément gueulé : je lui fis promettre de ne plus jamais me déranger la nuit, et le pacte ne fut jamais violé pendant tous ces mois où je sombrais peu à peu dans la folie.

Je connaissais à présent toutes les répliques de Shining, et dans la nuit où l’on entendait seulement le torrent à côté de la maison, je les récitais fiévreusement, à voix basse.

23h37. Deux mois plus tard.

Du sang.
Il faut que le sang coule : des rivières de sang doivent couler en silence le long de cette pente où cette putain de maison isolée est adossée.

Avec ma bouteille de bourbon, je déambule seul dans les couloirs. Mais avant de passer aux choses sérieuses, il me faut arracher les fils du téléphone et couper le courant. C’est mon ami le Totem qui me l’a dit.

23h45
Dans la salle de bain, ça sent les égouts. Une femme qui n’est pas la mienne flotte à la surface de la baignoire. Sa peau est craquelée de gerçures et d’ecchymoses profondes, on n’entend plus le téléviseur dans le salon abandonné depuis que j’ai coupé le courant. Ma femme dort toujours, je peux donc prendre du bon temps avec cette femme qui me suit, et qui vient de me montrer, reposant sur un support en bois laqué, un livre ouvert à la bonne page : une oraison funèbre. L’oraison funèbre de ma compagne.
C’est moi qui l’ai écrit, alors qu’il ne restait qu’un fond de bourbon dans la bouteille.
Mais est-ce vraiment moi qui l’ai écrit ? Comme ce point d’interrogation est douloureux !
D’ailleurs le symbole « ? » court partout sur les pages lorsque je lis ce que je viens d’écrire :
« Que représente t-elle pour toi ? L’as-tu déjà aimé au moins ? Un malheur est si vite arrivé, pas vrai ? »
Et, alors que dehors un vent glacial joue des fricatives affligeantes, je continue d’explorer ce langage qui m’effraie autant qu’il me fascine :
« Cette maison a été construite depuis des lustres, mais pourtant à l’emplacement où tu t’es établis avec ta famille, il y a ce cimetière indien… n’as-tu pas déjà remarqué que ta femme est dotée tout comme toi de ces perceptions extrasensorielles d’événements présents, passés et futurs, le Shining… ça te dit quelque chose ?

Une sueur froide dégringole le long de mon dos… soudain, alors que je suis à la fin du texte, je repousse vivement le support en bois qui tombe en se fracassant… terriblement il y a écrit avec du sang :
« Tue-la ! Qu’est-ce que tu attend ? »

A suivre !

Le parcours transcontinental des vagabonds solaires !

Un lit à baldaquin et des valises qui transportent un chatouillement insupportable, se gargarisant de plans machiavéliques pour inviter tout le monde à partager la béatitude du Bouddha. Sur le pavé, odieusement coagulé, le sang et les sourires condescendants qui prennent pour argent comptant la place du fou dans cette ville. Dans cette ville aussi, des vies, avec leur son glauque, qui s’emploient en cours d’informatique quand les valeurs absolues viennent butter contre le décor en carton pâte

Leurs sornettes, annonçant l’Assomption, qui gâtent les douleurs violentes du lys sans faute et des cartoons où l’on voit un tigre ostensiblement couvert de parures fastueuses.

Pleines de ressources, une lumière dorée qui désintègre les ténèbres en découvrant la toison d’or et des assemblées de chimpanzés à monocle qui descendent en luge, en cassant les lois de la gravité ; dans la couveuse, des œufs ultérieurement fécondés et, dans la trachée : du cristal qui s’obstine à devenir du quartz et, dans le train, de plantureuses garçonnes qui traînent au tribunal leurs descendants généalogiques et les représentants d’une France soumise.

Dans les débris de l’université de Kiev, un tripot qui électrise les joueurs et des nuits debouts en suspens qui effectuent un trajet interminable et leur poussière d’étoile qui court d’un continent à l’autre. De truculentes coccinelles, dans la feuillée, qui contaminent les tuberculeux, une couronne solaire et un parcours transcontinental qui finit entre les pinces du homard.

Il y a aussi les mains des vaincus qui menacent les performances de leurs nouveaux moteurs. Leurs nouveaux moteurs ? Des sifflements et des fricatives contrariés par l’insomnie, reconfigurés à l’infini, consumés par le stress, confrontés à l’ignorance, qui échangent et collectent les feuilles du baccalauréat et tutti quanti. Des babouins qui tutoient l’horizon et des tympans qui glissent jusqu’à l’appareil génital de la femme et de l’homme.

Un ultimatum, genoux à terre, qui désoriente les vagabonds et une clarinette pour jouer l’air du valet.

Les albatros du fils d’Harry Potter

Le fils d’Harry Potter aimait rouiller et jouer avec le temps en cédant de plus en plus de place à la camaraderie amoureuse.

Dans le froid glacial, sibérien de sa chambre, il claquait des dents en collectionnant des albatros empaillés ; les albatros, reprenant vie, se pendaient à son haut-de-forme en dépouillant la cheminée de ses parpaings et chevrons. Parfois, dans les grandes profondeurs de ses encyclopédies, des bijoux en or rayonnaient et les asticots, parfumant sa viande faisandée, ressemblaient alors à une terrible confusion douloureuse et lascive. Et pour se perfectionner au jetée de parpaings, le fils caché d’Harry Potter suivait les cours d’un dieu aztèque en lui léchant les mains. Le dieu aztèque le récompensait en sondant, à chaque rentrée d’argent, les ténèbres de sa flûte des morts.

Les albatros s’éloignaient ainsi, en recouvrant sa langue chaude et humide d’un vin de xérès et semaient des feuilles de baccalauréat dans le solarium de ce dieu cyclopéen. Dans un petit générateur de mots aléatoires, on retrouvait les fientes des albatros et, sur le qui-vive, des macchabées vêlaient en organisant une bringue, comme quelque chose à la fois ancien et nouveau.

Alors, alors seulement, les données de l’ordinateur apparaissaient en pensant à sa place et corrigeaient les secousses d’une caméra d’amateurs. Les albatros du fils d’Harry Potter étaient enfin recueillis dans des vases de mandarin ; s’ajoutait enfin à son cerveau unique une insoluble force obscure !

En pleine nature

En sanskrit, l’histoire d’un club de gens riches découpait le regard et la morsure d’un bleu océanique. En sanskrit, elle devait se raconter, les suites d’enfants affamés qui se chamaillaient amoureusement ; des enfants qui se trituraient la cervelle pour faire du commerce avec l’ennemi, qui désirait le corps nu de l’étrangère, en vendant les légendes primitives d’un peuple évangélique.

Dans le ventre du lac, des gargouilles mutilées ravageaient les cimes exploitant la peur. Ici, la pluie tombait même sur les gens riches, comme une idée falsifiée, et soignait les cœurs en tabassant leurs pensées.

Il y avait encore le souvenir des choses lointaines, enflammées tandis que les enfants affamés traînaient à leur suite le souffle noir des horizons abyssaux, en se réconfortant mutuellement. Dans les trains qui les emmenaient dans ces pays aussi permissifs que ces équipages à bord des sous-marins de classe II, ils modernisaient des histoires de fantômes en implorant de Dieu l’étoile morte des écritures cunéiformes.

Le regard, qui découpait la morsure du bleu océanique, poursuivait ces suites d’enfants affamés alors que le corps nu de l’étrangère retournait à la terre et à la poussière.

Dans le ventre du lac, les cimes, malades après avoir ingéré des plantes vénéneuses, remplaçaient les gargouilles mutilées et leur van qui ne roulait plus depuis des lustres. Exploitant la peur, les esprits de la forêt se solidifiaient au contact des idées falsifiées.

Le souvenir des choses lointaines résultait d’une longue torpeur, après les attentats de Paris, le treize novembre 2017.

Au milieu des forêts, en mentant aux chants sacrés de la nature, le capot du van qui avait abrité un moteur diesel étouffait par fantaisie le souffle noir des horizons abyssaux. En écrivant des histoires de fantômes, je combattais la solitude, l’irréalité des marécages d’à côté qui avalaient la matrice encodée du crayon à papier, sa mine brillant dans le crépuscule.

Le pouvoir de l’imagination

Pour des noces d’orfèvres, des encyclopédies grouillantes de gnomes, le pouvoir de l’imagination qui corrige le froid silo de stockage pour un fief paumé, et les moulins à paroles des encyclopédies qui ensemencent des parures pornographiques. Le pouvoir de l’imagination comme une nuit qui ravive cette pansée singulière ; le pouvoir de l’imagination qui se détache communément du château pour des prétextes précieusement électrostatiques et la chaleur de ces dieux troussés jusqu’aux gamètes.

Le pouvoir de l’imagination construisant et détruisant la pansée à tour de rôle, et des forains, toujours propres comme des sous neufs, qui ravitaillent l’unité énergétique des papillons miteux. Le pouvoir de l’imagination qui encourage ces dieux à sublimer de génération en génération leur inspiration ; le pouvoir de l’imagination qui ressemble aux chats siamois, aux fictions bâclées.

Le pouvoir de l’imagination et ses représentations ombreuses qui malmènent les applications sur l’iPhone : des boîtes mail rêvant de se cramponner à l’hameçon, troublant les pratiques les plus occultes. Le pouvoir de l’imagination comme les lignes d’un zèbre qui voyage sans recommandation ; le pouvoir de l’imagination pour tracer le chemin de Stevenson qui zigzague entre les montages du court-métrage et la couleur somptueuse de la Mecque !

Le pouvoir de l’imagination comme un rêve communautaire qui réjouit le cerveau et, pour en venir à bout, l’heure érudite des rois couronnés jacassant entre eux. Le pouvoir de l’imagination comme seul crépuscule, comme le moteur de l’expansion et, pour désigner un référent, le laborieux millénaire du chemin de Stevenson qui gangrène les jaillissements classés selon leurs impuretés alchimiques.

Un étrange ordinateur !

En s’égarant dans des considérations poétiques, du côté orientale, en définissant comme lieu précis un souterrain ou une enveloppe pleine de photos, la toile virtuelle avait été cartographiée puis vandalisée de fond en comble avant de connaître le retour d’étranges phénomènes !

La toile avait fait jaillir des lignes de code apparentes qui, semblables aux mouvements rapides, générés par le silex, s’autoadministrait les discussions des internautes planqués dans les chat-rooms.

Leur version polaire ? Un planisphère assortissant toutes les séquences et la mémoire d’un ordinateur ultra-sophistiqué !

Pour brouiller toutes les adresses IP récalcitrantes mais aussi favoriser l’émergence de cette mise à jour révolutionnaire, la mutation des internautes en larves de reptile noir était indispensable.

Comme le libre arbitre des SMS qui avaient été façonné selon un crack assez occulte, les composants sémantiques de leur discussion furent alors totalement et méthodiquement remanié pour l’Élite. Une élite qui avait dessiné méthodiquement l’architecture d’une boîte mail pour focaliser les gens à se vouer aux pratiques les plus obscures !

Deuxième partie : le Projet !

Absorbé par des contemplations psychédéliques, l’Ordinateur Burroughs Cora-Hummer 7 produisait un bourdonnement déconcertant chaque fois qu’un projet était déclenché.

On s’était inspiré des lignes d’un zèbre pour construire nos lignes de code, pour bâtir la matrice qui allait noyer les moteurs diesel par ces contemplations psychédéliques aussi surprenantes que fascinantes. Nous savions, par anticipation, que tous ces moteurs diesel avaient besoin d’un nouveau et fulgurant carburant : un vers mutant avec un ADN mûrement modifié !

Troisième partie : l’éclaireur !

Pour s’éveiller de bonne humeur, l’éclaireur prenait son café des neiges de l’hiver. Il éprouvait divers sentiments face à sa solitude devant l’écran de l’ordinateur quand la poix molle de la pluie continuait de tambouriner contre sa fenêtre en espérant un jour entrer dans la famille des internautes mutants.

Il avait ce regard qui ne redoute rien lorsque l’ordinateur démarrait une session. L’éclaireur avait cette foi inébranlable en la capacité de sa machine. Même la force du vent, il l’estimait à force de calculs en pianotant sur son clavier et la Toile comme chaque matin quémandait toujours comme sacrifices humains des impatients, notables ou non.

Ailleurs, dans une autre dimension, virtuelle elle-aussi, il existait une piste de décollage, un aéroport désaffecté, inconnu sur toutes les cartes. Cette piste de décollage permettait à l’éclaireur d’attiser en imagination les passions des internautes mutants.

Cette piste ? De vraies planches pelées, alignées à l’infini – on ne savait de quel bois elles provenaient ces planches qu’un génie de l’informatique avait déniché en leur évitant d’être réduites en hochet pour bébés. Sur ces planches couraient abjectement un système de fils électriques et téléphoniques afin de communiquer avec notre dimension gouvernée par des clowns épicuriens.

Des clowns qui fabriquaient avec leurs vélos d’appartement des électro-watts téméraires, engagés dans la bataille contre le vers mutant.

L’éclaireur, après sa mort, avait légué une cassette vidéo expliquant comment falsifier informatiquement toutes sortes de cartes d’identité et toutes sortes de cartes bancaires. Après sa mort, les clowns ne pariaient plus que sur une seule monnaie sonnante et trébuchante : des napoléons qui agitaient encore la planète et les consciences surchauffées.

Demande à la poussière

Entre deux chapitres, je pensais à ces pièces de monnaie napoléonienne qu’on avait dépensé pour prendre le train et retrouver notre chez-nous. C’était une drôle de monnaie à notre époque : comment était-elle arrivée dans nos poches ? Et pourquoi était-elle acceptée dans ce pays aussi absurde qu’imaginaire ? Mais qui avait pu me refiler enfin pareils deniers ?

Le gnome de cette caverne noire et menaçante que j’avais brûlé vif la nuit de la Saint-Jean ? Ce type qui brossait tranquillement son cheval dans son ranch en pensant secrètement être John Fante lui-même, quand nous étions revenu de bringue ? Ou cette paire de fous qui s’était évadée de l’aile méridionale et capitonnée d’un asile d’aliénés et qui nous avait poursuivis sur la route en side-car ?

Reprenons depuis le début.

Tout avait en fait commencé ainsi : sur l’écran de l’ordinateur, s’était arrêtée l’image surnaturelle d’une femme agenouillée. Je venais juste de me réveiller ; dix minutes auparavant, je rêvais d’une mémoire qui ne m’appartenait pas, oscillant entre des ramifications de communauté alien et des nébuleuses sectaires d’illuminés ; du sang s’infiltrait par-dessous la porte de la chambre et emplissait la pièce où d’autres associations d’idées étaient en attente. Pour en saisir le sens, j’orientais, lorsqu’elle tournait la tête, le faisceau de la lampe sur son corps nu.

Je lui lisais Demande à la poussière, moi-aussi entièrement nu… on avait commencé ce jeu qui en fait n’en était pas un. On avait fait la bringue jusqu’à une heure du matin et le récit singulier de John Fante semblait harcelé de composants chimiques, de gnomes sauvages. Sa lecture était censée nous transformer en plomb.

Quand elle me demandait de répéter un paragraphe, ou juste un mot, j’imaginais pour elle des éléments perturbateurs manquants, des scènes de Kama-Sutra dans le lit de John Fante. Ses yeux alors s’apaisaient.

J’observais minutieusement ses seins et sa peau ; elle jetait des coups d’œil suspicieux à cette bulle en forme de nuage qui s’était formé au-dessus de ma tête. Je lisais doucement, comme pour faire s’éterniser les heures, bercé par des idées gentiment sentimentales.

Les mercenaires bouddhistes

Perpendiculairement dépendant de leur réincarnation : une ribambelle de moines bouddhistes méprisés en faveur des opprimés ; de nouvelles possibilités apparaissant suite à ce jeu incessant entre les voyelles un tantinet poétiques.

De douces créations de l’esprit aux faïences bleues qui ont la formule en tête et qui s’opposent aux iguanes en battant en retraite. Et tous les mercenaires qui sillonnent les lignes de tirs et qui font virer leurs rêves en cauchemars à la hussarde. En série, ils produisent de l’huile essentielle loin des villes grises avec le fruit des arbres cure-dents.

Dans le puits, depuis l’autre bord du gouffre sans fond, des faïences très picaresques qui, en réparant, en restaurant la machine laissée sur le champ de bataille, prévoient un apocalypse numérique avec des phrases découpées au cut-up ; elles récoltent les bijoux, les diadèmes de l’empire quand, soudain, une sonde spatiale américaine entre corps et âme dans l’atmosphère.

L’idée d’en découdre pour un mal endurant, vomissant tendrement les anneaux d’or de Saturne, évite le pire et de reconnaissables bouddhistes finissent tête-bêche dans le caniveau pour coupler une préparation aromatique.

Enfin, il y a une hutte de naufragés et une famille à l’intérieur dans le vacarme du combat, le rugissement de l’incendie ; la famille étrange se lève à l’aube pour se laver les dents, pour puiser l’eau du puits en jetant une pierre au fond. Il existe, lorsqu’un train se rapproche, tout un monde vierge là-dessous !

L’université de Kiev

J’escaladais en rêve la façade de l’université de Kiev. Là-haut, dans une pièce secrète, dispersant les affiches du Sahara Occidental et du Tsar Ivan Le Terrible sur le lit à baldaquin, dans l’obscurité, je coupais l’électricité d’un réseau d’alimentation en affamant les réconfortantes speakerines.

Dans la brume aussi, dehors, des cavalcades de chiens fous, errants bondissaient dans tous les azimuts.

Une pluie blanche comme crème décomposait les vitraux et les allées latérales de la petite chapelle en face. Des ondes radiophoniques, qui semaient la pagaille, se débarrassaient de leur diamant et de leur saphir contenant leur ruissellement.

Successivement, pour tiédir leurs embryons, des appareils scintillants, qui convenaient aux derniers survivants, tournaient sur eux-mêmes : une force centrifugeuse et énergique envahissait alors l’ultime espace des tracés logiques. En projetant leur virulence dans les flammes de la seule cheminée allumée, les tracés logiques pleuvaient en poudre en enflammant les puits de pétrole.

À un moment explosif, au point d’impact, je nouais une amitié sincère avec leur précipice, en restant indemne cependant.

Des balles de golf s’efforçaient de casser les croisées striées de vitraux à la va-vite. Sans aucune hésitation, j’emportais un ouvrage de l’université de Kiev ; ainsi, la vase qui s’étendait en bas et que l’on monnayait en fonction des différents syndromes recherchés, était réévaluée avec justesse et effacée instantanément.

En déséquilibrant toutes les arborescences des ruines autour de moi, je revenais sur le sol ferme en plantant mes bâtons de ski alpin. En lançant leur crachotement dans l’air froid, glacial, sibérien, une volée de bois vert veillait à badigeonner mes bâtons de ski de watt canonique !

Des systèmes graphiques japonais comme scénario solaire

Des villes tentaculaires, des promesses mirobolantes et des parloirs médiévaux qui fécondent leur espace ; et même, dans le centre alternatif d’un cercle, des villages, des reines sans diadème et un micmac douloureux de verges et de mâts qui s’adaptent uniquement aux usages des élites.

Leur micmac ? Un Mississipi vivifiant, une fourrure en vison qui se réfère aux scénarios solaires au fond des mines, des petits-fours peu recommandables, des petiots primitifs et des romstecks studieusement duveteux qui épuisent tous les vacillements.

Face à la froide lumière des champs opiniâtrement clôturés, des nymphes qui préparent leur potion magique avec des plantes réfrigérées. Des tignasses mortellement coupées aux octaves des électrons volts qui causent des additions salées. Des pluies solvables qui courent jusqu’aux précipices sophistiqués et des perches pour la rééducation d’un cœur brisé, cassé, exploité par tous les systèmes solaires.

Des gladiateurs traumatisants pour les applaudissements et les systèmes graphiques et des fleurs sans salaire qui bouillonnent dans les limbes de l’oubli.

Des scriptes comme un étalage de crédit à payer pour sceller le pacte entre les proies et les victimes. Des tropiques au fond des douves et la colère pour tous ces gens qui aiment les vaudevilles ridicules des réducteurs de têtes. Enfin, en traversant les ruines et ces fictions d’anticipation, une boutique peu visible !

Un Nouveau Monde !

Payez pour toutes vos erreurs rédhibitoires. Piochez dans les livres et dans votre dictionnaire de poche votre mal de vivre. Aujourd’hui, un nouveau monde est possible : universalité des pénitences !

À tous ceux qui militent pour la spécialisation et la formation d’une élite, des promesses en or, des voyages qui se nourrissent de l’intellect et qui rafraîchissent le domaine de la littérature. À tous ceux qui militent pour l’unification, des journées bien remplies, un nouveau monde conceptualisé, des millions destinés à la recherche pour sauvegarder la nature, pour protéger l’environnement.

Pour coder sur la toile, une armée de mercenaires prêts à en découdre, qui occupe la scène entière, qui engage un combat singulier : les villes et les boutiques sont envahies de gens lettrés qui écrivent et lisent des nouvelles littéraires, des poèmes et des romans…

Une nuit stridente et fugitive qui égare les brebis perdues et qui se dévoue à la nouvelle conceptualisation du monde. Ici, la danse macabre des nymphettes qui dorment comme l’eau tourmentée. Là, des falaises qui s’affaissent sous le poids d’une élite particulièrement féroce et douloureuse…

Pour écrire et lire votre odyssée, le médecin délivre de magnifiques nouvelles littéraires, des romans qui désorientent et des poésies qui s’empressent de refaire le monde. C’est un final qui promet d’être beau, qui fait régner les pirates de la poésie, qui quantifie les efforts à fournir quand le nouveau monde se lèvera…

Des créations de l’esprit qui se figent et qui se rapprochent de nos nouvelles passions. Des journées bien remplies qui manifestent de l’audace et une ardeur singulière aux combats. Alors, alors seulement, comme Kerouac, sur la route, comme Rimbaud dans ses Illuminations, imaginez un monde qui rejoint vos intentions !

La guêpière des moteurs alezans !

En examinant sans scrupules et sans perdre patience ces assemblages d’humanoïdes chiffrés à l’excès, tourmentés par un désir morbide, ces bavures extrêmes, l’arbre divergent, sous ce fouillis d’enfants juxtaposés, appuyait sa dialectique sur une bouteille brisée confortablement expansive.

En secouant un suçotement de bleuet taillé dans la guêpière des moteurs alezans, le désir, le soleil de minuit, noyé dans le pétrole et comme frangé de noir, projetait synthétiquement des scènes picaresques en faveur de Maître Yoda.

Et, sous sa loupiote et dans sa thébaïde, le pointilleux inculte menait une guerre acharnée par moult voies de Carême. Le long du chemin de fer, au milieu des tessons radicalement hypothétiques, des feuilles d’argile rouge dévalaient la pente par la seule porte de la mosquée ; des allées de terre jaune pacifiquement ténébreuses parcouraient les rizières perpendiculairement adossées aux enzymes physiques, aiguës et pieuses !

Après mon bol de corn-flakes

En entraînant avec moi mon jargon littéraire dans les cavernes humides, en m’encordant avec les fines rayures blanches de leur capharnaüm, le règlement de la bibliothèque m’avait frappé de bannissement ; et tout le long de l’encaissement de la vallée je fus aggloméré à ce capharnaüm.

Ce capharnaüm qui, en bâtissant des nids de malandrins à chaque discussion téléphonique, dévalua le prix du combiné de mon téléphone et énuméra ensuite ses détails en prenant le versant le plus méridional de cette vallée.

Des détails s’attachant à se repaître des édifices vivants de la montagne en face !

Elle n’en finissait pas de s’élever cette montagne aux tentures téléphoniques qui tombaient de leur plafond mathématique !

C’était la fin de notre aventure, la fin de tout mouvement, comme un ensemble de lois compliqués à l’extrême. Notre aventure entre mercenaires apaisés qui, en s’aventurant du côté de l’immobilité lumineuse, revenaient de la guerre ; un mouvement assumé ou un retour dans le passé : l’immobilité étant entravée, puis amputée, alors qu’elle descend la brume moite venue de la baie, alors qu’il brille dans le ciel noir, le soleil vert.

Réfléchissant la marée haute et ce scénario qui concentre l’exhalaison de son acide carbonique à l’intérieur d’un amas éparpillé de Mikado, les caractéristiques de notre existence sur la moquette arrachée, à la fois solaire et sucrée, jusqu’alors éclairée au pétrole, comme quelque chose d’exotique !

La brume descendait aussi, avec une force glaciale, sur la ville médiévale et son ivresse livresque, consécutive comme des atomes de watt canoniques, riait dans le brouillard.

Des atomes qu’on fit frire en les irradiant d’excitations sexuelles, d’isométriques distorsions.

Guerriers, chamans, démonistes…

Des lois gravitationnelles uniques pour les guerriers et les chamans, des ventes de Tamagotchi à la sauvette pour les démonistes, les chasseurs, les voleurs et des univers qui grappillent le temps perdu ; de vacillant diadème et des colliers d’hackers, d’assassins, de guetteurs, d’agitateurs, de dissociés, de néo-réalistes et de provocateurs d’une autre trempe !

Sur les tréteaux, des acteurs, aux yeux en amande, qui font des sprints, un quatrième Reich exultant et des tresses qui se distinguent du lot ; un treuil qui exécutent des tours de cut-up idéologique et que l’on déboulonne et la becquée qui ne connaît aucune trêve. Des annonciations parmi les trentenaires et des antennes, sur la route, qui contrôlent le territoire, sans jamais se compromettre !

Un journal à tenir chaque jour via Day One app, de nobles combattants à la peau verte, originaires des dimensions infernales, qui font un tricot et de la mimolette comme noirceur avant l’aube ; une rigueur extrême et des mots incertains et concis, des poignées d’événements imaginaires ou réel et des nœuds et un trident pour ces terribles machines de guerre. Voué à la magie, à l’honneur et à la noblesse, le monopole des truands qui fascinent, et cette prose alimentée au cut-up-de-William-S ; le truchement infiniment renouvelé qui dodeline et des trucages et des documentaires sur la troisième guerre mondiale !

Le destin comme turbulence, comme un continent vierge à explorer dans toute sa diversité avant le crépuscule, avant de boire sa vodka poussière. En suivant les antiques exégèses folks, Turner qui peint le soleil levant dans la brume et un destrier, né dans la poussière, qui court en crevant les tympans : des souvenirs qui tentent de me transmettre, par ce visage de femme laiteux et sanguin, la Nouvelle Combinaison, le mot de passe d’un disque dur sinistrement verrouillé !

Un poulpe ferroviaire qui doit m’emmener jusqu’à une gare montoise, du cubisme et un twist comme des galipettes avant l’heure du coucher, un ultimatum et, sur les rails qui brûlent et qui s’enflamment, de jeunes pousses de réminiscences ; une galère et Ulysse et la duchesse qui perd son diadème !

Des réminiscences, comme cette pluie fine sur mon front, qui veulent me réconcilier avec quelque chose d’encore trop flou, un duel au moyen âge et un type débraillé…

De l’urine et une écriture automatique entre mes tempes pendant une cristallisation et, dans la neige, sous la pluie, les rafales de vent, de la morphine dans l’œil cristallin ! L’URSS qui gonfle les intervalles obscures comme une contagion et une contamination dans l’utérus qui décide de se noyer sous une marée anisée.

Un cocon parmi des étoiles dorées, dans le sang des séductrices et un vagin accroché au décompte d’un chronomètre, une biture dans un océan de bons sentiments, une cuite de plus et un état moyenâgeux de névrosé néoclassique ; le relief jurassien qui vagabonde à la recherche des nervures, qui enterre tout espoir et tous désirs, un vallonnement au milieu de ce décor cérébral sans moral, sans scrupule, et des skinheads comme vainqueurs de la guerre du golfe !

Des séquences d’actions impersonnelles sur la cinquième avenue à New-York, une cour médiéval qui exulte, des saltimbanques attentifs qui proposent des joutes littéraires, et ces vers qui courent le long de la feuille de papier, proposant entre les lignes des rêves tarifés.

Des inscriptions runiques : des pierres vaguement glissantes, des réflexions moisis jusqu’à la corde qui convoquent l’état-major, un blue-jean délavé et la vaisselle des points G comme une extension des éléments chimiques.

Après une longue introspection, un paysage vallonné que les éléphants parcourent, un élève dans le vague et une vieille folle qui nettoie ses lunettes avec une brosse à dent, une descente en ski alpin, en espérant trouver la révélation et enfin des usines qui fabriquent une sorte de cartilage d’un genre nouveau !

Des étranglements de craie et de fusain

Chaque jour, dans un grand cahier, le sac des narcotiques sanguins et des établissements espacés et surchauffés d’excitation, de ferveur sanglante comme des possédés silencieux ; des instincts et des alsaciennes pour interroger les auspices meurtriers : le sac des ondoiements écervelés en hickory tombant encore davantage au fond des tasses de thé aromatisé au carbone.

Et, sans concurrence, des étranglements de craie et de fusain séchant au soleil demeuré ; des kilomètres défoncés à la colle et à la muselière qui viendront verdir Maître Yoda et sa clique de baba cool herculéen.

Et dans leurs moteurs : du rhum encéphalographique, éprouvé dans sa dialectique décomposition qui alarme la télévision ; des supplications décomposées et leurs formalités spirituelles, leurs lignes de code générées automatiquement lors d’une descente en ski alpin.

En l’ajoutant à l’amalgame de leurs conceptions assistées par ordinateur, l’enthousiasme de cette descente en ski longuement étudiée et le calvaire des lépreux qui, de façon cartésienne, se servent de la documentation de l’homme à l’oreille coupée.

Cet homme à l’oreille coupée, hagard, nous jette encore des sentiments dénaturés dans le combiné cramoisi de son téléphone. Et d’infidèles sentiments dénaturés pour réaliser un travail d’orfèvre embryonnaire, avant de faire valdinguer le jaune de l’oeuf au-dessus des montagnes afghanes, et après s’être débarrassé de son blanc polaire, associé à l’engrenage de ces machines.

En catimini, en entraînant sur leur passage une débandade de flonflons corrompus, les machines et leurs narcotiques s’essoufflent et font dégouliner du cognac du haut des branches de l’arbre cure-dent !

Chapardant du grand vent, il y a aussi l’éthique de cette nouvelle catapulte romaine qui, comme une appendicite de tapisserie, engendre la panique parmi les machines, absorbant leur sabre de samouraï et même leurs lacunes et cellules grises…

Au fusain, apparaît bientôt les photos et leurs monceaux de bambou dégradé et flou.

Nos regards se perdent dans un quintal de vallées encaissées et libidineuses.

Au milieu des champs de coquelicots, eux-aussi brossés selon le sens des lieux cardinaux, comme arrachés lors de notre périple, nous ne gardons que les tripes : des mots simples qui mènent aux canopée universelles et à leur dépouille !

Gardées jalousement comme la chasteté des mers souterraines, d’interminables et forcenées équipées de nudistes.

Elles clignent de l’oeil à notre passage et, comme fascinée par leur déhanchement, leur stature languissante, divine mais exténuée reste dans le réfrigérateur.

Enfin, insensible au roman, toujours en chantier, toujours à taper sur la machine, les nouveaux testaments et leurs psaumes qui surveillent les impitoyables cauchemars !

Des ventes de Tamagotchi à la sauvette

Des lois gravitationnelles uniques et des ventes de Tamagotchi à la sauvette et des univers qui grappillent le temps perdu ; de vacillant diadème et des colliers d’une autre trempe !

Sur les tréteaux, des acteurs exultants aux yeux en amande, et des tresses qui se distinguent du lot ; un treuil qui exécutent des tours de cut-up idéologique et que l’on déboulonne et la becquée qui ne connaît aucune trève. Des annonciations parmi les trentenaires et des antennes, sur la route, qui contrôlent le territoire !

Un journal à tenir chaque jour via Day One app, un tricot et de la mimolette comme noirceur avant l’aube ; une rigueur extrême et des mots incertains et concis, des poignées d’événements imaginaires ou réel et des noeuds et un trident ! Le monopole des truands qui fascinent, et cette prose alimentée au cut-up de William-S ; le truchement infiniment renouvelé qui dodeline et des trucages et des documentaires !

Le destin comme turbulence, comme un continent vierge à explorer dans toute sa diversité avant le crépuscule. En suivant les antiques exégèses folks, Turner qui peint le soleil levant dans la brume et un destrier qui court en crevant les tympans : des souvenirs qui tentent de me transmettre, par ce visage de femme laiteux et sanguin, la Nouvelle Combinaison, le mot de passe d’un disque dur sinistrement verrouillé !

Du cubisme et un twist comme des galipettes avant l’heure du coucher, un ultimatum et de jeunes pousses de réminiscences ; une galère et Ulysse et la duchesse qui perd son diadème !

Des réminiscences qui veulent me réconcilier avec quelque chose d’encore trop flou, un duel au moyen âge et un type débraillé…

De l’urine et une écriture automatique entre mes tempes pendant une cristallisation et de la morphine dans l’œil cristallin ! L’URSS qui gonfle les intervalles obscures comme une contagion et une contamination dans l’utérus…

Un cocon parmi des étoiles dorées et un chemin noir, accroché au décompte d’un chronomètre, comme un cocktail néoclassique ; le relief jurassien qui vagabonde à la recherche des nervures, un vallonnement au milieu de ce décor cérébral et des skinheads comme vainqueurs de la guerre du golfe !

Des séquences d’actions impersonnelles sur la cinquième avenue à New-York et ces vers qui courent le long de la feuille de papier, proposant entre les lignes des rêves tarifés.

Des inscriptions runiques : des pierres vaguement glissantes et la vaisselle comme une extension des éléments chimiques.

Un paysage vallonné que les éléphants parcourent et un élève dans le vague !

Une descente en ski alpin et enfin des usines qui fabriquent une sorte de cartilage d’un genre nouveau !

L’altitude rouge et fumeuse de la déesse de Cythère !

Tout d’abord, une altitude rouge et fumeuse qui vieillit dans les yeux de la Geisha : entrainée à la dérive, cette altitude rouge et fumeuse qui se tord dans le décolleté de la geisha, n’est qu’un désir d’erreur et de dérision ; filmée par la caméra, elle ficelle, près de la hanche et dans le trou, des histoires que je laisse traîner.

Et puis, il y a des graphiques, comme seules fricatives avant l’aurore, qui étalent une progression à la Vilnius Poker. Une progression à la Vilnius Poker qui, invalide, automatise les pages du livre.

Géométriques et passives, les juxtapositions d’altitude rouge et fumeuse ralentissent ou étouffent de ridicules rivières de sang ; après de rudes épreuves en silence, leur lenteur se débat au milieu des chaînes de givre. L’altitude rouge et fumeuse allonge des questionnements édulcorés, des massacres arithmétiques qui embaument les lèvres de la Déesse de Cythère. Pour dissoudre la couleur somptueuse de l’invraisemblable,sa jupe mandarine cache les œufs de l’altitude rouge et fumeuse et leur romanesque excès.

Au-delà de nos cités mystérieuses, alors, à l’heure érudite des rois couronnés, des os pacifiques de craie magique se décomposent et l’histoire de leurs délires demeure perceptive, comme les idoles ne l’ont jamais été. Avec les rituels runiques d’une altitude dotée d’artefacts éreintés, épuisés, leurs fables se dénudent en forçant un peu le trait des charpentes osseuses !

Déclinaisons latines

Des albatros qui font choir des arbres faisandés des dizaines de coups de main, un dégel douloureux qui prend la chandelle, un herbier, un hérisson et des pendus disséminés dans le parc aux couleurs chairs qui font évoluer des préservatifs éventrés.
Pour inventer du savon, une collecte illuminée, configurée par quelques distributeurs de friandises ; et pour sortir du terrier, un labyrinthe qui se débarrasse de ses énigmes et un code d’accès, au développement aussi bien photographique que cinématographique, qui égare les micro-organismes.

Pour rejoindre la plage il y a, ici et là, de misérables pensées qui, à haute altitude, retournent à leur garde obstinée. Devant la porte du parc, il y a un feston sacrifié pour maintenir l’oxygène à son état pacifique et un engrenage pour purger le département jouets. Il y a encore des excursions de jeunes filles innocentes qui se greffent à la requête des pendus cadavéreux et leurs fantômes grelottent autour d’un feu de camp.

Il y a, coincés dans les portes de l’ascenseur, des crimes de petits insectes continuant comme un leitmotiv macabre ce jeu un peu débile, attribué aux sottises des pendus.

Quelques spécimens grossiers, taillés à la main, remplissent des statistiques et un œuf en gestation sécrète la température des coquelicots tandis que des modèles primitifs troublent la quiétude de l’éden. Des nerfs tortueux laissent le feu mourir et Supertramp le vagabond fait valdinguer le pont qui se termine par une fronde.

Comme le scintillement étoilé sur le plafond d’un vieux cinéma désert, l’hélix de son oreille se risque au fond des puits de pétrole, en crachotant des gouttelettes galbées ; il y a aussi un manifeste qui se repose sur l’intensité haletante de son regard et qui sape les fondements du taoïsme et des présages tropicaux.

Enfin, il y a une application qui transmet le passé effacé des matrices pour nommer et pour régénérer le ballon d’eau chaude, la spartéine et les déclinaisons latines.

De drôles d’épreuves !

De drôles d’épreuves énervantes comme des morpions qui se consolent en désobéissant aux jeteurs de gommes à mâcher. De drôles d’épreuves comme des morpions qui grouillent en protégeant les intérêts de la reine lubrique. De drôles d’épreuves comme vingt-quatre notes flûtées qui reconnaissent les maxillaires de leur créateur.

De drôles d’épreuves comme les métriques en diamants bleus qui résistent à la narration des sorciers vaudous. De drôles d’épreuves comme des névroses qui sabordent l’ossification des panoramiques cahotants, comme du silicium qui soutient les longs tête-à-tête, comme une tige qui se termine par quelques jardinières en fleurs. De drôles d’épreuves comme une caméra qui vidange la vase en zébrant les récoltes de documents.

De drôle d’épreuves comme des ruisseaux bouillonnants qui renvoient à la page cinq du carnet de moleskine en récitant leurs critiques venimeuses. De drôles d’épreuves comme des zéniths, dans le flou, qui commencent toujours par de dynamiques cendriers souvenirs en diminuant l’ardeur des iguanes. De drôles d’épreuves comme les trompettes, les tambours qui collaborent avec les vallées encaissées.

Las Vegas Parano

Le béton marbré s’étalait en long sous le soleil en laissant tomber sournoisement une nuit verte sur Las Vegas. Un peu de terre rissolée éclatait en croûtes sur le bas-côté, ce bas-côté qui avait fait circuler le parfum des pierres à l’intérieur de la valve du cyborg jadis.
Les palmiers faisaient une belle allée figée autour de la route et
un brouillard dense avalait les néons jaunes et bleus de la ville basse et des halos épatés dans l’atmosphère, aveuglants et menaçants, plongeaient ensemble dans le gouffre.

Des petites rafales de brise fraîche vinrent caresser les joues de Liliane lorsqu’une trouée révéla l’océan sur sa gauche ; on pouvait entendre la cavalcade d’une harde de chiens errants dans le lointain flou.
Un beau balcon longeait la côte qu’elle remontait à toute allure, quittant les sentiers battus et, plus loin, une oreille contre le goudron de la rue s’épuisait à entendre une mélodie étouffée perdue dans les égouts. Le coucher du soleil vint imbiber d’or et de feu le paysage. Les verres de ses lunettes aviator virèrent à un orange surréaliste. La Toyota 4×4 brilla, la chevelure de Liliane brilla, le monde entier brilla pendant quelques secondes au milieu des boites de lait et des chaussures et des conserves qui formaient la totalité des détritus au grand jour ; des cartons en dissolution qui rechignaient à disparaître.

Et la mélodie étouffée, qui serpentait et devenait progressivement plus audible et plus claire à chaque kilomètre en suivant le courant, provenait maintenant des catacombes de Las Vegas.

Le Nord d’Harlem

Tout d’abord, au-delà de l’asphalte peu rationnel et en bois d’ébène, il y a ces yeux clos et amovibles qui paraissent chuinter au fond de mes tempes creuses ; des yeux qui appartiennent à la reine noire et son inextensible clair-obscur. Un inextensible clair-obscur qui tombe en ruine et des fantômes oubliés selon l’usage traditionnel.

Il y a aussi les lambeaux de sa temporalité qui augmentent la dose de méthadone jusqu’à une cuillerée à soupe et il y a des pieds et des plaies et le sang lapé par un reptile en provoquant une accoutumance de nouvelles couleurs.

Il y a encore la gaine-culotte de son Honneur tendues entre ses cuisses et les revers de son pantalon mordillés par les rats, tandis qu’apparaissent des extraits olfactifs d’ecchymose et de perspicacité instantanée : une préparation d’horizons amalgamés, unique en son genre, irriguant le velours des rideaux qui se referment. La société de consommation sombre alors que j’inhale instantanément le souffle de ses hélices délimitées par la pluie.

Des ombres et des mystères s’abrutissent, mêlés de strates similaires ; des ombres et des mystères qui, en pêchant les morceaux de gomme de la célèbre barre de recherche, lancent la restauration des huit pistes de Bleach. En poursuivant inexorablement leur avance, comme pour réorienter la respiration languide du cyborg, des hommes nouveaux sont promis à un brillant avenir.

Il y a aussi des steppes d’immobilité pré-emballée et une fusée se pilotant machinalement comme une transmission éclair. Il y a un ghetto ouvrier qui se construit autour d’une usine textile. Au vingt-neuvième sous-sol, la connexion s’opère, les solitaires débarquent et il y a, s’écoulant à travers champs, l’huile violâtre et silencieuse des banquises : un iceberg de craie sans lumière et j’ajoute sur son piton de nouveaux vaisseaux sanguins et électroniques. Une bouteille de vodka trône sur mon bureau tandis que d’autres cyborgs, brûlant leur charbon cérébral, excessif dans la vase d’un étang rouge, boivent du Kiravi.

La plateforme fantasmagorique d’Oji Kick évide tous les sarcasmes du Nord d’Harlem et toute la mélancolie que la drogue peut provoquer au fin fond de la cervelle qui s’épaissit : l’électrisante station de métro, située au dernier sous-sol de la catacombe, incarne l’esprit des cathédrales ossifiées et le paradoxe du bocal de verre bleu où elle se réfugie, en définissant comme lieu précis un souterrain avec un enthousiasme fiévreux.

Des clapotements furieux sourdent après l’installation ; et, uniquement après l’installation, quittant les quais du métro, les larmes aux yeux et en s’autoadministrant nerveusement le soliloque du clown sur un banc à la surface, les créatures de la station peuvent survivre et donner naissance à ce soleil vert combinant monarchiquement des cauchemars matriciels.

Les matrices des cyborgs

D’abord, sur l’écran de l’ordinateur, il y avait une timeline défilante de matrices binaires, une timeline cachée parmi les raccourcis claviers de cette étrange machine, qui dirigeait sur des sites dissidents, aux processeurs crocodiliens.

Ensuite, en admirant les fêlures du béton du mur d’en face, il y avait cette femme qui sortait, de la poche de son manteau, une enveloppe pleine de photos en noirs et blancs ou cramoisis. Des photos évoquant une scène classée X, baignée dans une douce et diffuse lumière crépusculaire, avec  un cadavre, étendu au sol, pour avoir tenté de remplacer la photosynthèse des électrons cryptée de la timeline par des tweets macro-organiques.

Il y avait aussi, dans cette chambre d’hôtel, des miroirs réfléchissant des femmes aux décolletés plongeants qui ne parlaient qu’en onomatopées, avec cet air divin, propre aux marquises de leur genre. Dans la pièce aussi, posés sur une table, il y avait des écouteurs qui autorisaient le décollage d’une fusée de la NASA, et, dehors, dans les ténèbres, des cyborgs aux organes projetant des émissions huileuses.

Il y avait encore sur le lit cette fois, parmi les chemisiers à fronces, sa petite culotte en coton blanc et un maillot de corps à minces bretelles ainsi qu’un livre organisé selon les principes taoïstes.

Et puis, le vent hurlant dans les brèches et les gouffres de la ville, des fragments de papier déchiqueté tombaient comme de la neige : des papiers représentant des équations à double inconnue, impossible à résoudre. Mais déjà le monde entier vandalisait les appareils ravitaillant en kérosène les fusées perdues dans la voix lactée.
Je ne savais plus très bien ce que je devais faire, allumant et éteignant de suite le ventilateur de notre chambre torride qui suintait d’odeurs taurines.

Disparaissant au milieu des ombres profondes de la chambre, je jumelais les composants de la timeline avec l’enveloppe pleine de photos que cette femme mystérieuse me tendait. Mes mains, tâtonnant et cherchant des liasses de billets froissés dans l’obscurité, se hâtaient bêtement de retourner mes poches, fébrilement comme un numéro d’équilibristes.

Pour en revenir aux écouteurs, au bout du fil, il y avait un correspondant qui réclamait un atterrissage d’urgence, et pour terminer la fresque, je vis par la fenêtre un avion survolant de près les gargouilles de la cathédrale Notre-Dame vomissant les pluies diluviennes de la veille.
Parmi les odeurs sèches et nostalgiques des lattes du plancher fraîchement ciré, mon héroïne s’en alla et je remarquais alors, à ce moment précis, l’arrivée des cyborgs en bas de mon hôtel, avec d’étranges queues de kangourou prospectant le bitume froid de la rue.

Je me jetai sur ma chaîne hi-fi ranimant une playlist des chansons de Bashung, et allumais une cigarette. Même si je partais au fin fond de l’univers on me retrouverait : je savais que la colère des cyborgs, arnaqués et piratés par ma timeline, ne ferait pas de pitié.
Cependant, avant de me capturer et peut-être de me torturer, tapant sur le clavier de mon ordinateur portable, je désignais un successeur sur la toile virtuelle qui, avec un bon karma, ferait mieux que moi.


En raflant les salaires répugnants des mercenaires cyborgs par un piratage sophistiqué, j’avais flambé ces derniers jours une cascade de dollars me permettant d’acheter ce matériel informatique sophistiqué et volé à l’armée américaine.

Après ce rafle, tous les autres pirates informatiques rencontraient des difficultés quand ils voulaient percer le système bancaire des cyborgs. Ils avaient renforcé la sécurité des matrices binaires et des algorithmes : tout effort était devenu grotesque.

Le carnet de moleskine

Dans le carnet de moleskine, à la page cent, des messages cryptés comme de terribles et funestes beautés, comme la poésie d’une poche d’un kangourou, comme la noirceur d’un vent glacial qui se cramponne éperdument aux épis de blés, comme le maniement du sabre de samouraï qui frémit, comme le crayon à papier sur le carnet de moleskine qui écrit tout seul.

Dans le carnet aussi, il y a, à la page quatre-vingt-dix-sept, la description des sanctuaires bouddhistes et le silence des plaies bleues et des portes qui claquent. On peut observer la même chose, écrit à la craie contre les rochers de la rivière en contrebas : la douleur, le vacarme des ruines qui peuplent la mémoire des chauve-souris. Et, à la page sept, il y a la vivacité du pastel qui entreprend une odyssée.

Glissant brusquement avec ses deux seaux d’eau, il y a aussi Supertramp le vagabond qui envoie de la vapeur dans le ciel d’hiver de l’Alaska !

À la page neuf, il y a, accroché à la verticale, l’espace d’une page blanche qui se recueille avec les autres bestioles et des petits bateaux qui gisent dans le seau d’eau troué.

À la page dix-huit, il y a le compte rendu des marchands de tableaux qui rangent leur matériel, l’installation d’une douche non conventionnelle et le planning des exercices physiques pour éviter la nuit d’user des narcotiques, pour fatiguer le corps et lui apprendre à se passer des médicaments.

Il y a encore le moteur absent du van qui refroidit pendant l’écriture.

Dans ses lettres, il palabre avec son père sur la direction à suivre à l’avenir et, dans le disque dur de son ordinateur qui continue de transférer des informations contradictoires, il y a l’étude de la linguistique à l’état sauvage qui participe au sauvetage des hippocampes suicidaires.

Depuis les moindres recoins épiphaniques de son cocon, des femmes extatiques se massent autour de lui en imagination et rêvent de se rafraîchir comme lui sous une douche glacée, à l’air libre du petit matin : des diseuses de bonne aventure qui se perdent dans le trou noir de la dépression !

Un poêle à bois, à la place du radiateur, qui chauffe le van pendant les longues nuits à écrire sur les martyrs djihadistes disparus.

Des martyrs qui ont jadis fait la une des journaux des kiosques, pendant qu’il tirait sur le mégot de sa cigarette de chanvre, quand il était encore adolescent, en craquant parfois une allumette pour la rallumer.

Et, emballé précieusement dans le papier kraft, il y a la silencieuse complexité d’un bonnet tricoté main par une amie de passage pour tenir tête aux nuages et ramené ici en Alaska pour sa grande aventure en pleine nature et des souffleurs d’étoiles de mer.

Il y a aussi un ciel transmettant seulement des informations aux vivants et une lueur rougeoyante diffuse, à la place du soleil d’hiver, qui annonce les prémices du printemps : des sirènes qui chantent les hymnes du zodiaque.

Il y a le matériel du trappeur dans son sac à dos d’esthète voyageur en quête de communion avec le cosmos, à la recherche de sa véritable identité et, dans les ténèbres, des soleils qui ne sont plus que le reflet de nos souvenirs.

Il y a le mouvement du crayon à papier sur le carnet de moleskine à la page neuf, la piste du trappeur qui s’éclaire à la lumière de sa loupiote et tout ce qui résonne avec les chants sacrés de la nature : les mécanismes perturbateurs des grands serpents, le bruit de l’eau provenant de la rivière et ces mercenaires qui attisent les forces, en espérant calmer un peu le jeu ; ces mercenaires qui font grossir un travail de sape kafkaïen en échangeant les données métaphysiques et virtuelles d’une jeune nation démocratique avec d’autres données issues de la guerre du Kippour et des barques qui ouvrent leurs gueules aux sous-marins.

Dans le carnet de moleskine, toujours à la page neuf, pour graver dans leurs sillons une élégance d’ensemble impérialiste, les jaillissements d’une carte comme le joker ; un joker qui classe selon leurs impuretés alchimiques, toutes les lames de la première page, et la géographie de leur voyages célestes.

À la page cinq, s’endormant sur ses lauriers, la description d’un film de Stanley Kubrick qui vérifie les appels manqués en ballottant dans la cheminée et leur histoire ; et, dans le carnet de moleskine, à la page trois, la description d’une kermesse tandis qu’une flaque d’absinthe infiltre le plancher en arrachant les lacets de la route et la volupté des pieuvres-solfège. Toujours à la page trois, Il y a Cassandre qui lit le parchemin sanguin de Jack Kerouac en le découpant sans supprimer ses messages, à la page trois aussi, il y a la chasteté des mers souterraines.

Dans le carnet de moleskine à la page quatre, en allumant la télévision en noir et blanc, il y a des ratures qui font moisir un jeu éducatif, il y a les chiens du désert lapant la jarretière de cette femme nue ; le hurlement de ces chiens, dégorgeant leur misérables trésors, qui ressemble à la peine.

À la page trois, il y a la parole aux naufragés, le mur qui mord les lattes en envoyant de gros bouillons de lacunes et l’existence des pieuvres-solfège. Et à la première page, le récit d’un film d’horreur très kitsch qui emprunte sa chronologie à une timeline je-m’en-foutiste et des coffres ouverts dans les fonds marins.